Les visions d'Ellen White

Déclarations de W.C. White concernant Ellen White et son œuvre

(Remarques de W.C. White à Takoma Hall, 17 décembre 1905)

Quand je rencontre notre peuple dans différents endroits, on me pose souvent la question : « Est-ce que sœur White a des visions comme c'était le cas il y a des années ? Les questions qu'elle présente à l'église aujourd'hui lui viennent-elles tout comme c'était le cas au début ? »

En réponse à cette question, j'explique que tout au long de son expérience, depuis qu'elle a été appelée à l'œuvre publique et qu'elle a commencé à parler et à écrire à l'âge de seize ans, les problèmes lui ont été présentés de la même façon qu'ils le sont aujourd'hui. Durant la nuit l'ange du Seigneur lui apparaissait et la guidait vers des assemblées où elle entendait les comités de l'église, où elle voyait ce qui se passait dans le monde. Et ensuite il l'instruisait par rapport à ce qu'elle avait vu. Cette méthode d'instruction a perduré tout au long des années.

Peu après avoir commencé cette œuvre, il y eut une grande confusion parmi les croyants adventistes, et il y a eu beaucoup de fanatisme et d'incrédulité. Pour que les hommes sachent à travers leurs sens physiques que les visions qu'elle recevait venaient bien de Dieu, elle a reçu de nombreuses visions pendant lesquelles elle tombait impuissante sur le sol, elle cessait de respirer, son cœur continuait pourtant de battre, et elle parlait. De nombreuses fois, j'étais présent quand elle était ainsi ravie en vision. Je ne vais mentionner que la première et la dernière dont je me souvienne.

La première j'en ai été le témoin alors que je n'étais qu'un petit garçon au temple à Roosevelt, New York. Papa avait fait une brève allocution. Maman avait fait une brève allocution. Papa pria ; Maman pria ; et pendant qu'elle priait, j'ai entendu ce cri Gloire. Il n'y a rien de pareil au monde – ce cri de Gloire profond et musical. Elle tomba à la renverse. Mon père mit son bras sous elle. En peu de temps sa force lui revint. Elle se leva dans l'attitude de quelqu'un qui voit des choses merveilleuses au loin, son visage s'illuminait, parfois animée et joyeuse. Elle parlait de cette voix mélodieuse, faisant de brefs commentaires sur ce qu'elle voyait. Puis alors qu'elle voyait les ténèbres dans le monde, elle avait de tristes expressions alors qu'elle parlait de ce qu'elle voyait. Cela se poursuivit durant dix ou quinze minutes. Puis elle reprit sa respiration, respira profondément plusieurs fois, et ensuite, après un petit moment de repos, probablement cinq ou dix minutes, pendant lesquelles Papa parlait aux personnes présentes, elle se leva et raconta à la congrégation une partie des choses qui lui avaient été présentées.

La dernière vision dont j'ai été témoin pendant laquelle ces particularités se sont manifestées a eu lieu à Battle Creek, dans la maison où nous avons vécu de nombreuses années, au coin des rues Washington et Champion. C'était pendant un Cercle Biblique, qui avait commencé le 15 décembre 1874, et qui se poursuivit plusieurs semaines. La Review du 22 décembre 1874 dit qu'il y avait environ 150 personnes présentes au Cercle. Pendant le mois de décembre, une forme très grave de la grippe circulait. Plusieurs dans la famille l'avaient attrapée, et elle s'accrochait à Maman. Elle restait prostrée et très malade. Papa commença à craindre qu'elle n'ait pas assez de forces pour s'en remettre. Par conséquent, comme il en avait l'habitude dans les moments de danger, il décida d'aller voir les anciens de l'église pour qu'ils prient pour elle. En réponse à sa visite, l'après-midi du 3 janvier 1875, les frères J.H. Waggoner et Uriah Smith arrivèrent à la maison avec Papa. Maman fut amenée dans le petit salon et resta assise bien emmitouflée dans une chaise à bascule. Des membres de la famille, parmi lesquels Mrs Lucinda Hall, frère O. Corliss, et moi-même étaient présents.

Après quelques remarques de mon père, des prières très sincères furent offertes par chacun des pasteurs présents. Puis Papa pria. Après sa prière, Maman se mit à prier. Elle parlait en faisant des efforts considérables d'une voix enrouée et laborieuse. Après quelques phrases sa voix se fit plus claire et mélodieuse, et levant nos têtes, nous vîmes qu'un grand changement avait eu lieu. Ses mains étaient jointes, ses yeux levés vers le ciel, lorsqu'elle déclara d'une voix claire : « Gloire à Dieu. »

Puis d'un mouvement rapide, elle rejeta de côté les couvertures dans lesquelles elle était enveloppée, et s'avança, les yeux vers le ciel, comme si elle voyait quelque chose du plus grand intérêt. Tordant ses mains, et avec un regard empreint d'un chagrin intense, elle s'exclama : « Il fait si sombre, si sombre. » Plus tard, son visage s'éclaira et elle s'exclama : « Lumière ! De la lumière ! Plus de lumière ! Beaucoup de lumière ! »

La scène qui lui était présentée à ce moment-là, comme elle nous l'expliqua par la suite, montrait tout d'abord les ténèbres dont le monde est enveloppé. Une vision similaire avait amené Ésaïe à s'exclamer : « Car voici que les ténèbres couvrent la terre et l'obscurité les peuples. » Alors qu'elle voyait ces ténèbres, des lumières apparurent. D'abord elle vit des petites lueurs, qui se firent de plus en plus vives et fortes, jusqu'à ce que le monde fût envahi de lumière.

