Le bouc émissaire dans les écrits d’Ellen White

Alberto R. Timm

White Estate

(Une version condensée de cet article a été publiée dans le numéro d’octobre 2013 de la revue Ministry)

L’identification et la signification eschatologique du bouc émissaire de Lévitique 16 a provoqué bien des débats dans les cercles universitaires. Dans l’antiquité, pour la tradition juive, le bouc émissaire était toujours considéré comme un être démoniaque.1 Mais depuis les temps post-apostoliques, de nombreux commentateurs chrétiens ont tenté de l’assimiler à Christ et à sa mort sacrificielle.2 Les adventistes du septième jour ont souligné la distinction claire qu’il y a entre d’une part « les boucs » de Lévitique 16:8, considérant celui qui est « pour le Seigneur » comme un type de Christ, et celui « pour Azazel » comme représentant Satan.3 C’est également l’idée exprimée dans les écrits d’Ellen White.

Le présent document donne un aperçu chronologique des déclarations d’Ellen White sur ce bouc émissaire antitypique. La discussion commence par la contribution d’O.R.L Crosier, qui a jeté les bases de la compréhension adventiste sur le sujet. Elle se poursuit par des déclarations anciennes et plus tardives d’Ellen White sur ce sujet, et enfin elle se termine par quelques remarques sur un manuscrit inhabituel qui contraste complètement avec tous ses autres écrits et avec la pensée adventiste en général.

Contribution d’O.R.L Crosier

La compréhension adventiste de la purification du sanctuaire céleste (Daniel 8:14 ; Hébreux 9:23) et du rôle final de Satan comme bouc émissaire eschatologique (Lévitique 16 ; Apocalypse 20) a principalement été forgée par les interprétations bibliques présentées dans l’article d’O.R.L. Crosier intitulé « La loi de Moïse, » et publié dans le supplément du Day-Star, le 7 février 1846.4 Dans son étude du bouc émissaire, Crosier affirma avec force :

« Presque tous supposent que ce bouc typifie Christ dans certaines de ses fonctions, et que le type a été accompli lors de la première venue. Je dois m’opposer à cette opinion, car premièrement, ce bouc n’était pas chassé avant que le Grand Prêtre n’ait mis un terme à la purification du sanctuaire, Lévitique 16:20,21, ainsi cet événement ne peut pas rencontrer son antitype avant que les 2300 jours ne soient achevés. Deuxièmement, il était chassé d’Israël dans le désert, une terre inhabitée. Si notre Sauveur bien-aimé est son antitype, il doit aussi être chassé, non pas seulement corporellement, mais corps et âme, car le bouc était chassé vivant, loin, et non vers son peuple. Ni vers le ciel, car ce n’est pas une terre déserte ou inhabitée. Troisièmement, il recevait et conservait toutes les iniquités d’Israël. Mais quand Christ apparaîtra la seconde fois, il sera « sans péché. » Quatrièmement, le bouc recevait toutes les iniquités des mains du prêtre qui le chassait. Puisque Christ est le Prêtre, le bouc est forcément distinct de lui, et il peut le chasser. Cinquièmement, il s’agissait de l’un des deux boucs choisis pour ce jour précis, l’un étant pour le Seigneur et offert en offrande pour le péché. Mais l’autre n’était pas dénommé « pour le Seigneur. » Il n’était pas non plus offert en sacrifice. Sa seule fonction était de recevoir les iniquités du prêtre après qu’il en a purifié le Sanctuaire, et de les porter jusqu’à une terre inhabitée, laissant derrière lui le Sanctuaire, le prêtre, et le peuple libérés de leurs iniquités. Lévitique 16:7 à 10, 22. Sixièmement, comme on le lit au verset 8, en hébreu, le nom du bouc émissaire est Azazel. Voici sur ce verset les remarques que fait William Jenke dans son Commentaire Comparé : « Bouc émissaire. Voir les différentes opinions dans Bochart. Spencer, après la plus ancienne croyance des hébreux et des chrétiens, pense qu’Azazel est le nom du diable. De même chez Rosenmire. En syriaque, Azzael (sic) est l’ange (le fort) qui s’est révolté. » Septièmement, à l’apparition du Christ, comme l’enseigne Apocalypse 20, Satan est lié et jeté dans l’abîme, acte et lieu qui sont symbolisés par le fait que le Grand-Prêtre chassait le bouc émissaire vers un désert distinct et inhabité. Huitièmement, nous avons ainsi les Écritures, la définition (sic) du nom dans deux langues anciennes toutes deux parlées à cette même époque et la plus ancienne croyance des chrétiens en faveur de l’argument qui consiste à considérer le bouc émissaire comme un type de Satan. Dans l’emploi courant du terme, les hommes l’associent toujours à quelque chose de méchant, qualifiant les plus grands malfaiteurs et les repris de justice de boucs émissaires. L’ignorance de la loi et de sa signification est la seule origine possible que l’on peut invoquer pour l’opinion selon laquelle le bouc émissaire était un antitype de Christ. »5

