Les thèmes fondamentaux d'Ellen White

Extrait du livre de George Knight, Meeting Ellen White, pages 109 à 127.

Chapitre 6 – Etude des thèmes majeurs d'Ellen White

Nous avons parcouru un long chemin avec Ellen White dans ce livre. Nous avons d'abord étudié sa longue vie, puis l'oeuvre du White Estate depuis son décès ainsi que plusieurs de ses écrits.

Nous sommes prêts désormais pour la phase finale de notre présentation d'Ellen White. Dans ce chapitre, nous étudierons sept thèmes importants et récurrents dans ses écrits. Ils représentent les notions qui nous permettront de mieux comprendre sa théologie, son souci des individus et de l'église. De plus, ils rallient les divers courants de sa pensée en un réseau unifié de concepts qui fournissent un cadre d'interprétation non seulement de documents distincts mais aussi de sections entières de ses écrits, comme par exemple la santé, l'éducation ou la vie de famille.

Nous aurions pu choisir d'autres thèmes que ceux qui suivent, mais ils nous semblent être les fondements et les éléments prédominants dans toutes ses oeuvres. Par conséquent, ces sept thèmes nous offrent un aperçu d'interprétation des écrits d'Ellen White et nous permettent de mieux la comprendre lorsque nous la lisons.

L'amour de Dieu

Le thème le plus central et le plus compréhensible peut-être des écrits d'Ellen White consiste en celui de l'amour de Dieu. Pourquoi commencer par ce thème ? Il est celui qu'elle aborde en premier et le plus souvent dans ses ouvrages principaux. Quelques exemples vont nous permettre de saisir à quel point ce sujet est primordial pour elle.

L'un des exemples les plus convaincants de la centralité de l'amour de Dieu dans les écrits d'Ellen White se trouve dans la phrase « Dieu est amour », qui sont les trois premiers mots du premier volume de la collection Destination Eternité (Patriarches et prophètes) et les trois derniers du volume final (La tragédie des siècles).

Pourquoi cela ? Parce que comme nous le verrons plus loin, être certain que Dieu est amour et qu'Il a un caractère aiment est l'élément central de la lutte entre le bien et le mal, telle qu'Ellen White la décrit. Par conséquent, elle évoque l'amour de Dieu dès qu'elle le peut. « Dieu est amour » est l'expression qui donne le contexte de sa narration de l'impressionnante histoire du grand conflit.

Un autre exemple parlant de la centralité du thème de l'amour de Dieu dans les écrits d'Ellen White est qu'il constitue le premier chapitre de son livre Le meilleur chemin. Il s'ouvre sur ces mots : « La nature et la révélation témoignent de concert en faveur de l'amour de Dieu » (page 7).

Ellen White poursuit en montrant à quel point le monde naturel « nous parle de l'amour de Dieu » et que même dans un monde de péché, le message de l'amour de Dieu brille. Elle écrit ainsi : « On voit des fleurs s'épanouir sur les chardons et des roses éclore sur les épines. "Dieu est amour". Cette parole se lit sur chaque bouton de fleur et sur chaque brin d'herbe. » (pages 7 à 8).

Pourtant, elle fait remarquer que la nature ne révèle qu'imparfaitement Son amour. La preuve suprême et incontestable de l'amour de Dieu pour nous, c'est que Dieu a envoyé Jésus pour nous sauver de nos péchés (pages 9 à 12).

Le chapitre s'achève en soulignant le thème central du livre. « Enfants du Roi céleste ! Précieuse promesse ! Thème inépuisable de méditations ! Amour insondable de Dieu pour un monde qui ne l'aimait pas ! Un tel amour est sans exemple. Il surpasse celui d'une mère pour son enfant égaré. Sa contemplation subjugue l'âme et rend les pensées captives de la volonté divine. Plus nous étudions le caractère de Dieu à la lumière de la croix, plus nous y découvrons de clémence et de tendresse, mieux nous voyons la miséricorde unie à l'équité et à la justice, et plus nous discernons les preuves d'un amour et d'une compassion infinis. » (page 13).

Un troisième exemple montrant que l'amour de Dieu est le thème central pour Ellen White apparaît dans les premières pages du livre Jésus-Christ. « Sur une terre obscurcie par le péché, il est venu révéler la lumière de l'amour de Dieu (page 9). Plus loin, elle écrit que la vie de Jésus a démontré « que la loi de l'amour qui renonce à soi-même est la loi de la vie pour la terre et pour le ciel ; que l'amour qui ne cherche pas son intérêt a sa source dans le coeur de Dieu » (page 10). Sa conclusion sur la dernière page de cet ouvrage, c'est que par Christ, « l'amour a vaincu » (page 838).

C'est l'amour de Dieu qui est exalté en premier et dernier lieu, partout dans les écrits d'Ellen White. C'est le thème ce qu'elle aborde au début et à la fin de ses ouvrages les plus influents, ce sont aussi les mots d'introduction et de conclusion de la collection Destination Eternité, qui couvre 3 500 pages. Il apparaît donc comme le thème de base qui fournit le contexte à tous les sujets qu'elle traite dans ses écrits.

Le concept de "great controversy" (grande controverse)

Un deuxième thème qui revient constamment dans ses écrits est celui de la tragédie des siècles, du grand conflit entre le Christ et Satan, qui se fonde sur le thème de l'amour de Dieu.