Les disciples de Christ doivent tenir haut leur lumière, où qu'ils se trouvent. Par eux, d'autres torches s'allumeront. Chacune doit brûler de plus en plus vive, et allumer d'autres lumières jusqu'à ce que toute la terre soit illuminée de l'amour et de la connaissance de Dieu.

Cette vision dura environ dix minutes. Pendant la dernière moitié du temps, Maman avait repris sa place dans la chaise à bascule. À l'issue de cet événement, elle prit trois profondes respirations et puis reprit son rythme naturel. Elle restait assise en silence et sembla absorbée dans la contemplation de la vision. Papa s'agenouilla alors près de sa chaise et dit : « Ellen, tu as eu une vision. »

« Oui, » répondit-elle.

Il demanda ensuite si elle souhaitait nous dire ce qui lui avait été présenté. Elle déclara : « Pas maintenant ». Puis sœur Hall la ramena à sa chambre. Nous vîmes tous qu'elle avait été guérie. Mais elle semblait accablée par les pensées de ce qui lui avait été présenté.

Papa et les frères Smith et Waggoner s'en retournèrent à leur travail au bureau de la Review and herald, pour préparer la réunion générale. Mais quelques heures plus tard, Papa revint, et dit à Maman : « Ellen, il y a une réunion à l'église ce soir. Tu viendras ? »

« Oui, » répondit-elle, « j'irai ». Bientôt elle se rendit à la réunion avec Papa à travers la neige. La maladie, la faiblesse, et l'enrouement avaient disparu. Elle était en bonne santé à nouveau.

À la réunion Papa prit la parole très brièvement, après quoi Maman parla avec aise et liberté pendant environ vingt minutes. Le lendemain, elle parla à nouveau et plus longuement à propos de l'élargissement de notre œuvre. Elle déclara que le message devait être amené à de nombreuses terres, et qu'elle avait vu des presses à imprimer fonctionnant dans de nombreux pays étrangers, imprimant des revues et des livres contenant le message du troisième ange.

À ce moment, Papa l'interrompit, disant, « Ellen, peux-tu nommer certains de ces pays ? »

Elle hésita un instant, et déclara : « Non, je ne me souviens pas des noms, mais je pourrais reconnaître les endroits si je les voyais. Il n'y a qu'un nom que l'ange a mentionné, et dont je me souviens : l'Australie. »

Les frères Haskell et Corliss entendirent cela et gardèrent l'Australie en tête, jusqu'à ce qu'en mai 1885, avec plusieurs autres ils prirent le bateau depuis San Francisco et commencèrent l'œuvre en Australie et en Nouvelle Zélande.

Concernant la continuité des visions : Nous n'avons pas été témoins des manifestations physiques remarquables qui accompagnaient les visions diurnes lors de ces dernières années. Mais les visions nocturnes ont continué de 1844 jusqu'à aujourd'hui. L'ange du Seigneur lui apparaît fréquemment en lien avec des révélations de contenu varié.

En dehors des visions nocturnes, il y a de nombreuses façons par lesquelles l'instruction lui est donnée. En voici une illustration :

À un moment donné il y avait un groupe de jeunes gens qui étaient en pension chez Maman dans sa maison de Healdsburg, certains l'aidant dans son travail, et certains qui étaient des étudiants et des enseignants à l'école. Une tentation particulière s'empara de l'une des enseignantes. Elle avait pris un filet à cheveux joliment tissé à Maman et l'avait mis dans sa malle. Maman fit une enquête minutieuse à propos de ce filet. Elle retourna toute la maison pour le retrouver, et déclara : « Il faut le retrouver. Il n'a pas pu s'en aller tout seul. » Un jour, elle traversait une chambre pour aller dans une autre quand une voix lui ordonna : « Soulève le couvercle de cette malle. » C'était quelque chose de tellement inhabituel pour elle, de regarder ainsi dans la malle d'une autre personne. Mais la voix lui répéta : « Soulève le couvercle de cette malle. » C'est ce qu'elle fit et elle vit à l'intérieur le filet disparu. Au lieu de dire ce qu'elle avait vu, elle fit à nouveau une enquête, et affirma : « Je suis certaine que vous le trouverez. » Elle insista tellement que celle qui avait pris le filet se dit qu'il valait mieux s'en débarrasser, et alors elle le détruisit. Elle se disait qu'elle ne pouvait plus le rendre après tout le bruit qu'on avait fait autour de lui.

Un jour, alors que Maman était assise devant la cheminée, une image apparut devant ses yeux de cette jeune femme tenant le filet au-dessus d'une lampe et le brûlant. Quand Maman vit qu'elle avait eu la ferme intention de ne pas confesser la transgression, elle dit à la jeune femme ce qu'elle avait vu, et cette dernière confessa tout. Elle déclara : « Je ne sais pas pourquoi je l'ai pris. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas rendu la première fois que vous l'avez évoqué. » C'était une jeune femme avec un merveilleux caractère à l'exception d'une chose. Sa vie durant, elle avait appris à être égoïste, on lui avait passé tous ses caprices. De toute évidence le Seigneur lui avait fait vivre cette expérience pour révéler ce trait de caractère. Après cela, elle prit la décision de changer, et elle vécut une nouvelle vie. Le Seigneur voulait cela afin de la préserver de choses plus graves.