Les idées de Crosier sur Satan comme étant le bouc émissaire antitypique ont été pleinement acceptées par les adventistes sabbatistes, et ses arguments allaient être constamment repris dans la littérature adventiste sur le sujet, y compris dans les écrits d’Ellen White. Il est à noter que dès 1847, A word to the little flock fut imprimé avec le paragraphe suivant, de la plume d’Ellen White :

« Je crois que le Sanctuaire, qui doit être purifié à la fin des 2300 jours, est le Temple de la Nouvelle Jérusalem, dont Christ est le ministre. Le Seigneur m’a montré en vision, il y a pus d’un an, que Frère Crosier avait la véritable lumière, sur la purification du sanctuaire, etc., et que c’était sa volonté que Frère C. mette par écrit l’idée qu’il nous a donnée dans le supplément du Day-Star du 7 février 1846. Je me sens pleinement autorisée par le Seigneur, à recommander ce supplément à chaque saint. » 6

En faisant des recherches dans ses écrits publiés et non publiés, on peut constater qu’Ellen White a continué à identifier Satan comme le bouc émissaire antitypique.

Anciennes déclarations d’Ellen White

A l’été 1849, Ellen White déclara que les péchés confessés avant le temps de trouble « seront placés sir le bouc émissaire et emportés. »7 Le 4 août 1850, elle écrivit une lettre à la famille Hastings, les encourageant à « prier avec ferveur que leurs péchés soient confessés sur la tête du bouc émissaire et emportés dans le pays de l’oubli. » 8 Aucune des deux déclarations ne donne d’indication probante quant à l’identification du bouc. Mais deux mois plus tard (le 23 octobre 1850), elle vit en vision qu’après que Jésus aura achevé son œuvre dans le sanctuaire céleste, « Il viendra à la porte du tabernacle, ou porte du premier appartement, et confessera les péchés d’Israël sur la tête du bouc émissaire. Puis il revêtira les vêtements de la vengeance. Alors les plaies viendront sur les impies, et elles n’arrivent pas avant que Jésus ne revête les vêtements de la vengeance et prenne place sur la grande nuée blanche. Puis, tandis que les plaies se déversent, le bouc émissaire est entraîné à l’écart. Il lutte intensément pour s’échapper, mais il est fermement retenu par la main qui l’entraîne au loin. S’il devait s’échapper, Israël serait détruit (ou tué). Je vis que cela prendrait du temps de l’emmener dans le pays de l’oubli après que les péchés seront placés sur sa tête. […] Alors que Jésus traversait le lieu saint ou premier appartement, par la porte pour confesser les péchés d’Israël sur le bouc émissaire, un ange déclara : cet appartement est appelé le sanctuaire. » 9

Cette déclaration donne de précieuses lumières sur l’identification du bouc émissaire. Chose remarquable, de même que Lévitique 16:8 faisait la distinction entre le bouc « pour le Seigneur » et le bouc « pour Azazel, » Ellen White fait également la distinction entre Jésus et le bouc émissaire eschatologique. Cette différence est encore plus évidente quand elle dit que Jésus lui-même, en tant que notre Grand-Prêtre, va confesser les péchés du peuple de Dieu « sur la tête du bouc émissaire » et que « tandis que les plaies se déversent, le bouc émissaire est entraîné à l’écart […] dans le pays de l’oubli. » De plus, le bouc émissaire « lutte intensément pour s’échapper. » Cette lutte face au tragique exil fatal du bouc émissaire écarte toute confusion. Même sans mentionner le nom de Satan, il apparait plus qu’évident que c’est lui auquel Ellen White pensait en évoquant le véritable bouc émissaire.