Ellen White insiste souvent sur le fait que l'élément central de la tragédie des siècles est que Satan a pour but de présenter faussement le caractère d'amour de Dieu. C'est pourquoi on peut lire au premier chapitre du Meilleur chemin que Satan oeuvre pour que les gents aient peur de Dieu comme s'Il était « un être sévère et implacable. Satan fait passer notre Père céleste pour un être d'une justice inflexible, un juge sévère, un créancier dur et inexorable. Il dépeint le Créateur comme observant les hommes d'un oeil scrutateur en vue de découvrir leurs erreurs et leurs fautes, et afin de les frapper de ses jugements. » (page 9).

D'après Ellen White, le coeur de la lutte s'étend au-delà de la tentative satanique de présenter faussement le caractère de Dieu jusqu'à la déformation délibérée de Sa loi. Ainsi on lit au début de Jésus-Christ, que « Satan transforme la loi d'amour de Dieu en une loi d'égoïsme. Il nous fait croire qu'il est impossible d'obéir à ses préceptes. » (page 14). Elle écrit également dans La tragédie des siècles : « Dès l'origine du conflit dans le ciel, le but constant de Satan a été d'abolir la loi de Dieu. » (page 631).

Bien entendu, dans la pensée d'Ellen White, le caractère de Dieu et le principe sous-tendant la loi de Dieu ne sont pas deux éléments distincts mais bien un seul. Le caractère de Dieu est celui de l'amour, tout comme le principe au coeur de Sa loi. L'intention de Satan dans le grand conflit consiste donc à discréditer l'amour de Dieu dans ses diverses manifestations.

C'est cette tentative de le discréditer contre laquelle Dieu doit lutter. Ellen White plante le décor de la réaction de Dieu envers Satan dans les premières pages de Patriarches et prophètes : « L'histoire du grand conflit entre le bien et le mal, depuis le jour où il éclata dans le ciel jusqu'à la répression finale de la révolte et l'extinction totale du péché, n'est qu'une démonstration de l'inaltérable amour de Dieu. » (page 10).

La démonstration d'amour de Dieu dans la lutte encore en cours contre Satan forme le point central, comme nous l'avons vu auparavant, de la collection en cinq volumes appelée « Destination Eternité ». Il fournit le cadre théologique qui donne du sens et le contexte au reste de ses écrits.

Envoyer Jésus fut la preuve la plus éclatante de l'amour de Dieu. Ellen White affirme que Dieu a manifesté son amour dans le contexte des accusations de Satan en préparant le plan du salut par lequel Jésus mourrait pour les humains. Cependant, Jésus est venu non pas seulement pour mourir en faveur de l'humanité, mais pour manifester l'amour de Dieu face aux accusations sataniques. A ce propos, Ellen White nous dit que « c'est pour dissiper ce voile de ténèbres par la révélation de l'amour infini de Dieu que Jésus-Christ est venu vivre parmi les hommes. »Le meilleur chemin, page 9. De la même manière, en réponse aux prétentions de Satan, Jésus est venu montrer que la loi était effectivement la loi d'amour et qu'elle pouvait être observée (Jésus-Christ, page 14).

Par sa vie et par sa mort, clame Ellen White, Jésus a remporté la victoire pour la Trinité. « Le gouvernement de Dieu se trouve justifié grâce à l'oeuvre du Christ. Le Dieu tout-puissant est révélé en tant que Dieu d'amour. Les accusations de Satan sont réfutées, son vrai caractère démasqué. »Jésus-Christ, page 17.

Le paragraphe de fin de La tragédie des siècles lie joliment les thèmes de l'amour et du conflit cosmique. On peut y lire ceci : « La grande tragédie est terminée. Le péché et les pécheurs ne sont plus : l'univers est purifié. Dans l'immense création, tous les coeurs éprouvent la même allégresse. Des ondes de vie, de lumière et de joie, jaillissant du trône du Créateur, envahissent les derniers recoins de l'espace infini. De l'atome le plus imperceptible aux mondes les plus vastes, tant des êtres animés que des objets inanimés, s'élève, par la voie de leur beauté incomparable et de leur joie sans mélange, un cantique d'allégresse proclamant que DIEU EST AMOUR. » (page 737).

Les concepts de l'amour de Dieu et de la tragédie des siècles nous amènent à un troisième thème qui imprègne les écrits d'Ellen White et relie tous les multiples thèmes ensemble. Ce thème, c'est Jésus, sa croix, et le salut par sa grâce.

Jésus, la croix et le salut par lui

Non seulement Ellen White dépeint Jésus comme menant la bataille contre Satan dans le domaine de la lutte cosmique, mais elle le met constamment en avant de manière très personnelle. A l'époque de sa conversion, elle a exalté Jésus comme étant le seul espoir pour chaque individu. A ce moment-là de sa vie, elle a compris que « ce n'est qu'en étant en relation avec Jésus par la foi que le pécheur devient un enfant de Dieu croyant et plein d'espoir. » Tout ce que son coeur désirait, raconte-t-elle, tenait en ces mots : « Au secours, Jésus, sauve-moi, ou je péris ! »Life Sketches of Ellen White, page 23.

Ellen White n'a jamais oublié ses premières batailles pour son salut, quand elle croyait qu'elle devait devenir bonne pour que Dieu l'accepte. Trouver Jésus et le salut par la foi en Ses mérites devint un élément central dans son ministère d'écriture et de prédication depuis sa première vision, où elle vit que les Millérites seraient en sécurité tant qu'ils « fixaient les regards sur lui » (Premiers écrits, page 14), jusqu'à sa mort en 1915.