Plus d'une fois quand Maman écrit, elle s'arrête, et alors qu'elle attend en prière, une pensée lui traverse l'esprit, pleine d'instructions supplémentaires quant à ce qu'il faut écrire. Alors que je parle de ces choses, vous reconnaîtrez dans chacune de ces formes de présentation des parallèles des expériences des prophètes telles qu'elles sont rapportées dans la Bible. Souvent quand une question d'importance particulière requérant sagesse et jugement est sur le point de se présenter, parfois quand des décisions puissantes doivent être bientôt prises lors d'une réunion, ou d'importantes politiques adoptées dans l'œuvre institutionnelle, elle vit toute l'expérience par avance. Dans une vision nocturne, peut-être des mois auparavant, l'ange du Seigneur est là pour lui dire ce qui arrive et ce qu'il faudra adopter. (L'ange est le même dont elle parle dans ses premiers écrits comme du « jeune homme. ») Elle parle de lui maintenant comme de « notre instructeur » ou « notre conseiller ». Ayant traversé ces expériences et entendu l'instruction quant à quelle ligne de conduite devait être adoptée quand la question survient, et ayant vu les questions se développer exactement telles qu'elles lui ont été présentées en vision, elle sait quel conseil donner et quelle ligne de conduite adopter.

De nombreuses choses lui sont présentées en images et en illustrations. Certains d'entre eux se souviendront de ce merveilleux chapitre parmi les derniers de La tragédie des siècles dans lequel est décrite l'expérience du peuple de Dieu qui s'est retrouvé dans des donjons et des cachettes, et alors qu'ils arrivent, une voix retentit : « Les voici ! Les voici ! Saints, innocents, immaculés. » Quand Maman écrivait les derniers chapitres de La tragédie des siècles on l'a entendu trois fois durant la nuit prononcer ces paroles alors que la scène lui était présentée encore et encore. Un matin, elle déclara : « À présent, je l'ai. Je sais où la placer. J'ai trouvé le lien. »

Parfois des avertissements importants lui sont présentés à travers des illustrations, et il ne lui est pas dit si l'acte représenté dans l'image est déjà arrivé, ou doit arriver dans le futur, ou si c'est une représentation d'un danger potentiel qui devrait être soigneusement évité.

En une occasion, alors que nous étions loin de Battle Creek, qui avait été notre foyer, nous avons reçu un message disant qu'un frère avait été radié de l'église. Alors que je lisais la lettre, je dis, « Maman, frère A. a été radié de l'église. » Elle déclara : « Oui. » Elle ne semblait pas surprise. Je dis : « Veux-tu me dire pour quelle raison ? » « Oui, dit-elle. Trop d'affection pour une jeune femme. » « Veux-tu me dire qui ? » Elle nomma la personne en question. Je demandai, « Comment sais-tu tout cela ? » Elle déclara : « Il y a quelques mois, ils m'ont été représentés comme se tenant debouts dans un lieu public, lui avec son bras autour d'elle, et elle le regardant amoureusement. Je ne savais pas à l'époque si c'était une image d'un événement réel ou une mise en garde concernant quelque chose qu'ils devaient éviter. »

Parfois la question me vient : que diriez-vous si vous lisiez un témoignage de réprobation pour quelque chose qui n'a jamais été commis ? Je dirais, acceptez-le comme une mise en garde et tenez-vous en éloigné le plus possible afin que cela n'arrive jamais. Laissez-moi vous raconter une anecdote en guise d'illustration :

Il y avait un frère avec lequel j'étais associé en Australie, qui me dit : « Frère White, j'ai des ennuis. J'ai de sérieux ennuis, parce que votre mère m'a écrit une lettre me réprouvant pour quelque chose que je n'ai jamais fait. Je suis dans une profonde détresse. Je ne sais pas quoi faire. » Puis il me parla de la réprobation en question.

« Mon frère, dis-je, je suis très heureux que vous soyez venu vers moi pour me demander conseil, parce que je crois que je suis en mesure de vous aider. » Puis je lui dis ce que je viens de relater, ainsi que de nombreuses autres choses dans lesquelles parfois la chronologie ou la géographie n'était pas clairement présentée.

Je lui racontai aussi comment, un sabbat, à Bâle, alors que je lisais History of Protestantism de Wylie, qui relate l'expérience des armées romaines attaquant les Hongrois, et comment un grand nombre de persécuteurs en voyant un petit nombre de protestants ont pris peur et ont rapidement battu en retraite. Alors que je le lisais à Maman, elle m'interrompit et raconta un tas de choses qui étaient relatées dans les pages suivantes, et me raconta de nombreuses autres choses qui ne se trouvaient pas du tout dans le livre. Elle déclara : « Je n'ai jamais rien lu à ce sujet, mais cette scène m'a été présentée je ne sais combien de fois. J'ai vu les armées papales, et parfois avant qu'elles ne soient en vue des Protestants, les anges de Dieu leur donnaient une image de grandes armées qui les ferait fuir. » Je dis : « Pourquoi ne l'as-tu pas mis dans ton livre ? » Elle répondit : « Je ne savais pas où le mettre. »

J'ai dit à ce frère, « Vous et moi faisons de très fines distinctions entre le passé, le présent et l'avenir. Nous faisons une grande différence. Avec Dieu, tout est présent. Vous et moi faisons une distinction très fine entre une action envisagée, méditée, ressassée, et une action commise. Le Seigneur ne fait pas autant de différence que nous. Il regarde à la pensée du cœur, et quand il voit dans votre esprit et dan le mien un projet, un désir, pour lui c'est comme la graine d'un arbre. En elle il voit l'arbre portant du fruit.

