Ellen White et le végétarisme
Pratiquait-elle ce qu'elle prêchait ?

Roger W. Coon

A propos de l'auteur

Roger W. Coon est l'un des secrétaires du White Estate. Au cours des 38 dernières années, il a été, au sein de l'église adventiste, prédicateur, pasteur, évangéliste, aumônier d'hôpital, professeur d'université et de séminaire, directeur des relations publiques, personnalité de la radio, missionnaire à l'étranger, auteur, et administrateur. Son épouse, née Irène Strom, est expert comptable. Les Coon ont deux enfants, Donald, technicien dans l'électronique, et Susan, infirmière diplômée d'état.

A propos du livre

On dit que « l'erreur est humaine », et c'est certainement vrai des jugements que certains critiques d'Ellen White ont émis, affirmant que, d'un côté, elle insistait pour que les adventistes du septième jour deviennent végétariens, tandis que d'un autre côté, elle mangeait « secrètement » de la viande. Ce petit livret met en lumière tous les faits relatifs à cette question et propose une explication à ces accusations.

Ellen White et le végétarisme

Trois accusations typiques

Il y a cent ans, l'ancien prédicateur adventiste, Dudley M. Canright, écrivit que Mme White « interdisait la consommation de viande, […] et pourtant elle en a consommé elle-même secrètement plus ou moins toute sa vie. » 1 On rapporte également qu'il a prétendu avoir vu James et Ellen White consommer du jambon dans la salle à manger de leur propre maison.

En 1914 Frances Bolton (dite "Fannie"), une ancienne secrétaire de rédaction "intermittente" d'Ellen White, écrivit au sujet de deux incidents qui prétendent montrer l'incohérence de cette dernière sur la consommation de viande. Dans le premier exemple, Fannie et d'autres voyageaient en train avec Ellen White vers la Californie. Fannie déclara :

« A la gare, Sœur White n'était pas avec son groupe, alors frère [George B.] Starr [un membre du groupe] alla la chercher jusqu'à ce qu'il la trouve derrière un paravent au restaurant, tout à fait satisfaite, en train de manger de grosses huîtres crues avec du vinaigre, du poivre et du sel. Il fut accablé par cette contradiction et muet d'horreur. Frère Starr me fit sortir précipitamment et fit toutes sortes d'excuses et de justifications pour les agissements de sœur White. Pourtant je ne cessai de penser dans mon cœur : Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'est-ce que Dieu a dit ? Comment ose-t-elle manger ces abominations ? 2

Le second exemple survint lors de ce même voyage vers la Californie. Fannie poursuit :

« W. C. White était monté dans le train avec un énorme morceau de bifteck épais et saignant dans un papier brun et il le porta dans le compartiment des deux mains. Sarah Mc Enterfer, qui est à présent la suivante de sœur White, la fit cuire sur un petit poêle à pétrole et chacun en mangea à part moi-même et Marian Davis. » 3

Ces accusations choquantes ont-elles une explication ?

Dans le cas de Canright, le problème est réglé assez simplement. De son propre aveu, Canright « rencontra James White pour la première fois » et accepta la doctrine du sabbat grâce à sa prédication en 1859 4. Il a prétendu avoir été invité chez les White, et il est tout à fait possible qu'il ait vu du porc sur leur table dans les premières années de leur amitié, car Ellen White ne reçut sa première vision contre-indiquant la consommation de viande en général et de porc en particulier que le 6 juin 1863, c'est-à-dire quatre longues années après la rencontre entre Canright et les White !

Que dire alors des accusations de Fannie Bolton ?

Quand W. C. White eut connaissance de la lettre datée de 1914, il s'en procura une copie et l'envoya à frère Starr en lui demandant des explications. Starr répondit au sujet de cette lettre :

« Tout ce que je peux affirmer, c'est que je la considère comme le ramassis le plus absurde et faux que j'ai jamais entendu ou lu concernant notre chère sœur White.

Cet événement n'a tout simplement pas eu lieu. Je n'ai jamais vu votre mère manger des huîtres ou de la viande de quelque sorte que ce soit dans un restaurant ou à sa propre table. La déclaration de Fannie Bolton […] est un mensonge de premier ordre. Je n'ai jamais vécu une telle expérience et cela est bien trop absurde pour que quiconque ayant connu un tant soit peu votre mère le croie. […]

Je crois que cette lettre dans son intégralité a été écrite par Fannie Bolton lors de l'un de ses accès de démence. [Fannie fut internée treize mois à l'hôpital de Kalamazoo comme malade mentale en 1911-1912 et à nouveau trois mois et demi dans la même institution en 1924-1925 ; elle mourut en 1926].