Un sens profond de l'impuissance humaine imprègne sa théologie du salut en Jésus. Elle fait remarquer que « les conséquences du premier péché manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal sont manifestes dans notre vie à tous. Il y a, dans la nature de l'homme, une tendance au mal, une force à laquelle il ne peut résister seul. Pour l'aider à la repousser, à atteindre cet idéal qu'il reconnaît, au fond de lui-même, comme seul valable, il n'y a qu'une puissance : celle du Christ. »Education, page 34.

Mais malgré sa conviction de l'indignité humaine, Ellen White voyait Jésus comme l'espoir illimité d'un monde perdu. « En chaque être humain, même déchu, il voyait un fils de Dieu qui pouvait, à travers lui, le Sauveur, renouer avec Dieu des relations privilégiées. (…) En regardant les hommes, leurs souffrances, leur déchéance, le Christ trouvait des raisons d'espérer, là où il semblait n'y avoir que désolation et ruine. Chaque fois qu'un homme mesurait son dénuement, il voyait pour lui une occasion de progrès. Il allait au-devant des âmes, qu'elles fussent tentées, brisées, égarées, prêtes à sombrer, non pour les confondre, mais pour les bénir. » – Education, page 89.

Jésus n'était pas pour Ellen White qu'un bon ami dans les moments difficiles, il était le Sauveur mort sur la croix pour tous. Dans un passage de Jésus-Christ, on y lit : « le Christ a été traité selon nos mérites afin que nous puissions être traités selon ses mérites. Il a été condamné pour nos péchés, auxquels il n'avait pas participé, afin que nous puissions être justifiés par sa justice, à laquelle nous n'avions pas participé. Il a souffert la mort qui était la nôtre, afin que nous puissions recevoir la vie qui est la sienne. » (page 15).

Elle ne se lassait jamais de répéter que Jésus était mort pour nos péchés, que c'était Lui qui avait payé le prix de nos péchés sur la croix.

« Christ crucifié pour nos péchés, Christ ressuscité des morts, Christ monté au ciel, voilà la science du salut que nous devons apprendre et enseigner. » – Testimonies for the Church, volume 8, page 287.

La foi dans le salut du Christ (ou justice par la foi) est un enseignement qui imprègne les écrits d'Ellen White. C'est par la foi que chacun peut s'approprier les bénédictions du salut remporté sur la croix. Elle a magnifié une « foi dans la capacité du Christ à nous sauver abondamment, complètement et entièrement. »1888 Materials, page 217. Cette foi touche au ministère du Christ pour ses enfants dans le sanctuaire céleste.

D'après Ellen White, la mort du Christ au Calvaire a non seulement rendu le salut possible pour tout un chacun, mais elle a aussi réglé la question du caractère de Dieu dans la grande controverse. « La mort du Christ prouve que la gestion et le gouvernement de Dieu étaient sans reproche. L'accusation de Satan sur les attributs conflictuels de la justice et de la miséricorde est à jamais réglée sans remise en cause possible. Chaque voix, dans le ciel et en-dehors du ciel, témoignera un jour de la justice, de la miséricorde et des attributs exaltés de Dieu. » – Manuscrit 128, 1897.

Dans la pensée d'Ellen White, la vie de Jésus, sa mort sur la croix, son ministère dans le sanctuaire céleste où il invoque les mérites de sa mort, ainsi que l'acceptation de l'oeuvre du Christ par la foi dans le croyant apparaît comme un grand noyau thématique au centre de sa compréhension du christianisme. Rien n'était plus important pour elle que ce grand ensemble de thèmes intimement liés les uns aux autres. « Elevons Jésus, élevons-Le dans nos prédications, nos cantiques, nos prières. (…) Que la science du salut soit l'objet de chaque sermon, chaque chant. (…) Que la parole de vie, présentant Jésus comme l'espoir du pécheur et la forteresse du croyant, soit partagée. » – Gospel Workers, page 160.

Elle écrit également à la page 315 :

« Le sacrifice du Christ pour l'expiation du péché est la grande vérité autour de laquelle se rattachent les autres vérités. Afin d'être comprise correctement et appréciée, chaque vérité dans la Parole de Dieu, de la Genèse à l'Apocalypse, doit être étudiée à la lumière de ce qui jaillit de la croix du Calvaire. Je vous présente le magnifique et grandiose monument de miséricorde et de régénération, du salut et de la rédemption : le Fils de Dieu élevé sur la croix. Voilà ce qui doit être le fondement de tout sermon prononcé par nos pasteurs. »

Le role central de la Bible

En plus de son insistance sur le Christ, la Parole vivante de Dieu, Ellen White se souciait de la Parole écrite de Dieu. Dans son premier livre (1851), elle écrit : « Cher lecteur, je vous recommande la Parole de Dieu ; qu'elle soit la règle de votre foi et de votre vie. »Premiers écrits, page 78. Cinquante-huit ans plus tard, debout devant la session de la Conférence Générale de 1909, avec une Bible dans ses mains, elle dira : « Frères et soeurs, je vous conseiller ce Livre. » Ce furent ses derniers mots à une session de la Conférence Générale de l'Eglise Adventiste du Septième Jour.

Ellen White a exalté la Bible pendant toute sa vie. Celle-ci était pour elle la volonté révélée de Dieu, apportant la connaissance qui amène à une relation salvatrice avec Jésus.

« C'est par sa Parole que Dieu nous communique les connaissances nécessaires au salut. Nous devons donc l'accepter comme une révélation infaillible de sa volonté. Elle est la norme du caractère, le révélateur de la doctrine et la pierre de touche de l'expérience. » – La tragédie des siècles, page 11.