En 1850, les adventistes sabbatistes avaient déjà une compréhension claire du bouc émissaire, qui n’a jamais été remise en question dans la dénomination. Pendant plus de 30 ans, Ellen White ne mentionna plus le bouc émissaire dans ses écrits.

Ecrits ultérieurs d’Ellen White

C’est dans les années 1880 et 1890 qu’Ellen White a signé les déclarations les plus marquantes concernant Satan en tant que bouc émissaire eschatologique. Dans l’édition de 1884 de son livre The Great Controversy between Christ and Satan (chapitre 18 : le sanctuaire), voici ce qu’on peut lire :

« On voyait également que tandis que l’offrande pour le péché renvoyait à Christ comme sacrifice, et que le grand prêtre représentait Christ comme médiateur, le bouc émissaire représentait Satan, l’auteur du péché, sur qui les péchés des pénitents sincères seront finalement placés. Quand le grand-prêtre, en vertu du sang de l’offrande pour le péché, effaçait les péchés du sanctuaire, il les plaçait sur le bouc émissaire. Quand Christ, en vertu de son propre sang, efface les péchés de son peuple du sanctuaire céleste à la fin de son ministère, il les placera sur Satan, qui, dans l’exécution du jugement, devra porter la peine finale. Le bouc émissaire était chassé dans une terre inhabitée, pour ne jamais revenir parmi l’assemblée d’Israël. De même, Satan sera banni à jamais de la présence de Dieu et de son peuple, et il sera anéanti lors de la destruction finale du péché et des pécheurs.10

L’édition de 1888 de The Great Controversy [C’est l’édition révisée de 1911 qui sera traduite en français pour donner la Tragédie des siècles], augmentée et révisée, a non seulement conservé le paragraphe ci-dessus (dans le chapitre 23 : Qu’est-ce que le sanctuaire ?)11 , mais elle a également ajouté deux déclarations supplémentaires sur le même sujet. Au chapitre 28 : Le jugement investigatif, elle déclare :

« Tout comme le prêtre, en éliminant les péchés du sanctuaire, les confessait sur la tête du bous émissaire, de même Christ placera tous ces péchés sur Satan, l’auteur et instigateur du péché. Le bous émissaire, qui portait les péchés d’Israël, était chassé « dans une terre désolée » (Lévitique 16:22), de même Satan, désormais chargé de tous les péchés qu’il a poussé les enfants de Dieu à commettre, sera pendant mille ans confiné sur terre, qui sera alors désolée, sans habitant, et il souffrira enfin la pleine pénalité du péché, dans les flammes qui détruiront tous les impies. » 12

Et à nouveau, au chapitre 41 : La terre désolée, Ellen White a confirmé cette même idée :

« Quand le ministère dans le lieu très saint étaient terminés, et que les péchés d’Israël étaient éliminés du sanctuaire en vertu du sang de l’offrande du péché, alors le bouc émissaire était présenté vivant devant le Seigneur. Et en présence de la congrégation le grand prêtre confessait sur lui « toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes leurs transgressions, tous leurs péchés, les mettant sur la tête du bouc. » [Lévitique 16:21] De la même manière, quand l’œuvre d’expiation dans le sanctuaire céleste sera terminée, alors en présence de Dieu et des célestes anges, et l’armée des rachetés, les péchés du peuple de Dieu seront placés sur Satan. Il sera déclaré coupable de tout le mal qu’il les a poussés à commettre. Et tout comme le bouc émissaire était chassé vers une terre inhabitée, Satan sera banni jusqu’à une terre isolée, un désert inhabité et morne. »13