« Mon frère, si vous avez reçu une réprimande pour ce que vous n'avez jamais commis, je vous conseille de prendre cela comme une mise en garde, et de modifier vos voies et de vous en éloigner le plus possible de façon à ce que cela n'arrive jamais. Ne vous flattez pas en croyant que la tentation va passer en quelques jours ou quelques semaines. Souvenez-vous que la conquête du moi est une œuvre de toute une vie. »

Il saisit l'idée et dit : « Je vois ce que vous voulez dire. Je vous remercie de votre conseil. J'ai vu suffisamment de l'œuvre de votre mère pour connaître la puissance et la vérité qu'il y a en elle. J'accepte cela comme une mise en garde, et je vais me tenir à l'écart de la voie de perdition dont il est question, ainsi personne n'aura jamais besoin de savoir que j'avais besoin de cet avertissement. »

Quelques mois plus tard, des réclamations me parvinrent selon lesquelles ce frère empruntait précisément la voie au sujet de laquelle il avait prétendu être innocent. Pendant quelque temps, il soutint que les charges étaient fausses, mais finalement il confessa que depuis longtemps il suivait cette voie pour laquelle il avait été réprimandé.

Du point de vue théorique, de la façon dont les hommes voient et jugent, il aurait pu être innocent au moment où il a reçu la réprimande pour la première fois. Pourtant en esprit et en motivation il aurait pu être coupable à ce moment-là.

Parfois on pose la question : le Dr Kellogg a-t-il été réprimandé pour avoir érigé un bâtiment à Chicago qui n'a jamais été construit ? Y a-t-il eu une représentation faite des bâtiments là-bas qui n'ont jamais été construits ? Oui. Y a-t-il eu une représentation faite à Ezéchiel d'une cité et d'un temple qui n'ont jamais été construits ? Pourquoi cette représentation lui a-t-elle été faite ? Parce qu'il était possible qu'une telle cité existe. Si le peuple avait marché dans la lumière elle aurait été construite. Mais ils n'ont pas marché dans la lumière et la cité et le temple montrés au prophète n'ont jamais été construits. Ezéchiel a consigné ce qui lui était montré.

Alors que nous étions en Australie, Maman vit lors de visions nocturnes les grands bâtiments de Chicago, occupés par de nombreuses compagnies, absorbant le temps et les énergies de notre peuple. Il lui fut montré ce que cela impliquait pour les conférences et les missions dans d'autres pays pour permettre le rassemblement de moyens pour ces bâtiments. Personne n'avait jamais écrit ni dit à Maman qu'il existait de tels bâtiments. Mais elle écrivit ce qui lui fut présenté. Elle vit les bâtiments, les nombreuses compagnies, et le résultat, et écrivit la protestation en question. Je lus le message avant qu'il ne parte au courrier, et me dis que celui à qui il était adressé comprenait son œuvre suffisamment bien pour saisir sa signification et le recevoir comme une mise en garde. Mais au lieu de cela il suscita une grande indignation. On a souvent discuté de cela ainsi que de la lettre citée comme démontrant le manque de fiabilité des Témoignages.

Pendant plusieurs années, cela fut un poids pour Maman, mais pendant l'été 1902, après l'organisation de la Pacific Medical Missionary and Benevolent Association, la confusion se dissipa. Un jour, le juge Jesse Arthur et son épouse vinrent dîner chez Maman, et après le repas, la question du bâtiment de Chicago fut débattue. Le juge Arthur nous dit qu'il avait connaissance d'éléments à propos des projets qui étaient préparés et débattus pour la construction d'un grand bâtiment de Chicago, et qu'il avait vu le plan qui était tracé pour un tel édifice par le frère Brother W.K. Loughborough. Il nous dit que le Dr Holmes, qui avait fait beaucoup pour aider l'œuvre du Medical Missionary College à Chicago, et qui était un membre actif de la American Medical Association, était profondément intéressé que nous ayons des bâtiments grands et convenables à Chicago, parce qu'à moins d'avoir un endroit acceptable pour notre œuvre, il serait impossible d'assurer une reconnaissance favorable de la part de l'American Medical Association et de l'Association of Medical Colleges.

Par conséquent, le Dr Holmes chercha volontairement un endroit et fit des suggestions concernant les plans. Différents endroits furent examinés ; différents plans furent débattus, grands et petits. Le Dr Holmes insistait continuellement sur les bénéfices d'un très grand bâtiment, et on pensait que le Medical College pourrait en occuper une partie, une partie pouvant être donnée au dispensaire, et plusieurs autres compagnies sœurs pouvaient se regrouper dans ce grand bâtiment. Comme le Juge Arthur décrivait dans les grandes lignes les plans qui étaient considérés pour un édifice, Maman déclara : « C'est ce qui m'a été présenté » et ensuite elle aborda la description du bâtiment et continua pendant un moment. « Oui, » dit le Juge Arthur, après quoi il reprit sa description. La conversation était comme celle de deux personnes qui avaient vu les mêmes choses, et dans laquelle chacun disait une partie et l'autre une autre, et tout cela en parfaite harmonie. On considérait cela comme important que le grand bâtiment envisagé soit bâti le plus tôt possible, parce que le temps de la remise des diplômes d'une classe d'étudiants du Medical Missionary College approchait, et l'influence amicale des associations médicales dirigeantes était souhaitée. Le Dr J.H. Kellogg était en Europe, mais son approbation sans réserve était attendue. Mais à son retour il posa immédiatement la question : « Où est l'argent ? » Le témoignage concernant les grands bâtiments de Chicago lui avait fait perdre espoir de trouver les fonds nécessaires à leur construction.