Elle a en particulier insisté sur le rôle central de la Bible à des moments de conflit théologique. Par exemple, alors que l'Eglise allait vivre la session controversée de la Conférence Générale de 1888 à Minneapolis, et que certaines personnes recherchaient d'autres autorités pour la doctrine et l'interprétation biblique, elle a sans cesse exhorté les dirigeants de l'église à se tourner vers les Ecritures. « Nous voulons des preuves bibliques pour tout affirmation que nous faisons », leur a-t-elle dit en avril 1887 (1888 Materials, page 36). En juillet 1888, elle écrivait dans la Review and Herald que « la Bible est la seule règle de foi et de doctrine » (n° du 17 juillet 1888).

Elle a conseillé aux pasteurs à la tête de l'adventisme un mois plus tard de « sonder les Ecritures avec soin pour voir ce qui est vrai. La vérité ne perd rien à être étudiée de près. Que la Parole de Dieu parle d'elle-même, qu'elle soit sa propre interprète.

Notre peuple doit comprendre individuellement la vérité biblique de manière plus approfondie, car il sera amené devant les assemblées, il sera critiqué par des esprits critiques et vifs. C'est une chose que de donner son assentiment à la vérité, c'en est une autre que de savoir ce qu'est la vérité par un examen attentif, comme des étudiants bibliques. (…) Beaucoup, beaucoup de personnes seront perdues parce qu'elles n'ont pas étudié leurs Bibles à genoux, avec une prière sincère à Dieu que la lecture de la Parole de Dieu puisse éclairer leur compréhension. (…) La Parole de Dieu est le grand détecteur de mensonge, c'est à elle que tout doit être amené. C'est la Bible qui doit être notre norme pour chaque doctrine et pratique. (…) Nous ne devons pas accepter l'opinion de quelqu'un sans la comparer avec les Ecritures. C'est là que se trouve l'autorité divine, qui est suprême dans les questions de la foi. C'est la Parole du Dieu vivant qui doit donner raison ou tort à toutes les controverses. » – 1888 Materials, pages 38, 40, 44, 45.

Elle affirme que « la Parole de Dieu est suffisante pour éclairer les esprits les plus enténébrés et [qu']elle peut être comprise par tous ceux qui en ont le désir. » Elle considérait que ses propres écrits n'étaient qu'un instrument pour « ramener à la Parole ceux qui ont négligé de [la] suivre. »Témoignages pour l'Eglise, volume 2, page 328.

Le dernier élément n'est pas le moindre. Ellen White a toujours affirmé que sa fonction consistait à ramener les gens à la Bible. « L'Esprit n'est pas donné, et il ne le sera jamais, pour remplacer les Ecritures. Celles-ci déclarent positivement que la Parole est la pierre de touche de tout enseignement et de toute vie morale. »La tragédie des siècles, page 11. C'est pourquoi elle affirmait que son propre ministère prophétique devait être mis à l'épreuve de la Bible. Elle n'estimait pas que ses écrits se substituaient à la Bible mais qu'ils étaient « une petite lumière servant à guider les hommes et les femmes à la plus grande lumière. »Colporteur ministry, page 125.

Pour Ellen White, l'étude personnelle de la Bible relevait d'une importance cruciale pour tout(e) chrétien(ne). Et bien que cela soit vrai de manière générale, il n'en demeure pas moins vrai en cette fin de l'histoire terrestre. A la fin des temps, elle affirme que « Satan se sert de tous les moyens pour empêcher les gens de se familiariser avec les Ecritures », afin qu'ils ne soient pas capables de détecter ses propres tromperies (La tragédie des siècles, page 643). C'est pourquoi l'étude de la Bible fait partie de la lutte du temps de la fin. Et « seuls ceux qui se seront fortifiés par l'étude des Ecritures pourront subsister au cours du dernier conflit. »La tragédie des siècles, page 644.

Nous voici maintenant au cinquième thème dans les écrits d'Ellen White : le retour de Jésus.

Le retour de Jésus

Ce thème revêtait un aspect capital pour Ellen White à l'époque de sa conversion, lors de l'expérience millérite des années 1840. La réalité de la proximité du retour du Christ a dominé sa vie et formé sa carrière scripturaire. En soi, elle est liée à chacun des six autres thèmes abordés. Le retour du Christ est un élément de vérité central dans la Bible, il est l'apogée du salut en Jésus. Il marque le début de la fin du grand conflit entre le bien et le mal, il est l'expression suprême de l'amour de Dieu, l'objet des messages des trois anges et un encouragement à mener une vie chrétienne. Rien dans la pensée d'Ellen White ne s'est soustrait à l'influence de ce thème du retour du Christ.

Elle a enseigné que cet événement serait au centre des instructions et des activités adventistes. « Tous nos exposés doivent vraiment montrer que nous attendons la venue du Fils de Dieu, que nous travaillons et prions en vue de cet événement. Son avènement est notre espérance, et cette espérance doit imprégner toutes nos paroles et tous nos travaux, toutes nos relations et tous nos contacts. » Evangéliser, page 202.

Pour Ellen White, le retour du Christ n'était pas simplement une réalité future, il avait déjà le sens de l'immédiateté qui exigeait l'urgence dans la proclamation du message au monde entier en un temps aussi court que possible. « Dites aux gens que le jour du Seigneur est à la porte, et qu'il arrive. Que nul n'ignore l'avertissement. (…) Nous n'avons pas de temps à perdre. (…) La venue du Seigneur est plus proche que nous ne l'avons jamais cru jusqu'à présent. Le grand conflit touche à son terme. Chaque information signalant une catastrophe sur mer ou sur terre témoigne de ce que la fin de toutes choses est à la porte. Guerres et bruits de guerre l'annoncent. (…) Le Seigneur vient. Nous entendons les pas d'un Dieu qui s'approche. (…) Notre tâche consiste à lui préparer le chemin en avertissant le peuple de ce grand jour. » – Evangéliser, pages 201 à 02. C'est la vérité concernant l'Avènement du Christ et l'approche de cet événement qui a préparé le terrain de l'évangélisation adventiste.