Ces trois déclarations ont été conservées dans leur formulation originale dans l’édition révisée en 1911 de The Great Controversy [un seul détail a changé : le mot scape-goat (bouc émissaire) en anglais est devenu scapegoat, sans tiret].14 Des notions similaires ont également été exprimées dans Patriarches et prophètes (paru en anglais en 1890 sous le titre Patriarchs and Prophets) :

« Sur la terre, cette liquidation solennelle : l’expiation définitive et l’effacement des péchés, était figurée par le cérémonial du grand jour des expiations ou de la purification du sanctuaire. Ce cérémonial consistait, en vertu du sang de la victime, à éliminer définitivement du sanctuaire tous les péchés qui s’y étaient accumulés et à les emporter au désert. Ainsi, au jour du jugement, les péchés de tous les vrais pénitents seront effacés des livres célestes pour ne plus revenir à la mémoire.

Satan est l’auteur du mal et l’instigateur de tous les péchés qui ont causé la mort du Fils de Dieu, et la justice exige qu’il subisse la peine capitale. L’œuvre du Sauveur en vue de la rédemption de l’homme ne sera donc complète que par la purification des impuretés qui souillent le sanctuaire céleste. Cela se produira lorsqu’ils seront placés sur la tête de Satan pour qu’il en subisse la pénalité finale, de même que cela se faisait dans le service rituel, où le cycle annuel se terminait par la purification du sanctuaire et la transmission des péchés sur la tête du bouc émissaire.

On voit par là que les cérémonies du tabernacle, comme celles du temple qui le remplaça, inculquaient jour après jour aux enfants d’Israël les grandes vérités se rattachant à la mort et au ministère de Jésus-Christ. Une fois l’an, tous les esprits se portaient sur le dénouement du grand conflit entre le Fils de Dieu et Lucifer : la purification totale et définitive de l’univers par la disparition éternelle du péché et des pécheurs. »15

Elle a également évoqué en 1890 « le dernier grand jour où le jugement se tiendra et que les livres seront ouverts, quand tout homme sera jugé selon ses actes accomplis dans sa chair, quand les péchés des enfants du peuple de Dieu, repentants et sanctifiés, seront entassés sur le bouc émissaire, l’auteur du péché. » 16

En 1895, dans un article de Signs of the Times, Ellen White a réaffirmé cette compréhension :

« Quand les temps de rafraîchissement viendront de la présence du Seigneur, alors les péchés de l’âme repentante qui aura reçu la grâce de Christ et aura vaincu par le sang de l’Agneau, seront effacés des livres célestes, et seront transférés sur Satan, le bouc émissaire, l’auteur du péché, et on ne se souviendra plus jamais de ces péchés pour l’en accuser. »17

D’après les déclarations ci-dessus, il apparait clairement qu’Ellen White n’a eu de cesse d’assimiler Satan au bouc émissaire eschatologique. Pourtant, on trouve une déclaration surprenante qui date de 1897 et qui mérite notre attention.

Une déclaration inhabituelle

Le Manuscrit 112, 1897, intitulé « Devant Pilate et Hérode, » est un document dactylographié de 19 pages comportant des corrections faites par les secrétaires d’Ellen White (dont la majorité ont été faites par Maggie Hare), et estampillées « E.G.White » à la fin de la page 19. C’était la procédure habituelle dans son bureau lorsque l’on faisait des copies carbones multiples d’un manuscrit d’Ellen White. On ne dispose que de trois copies originales de ce manuscrit. L’une d’elles contient l’intégralité des 19 pages et les deux autres, y compris la copie classée, se terminent à la page 17, le dernier paragraphe de la page 17 étant coupé, et les pages 18 et 19 manquantes.