Le message était parvenu au Dr Kellogg alors qu'il se trouvait en Europe. Il n'était pas seulement le guide mais également la tête et le cerveau de cette œuvre. C'étaient ses plans qui ont donné forme à tout ce qui a été fait. Quand il vit que le Témoignage était contre ce que lui et ses associés désiraient faire, il mit fin au projet.

La question de l'influence personnelle en a laissé plus d'un perplexe. Certains se sont mis en tête que l'influence personnelle peut peser sur le contenu des Témoignages d'une façon ou d'une autre, selon les sentiments et les souhaits et les désirs des proches de Maman.

Ceux qui sont le plus familiers de l'œuvre de Maman savent qu'il y a une solidité en elle qui ne peut être ébranlée. Il y a une part que les hommes doivent faire en lien avec ceci aussi bien qu'avec toute autre part de l'œuvre de Dieu. Souvent une vision est présentée à Maman du champ et de l'œuvre qui se tient devant nous. Elle voit que si une conférence, une église, ou un groupe d'hommes empruntent telle ou telle voie, le résultat sera certainement de telle ou telle nature, et par conséquent elle doit donner une mise en garde. Souvent elle doit interroger nos frères au sujet de la progression de l'œuvre, afin de savoir si le temps est venu de donner son témoignage.

Alors que nous étions à Avondale, luttant pour y construire l'université, il y avait de grandes différences d'opinion parmi les membres du comité. Nous avions un groupe d'hommes formés dans différentes écoles de l'expérience. C'était des hommes forts, et ils avaient beaucoup de divergences d'opinion. Certains voulaient voir des progrès rapides ; d'autres voulaient voir s'exercer une grande économie et la prudence ; et il y avait toutes sortes de nuances de doctrine concernant les finances et la gestion scolaire. Je me disais que je connaissais bien les idées de Maman concernant l'œuvre d'éducation. J'avais entendu ses conseils à l'Union Conference Committee pendant les années où nous cherchions un endroit où établir l'école. J'avais entendu ses déclarations concernant ce que l'école pourrait être. Je sentais la responsabilité de faire avancer l'œuvre. Certains des frères sentirent que je tenais beaucoup à ne pas aller trop vite, conscient que c'était courir un grand risque, et que je tirais un avantage malhonnête de ma relation avec Maman pour l'amener à peser dans cette œuvre pour mettre à exécution mes propres désirs.

Juste pour ceux qui pensaient de cette façon, ainsi que pour ma propre tranquillité d'esprit et mon assurance, je décidai de rester loin de tout ce qui pourrait être une cause de confusion pour eux ou pour moi, et bien que je souhaitais vivement des conseils, je décidai d'adopter un plan parfaitement sûr.

En ce temps-là, nous faisions notre travail de comité éducatif posément et de façon approfondie. Parfois nous tenions conseil pendant une semaine. En général, je rentrais à la maison tard le soir, et alors je confiais au Seigneur avant de dormir mes plus grandes confusions et difficultés. Souvent je priais : « Seigneur, guide-nous par ceux que tu voudras. Si c'est en donnant une lumière spéciale à frère Haskell, à frère Hughes, à frère Palmer, ou à un autre membre du comité, aide-nous à l'accepter ; ou si tu veux nous apporter de l'aide en envoyant des conseils par l'intermédiaire de Maman, comme par le passé, Seigneur, aide-nous. » Puis chaque matin je voyais Maman et je lui disais : « As-tu une parole pour nous ? »

Parfois elle disait : « Dans la nuit, je me trouvais dans un conseil, où nous parlions de telle ou telle question, et on me disait de dire telle ou telle chose. » Puis alors qu'elle racontait l'expérience, je reçus à plusieurs reprises la réponse exacte aux questions que j'avais soumises au Seigneur la nuit d'avant. Parfois ce que Maman disait n'était pas une réponse directe, mais cela m'enseignait la position que je devais prendre en référence à d'importants problèmes qui étaient devant nous. Toutes les choses qu'elle me disait pendant ces matinées ne trouvèrent pas une application durant l'œuvre alors en cours mais je vous assure que j'étais très reconnaissant pour l'aide ainsi reçue.

Un matin, j'avais posé la même question que d'habitude. J'étais un peu en retard et je dis : « Je dois me dépêcher de partir maintenant, car c'est l'heure de la réunion. » Maman me dit : « Je veux que tu me dises ce que tu fais. » Je dis : « Pourquoi devrais-je te le dire ? Le Seigneur ne va-t-il pas te dire ce qui est nécessaire que tu connaisses ? » « Allons, dit-elle, je veux que tu me dises ce que tu fais. » Je dis : « Je ne veux pas dire beaucoup de ce que nous faisons en ce moment. » Alors Maman se saisit de mon manteau, de la même façon qu'elle le faisait alors que je n'étais qu'un petit garçon, et me retournant vivement, elle me dit : « Willie White, il m'a été montré que tu passais par des moments difficiles, et quand tu atteins un certain cap, j'ai quelque chose à dire, et je veux savoir si tu as atteint ce cap ou pas. » Je lui dis donc ce que nous faisions, et elle dit : « Vas-y, je n'en parlerai pas plus aujourd'hui. »

Puis un jour ou deux plus tard, elle vint et nous donna des conseils. Le conseil qu'elle donna ne me soutint pas particulièrement dans mes projets. Je ne connaissais personne dont les projets étaient plus souvent contrariés et corrigés que les miens.