[…] Lors de notre séjour en Floride en 1928, nous apprîmes, mon épouse et moi-même, que lors d'un camp-meeting, Fannie Bolton avait fait une déclaration publique selon laquelle elle avait menti à propos de sœur White, et qu'elle s'en repentait. » 5

Voilà pour l'histoire des huîtres. Quant à l'épisode du "bifteck saignant", W. C. White nous donne les détails de ce qui arriva :

Nous étions environ 35 voyageant de Battle Creek à Oakland en 1884 dans deux couchettes inconfortables. […]

Alors que nous approchions la frontière entre le Nevada et la Californie, l'on s'aperçut que nos provisions s'épuisaient. Certains d'entre nous purent faire de bons repas avec les vivres séchées qui restaient dans nos paniers, mais l'appétit manquait à sœur White.

Nous étions dans un endroit où les fruits frais étaient très chers et ainsi, un matin, dans une gare où notre train avait fait halte pour une demi-heure, je sortis et achetai deux ou trois livres de bifteck qui fut cuit par sœur McEnterfer sur un poêle à alcool, et la plupart des membres du groupe de sœur White se le partagèrent. » 6

A ce stade, W. C. White nous donne un éclairage très utile et édifiant sur les pratiques diététiques de sa mère, ainsi que celles de la famille White en général :

« Quand j'achetai le bifteck, je me dis qu'un bœuf fraîchement abattu, dans cette région d'éleveurs, serait probablement un animal sain et que le risque d'attraper une maladie serait très faible. C'était neuf ou dix ans avant que sœur White ne décide au moment du camp-meeting de Melbourne [1894] de s'abstenir totalement de consommer de la chair. […]

Vous trouverez dans les écrits de sœur White plusieurs occasions où elle dit que la viande n'apparaît pas sur notre table, et cela est parfaitement exact. Durant un certain nombre d'années, quand en de rares occasions un peu de viande était utilisée, cela était considéré comme une urgence. 7

La distinction entre le fait de manger de la viande de manière habituelle et dans des cas d'urgence, mentionnée ici par W. C. White, est une distinction sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir.

La crédibilité d'un témoin est une considération légitime et pertinente dans tout témoignage, y compris celui-ci. Il vaut la peine de noter qu'aussi bien D. M. Canright 8 que Fannie Bolton 9 étaient connus par leurs contemporains pour l'instabilité de leur caractère et de leur personnalité. Tous deux avaient une expérience "intermittente" concernant leur emploi dans l'église avant de finalement rester en-dehors.

Enseignement et pratiques : une chronologie

Il est bon de se souvenir que le don prophétique a été accordé à une observatrice du sabbat carnivore de dix-sept ans un jour indéterminé de décembre 1844, et que cette première vision ne dit absolument rien quant aux avantages d'un régime végétarien. Sa première vision relative à l'hygiène de vie fut accordée à l'automne 1848, quand l'usage de thé, de café et de tabac fut interdit aux observateurs du sabbat 10. Sa première vision traitant de la réforme sanitaire, et qui contre-indiquait l'usage de viandes, fut accordée encore plus tard, le 6 juin 1863. 11

Quand elle reçut sa première vision, Ellen Harmon venait tout juste d'avoir dix-sept ans (le 26 novembre). Elle était en mauvaise santé, et ne pesait que 36 kilos. L'homme qui allait devenir son époux 21 mois plus tard décrivit sa condition à l'époque :

« Quand elle eut sa première vision, c'était une invalide décharnée, condamnée par ses amis et par les médecins à mourir de phtisie. […] Sa condition nerveuse était telle qu'elle ne pouvait écrire, et elle dépendait de quelqu'un qui voulait bien s'asseoir à côté d'elle à table ne fût-ce que pour l'aider à se servir à boire. » 12

A l'époque où le message de la réforme sanitaire lui parvint pour la première fois, elle se décrivait elle-même comme « très faible et sujette à de fréquents évanouissements » 13. Au sujet de cet état, elle écrivit plus tard :

« Pendant des années, j'ai cru que je dépendais de la viande pour l'entretien de mes forces. […] Il était rare qu'entre un repas et le suivant je ne souffris pas de faiblesse d'estomac et de vertiges. […] Il m'est arrivé fréquemment de m'évanouir. […] Par conséquent, j'acquis la conviction que, dans mon cas, la viande m'était indispensable. […] A chaque printemps je souffrais de perte d'appétit. » 14

Pour remédier à ces faiblesses physiques, Ellen consommait d'importantes quantités de viande quotidiennement. Elle se décrivit elle-même par la suite comme ayant « l'habitude de manger beaucoup de viande » en ces premiers temps 15. « La viande […] [était] l'élément principal de mon régime. » 16

Le regain d'énergie qui en résultait ne durait toutefois que temporairement, « momentanément », comme elle disait 17. « Au lieu de retrouver des forces, je m'affaiblis de plus en plus. Je m'évanouis à plusieurs reprises. » 18

La vision du 21 octobre 1858, sur laquelle elle fonda son reproche à « Frère et sœur A » qui avaient fait de l'abstinence de consommation de porc une condition d'entrée dans l'église, était, autant qu'on puisse s'en assurer, la seule vision traitant de la viande antérieure à 1863. Il faut remarquer, toutefois, que cette vision n'offrait aucune indication que l'abstinence de viande donnerait une meilleure santé.

