Récits de témoins oculaires

J. N. Loughborough

Je vais présenter certains faits relatifs aux visions. La première fois que j’ai vu Mme E. G. White (anciennement Mlle Harmon), c’était en octobre 1852. Ce jour-là, je l’ai vue en vision, vision qui a duré plus d’une heure. Depuis lors, j’ai eu le privilège de la voir en vision environ cinquante fois. J’étais présent lorsque des médecins l’ont examinée alors qu’elle se trouvait dans cet état, et j’estime que c’est un plaisir que d’apporter mon témoignage de ce que j’ai vu et de ce que je sais. Je crois que l’on ne pourra pas rejeter inconsidérément un récit des faits en question au profit des suppositions hasardeuses faites par ceux qui ne l’ont jamais vue en vision.

Quand elle entre en vision, elle crie trois fois « Gloire ! » de manière fascinante, le deuxième écho, et surtout le troisième plus faibles, mais plus saisissants que le premier, la voix paraissant se trouver à une certaine distance de vous, et s'éteindre peu à peu. Pendant environ quatre ou cinq secondes, elle semble s'effondrer comme quelqu’un qui perd connaissance, ou qui aurait perdu ses forces. Puis elle semble instantanément remplie d’une force surhumaine, se relève parfois tout de suite et parcourt la pièce. Il y a de fréquents mouvements des mains et des bras, qui pointent vers la droite ou la gauche à mesure qu’elle tourne la tête. Tous ces mouvements sont effectués de la plus gracieuse des manières. Quelle que soit la position de la main ou du bras il est impossible pour quiconque de les bouger. Elle a toujours les yeux ouverts, mais ne cligne pas des yeux. Elle lève la tête, et elle regarde vers le haut, non pas les yeux dans le vague, mais avec une expression plaisante, différente de la normale seulement en ceci qu’elle semble fixer attentivement quelque objet distant. Elle ne respire pas, et cependant son pouls est régulier. L’expression de son visage est plaisante, et son teint aussi coloré que lorsqu’elle est dans son état normal.

Son état quant à la respiration, à la perte de forces, et au fait de regagner des forces lorsque l’ange de Dieu la touche, tout est en parfait accord avec la description donnée par le prophète Daniel de son expérience des visions quand il dit : « Je restai seul, et je vis cette grande vision; les forces me manquèrent, mon visage changea de couleur et fut décomposé, et je perdis toute vigueur. J'entendis le son de ses paroles ; et comme j'entendais le son de ses paroles, je tombai frappé d'étourdissement, la face contre terre. » « Comment le serviteur de mon seigneur pourrait-il parler à mon seigneur ? Maintenant les forces me manquent, et je n'ai plus de souffle. Alors celui qui avait l'apparence d'un homme me toucha de nouveau, et me fortifia. Puis il me dit : Ne crains rien, homme bien-aimé, que la paix soit avec toi ! Courage, courage ! Et comme il me parlait, je repris des forces, et je dis : Que mon seigneur parle, car tu m'as fortifié. »

Dr M. G. Kellogg

Description d’une vision donnée dans le Michigan, le 29 mai 1853, lors d’une réunion tenue à Tyrone, dans le comté de Livingston :

« Sœur White était en vision pendant environ vingt minutes ou une demi-heure. Alors qu’elle entrait en vision, chaque personne présente semblait ressentir la puissance et la présence de Dieu, et certains d’entre nous sentirent bien l’Esprit de Dieu reposer sur nous avec force. Nous étions occupés à prier lors d’une rencontre le sabbat matin vers neuf heures. Mon père, ainsi que frère et sœur White avaient déjà prié, et moi-même je priais à ce moment-là. Il n’y avait eu aucune passion, pas de démonstration particulière. Nous avons plaidé sincèrement avec Dieu, afin qu’il bénisse la réunion de sa présence, et pour qu’il bénisse l’œuvre dans le Michigan. Quand sœur White poussa ce cri triomphant de « Gloire ! g-l-o-i-r-e ! g-l-o-i-r-e ! » que vous l’avez entendue pousser si souvent au moment où elle entre en vision, frère White se leva et informa les gens présents que son épouse était en vision. Après avoir exposé la façon dont se déroulaient ses visions, et déclaré qu’elle ne respirait pas durant une vision, il invita ceux qui le souhaitaient à s’avancer et à l’examiner. Le Dr Drummond, un médecin qui était également un prédicateur adventiste du premier jour, et qui (avant de l’avoir vue en vision) avait déclaré que ses visions étaient d’origine mesmérique et que lui-même pouvait lui donner une vision, s’avança, et après un examen approfondi, devint très pâle, et remarqua : « Elle ne respire pas ! »