Une fois, j'étais au camp meeting de Melbourne, travaillant tôt et tard dans la limite de mes forces, et je reçus une lettre des plus tristes et pleine de reproches à propos du fait que je négligeais l'œuvre de Maman et de la nécessité de lui accorder plus d'attention. Elle avait consenti à ce que j'aille à ce camp, et je ne voyais pas ce que cela avait à faire avec moi à ce moment-là. Je me dis, Cela ne sert à rien d'y penser ; les affaires du camp meeting ont besoin de toute mon énergie, et je la laissais de côté. Mais était-ce la meilleure manière ? J'ai découvert plus tard qu'il y avait un homme juste là que j'aurais pu lui procurer de l'aide dans l'œuvre qui avait besoin d'attention. Mais le message m'avait fait mal. Je pensais que je faisais tout ce que je pouvais. Je n'étais pas résigné, et je le sortis de ma tête, et voici qu'à portée de main il y avait l'aide dont j'avais besoin pour m'aider à faire ce que je devais faire.

À présent, en référence à la question de l'influence personnelle : j'ai vu que les messages rapportés à Maman par le bouche-à-oreille et par lettre la poussaient à écrire, et la question a été soulevée, ce message l'a-t-il simplement poussée à écrire des choses qui avaient été révélées, ou ce message a-t-il influencé qui est écrit ?

Le Seigneur m'a permis de vivre de nombreuses expériences pour répondre à cette question. Je vais vous en raconter quelques-unes. Une fois, il y avait un groupe d'hommes associés avec le président de la Conférence Générale qui étaient des financiers puissants. Leurs cœurs n'avaient pas été attirés vers les missions étrangères, mais leurs cœurs se réjouissaient dans les grands bâtiments, les installations, et les rouages au cœur de l'œuvre, à Battle Creek, et ils disaient continuellement au président de la Conférence Générale que c'était ces choses qui donnaient de la stabilité et de la force à la cause, et imperceptiblement ce dernier était de plus en plus influencé par cette vision de l'œuvre. Des étapes furent franchies que les hommes d'affaires considéraient comme sages, mais aux yeux du Seigneur, c'était du vol. Les champs missionnaires étaient volés.

Des lettres nous parvinrent d'Amérique, de la part du président de la Conférence Générale, affirmant que ces hommes étaient en train de vivre une bonne expérience, qu'ils se rendaient aux camps meetings, et qu'ils apportaient leur aide ici et là. C'était un exposé des plus encourageants, et je vous assure que j'étais heureux de le lire. J'aimais beaucoup l'un de ces hommes en question. J'en admirais un autre pour son sens des affaires. Pendant des années, je m'étais efforcé de présenter à Maman toutes les choses encourageantes que je pouvais sur leur travail.

C'était un courrier de midi qui nous avait amené ce compte-rendu, et dans l'après-midi Maman et moi nous assîmes et nous réjouîmes de cette bonne nouvelle. Nous disions à quel point c'était appréciable que Maman puisse à présent déposer le fardeau qu'elle portait depuis si longtemps. Je rentrai chez moi plein de joie et d'actions de grâces et de louange à cause de ce retournement de situation, et à cause du fait que Maman pouvait se débarrasser du fardeau écrasant qu'elle portait concernant l'œuvre à Battle Creek. Mais le lendemain, je trouvais Maman occupée à écrire, et le surlendemain elle me fit venir pour lire le message de censure le plus sévère qu'elle ait jamais écrit concernant l'œuvre et l'influence de ces hommes importants.

Comment expliquer un tel changement d'attitude ? C'était parce que l'ange du Seigneur lui était apparu, et lui avait donné une autre vision de leur œuvre. J'ai vu de telles expériences non pas une fois, ni deux fois, mais de nombreuses fois.

J'ai vu des gens tenter d'obtenir un mot en faveur d'un projet particulier. L'une des expériences les plus marquantes était en lien avec la Conférence Générale d'Oakland de 1903. Maman avait vécu à l'avance les expériences qui étaient à venir. Matin après matin quand je lui rendais visite dans sa chambre, elle me parlait des graves questions qui allaient se poser à la réunion. Souvent elle disait : « Je ne sais pas si j'aurais la force d'assister à la conférence ou pas, mais si j'y assiste, je vais devoir rendre un témoignage sans détours. Je prie souvent « Seigneur, aide-moi à me souvenir, et si le temps vient où j'aurais besoin de savoir telle ou telle chose, fais-la venir à mon esprit. » »

Finalement, nous sommes venus à la conférence et la bataille faisait rage. Ceux qui représentaient un camp des controverses venaient à Maman lui demander conseil. Ils disaient : « Nous sommes en pleine confusion. Nous ne voulons pas faire d'erreur. Il nous semble que tel et tel danger guette l'église, et il faut y faire face, et comment y faire face ? » Alors Maman leur disait comment le danger lui avait été présenté, en leur disant la nécessité d'être vigilants. Comme j'entendais les solides présentations faites par ces hommes, et les difficultés telles qu'ils les voyaient, la question s'imposait à moi : « Cela va-t-il influencer le témoignage de Maman ? »

Maintenant, vous pouvez imaginer l'intensité de mon intérêt quand elle prit place devant la conférence pour apporter son message. J'observais pour voir si elle délivrerait le message prévu ou si elle porterait un témoignage un peu différent. Mais comme vous vous en doutez, le témoignage qu'elle donna ne changea pas d'un iota à gauche ou à droite par rapport à ce qu'elle nous avait déclaré à la maison.