Concernant le caractère bien ou mal de la consommation de viande de porc, Ellen White ne l'a jamais ni admise (comme on l'a parfois prétendu) ni condamnée. Ce qu'elle a dit, en revanche, c'est que si cette attitude était la volonté de Dieu, il ferait savoir à son église en son temps ce que devait être son rôle. 19

Au temps qu'il jugea opportun et selon l'intermédiaire qu'il avait choisie, Dieu instruisit en effet son peuple. Dans la première vision majeure sur la réforme sanitaire du 6 juin 1863, pour la première fois, le peuple de Dieu fut incité à s'abstenir de la viande en général et de celle de porc en particulier.

Ellen White décrivit cette première vision en son genre comme « une grande lumière du Seigneur », ajoutant : « Je n'ai pas recherché cette lumière ; je n'ai pas fait d'études pour l'obtenir ; elle m'a été donnée par le Seigneur pour que je la dispense à d'autres. » 20 Développant ce thème à une autre occasion, elle ajoute :

« Le Seigneur m'a présenté un plan général. Il m'a été montré que Dieu confierait à ses enfants qui gardent les commandements une réforme alimentaire, et que s'ils s'y conformaient, leurs maladies et leurs souffrances s'en trouveraient atténuées. » 21

La réponse personnelle de Mme White fut prompte et positive : « J'acceptai la lumière sur la réforme sanitaire telle qu'elle me fut communiquée. » 22 « D'un seul coup je changeai mon menu ; » 23 en effet, dit-elle, « d'un seul coup, j'ai abandonné la viande et le beurre, et l'habitude des trois repas [par jour]. » 24 Et quel en fut le résultat ? « Les sensations de faiblesse et les vertiges ont disparu », ainsi que le problème de perte d'appétit au printemps. 25 Et à l'âge de 76 ans, elle pouvait déclarer : « Mon état de santé est meilleur maintenant qu'il ne l'était lorsque j'étais jeune. » 26

Mais tout cela ne se fit pas sans luttes. En 1870, se remémorant ces luttes, elle déclara :

« J'ai intensément souffert de la faim, car j'avais l'habitude de manger beaucoup de viande. Mais quand je sentais la faiblesse m'envahir, je mettais mes bras sur l'estomac et je disais : « Je n'en prendrai pas une parcelle. J'absorberai une nourriture simple ou je ne mangerai pas du tout. » […] Pour réaliser ce changement, j'eus une véritable bataille à livrer. » 27

Une lutte, certes, mais ce qu'il faut en retirer, c'est qu'elle finit, à l'issue de ce combat, par remporter la victoire. L'année suivante, après la vision sur la réforme sanitaire de 1863, elle pouvait dire : « j'ai abandonné cet usage. » 28 Et cinq ans plus tard, dans une lettre adressée à son fils Edson, qui recommandait, à lui et à sa famille, de « faire preuve d'un véritable principe » de fidélité dans la réforme sanitaire, elle lui assura qu'elle pratiquait également ce qu'elle prêchait :

« En matière de régime alimentaire, nous nous faisons un devoir de suivre la lumière que le Seigneur nous a accordée. […] Nous t'avons conseillé de ne pas consommer de beurre ou de viande. Pour notre part, nous n'en avons pas sur notre table. » 29

L'année suivante, en 1870, les White continuèrent à avancer dans la même direction. Comme elle dit :

« A partir du moment où j'ai adopté la réforme sanitaire, je n'ai plus apporté le moindre changement à mon mode de vie. Je n'ai pas reculé d'un pas depuis que la lumière céleste sur cette question a, pour la première fois, lui sur mon chemin. D'un seul coup j'ai abandonné la viande et le beurre, et l'habitude des trois repas. » 30

Cela signifie-t-il qu'Ellen White ne mangea plus jamais un morceau de viande après cela ? Non, pas du tout. Et de plus, elle ne chercha pas à cacher ce fait. Il y eut des exceptions occasionnelles à son mode de vie habituellement végétarien. En 1890 elle écrivit : « J'ai quelquefois mangé de la viande lorsque je ne trouvais pas la nourriture dont j'avais besoin », mais même là « j'en ai de plus en plus peur ». 31 Et onze ans plus tard (en 1901) elle admettait sans détour : « il m'arriva d'être contrainte par les circonstances de manger un peu de viande. » 32

Lorsque l'on examine à présent plus en détail la nature bien particulière de ces "circonstances", nous découvrons trois principaux types de situations qui contraignirent Ellen White à faire une entorse à son régime végétarien.