Le contenu global des pages supprimées n’a rien d’inhabituel, excepté le premier paragraphe de la page 18, qui traite en particulier du « bouc émissaire. » Voici ce que dit le paragraphe en question :

« Certains appliquent le type solennel, le bouc émissaire, à Satan. C’est incorrect. Il ne peut pas porter ses propres péchés. Quand Barabbas a été choisi, Pilate s’est lavé les mains. Il ne peut pas représenter le bouc émissaire. Le cri affreux, prononcé avec une rapide imprudence affreuse, par la foule inspirée par Satan, se faisant de plus en plus fort, atteint le trône de Dieu. Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. Christ était le bouc émissaire, que le type représente. Lui seul peut être représenté par le bouc chassé dans le désert. Lui seul, sur qui la mort n’a eu aucun pouvoir, a pu porter nos péchés. »18

Cette déclaration de 1897 détonne complètement avec tout ce qu’Ellen White a pu écrire sur le sujet, que ce soit avant (comme c’est confirmé par les citations précédentes) ou après (comme on peut le lire dans l’édition de 1911 de The Great Controversy). Dans l’édition de 1911, préparée sous son contrôle, 19 elle parlait encore de l’époque post-1844 comme du « jour antitypique des expiations »20 qui culminera avec la destruction finale de Satan, bouc émissaire antitypique, à la fin des 1000 ans d’Apocalypse 20.21 Il n’y a donc aucune raison valable de croire qu’elle ait pu changer d’avis à ce sujet.

Pour conclure

Les adventistes du septième jour ont accepté les arguments bibliques d’O.R.L. Crosier selon lesquels Satan est le bouc émissaire antitypique qui entre en jeu au moment du retour du Christ. Non seulement Ellen White partageait les mêmes idées, mais elle les a également enseignées constamment dans tous ses écrits. L’existence d’un seul paragraphe dactylographié d’origine discutable, décrivant Christ et non Satan comme le bouc émissaire antitypique, ne doit pas être considéré comme une preuve : on ne doit pas s’en servir pour prouver qu’elle a changé d’avis sur ce sujet. Si tel était le cas, on devrait s’attendre à ce qu’un tel changement soit manifeste dans ses écrits postérieurs à 1897. Cela aurait changé tout son cadre eschatologique, où le bouc émissaire antitypique serait Christ et non Satan, et où le jour des expiations antitypique ne serait plus l’époque post-1844 mais la croix. Cependant, aucun de ses écrits ne reflète un tel changement.

Indépendamment de la manière dont ce passage contestable s’est retrouvé dans le Manuscrit 112, 1897, la déclaration devrait être considérée comme exceptionnelle. Elle ne constitue pas une raison suffisante pour que quiconque tombe dans l’erreur de la « généralisation, »22 comme lorsque l’on prend une ou deux exceptions pour en faire la règle générale. Les écrits d’Ellen White donnent suffisamment d’indications que jusqu’à la fin de sa vie, elle a continué à identifier Satan comme le bouc émissaire antitypique.

Cependant, certaines questions demeurent : Ellen White a-t-elle écrit elle-même ce paragraphe insolite ? Comment s’est-il retrouvé dans l’un de ses manuscrits ? Et quand a-t-il été supprimé du manuscrit intégral ? Nous savons simplement que c’est la copie abrégée qui était archivé quand la collection de ses écrits non publiés a été microfilmée pour être mis en sûreté en 1951. Mais aucune information complémentaire n’a été retrouvée pour répondre à ces questions. Par conséquent, toute tentative d’y répondre demeure de la spéculation.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que dans tous les autres commentaires d’Ellen White, elle identifie le bouc émissaire comme étant Satan. Et nous savons aussi qu’Ellen White n’a jamais intégré ce passage litigieux dans aucune de ses œuvres publiées, bien que d’autres passages du manuscrit l’aient été. 23 Ainsi, bien que nous n’ayons pas de réponse claire sur l’origine réelle de ce paragraphe isolé, il n’y a aucune incertitude quant à la compréhension de toute une vie qu’avait Ellen White sur l’identité du bouc émissaire antitypique.