Toutefois, il y avait une idée sur laquelle elle avait prévu de parler franchement et qui ne fut jamais présentée. Elle m'avait dit et répété avant la conférence, et pendant la conférence, qu'elle devait présenter à tel et tel groupe de médecins le danger qu'ils couraient. Et à sa demande, nous avons rassemblé les médecins. Certains pasteurs dirent : « Ne devrions-nous pas écouter également ce qui se dit ? » Certains des principaux auxquels elle voulait parler étaient absents, et elle vit devant elle des personnes qui n'étaient pas préparées à recevoir et à utiliser sagement le message qu'elle avait à délivrer ; par conséquent elle ne le délivra jamais. Elle évita la question, et lut quelque chose d'édifiant sur un autre sujet. Quand elle voit les gens rassemblés pour écouter ses conseils, et que son cœur reçoit l'impression qu'ils vont faire un mauvais usage de ses paroles, elle décide parfois de ne pas dire ce qu'elle avait l'intention de dire.

Encore une pensée sur l'influence personnelle. Certains disent : « Avez-vous vu quand sœur White parlait ici-même à la conférence qu'elle s'est retournée et a dit à W.C. White : ‘Ai-je traité tous les points, Willie ?' Cela ne montre-t-il pas que c'est lui qui la fait répéter, et qu'elle essaie de le satisfaire ? » Cela peut être une question naturelle pour des esprits soupçonneux. Quels sont les faits ?

Parfois des semaines avant une réunion importante Maman avait l'habitude de me dire matin après matin les déclarations qu'elle avait l'intention de faire. Puis quand la réunion arrivait, elle prenait la parole devant de larges assemblées. Puis quand elle était appelée à apporter son témoignage à notre propre peuple, elle me disait avant de s'y rendre : « Je suis fatiguée ; les gens n'ont cessé de me parler ; tu dois m'aider à me souvenir de tout ce que je t'ai dit. » Et quand elle se retrouvait sur la chaire elle se tournait vers moi pour que je lui rappelle ce qu'elle m'avait dit précédemment. En voici une illustration :

À la fin de la Conférence Générale de Battle Creek en 1901, les frères insistèrent pour que Maman se rende à Indianapolis pour assister à la réunion générale prévue là-bas pour se rendre compte du travail fanatique d'un groupe d'ouvriers qui enseignaient la doctrine de la chair sanctifiée.

Maman était très fatiguée et pensait qu'elle n'avait pas assez de forces pour ce fardeau supplémentaire. Elle me répéta ainsi qu'à d'autres membres de la famille qu'elle ne se sentait pas capable d'assister à cette réunion. Elle se disait qu'elle n'avait pas la force nécessaire à la proclamation du témoignage qu'elle devait apporter si elle assistait à la réunion. Alors elle nous dit de nombreuses choses qu'elle aurait à dire aux frères qui enseignaient cette étrange doctrine dans l'Indiana. Elle le répéta plusieurs fois, afin que je me souvienne très distinctement de ce qu'elle devait dire dans l'Indiana si elle devait s'y rendre. Finalement, elle décida d'y aller. Le Seigneur la fortifia pour le voyage, et elle apporta son témoignage devant une grande assemblée d'une façon claire et décidée. Après cela, on lui demanda de s'adresser à un large public le dimanche après-midi. Elle dut puiser dans ses réserves d'énergie, et à l'issue de cette rencontre elle était très fatiguée.

Le dimanche après-midi j'ai eu une longue conversation avec l'un des pasteurs qui enseignaient cette étrange doctrine contre laquelle Maman avait apporté son témoignage, et il demanda une entrevue avec Maman. Je lui répondis qu'elle était épuisée. Mais quand je vis qu'il se sentirait chagriné et blessé si une entrevue lui était refusée, je lui dis que je ferais tout ce que je pourrais pour arranger une entrevue tôt le lundi matin.

Je pensais voir Maman le dimanche soir et lui parler du désir de ce frère de la voir dans la matinée, mais le travail avec le comité m'empêcha de la voir ce soir-là.