Ellen White a fait un rapport entre le point de mire qu'était pour elle le Retour du Christ et son corollaire missionnaire, aux livres eschatologiques de Daniel et de Jean. Ces livres, ainsi que la description de la fin des temps dépeint qu'ils présentent, occupent une place à part dans ses enseignements et ses écrits. « Il nous faut étudier de plus près la Parole de Dieu ; Daniel et l'Apocalypse notamment devraient être l'objet de notre attention comme jamais auparavant dans l'histoire de notre oeuvre. »Evangéliser, page 518. Elle insiste à nouveau sur le fait que « nous devrions étudier l'Apocalypse de plus près et avec davantage d'assiduité et exposer avec plus de sérieux les vérités que ce livre renferme, vérités qui, en ces derniers temps, concernent tous les vivants. »Evangéliser, page 182.

Les propres écrits d'Ellen White sur le retour du Christ montrent qu'elle-même suivait ses propres injonction d'étudier le livre de Daniel et de l'Apocalypse. Ses écrits regorgent d'allusions et de développement de ces deux livres eschatologiques.

Ellen White a rédigé l'un de ses textes les plus inspirateurs en rapport avec les événements gravitant autour du retour du Seigneur. Décrivant cet événement, elle écrit : « Les enfants de Dieu entendent une voix claire et mélodieuse qui leur dit : « Regardez en haut ! » Levant les yeux, ils voient le signe de la promesse. Les noirs nuages qui couvrent leurs têtes s'écartent, et, comme Etienne, ils contemplent le Fils de l'homme assis sur son trône, (…) Les méchants observent cette scène avec terreur, tandis que les justes admirent les gages de leur délivrance. Tout dans la nature semble avoir abandonné sa marche ordinaire. (…) Au milieu d'un ciel irrité, on distingue un espace clair, d'une gloire indescriptible ; la voix de Dieu en sort semblable au bruit des grandes eaux, et proclame : « C'en est fait ! »

Cette voix ébranle les cieux et la terre. Il se produit un grand tremblement de terre (…). Le firmament semble s'ouvrir et se refermer. La gloire du trône de Dieu paraît. (…) Les plus fières cités de la terre sont renversées. (…) Les murs des prisons s'effondrent, rendant la liberté à leurs innocents détenus. » – La tragédie des siècles, pages 690 à 691.

La description que fait Ellen White de la résurrection des justes est tout aussi encourageante. « Pendant que la terre chancelle, que l'éclair déchire la nue et que rugit le tonnerre, la voix du Fils de Dieu appelle les saints hors de leurs tombeaux. (…) Dans toutes les parties de la terre, les morts entendront la voix du Fils de l'homme, et ceux qui l'auront entendue vivront. (…)

Les justes vivants sont changés en un instant, en un clin d'oeil. A la voix de Dieu, ils sont glorifiés, immortalisés, et, avec les saints ressuscités, enlevés dans les airs, à la rencontre du Seigneur. (…) Les petits enfants sont portés par les anges dans les bras de leurs mères. Des amis que la mort a longtemps séparés sont réunis pour ne plus jamais se quitter, et c'est avec des chants d'allégresse qu'ils montent ensemble vers la cité de Dieu. » – La tragédie des siècles, pages 699 à 700.

De toutes les descriptions d'expériences liées au retour du Christ qu'Ellen White ait faites, c'est peut-être celle de la vie sur la nouvelle terre qui est la plus réconfortante. « Sur la nouvelle terre, des intelligences immortelles contempleront avec ravissement les merveilles de la puissance créatrice et les mystères de l'amour rédempteur. (…) Toutes nos facultés pourront se développer, tous nos talents s'épanouir. (…) Les plus grandes entreprises seront menées à bien ; les plus hautes aspirations seront satisfaites, les plus sublimes ambitions, réalisées. Et, néanmoins, il y aura toujours de nouvelles hauteurs à gravir, de nouvelles merveilles à admirer, de nouvelles vérités à approfondir, mettant à réquisition toutes les facultés de l'esprit, de l'âme et du corps. » – La tragédie des siècles, pages 699 à 700, page 736.

Comme nous l'avons vu avec les citations ci-dessus, non seulement le noyau central autour duquel gravitent les événements liés au retour du Christ constitue un thème principal dans les écrits d'Ellen White, mais il donne un sens de la réalité qui brûlait dans son âme. Ce sujet donne du sens à ses écrits et au cheminement de sa vie.

Intimement lié à ce que Ellen White comprenait du retour du Christ, apparaît un sixième thème qui va nous permettre d'appréhender sa vie et ses écrits. Il s'agit du message des trois anges d'Apocalypse 14.6-12 et de la mission de l'Eglise Adventiste du Septième Jour.

Le message du troisième ange et la mission adventiste

Le texte d'Apocalypse 14.6-12 et sa description des messages des trois anges se trouvent au coeur même de l'identité adventiste, telle qu'Ellen White la voyait. Dès le début de son ministère, jusqu'à sa fin environ 71 ans plus tard, elle a cru que Dieu avait confié une mission particulière à l'adventisme de prêcher le message du troisième ange.