Difficultés rencontrées et compromis consécutifs

En voyage

James et Ellen White se sont mariés le 30 août 1846. Leur mariage réunissait deux carrières de prédicateurs itinérants dans un nouveau "mouvement adventiste" en plein essor. Leur ministère commun les trouvait continuellement sur les routes avec un emploi du temps très chargé qui n'allait pas ralentir pour Ellen White après la mort de son mari en 1881.

Dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, les voyages étaient dépourvus de tout le confort moderne auquel nous sommes habitués aujourd'hui : des hôtels confortables, des restaurants ou des fast-foods avec un grand choix de menus, etc. Mais même si toutes ces choses-là avaient été disponibles, les White n'auraient pas pu se les payer. Le mouvement adventiste était sans le sou, et un économat strict ainsi que des sacrifices permanents étaient un mode de vie nécessaire pour les dirigeants d'église ainsi que pour les membres. Dans de telles circonstances il était difficile, et parfois impossible, de suivre un régime strictement végétarien, en particulier quand on prend en compte deux situations :

Quand les White étaient en déplacement, ils dépendaient en grande partie de l'hospitalité des membres d'église qu'ils rencontraient. Ces gens étaient généralement pauvres, et leur régime se composait presque exclusivement de viande. Les fruits et les légumes, même lorsqu'ils étaient disponibles, ne s'obtenaient que selon la saison.

Il y eut également des circonstances durant lesquelles l'un ou les deux époux White passèrent du temps dans des régions désertiques et isolées, comme les montagnes du Colorado, où l'on devait vivre des ressources naturelles. Autrement dit, il fallait apprendre à chasser et à pêcher, ou sinon on mourrait de faim.

Certains extraits du journal d'Ellen White daté de septembre et octobre 1873 illustrent ce dernier point. Durant cette période, James et elle se retrouvèrent pratiquement abandonnés, attendant le retour de leur hôte, M. Walling, qui devait réapprovisionner leur stock de provisions dangereusement bas :

« 22 septembre : Willie est parti aujourd'hui soit pour trouver des provisions soit pour trouver l'essieu du chariot qu'a fabriqué Walling. Nous ne pouvons ni avancer ni retourner chez nous tant que notre chariot n'est pas réparé. Nous avons une nourriture très pauvre pour les chevaux. Leur grain est épuisé. Les nuits sont froides. Nos provisions s'épuisent rapidement.

28 septembre : Frère Glover a quitté le camp aujourd'hui pour aller chercher des vivres. Nous manquons de provisions. […] Un jeune homme de Nouvelle Ecosse est revenu de la chasse. Il avait dix kilos de viande de cerf. Il avait fait 20 miles [32 kilomètres] avec ce cerf sur son dos. […] Il nous a donné un petit morceau de viande, dont nous avons fait du bouillon. Willie a tué un canard qui est arrivé à un moment opportun, car nos provisions déclinaient rapidement. » 33

« 5 octobre : Le soleil brille si plaisamment, pourtant aucune aide ne nous parvient. Nos provisions sont au plus bas depuis plusieurs jours. Une grande partie de nos vivres est épuisée : plus de beurre, aucune sauce, pas de maïs ou de farine complète. Il nous reste un peu de farine blanche et c'est tout. Nous espérions des vivres il y a trois jours de façon certaine, mais personne n'est venu. Willie est allé jusqu'au lac pour chercher de l'eau. Nous avons entendu son fusil et il se trouve qu'il a tué deux canards. C'est véritablement une bénédiction, car nous avons besoin de nourriture. » 34

Comme nous l'avons déjà dit, la pauvreté rendait le végétarisme difficile, voire impossible pour de nombreux adventistes au dix-neuvième siècle. Par exemple, à noël 1878, les White, qui vivaient alors à Denison, au Texas, invitèrent une famille adventiste à se joindre à eux pour le petit-déjeuner de noël. Le repas comprenait « de la viande de chevreuil, et de la farce. C'était aussi tendre que du poulet. Nous l'avons tous beaucoup appréciée. Le marché propose du chevreuil en abondance. » Mme White écrivit ensuite : « Je n'avais pas vu autant de pauvreté depuis des années, avant de venir ici au Texas. » 35

Ellen White fut "missionnaire" en Australie de 1891 à 1900. En 1895 elle écrivit à frère A. O. Tait concernant les conditions de vie locales. La lettre révèle son large esprit humanitaire :

« Je vis dans ce pays une expérience similaire à celle que j'ai vécue dans de nouveaux champs en Amérique [dans les premières décennies du dix-neuvième siècle]. Je vois des familles dont la situation ne leur permet pas de garnir leur table de nourriture saine. Des voisins non croyants leur ont donné des morceaux de viande d'animaux récemment tués. Ils en ont fait de la soupe, et ont donné à leurs nombreux enfants des repas composés de pain et de soupe. Ce n'était pas mon rôle, et je crois que ce n'était celui de personne, que de leur faire un cours sur les dangers du régime carné. Je ressens une pitié sincère pour les familles qui sont nouvelles dans la foi, et qui sont tellement pressées par la pauvreté qu'elles ignorent comment elles vont pouvoir prendre leur prochain repas. 36

Transition avec une nouvelle cuisinière

L'embauche d'une nouvelle cuisinière qui ne savait pas préparer des repas végétariens constituait une autre situation dans le foyer d'Ellen White qui pouvait exiger de s'écarter pour un temps de son régime végétarien habituel. Avant que la cuisinière ne soit formée à préparer de tels plats, les convives à la table d'Ellen White devaient manger ce que la nouvelle cuisinière savait préparer, et cela incluait probablement de la viande.