Tôt le lundi matin je me rendis à sa chambre et la trouvai très occupée à écrire. Alors elle me dit qu'un sujet important lui avait été révélé durant la nuit et qu'elle souhaitait grandement le mettre par écrit avant que quelque chose ne vienne détourner son esprit du sujet. Je lui dis alors que j'avais promis à l'un des pasteurs de faire de mon mieux pour arranger une entrevue avec elle tôt le lundi matin. Maman répondit : « Mais j'ai la tête occupée à cet autre sujet à présent. J'ai délivré mon témoignage à notre peuple, et mon discours devant cette grande assemblée a épuisé mes forces, et à présent j'ai ce nouveau sujet sur lequel écrire. Pourquoi devrais-je avoir une entrevue privée avec ce frère ? »

À nouveau je lui parlais de son désir d'avoir une entrevue avec elle, et elle dit : « Mais que puis-je lui dire ? » Ensuite je vis que le discours du dimanche après-midi ainsi que le nouveau sujet avaient complètement détourné ses pensées de la question du fanatisme de la chair sanctifiée, alors je lui répétais certaines des choses qu'elle m'avait dites quand nous étions encore à Battle Creek, et qu'elle avait l'intention de dire à ces frères si elle devait venir dans l'Indiana. Après avoir attiré son attention sur quelques-unes des choses qu'elle nous avait répétées encore et encore, son esprit reprit cette suite d'idées, et alors j'allai chercher ce frère.

Lors de cette conversation, une sœur de la chambre attenante avait entendu certaines de nos paroles. J'avais parlé assez fort à Maman, et la sœur avait entendu mes paroles, sans peut-être, entendre ce que Maman disait, et elle était fort surprise et choquée d'entendre W.C. White dire à sa mère ce qu'elle devait dire à un frère dans la confusion. Bien entendu, la question fut rapportée à d'autres et elle circula de tous côtés avant de parvenir à mes oreilles.

Ce n'est pas la seule façon dont travaille l'ennemi pour nous duper, nous qui sommes liés à Maman à des places où il semble que nous altérions son travail. Ceux qui veulent croire que les Témoignages ne sont pas purs ni authentiques trouveront de nombreuses occasions d'entendre des choses qui peuvent être dites d'une telle façon qu'elles montrent que nous ne nous occupons pas honnêtement de cette œuvre. Mais je veux dire concernant ce qui sort du bureau de Maman signé de sa main ou portant le sceau de sa signature, que Maman en est parfaitement responsable. Il n'y a personne parmi ses proches qui a le désir d'interférer dans son travail ou de faire autrement que ce qu'elle nous dit de faire.

Maman écrit très rapidement. Elle rédige la plus grande partie de ses écrits tôt le matin. Elle écrit souvent sur de nombreux sujets dans une lettre ou un manuscrit, à mesure qu'un sujet après l'autre défile dans son esprit. Ces manuscrits elle les fait passer à quelqu'un qui est expert dans la lecture de son écriture et qui la transcrit sur la machine à écrire, après quoi ils sont rendus à Maman. Elle les examine, fait telles corrections, des changements et des ajouts comme bon lui semble. Ensuite ils sont recopiés et envoyés selon les directives de Maman. Parfois une longue lettre personnelle contient du contenu qu'elle souhaite utiliser dans une lettre plus générale devant être envoyée à un groupe d'ouvriers. Parfois elle contient du contenu pour un article dans l'un de nos périodiques, ou pour le chapitre d'un livre.

Plusieurs des chapitres les plus précieux de Jésus-Christ sont constitués de contenu qui vient de lettres envoyées à des hommes œuvrant dans des conditions difficiles, dans le but de leur remonter le moral et de les instruire concernant leur travail. Certaines de ces merveilleuses leçons sur la vie chrétienne telle qu'elle est illustrée dans la vie de notre Sauveur ont d'abord été écrites dans des lettres adressées à mon frère Edsonc, quand il luttait avec de nombreuses difficultés dans son travail dans le Mississippi. Certaines ont d'abord été envoyées à frère Corliss quand il avait une discussion avec un Campbellite rusé à Sydney.

Je me sentirais coupable si je ne parlais pas de la longanimité et la patience de Dieu envers les hommes tombés dans l'erreur telles qu'elles sont manifestées dans les messages qui sont envoyés à l'église par l'intermédiaire de Maman. Souvent un homme est choisi pour occuper une place de responsabilité, et l'ennemi survient avec toute puissance pour le rendre inapte à ce travail et à cette place. Alors quand les frères voient sa faiblesse ils sont prêts à se passer de ses services. Mais Dieu le considère tout comme le Seigneur Jésus considérait ses disciples – les ayant aimés, il les aima jusqu'à la fin – quand il a dit : « Ceux que tu m'as donnés, je les ai préservés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition. » Cela montre combien il était patient et déterminé que les hommes aient tous l'opportunité que peut donner le paradis. Cette caractéristique vous la verrez dans les messages que Dieu envoie à l'église dans les Témoignages.

Si les frères, quand ils voient un frère qui fait le mal, le traitent fidèlement, ils pourront le regagner, ou bien ils confirmeront le fait qu'il n'y a plus d'espoir plus lui. Si on faisait cela, il n'y aurait plus besoin d'un témoignage si souvent donné, mettant l'église en garde contre le fait de repousser les hommes que le Seigneur tient toujours à sauver.

Nous ne pouvons arriver à une claire compréhension des Témoignages que par une étude diligente des messages que le Seigneur a donnés à son église au cours des siècles passés, en gardant à l'esprit que les mêmes formes de langage signifient la même chose aujourd'hui, et en les étudiant à la lumière de l'amour de Jésus.

Je prie Dieu que nous devenions tous sages dans notre étude de ces choses, parce que nous aurons tous des occasions d'aider les autres.

Ellen G. White Estate
Conférence Générale des Adventistes du Septième Jour
Washington 12, D.C.
20 mai 1954
Préparé et reformaté le 6 juin 1991
Silver Spring, Maryland.