Notes

  • 1 Voir Robert Helm, « Azazel in Early Jewish Tradition, » Andrews University Seminary Studies 32/3 (automne 1994) : 217-26 ; William H. Shea, « Azazel in the Pseudepigrapha, » Journal of Adventist Theological Society 13/1 (printemps 2002), 1-9.
  • 2 Voir Ralph D. Levy, The Symbolism of the Azazel Goat (Bethesda, MD : International Scholars Publications, 1998), 61-76.
  • 3 Voir Paul A. Gordon, The Sanctuary, 1844, and the Pioneers (Hagerstown, MD : Review and Heral, 1983), 108-17 ; Gary Shearer, « The Scapegoat and Azazel of Leviticus » (bibliographie disponible auprès d’Adventist Studies Librarian, Pacific Union College Library, 2003).
  • 4 O.R.L. Crosier, « The Law of Moses, » The Day-Star extra, 7 février 1846, 37-44.
  • 5 Ibid., 43.
  • 6 E.G. White, « A frère Eli Curtis, » dans James White, ed., A Word to the Little Flock (Brunswick, ME : [James White], 1847), 12.
  • 7 E.G. White, « Synopsis of Remarks in E.G. White’s Vision, 30 juin 1849, à Rocky Hill, Connecticut, » Ms 6, 1949, EGWE.
  • 8 E.G. White, « Dear Sister Arabella, « Lt 8, (4 août) 1850, EGWE ; publié dans idem, Manuscript Releases (Silver Spring, MD : E.G. White Estate, 1993), 19:131-32.
  • 9 E.G. White, « A Vision given on October 23, 1850, » Ms 15, 1850, EGWE.
  • 10 E.G. White, The Great Controversy between Christ and Satan from the Destruction of Jerusalem to the End of the Controversy, The Spirit of Prophecy, vol. 4 (Oakland, CA : Pacific Press, 1884), 266-67.
  • 11 E.G. White, The Great Controversy between Christ and Satan during the Christian Dispensation, rev. And enl. Ed. [édition révisée et augmentée] [Oakland, CA : Pacific Press, 1888), 422.
  • 12 Ibid., 485-86.
  • 13 Ibid., 658.
  • 14 Ellen G. White, The Great Controversy between Christ and Satan : The Conflict of the Ages in the Christian Dispensation (Mountain View, CA : Pacific Press, 1911), 422,485-86,658.
  • 15 E.G. White, Patriarchs and Prophets or the Great Conflict between Good and Evil as Illustrated in the Lives of Holy Men of Old (Oakland, CA : Pacific Press, 1890), 358. Voir en français, Patriarches et prophètes, pp.330,331.
  • 16 E.G. White, « The Words and Works of Satan Repeated in the World, » Signs of the Times, 28 avril 1890, 258.
  • 17 E.G. White, « The Whole Duty of Man, » Signs of the Times, 16 mai 1895, 4 ; réédité dans idem, Selected Messages (Washington, DC : Review and Herald, 1980), vol. 3, pp. 355-56.
  • 18 E.G. White, « Before Pilate and Herod, » Ms 112, 1897, EGWE.
  • 19 Voir Arthur L. White, Ellen G. White (Washington, DC : Review and Herald, 1982), 302-37.
  • 20 E.G. White, The Great Controversy between Christ and Satan (1911), 431.
  • 21 Ibid., 422, 485-86,658.
  • 22 Voir David H. Fischer, Historians’ Fallacies : Toward a Logic of Historical Thought (New York : Harper&Row, 1970), 103-30.
  • 23 Certaines phrases et expressions du MS 112,1897, p.13 (qui parlent de Barrabas) apparaissent dans The Desire of Ages (Oakland : Pacific Press, 1898), p.733. A la page 18 du manuscrit, au paragraphe qui suit la déclaration problématique sur le bouc émissaire, on trouve la déclaration : « Leur prière a été entendue. Le sang du Fils de Dieu a été sur leurs enfants et sur les enfants de leurs enfants, comme une malédiction perpétuelle. Les enfants d’Israël qui avaient choisi Barabbas à la place du Christ sentiront la cruauté de Barabbas aussi longtemps que les temps dureront. » Avec de légères modifications, cette déclaration apparaît dans The Desire of Ages, p. 739 ; en français, voir Jésus-Christ, pp.743,744.