Dès le début de son ministère public, durant lequel elle a passé beaucoup de temps à écrire, Mme White s'est retrouvée dans l'impossibilité d'accomplir les tâches qui incombent normalement à toute femme d'intérieur, et elle a été obligée de confier les responsabilités des travaux domestiques en grande partie à des gouvernantes et des cuisinières. A partir de ses vingt-cinq ans à Rochester, dans l'état de New York, (à l'époque où « nous étions vingt-deux à nous retrouver chaque jour autour de la table familiale » 37) jusqu'à ses dernières années à "Elmshaven" exiger de résolution trop rigoureuse à ce sujet, plusieurs dizaines de personnes pouvaient être attendues à la table d'Ellen White, et ce, pour n'importe quel repas.

En 1870, elle écrivit :

« J'apprécie ma couturière, je sais la valeur de ma secrétaire, mais celle qui occupe la place la plus importante à mon foyer, c'est ma cuisinière, qui connaît parfaitement comment préparer la nourriture qui entretient la vie et fortifie le cerveau, les os, et les muscles. 38

A ce sujet, nous disposons d'une lettre très instructive de W. C. White, écrite en 1935. Il y déclare :

« Sœur White n'était pas une cuisinière, et ce n'était pas non plus une experte en nourriture de la manière technique qui s'acquiert à partir de l'étude et de l'expérience. Elle se disputait souvent avec ses cuisinières. Elle ne pouvait pas garder éternellement celles qu'elle avait soigneusement gagnées aux idées végétariennes.

Les cuisinières qu'elle employait étaient toujours de jeunes personnes intelligentes. Comme elles se mariaient et finissaient par la quitter, elle fut obligée d'employer des cuisinières qui n'étaient pas formées à la cuisine végétarienne. A cette époque, nous n'avions pas d'écoles comme nous en avons maintenant, où nos jeunes femmes peuvent apprendre le système de cuisine végétarienne. Par conséquent, maman était obligée, en plus de tous ses autres devoirs et charges quotidiens, de faire des efforts considérables pour persuader ses cuisinières qu'elles pouvaient se passer de viande, de bicarbonate, et de levure, ainsi que d'autres choses condamnées dans ses témoignages. Souvent notre table montrait quelques compromis entre les standards visés par Ellen White d'une part, et la connaissance, l'expérience et les standards de la nouvelle cuisinière d'autre part. » 39

En 1892, Mme White écrivit au président de la Conférence Générale O. A. Olsen au sujet de son besoin d'une nouvelle cuisinière et exprima son espoir le plus ardent d'obtenir bientôt les services d'une « aide expérimentée tellement indispensable ».

S'attardant un peu sur le problème, elle écrivit :

« Je souffre davantage maintenant de l'absence d'une personne qui ait une expérience en matière culinaire, qui sache apprêter une nourriture qui me convienne. La cuisine ici dans cette région est à tous égards déficiente. Enlevez la viande, que nous employons rarement (ici je n'ose l'utiliser), et prenez place à leurs tables, et si vous pouvez entretenir vos forces, alors c'est que vous avez une excellente constitution. La nourriture est préparée d'une telle manière qu'elle n'est pas appétissante et qu'elle diminue progressivement l'envie de manger. Je donnerais un prix plus élevé pour une cuisinière que pour n'importe quelle partie de mon travail. […] Je me fais vraiment du souci à ce sujet. Si je devais travailler à la préparation de mon séjour à cet endroit, je dirais : Donnez-moi une cuisinière expérimentée, qui a un peu d'imagination, pour apprêter des plats simples et sains, et qui ne supprimeront pas l'appétit. Cette question est très sérieuse. 40

Usage thérapeutique lors d'urgences médicales

Ellen White a fait une entorse à son régime végétarien dans un troisième type de situations : cela concerne les cas d'urgence médicale, quand la viande pouvait temporairement servir des objectifs thérapeutiques. En 1874, dans une lettre adressée à son fils, W. C. White, Mme White fit mention d'une exception intéressante (et singulière) au régime végétarien alors suivi chez les White :

« Ton père et moi avons totalement abandonné le lait, la crème, le beurre, le sucre et la viande depuis notre arrivée en Californie. […] Ton père a acheté une fois de la viande pour May [Walling, une petite-nièce d'Ellen] quand elle a été malade, mais nous n'avons depuis lors pas dépensé un seul sou en viande. 41