« Je suis tout à fait certain qu’elle ne respirait pas à ce moment-là, quand elle était en vision, ni durant aucune autre des quelques visions auxquelles j’ai assisté. Sa sortie de vision était aussi marquée que l’entrée. La première indication que nous avons eu que la vision était terminée fut qu’elle recommença à respirer. Elle prit sa première inspiration, profonde, longue et pleine, d’une manière qui montrait que ses poumons étaient restés totalement vides de tout air. Après avoir pris sa première respiration, plusieurs minutes s’écoulèrent avant qu’elle n’en prenne une deuxième, qui remplit ses poumons exactement comme la première l’avait fait. Puis elle fit une pause de deux minutes, prit une troisième inspiration, après laquelle la respiration se fit naturelle. » Signé : « Dr M. G. Kellogg, Battle Creek, Michigan, 28 décembre 1890. »

F. C. Castle

La déclaration suivante vient d’une personne qui fut témoin d’un examen médical pratiqué sur Ellen White alors qu’elle était en vision à Stowe, dans le Vermont, pendant l’été 1853. Cet homme déclare :

« Un médecin était présent, et il l’a examinée selon ce que lui dictait sa sagesse et ses connaissances, afin de trouver l’origine de la manifestation. Une bougie allumée fut tenue près de ses yeux, qui étaient grand ouverts. Pas un muscle de l’œil ne bougea. Puis il l’examina quant à son pouls, et quant à sa respiration, et il n’y en avait aucune. Par conséquent, il fut convaincu qu’on ne pouvait l’attribuer à aucun principe naturel ou scientifique. » Signé : « F. C. Castle. »

D. H. Lamson

La description qui suit se rapporte à un examen pratiqué alors qu’Ellen White était en vision, lors d’une réunion qui se tenait chez James White, dans Monroe Street, à Rochester, dans l’état de New York, le 26 juin 1854 :

« J’avais alors 17 ans. Il me semble encore entendre ces cris saisissants de : « G-l-o-i-r-e ! » qu’elle poussa. Puis elle s’effondra sur le sol, elle ne tomba pas, mais s’affaissa doucement, et elle eut le soutien des bras d’une assistante. Deux médecins vinrent, un vieil homme et un jeune homme. Frère White tenait beaucoup à ce qu’ils examinent sœur White de près, ce qu’ils firent. On amena un miroir, et l’un d’entre eux le tint devant sa bouche pendant qu’elle parlait. Mais très vite ils abandonnèrent, et déclarèrent : « Elle ne respire pas. » Puis ils examinèrent attentivement ses flancs, alors qu’elle parlait, pour trouver des signes d’une respiration profonde, mais ils ne purent en trouver. Alors qu’ils achevaient cette partie de l’examen, elle se leva, toujours en vision, avec dans les mains une Bible qu’elle tenait très haut, allant de passage en passage, citant correctement, bien que les yeux regardaient vers le haut et loin du livre.

« Elle a eu une vision des sept dernières plaies. Puis elle a vu le triomphe des saints, et ses cris de triomphe, j’ai l’impression de les entendre en ce moment-même. J’atteste ces faits en toute liberté. » Signé : « D. H. Lamson, Hillsdale, Michigan, 8 février 1893. »

M. et Mme A. F. Fowler

La déclaration suivante se rapporte à un examen effectué alors que Mme White était en vision à Waldron’s Hall, Hillsdale, Michigan, pendant le mois de février 1857.

« Nous étions présents lorsque (en février 1857) sœur E. G. White a eu une vision à Waldron’s Hall, Hillsdale. Le Dr Lord a fait un examen et a déclaré : « Son cœur bat, mais elle ne respire pas. Il y a bien de la vie, mais aucune action des poumons. Je ne peux pas m’expliquer cet état. » Signé : « A. F. Fowler, Mme A. F. Fowler, Hillsdale, Michigan, 1er janvier 1891. »

D. T. Bourdeau

« Le 28 juin 1857, j’ai vu sœur Ellen G. White en vision pour la première fois. Je ne croyais pas aux visions. Mais une circonstance parmi d’autres que je pourrais mentionner m’a convaincu que ses visions venaient bien de Dieu. Pour satisfaire mon esprit quant à savoir si elle respirait ou pas, j’ai d’abord posé ma main sur sa poitrine suffisamment longtemps pour me rendre compte qu’il n’y avait pas plus de gonflement des poumons qui si elle avait été un cadavre. Puis j’ai placé ma main devant sa bouche, en pinçant ses narines entre mon pouce et mon index, de sorte qu’il lui était impossible d’inhaler ou d’exhaler de l’air, même si elle l’avait voulu. Je l’ai maintenue ainsi durant environ dix minutes, temps suffisant pour la faire suffoquer dans des circonstances normales. Elle ne fut pas le moins du monde affectée par cette épreuve. Depuis que j’ai été témoin de ce phénomène prodigieux, je n’ai pas été une seule fois enclin à douter de l’origine divine de ses visions. » Signé : « D. T. Bourdeau, Battle Creek, Michigan, 4 février 1891. » The Great Second Advent Movement, par J. N. Loughborough, pages 204 à 210.

Déclaration de James White, 1868

« 1. Elle est absolument inconsciente de tout ce qui se passe autour d’elle, comme cela a été démontré par les tests les plus stricts, mais elle se voit comme en-dehors du monde, et dans la présence d’êtres célestes.