Saisissons le sens de la mission par ses propres mots : « En un sens tout particulier, les adventistes ont été suscités pour être des sentinelles et des porte-lumières. Le dernier avertissement pour un monde qui périt leur a été confié. (…) Leur tâche est d'une importance capitale : la proclamation des messages du premier, du second et du troisième ange. Aucune oeuvre ne doit en détourner notre attention.

Les vérités que nous devons proclamer au monde sont les plus solennelles qui aient jamais été confiées à des mortels. C'est là notre travail. Il faut avertir le monde, et le peuple de Dieu doit être fidèle au mandat qu'il a reçu. » – Témoignages pour l'Eglise, volume 3, page 344.

Comme les autres dirigeants adventistes, Ellen White considérait les messages des trois anges comme « l'enchaînement parfait de la vérité » (Premiers écrits, page 256) qui s'étendent des années 1840 jusqu'à la fin des temps. Le premier message, celui de la venue du jugement de Dieu, concluaient-ils, avait été initié par la prédication de William Miller dans les années 1830 et 1840. Le second message, celui de la chute de Babylone, a commencé à être prêché en 1843 lorsque les croyants de l'Avent furent expulsés de leurs églises, parce qu'ils croyaient en la doctrine biblique du retour du Christ avant le millénium.

Ces deux messages étaient significatifs, mais ils ne faisaient que préparer le chemin de la prédication du message du troisième ange. C'est en celui-ci que les Adventistes du Septième Jour trouvent leur mission et leur identité unique. Ellen White et tous les autres croyants sabbatistes étaient convaincus que « lorsque le Christ entra dans le lieu très saint du sanctuaire céleste pour y achever son oeuvre expiatoire, il confia à ses serviteurs le dernier message de miséricorde qui devait être annoncé au monde. Ce message est celui du troisième ange d'Apocalypse 14. Aussitôt après sa proclamation, le prophète vit l'apparition en gloire du Fils de l'homme revenant pour moissonner la terre. »L'histoire de la rédemption, page 390.

Ellen White a enseigné à plusieurs reprises que « [ce message du troisième ange] est le dernier message d'un monde qui va bientôt être détruit. Il ne sera suivi d'aucun autre message, pas de nouvelle invitation à la miséricorde ne sera lancée après que ce message-ci aura accompli son oeuvre. Quelle confiance ! »Testimonies for the Church, volume 5, pages 206 à 207.

Ellen White a aussi affirmé que la prédication du message du troisième ange (avec les deux premiers) serait mondiale. C'était une conviction ferme en elle, prenant racine dans Apocalypse 14.6-12, ce qui a littéralement amené l'Eglise adventiste du Septième Jour et son message évangélique aux extrémités de la terre.

Elle déclara que le message du troisième ange n'allait pas seulement être mondial, il allait aussi attirer et éprouver les humains. « Le message du troisième ange doit accomplir son oeuvre, la séparation des églises d'un peuple qui prendra position sur le fondement de la vérité éternelle ». C'est un « message de vie et de mort »Testimonies for the Church, volume 6, page 61. Elle rajoute : « Il a plu au Seigneur de confier à son peuple le message du troisième ange dont la teneur oblige à une prise de position et qui doit être annoncé à l'humanité. L'apôtre Jean a vu un peuple particulier et séparé du monde, un peuple qui refuse d'adorer la bête et son image, qui porte le sceau de Dieu : l'observation de son saint sabbat, le septième jour, (…) L'apôtre Jean écrit : « C'est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » (Ap 14.12) » – Evangéliser, pages 213 à 214.

C'est pourquoi l'on trouve la perpétuité de la loi de Dieu et la restauration du sabbat biblique au coeur de la compréhension adventiste du message du troisième ange. Les premiers adventistes du septième jour n'avaient aucune difficulté à voir ces éléments dans ce troisième message. Ils avaient également rapidement fait le rapprochement entre l'aspect du grand conflit d'Apocalypse 13 et 14 qui oppose ceux portant le marque de la bête à ceux qui gardent tous les commandements de Dieu.

Mais ce que beaucoup n'avaient pas réussi à voir, c'était la signification de « la foi de Jésus » dans le message du troisième ange. C'est un point qu'Ellen White chercha à clarifier pour ses frères et soeurs en Christ de la session de la Conférence Générale de 1888 à Minneapolis. La foi de Jésus, qui en grec peut se traduire par « foi en Jésus », signifie « Jésus portant nos péchés à notre place afin qu'Il devienne le Sauveur pardonnant les péchés. (…) Il est venu dans notre monde et a pris nos péchés sur Lui afin que nous recevions sa justice. La foi dans la capacité du Christ à nous sauver amplement, complètement, entièrement, c'est cela la foi de Jésus. » – 1888 Materials, page 217. C'est pourquoi elle pouvait dire ailleurs : « Plusieurs m'ont interrogée par écrit, pour savoir si le message de la justification par la foi est vraiment le message du troisième ange ; j'ai répondu : "En vérité, c'est le message du troisième ange". » – Messages choisis, volume 1, page 437.

Du point de vue d'Ellen White, le message du troisième ange alliait la loi et l'Evangile. Tant que les Adventistes du septième jour accordaient trop d'importance à la loi et au sabbat au détriment de l'Evangile de grâce, ils ne prêchaient pas le message entier du troisième ange. C'était la faiblesse de notre dénomination avant 1888. Mais à partir de cette date et de ce que l'Adventisme comprenait plus complètement le message du troisième ange, Ellen White pouvait affirmer que les Adventistes détenaient alors le message dans son intégralité et que « le grand cri du troisième message a déjà commencé à nous révéler la justice du Christ, le Rédempteur qui pardonne le péché. »Messages choisis, volume 1, page 425.