Ellen White n'était pas une fanatique sur la question de la consommation de viande. Dans un article du Youth's instructor publié en 1894, elle déclara :

« Un régime carné n'est pas des plus sains, cependant je [ne] voudrais [pas] soutenir que chacun doive écarter la viande. Ceux dont les organes digestifs sont faibles peuvent souvent consommer de la viande, du moment qu'ils ne supportent ni les légumes, ni le porridge. » 42

A cause d'une erreur typographique le deuxième [ne pas] dans la première phrase de l'extrait précédent fut omis. Cette omission fut rectifiée, quand frère O. A. Tait écrivit pour demander à Mme White de clarifier ce qu'elle voulait dire. Elle poursuivit ensuite en développant sa position sur la question de la viande :

« Je n'ai jamais cru qu'il était de mon devoir de dire que personne ne devrait jamais manger de la viande, en aucune circonstance. Dire cela alors que les gens ont tellement l'habitude de dépendre de la viande pour vivre [en Australie, en 1894] serait tomber dans les extrêmes. Je n'ai jamais cru qu'il était de mon devoir de faire des affirmations absolues. Ce que j'ai dit, je l'ai fait avec un sens du devoir, mais j'ai été très prudente dans mes déclarations, parce que je ne voulais pas donner l'occasion à quiconque de devenir la conscience d'un autre. 43

Concernant certaines maladies, et en particulier leurs phases terminales, Mme White prit une position sensée. Elle dit :

« Dans certains cas de maladie ou d'épuisement, on peut penser devoir faire usage de viande ; mais il faut alors prendre de grandes précautions pour se procurer une viande provenant d'animaux sains. Il faut même sérieusement se demander s'il est sage, dans les temps où nous vivons, de consommer la moindre parcelle de viande. Il vaudrait mieux ne jamais toucher à la viande que de s'exposer à en consommer qui provienne d'animaux malades. » 44

En 1896, Ellen White mit en garde les médecins des sanatoriums adventistes :

« Vous ne devez pas prescrire une abstention [c'est-à-dire abstinence] totale et définitive de viande, mais vous devez éduquer l'esprit et permettre à la lumière d'y briller. Eveillez la conscience individuelle de chacun afin qu'il se garde de tout appétit dépravé. […]

Le changement ne devrait pas se faire brusquement, spécialement chez ceux qui fournissent un travail intensif. Eduquez la conscience, renforcez la volonté, et le changement se fera plus rapidement et de meilleur cœur. » 45

Mme White fit ensuite remarquer que « les tuberculeux qui marchent lentement vers le tombeau » et les « personnes chez qui des tumeurs emportent peu à peu la vie » ne devraient pas être tracassés par la question de la viande ; et les médecins ne devraient pas "exiger de résolution trop rigoureuse à ce sujet". 46

En répondant à un médecin qui demandait si le bouillon de poulet était approprié pour quelqu'un souffrant de nausées aiguës et incapable de garder quoi que ce soit dans l'estomac, Mme White écrivit : « Il y a des personnes, mourant de consomption [tuberculose], à qui, si elles le demandent, on peut donner du bouillon de poulet. Mais je ferais très attention. » 47

En plus de ces trois catégories d'exceptions à un régime végétarien, il faut en considérer une quatrième.

Y a-t-il eu des occasions où la famille s'est un peu relâchée, ou des moments où Ellen White a lutté contre un désir de viande (elle a reconnu qu'elle aimait le goût de la viande), où elle a dérapé, et perdu, au moins temporairement, la bataille ?

Le White Estate n'a connaissance d'aucune preuve certaine et documentée d'une telle faiblesse. Si une telle preuve devait se présenter, cela montrerait simplement que les prophètes sont humains. Pour autant que je le sache, en tant que chercheur, ce qui s'apparente le plus à un tel manquement est une référence indirecte à la "conscience" dans une lettre qu'Ellen White écrivit le 19 février 1884, à « Harriet [Smith] », épouse du rédacteur de la Review, Uriah Smith. Elle déclare :

« Je suis heureuse de dire que je suis en excellente santé. J'ai proscrit [c'est-à-dire exclu] toute viande, tout beurre. Rien de cela n'apparaît à ma table. Mon esprit est plus clair, ma force plus ferme, et ma conscience plus libre, car je sais que je suis la lumière que Dieu nous a donnée. » 48

Cela signifie-t-il qu'Ellen White était tombée dans la tentation pour satisfaire une envie de viande, puis avait remporté la victoire, et qu'ainsi sa conscience était libérée des sentiments de culpabilité ? Peut-être, mais il semble impossible d'après la lettre elle-même d'arriver à une conclusion ferme et définitive.