2. Elle ne respire pas. Durant toute la période du déroulement de la vision, qui jusqu’à aujourd’hui peut durer de quinze minutes à trois heures, il n’y a pas de respiration, comme cela a été prouvé à maintes reprises par des pressions sur la poitrine, et par l'obstruction de la bouche et des narines.

3. Immédiatement après son entrée en vision, ses muscles se raidissent, et ses articulations restent immobiles, de telle sorte qu’aucune force extérieure ne peut les influencer. En même temps, ses mouvements et ses gestes, qui sont fréquents, sont aisés et gracieux, et ne peuvent ni être empêchés, ni être contrôlés par une personne de grande force.

4. Au sortir d’une vision, qu’il fasse jour dans la pièce ou bien qu’elle soit éclairée parce que c’est la nuit, l’obscurité est totale. Sa capacité à distinguer même les objets les plus brillants, tenus à seulement quelques centimètres de ses yeux, ne revient que progressivement. »

George I. Butler

« Pendant près de trente ans, ces visions ont été accordées avec plus ou moins de fréquence, et ont eu beaucoup de témoins, souvent des sceptiques ainsi que d’autres qui y croyaient. Généralement, mais pas toujours, elles survenaient en plein milieu de moments profonds d’intérêt religieux tandis que l’Esprit de Dieu était spécialement présent, dans la mesure où les personnes présentes peuvent le dire. La période que passe Mme White dans cet état varie de 15 à 180 minutes.

Durant ce laps temps, son cœur et son pouls continuent de battre, ses yeux sont toujours grands ouverts, et semblent fixer quelque objet distant, et ne sont jamais posés sur quelque personne ou objet présent dans la pièce. Ils sont toujours dirigés vers le haut. Ils ont une expression plaisante. On ne voit ni regard affreux ni aucune apparence d’évanouissement. On peut amener tout à coup la plus brillante des lumières devant ses yeux, ou bien l’on peut faire mine d’enfoncer quelque chose dans ses yeux, elle ne cligne jamais des yeux ni ne change d’expression le moins du monde. Et il se passe parfois des heures, et même des jours après être sortie de cet état, avant qu’elle ne recouvre totalement sa vue. Elle dit qu’il lui semble sortir d’un monde enténébré, pourtant sa vue n’est absolument pas diminuée par les visions.

Tandis qu’elle est en vision, sa respiration cesse totalement. Aucun souffle ne s’échappe de ses narines ni de ses lèvres quand elle est dans cet état. Cela a été vérifié par de nombreux témoins, parmi lesquels des médecins de talent, eux-mêmes initialement sceptiques par rapport aux visions, et parfois nommés par une congrégation publique dans ce but. Cela a été prouvé à de nombreuses reprises en comprimant les narines et la bouche avec la main, et en plaçant un miroir devant le visage si près que toute humidité due à la respiration aurait été détectée. Dans cet état elle prononce souvent des mots et des phrases courtes, mais sans le moindre souffle. Quand elle entre dans cette condition, elle ne semble pas s’évanouir, son visage conserve son teint naturel, et le sang circule comme d’habitude. Souvent elle perd momentanément ses forces et s’adosse ou s’assied. Mais en d’autres occasions elle se lève. Elle remue ses bras gracieusement, et souvent son visage est éclairé d’un éclat comme si la gloire du ciel reposait sur elle. Elle est absolument inconsciente de tout ce qui se passe autour d’elle tandis qu’elle est en vision, n’ayant aucune connaissance de ce qui se dit ou ce qui se fait en sa présence. Une personne peut pincer sa peau, et faire des choses qui pourrait lui occasionner une grande et soudaine douleur en temps normal, elle n’aura pas le moindre frémissement.

« On ne voit aucune de ces grimaces ou contorsions dégoûtantes habituelles chez les médiums spiritualistes, son aspect à elle est calme et digne, il frappe celui qui en est le témoin de révérence et de solennité. Il n’y a rien de fanatique dans son apparence. Quand elle sort de la vision, elle parle et de temps en temps écrit ce qu’elle a vu en vision ; et le caractère surnaturel de ces visions est encore plus clairement manifeste dans ce qu’elle révèle ainsi que dans son aspect et son état, car beaucoup de choses ont ainsi été relatées alors qu’il était impossible qu’elle le sache d’une toute autre manière.

« Des circonstances particulières dans la vie des individus, qu’elle n’avait jamais vus en personne auparavant, et des secrets cachés des personnes les plus proches, ont été révélés par elle alors qu’elle n’avait aucune connaissance personnelle des parties en présence autrement qu’en vision. Souvent elle s’est retrouvée parmi des gens qu’elle ne connaissait absolument pas, quand elle se leva et désigna les personnes, l’une après l’autre, qu’elle n’avait jamais vues auparavant, en leur disant ce qu’ils avaient fait, et en réprimandant leurs péchés. Je pourrais mentionner de nombreux autres éléments de la même nature, mais l’espace me manque. Ces choses peuvent être démontrées par une quantité de témoignages, et nous affirmons avec confiance qu’elles sont d’un tel caractère qu’elles ne pourraient pas être accomplies par supercherie. » Review and Herald, 9 juin 1874.