L'aspect central du message du troisième ange et son impératif à l'évangélisation mondiale se situe au coeur même de la pensée d'Ellen White comme le premier thème d'interprétation. Et tout comme les autres thèmes d'interprétation et d'intégration, il est relié aux six autres.

Avant de nous éloigner du thème du troisième ange, nous devons faire remarquer que non seulement les écrits considérables d'Ellen White sur la loi, le sabbat, la justification par la foi, la tragédie des siècles, sont directement reliés au troisième message, mais il en était de même pour ses commentaires volumineux sur l'éducation, la santé, l'oeuvre de publication et le ministère évangélique.

L'enseignement adventiste avait pour but de préparer les gens à répandre le message du troisième ange. Le message de la santé, le bras droit du troisième ange (cf Testimonies for the Church, volume 1, page 486) avait pour but de donner aux gens une meilleure santé, afin qu'ils puissent prêcher plus adéquatement le message de l'Avènement du Christ, et d'amener autrui à la vérité par le témoignage des institutions sanitaires adventistes. L'oeuvre de publication et les émissions des ministères devaient également permettre d'annoncer le dernier message au monde avant la moisson finale d'Apocalypse 14.14-20.

Le message du troisième ange est aussi directement lié au thème final que nous allons parcourir brièvement, qui a trait à la vie chrétienne quotidienne et au développement du caractère chrétien.

Le christianisme pratique et le développement du caractère chrétien

Ellen White concevait le christianisme comme devant toucher toute la vie quotidienne de chacun. Loin d'être quelque chose qui arrive aux gens quand ils sont à l'église, le vrai christianisme transforme une personne de l'intérieur vers l'extérieur. Il change les coeurs, mais cette révolution intérieure, si elle est authentique, exerce son influence dans les relations familiales, à l'école, au travail, et même sur la manière dont on utilise notre temps libre. La littérature abondante qu'Ellen White a rédigée sur les loisirs, le mariage, la santé, l'utilisation du temps et de nos capacités, etc, témoigne des implications pratiques du christianisme.

La croyance en l'expérience de la conversion qui transforme le coeur était sous-entendue dans ses nombreux conseils sur le christianisme pratique. Cette croyance est associée à la compréhension que les actes extérieurs proviennent de ces intentions intérieures. C'est pourquoi une fois que quelqu'un est converti, c'est naturel pour lui de vivre une vie chrétienne par la puissance de l'Esprit de Dieu.

Ellen White a décrit le coeur du christianisme pratique comme le fait d'agir comme Jésus le ferait, plutôt que de vivre d'après les principes du royaume de Satan. Sous-entendus par le chemin de Jésus opposé à celui de Satan, sont deux principes qui sont diamétralement opposés l'un à l'autre. Voici ce qu'elle écrit dans Jésus-Christ: « Le péché a eu son origine dans la recherche de soi-même » (11), dans l'égoïsme. Quel contraste avec « l'amour qui renonce à soi-même [qui] est la loi de la vie pour la terre et pour le ciel » (page 10). « Les anges de gloire donnent avec joie leur amour et leur vigilance inlassable (…) « La gloire de notre Dieu, [c'est] de donner » (pages 10 à 11). Jésus a démontré la loi de l'amour qui se sacrifie dans la vie quotidienne. Il est venu non seulement afin de mourir pour nous, mais aussi pour « nous donner un exemple d'obéissance (…). Le Christ a manifesté un caractère opposé à celui de Satan » (page 15).

D'après le point de vue d'Ellen White, chacun vivait soit selon le principe du royaume de Satan, l'égoïsme, ou de celui de Dieu, l'amour qui se sacrifie. Il n'existe aucune autre alternative. Pareillement, aucun principe ne peut résider seulement dans les coeurs et les pensées. Ce sont les principes qui motivent les actions de chaque jour. C'est pourquoi elle écrit que « l'amour ne peut pas plus exister sans des actes extérieurs que le feu ne peut continuer s'il n'est pas nourri. »Testimonies for the Church, volume 1, page 695. C'est ce que nous sommes dans notre être le plus intime qui nous conduit dans nos expériences pratiques de la vie de tous les jours.

La transition entre une vie construite sur le principe de Satan à une vie construite sur celui du Christ se passe lorsque quelqu'un abandonne sa vie à Jésus. « Dès qu'un homme est converti à Dieu, il éprouve de nouveaux goûts, au point de vue moral, il reçoit une nouvelle force, il apprend à aimer ce que Dieu aime. »Messages choisis, volume 1, page 394. Cette nouvelle force amène des individus à vouloir être saints dans notre sphère, comme Dieu est saint dans la sienne. Dans la mesure de nos capacités nous devons manifester la vérité, l'amour et l'excellence du caractère divin » (page 395).

En résumé, les Chrétiens doivent, par la grâce fortifiante de Dieu, avoir pour but de ressembler à Jésus dans leur vie quotidienne. Ils leur reviennent d'imiter son caractère. Mais elle ajoute prudemment : « nous ne pourrons jamais être à l'égal du modèle » du caractère du Christ, bien que « nous puissions l'imiter et lui ressembler. » – Review and Herald, 5 février 1895. Dieu nous donne sa grâce qui pardonne lorsque nous « ne réussirons pas à copier le modèle divin. »Messages choisis, volume 1, page 395.