Les Ecritures ont été rédigées, non seulement par ceux qui entrent dans la catégorie « poussés par le Saint Esprit [à parler] de la part de Dieu » (2 Pierre 1 :21), mais également par des hommes qui parfois commettaient un faux pas.

Le camp-meeting de Brighton : une transition

Alors qu'Ellen White assistait au camp-meeting de Brighton, près de Melbourne, en janvier 1894, la question de la consommation de viande la travailla, et sa conviction devint plus forte que tout que dorénavant la viande ne devait plus faire partie de son régime sous aucun prétexte. Ainsi, avec une franchise caractéristique, elle déclare : « J'ai complètement éliminé la viande de ma table. Que je sois à la maison ou en voyage, il est entendu qu'aucun aliment de cette sorte ne doit paraître sur ma table, ni être utilisé dans ma famille. » De plus, elle est allée jusqu'à élaborer et signer un « serment à mon Père céleste », dans lequel elle rejetait « la viande comme élément de mon régime ». Elle dit : « Je ne mange pas de viande moi-même, ni n'en présente à ma maisonnée. J'ai ordonné que les volailles soient vendues, et que l'argent ainsi récolté soit utilisé pour acheter des fruits pour la table. » 49

Des preuves ultérieures montrent qu'elle a gardé ce serment. Ainsi en 1908, tout juste sept ans avant sa mort à 87 ans, elle déclarait : « Il y a bien des années que je n'ai eu de viande sur ma table à la maison. » 50

La question du poisson et des fruits de mer

Alors qu'Ellen White abandonna la viande en 1894, elle n'abandonna pas la consommation de poisson, bien qu'il semble tout à fait clair qu'elle avait abandonné même l'usage de cet aliment avant la fin des années 1890, comme nous allons le montrer. Mais avant d'examiner cette apparente "contradiction", menons l'enquête brièvement sur la position d'Ellen White concernant ce que l'église aujourd'hui considère comme des fruits de mer "impurs".

En 1882, Ellen White écrivit une lettre à sa belle-fille, Mary Kelsey White (la première femme de Willie), qui vivait avec son mari à Oakland en Californie. Dans cette lettre, elle inclut une « liste de courses » à rapporter la prochaine fois qu'ils viendraient lui rendre visite. Concernant certains éléments de cette liste, elle dit :

« Si tu peux me trouver une grosse boîte de harengs, frais, s'il te plaît, amènes-en. Les derniers que Willie avaient apportés sont amers et vieux. […] Si tu pouvais me trouver quelques boîtes de bonnes huîtres, achètes-en. » 51

Si un tel ordre d'achat nous semble étrange aujourd'hui, il faut se souvenir que la question des fruits de mer dans le code lévitique et de leur pureté, était toujours source de controverses parmi les adventistes dans les années 1880. On trouve des preuves de cela dans un échange intéressant apparu dans les colonnes de la Review l'année qui suivit (1883).

W. H. Littlejohn, pasteur du temple de Battle Creek, et auteur de brochures, qui allait devenir bientôt président du College de Battle Creek, 52 dirigeait une rubrique questions-réponses dans le journal de l'église. Dans le numéro du 14 août 1883, il traita de la question suivante : « Les huîtres font-elles partie des animaux impurs de Lévitique 11, et pensez-vous qu'il soit mal d'en manger ? »

La réponse de Littlejohn illustre clairement le processus lent et hésitant par lequel les adventistes sont passés dans la question aliments animaux permis/non permis avant d'arriver à leur position actuelle, plutôt tranchée 53. Littlejohn répondit en effet : « Il est difficile de décider avec certitude si les huîtres entrent oui ou non sous l'interdiction de Lévitique 11 : 9 à 12. » Il poursuivit ensuite en exprimant cet avis : « Toutefois, il semblerait d'après le langage, qu'elles soient peut-être impures. » 54

Concernant la distinction du Lévitique entre "pur" et "impur", tout montre qu'Ellen White faisait une distinction entre la chair animale "pure", qu'elle appelle "viande", et les poissons "purs". C'est une distinction que l'on fait communément un peu partout dans le monde, même aujourd'hui. Ainsi, lorsqu'Ellen White fit le serment de s'abstenir de viande, elle ne voulait pas dire qu'elle avait abandonné la consommation de poisson. Cette distinction qu'elle faisait concernant la viande et le poisson apparaît tout à fait clairement dans sa correspondance.

En 1876, par exemple, elle écrivit à son mari qui était en voyage : « Nous n'avons pas mangé un seul morceau de viande chez nous depuis que tu es parti et bien avant que tu ne partes. Nous avons mangé du saumon quelques fois. Il était assez élevé. » 55 (Elle fait ici référence au prix, bien entendu.)