De la même manière que l'amour est la caractéristique fondamentale de Dieu et la question essentielle de la tragédie des siècles, l'amour est également au coeur du développement d'un caractère semblable au Christ, trouvant son expression dans les aspects pratiques de la vie quotidienne. Ellen White fait remarquer que : « partout où il y a une union avec le Christ, il y a l'amour. Où manque l'amour, tous les autres fruits sont vains. L'amour de Dieu et du prochain constitue l'essence même de la religion. Impossible d'aimer le Christ sans aimer ses enfants. Unis au Christ, nous avons sa pensée. La pureté et l'amour resplendissent dans le caractère, la douceur et la vérité gouvernent la vie. » Elle poursuit en déclarant que « même dans l'expression du visage il se produit un changement. Quand le Christ demeure dans une âme, il exerce une influence transformatrice ; l'aspect extérieur atteste la paix et la joie qui règnent à l'intérieur. »Messages choisis, volume 1, page 395.

Etre enfant de Dieu, comme le répéta Ellen White à de nombreuses reprises dans des contextes divers, signifie un changement dans chaque aspect de la vie quotidienne. Ca veut dire se défaire de mauvaises habitudes ou de comportements relationnels destructeurs. La vie chrétienne implique cependant bien plus que cela. En fait, renoncer à des activités, des attitudes et des habitudes ne veut rien dire en soi. Pour le chrétien authentique, abandonner des attitudes ou des activités qui n'ont rien de chrétien est bien entendu primordial, mais ce n'est que le prélude à l'appropriation des caractéristiques actives et positives du Christ. C'est un ajout, et non simplement l'abandon, qui se trouve au coeur du sens de vivre sa vie comme Jésus le ferait.

Comment était Jésus ? Ellen White le décrit joliment dans l'introduction de Le ministère de la guérison, lorsqu'elle note : « Notre Seigneur Jésus-Christ est venu en ce monde, comme le serviteur inlassable des besoins de l'homme » (page 17). Il est venu pour servir autrui, pour l'aider, pour lui donner les paroles de vérité. C'est en cela qu'Il est notre exemple.

Souvent elle nous exhorte à ressembler à Jésus dans le service. L'oeuvre d'amour du chrétien pour autrui, est « une tâche que nul ne peut faire à leur place » (page 121). Elle ajoute que trop de chrétiens ne s'impliquent pas pour partager l'amour de Dieu. Au lieu de cela, ils laissent l'oeuvre réelle de témoignage et de service d'autrui à des associations et à des professionnels.

Ce n'est pas un hasard que le livre Education commence et finit par la question du service envers autrui. Les vies se dévouant au service plutôt qu'à l'égocentrisme passent du royaume de Satan à celui du Christ. Par conséquent, Ellen White peut dire de ceux qui entrent dans le royaume céleste que non seulement ils trouvent « leur plus grande joie » au service sur cette terre, mais que leur « plus grande joie » sur la nouvelle terre consistera également à servir autrui, ressemblant à Jésus (Education, page 341).

Ellen White lie même ce sujet de la perfection chrétienne au fait d'intérioriser le caractère d'amour de Dieu dans la vie quotidienne. Dans Les paraboles de Jésus, elle fait remarquer que « le Christ désire intensément voir son image réfléchie dans son Eglise. Lorsque son caractère sera parfaitement reproduit dans ses disciples, il reviendra pour les réclamer comme sa propriété » (page 51).

Trop de personnes lisent cette phrase sans prêter attention au contexte. Par conséquent, elles lui imputent des significations qu'on ne trouve pas dans le passage lui-même. Les deux pages précédentes expliquent clairement son idée. Elle affirme sans nul doute que le Christ cherche à se refléter dans le coeur d'autrui et que ceux qui l'ont accepté auront délaissé la manière de vie centrée sur soi du royaume de Satan. Au lieu de cela, ils serviront leurs prochains, leur racontant les bontés de Dieu, faisant le bien. Ils ressembleront de plus en plus au Christ parce qu'ils ont reçu « l'Esprit du Christ, l'Esprit du désintéressement et de sacrifice en faveur du prochain ». Par conséquent, elle dit à ses lecteurs que « votre amour deviendra parfait ; vous réfléchirez de plus en plus l'image du Christ dans tout ce qui est pur, noble et aimable » (page 51). Ainsi réfléchir le caractère du Christ parfaitement consiste à Le laisser mettre en pratique Son amour dans nos vies de chaque jour.

C'est par cette pensée que nous avons fait le tour de la question sur les thèmes de base dans les écrits d'Ellen White. Nous avons commencé par l'amour de Dieu et le défi à cet amour dans le grand conflit. Nous allons maintenant la terminer avec la pensée que « les derniers rayons de la lumière de la grâce, le dernier message de miséricorde qu'il faut porter à l'humanité, c'est une révélation de son amour. Les enfants de Dieu sont appelés à manifester sa gloire. Dans leur vie et leur caractère, ils ont à témoigner de ce que la grâce de Dieu a fait pour eux. » – Les paraboles de Jésus, page 364. Ils seront une preuve que Dieu est vraiment amour et que sa grâce salvatrice transforme à la fois le caractère et les actes.

Le grand conflit, l'amour de Dieu, et d'autres grands thèmes dans les écrits d'Ellen White ne sont pas là pour des questions abstraites. Loin de là. Ils touchent à nos vies quotidiennes. Chacun de nous doit choisir chaque jour de vivre dans le monde réel en acceptant, soit les principes de Dieu, soit ceux de Satan. Dieu nous a donné les écrits d'Ellen White pour nous guider dans nos choix quotidiens. Leur objectif est de nous aider à prendre des décisions terrestres aux conséquences éternelles.

Que Dieu soit beni pour toutes ses benedictions !