Quand Ellen White signa le serment « pas de viande » au camp-meeting de Brighton, elle n'incluait évidemment pas les poissons "purs", car l'année suivante, dans une lettre adressée à A. O. Tait, elle fit remarquer qu'ils avaient « rarement du poisson sur leur table », et elle continua en donnant en détails la raison l'ayant convaincue d'en diminuer sa consommation :

« En maints endroits, même le poisson est malsain, et ne doit pas être consommé. C'est surtout le cas là où les poissons peuvent entrer en contact avec les égouts des grandes villes. […] Même s'ils se rendent plus loin et sont pêchés là où l'eau est pure, il n'est pas sûr de les consommer, car ils ont pu se nourrir des égouts malsains dans lesquels ils ont séjourné. » 56

En dépit de ce possible risque, il y eut des circonstances en Australie, au milieu des années 1890, où Mme White reconnut qu'il était approprié, et même nécessaire, d'inclure le poisson dans le menu quotidien. Ainsi dans une lettre adressée à son fils, W. C. White, en 1895, elle écrivit au sujet des repas des ouvriers travaillant alors à la construction du College d'Avondale :

« Nous ne pouvons pas tous les nourrir, mais veux-tu bien nous trouver du cabillaud séché et du poisson séché quel qu'il soit, ou même en conserve ? Cela nous fera un bon extra de nourriture. » 57

En 1896, Mme White écrivit à une de ses nièces, non adventiste, Mme Mary Watson (née Mary Clough), qui à une époque avait été sa secrétaire de rédaction, et lui dit, en référence au « serment » de Brighton :

« Il y a deux ans, je suis parvenue à la conclusion qu'il y avait des risques à consommer la chair des animaux morts, et depuis lors je n'ai pas du tout consommé de viande. Il n'y en a jamais sur ma table. J'emploie du poisson quand je peux m'en procurer. Nous pêchons de très beaux poissons dans le lac tout près d'ici. Je n'emploie pas non plus de thé ou de café. En luttant contre ces choses, je ne peux que pratiquer ce que je sais être le meilleur pour ma santé, et ma famille est en parfaite harmonie avec moi. Tu vois, ma chère nièce, que je te dis les choses telles qu'elles sont. » 58

Mais dès 1898, Ellen White était parvenue à la conclusion que la chair des poissons aussi bien que la chair des animaux n'était plus sûre à consommer et donc ne devait pas être servie au nouveau sanatorium adventiste de Sydney. En désaccord avec trois médecins du sanatorium qui prescrivaient un régime carné à leurs patients, elle passa en revue la question d'un point de vue historique dans une lettre adressée au Dr John Harvey Kellogg :

« Il y a des années, j'ai reçu de la lumière disant que l'on ne devait pas [à cette époque] prendre position définitivement pour la suppression de toute viande. […] Mais je présente la parole du Seigneur Dieu d'Israël que la viande [aujourd'hui] ne doit pas entrer en ligne de compte pour les prescriptions à tous les malades venant de n'importe quel médecin [dans nos institutions]. La maladie chez le bétail fait de la viande un aliment dangereux. La malédiction du Seigneur est sur la terre, sur les hommes, sur les bêtes, sur les poissons de la mer, et alors que la transgression devient presque universelle, la malédiction deviendra aussi large et aussi profonde que la transgression. On contracte des maladies en employant de la viande. […]

Le Seigneur veut amener son peuple dans une situation où ils ne toucheront ni ne goûteront la chair d'animaux morts. Ainsi, que ces choses ne soient pas prescrites par aucun médecin ayant une connaissance de la vérité présente. Il n'y a pas de sécurité à manger la chair d'animaux morts, et dans peu de temps, le lait des vaches sera également exclu du régime du peuple qui garde les commandements de Dieu. Dans peu de temps il ne sera plus sûr d'employer quoi que ce soit qui vient du règne animal. […]

Nous ne pouvons plus aujourd'hui faire comme nous nous risquions à le faire dans le passé concernant la consommation de viande. […] Les maladies des animaux sont de plus en plus répandues, et notre seule sécurité est de laisser totalement de côté toute viande. » 59 (Pour tout l'extrait, c'est nous qui soulignons.)

Ici Ellen White indique que le poisson ainsi que la viande ne devraient pas être prescrits dans les institutions de santé adventistes. Et en 1905 il apparaît qu'elle craignait le poisson à la même époque que la viande, car en écrivant le chapitre « la viande comme aliment » pour Le ministère de la guérison, elle déclarait :

« En maints endroits, les poissons vivant dans une eau polluée par les égouts des grandes villes deviennent, pour ceux qui les consomment, une cause de maladie. Même s'ils se rendent plus loin et sont pêchés en eau pure, ils risquent de rendre malades et de causer la mort de gens qui ne suspectent pas le danger. » 60

L'allégation d'hypocrisie

Ellen White était-elle une "hypocrite" d'inciter les adventistes du septième jour à suivre le végétarisme, au début de l'année 1863, alors que d'un autre côté elle a mangé en secret de la chair animale durant les trois décennies qui ont suivi et plus ? Commençons par laisser Ellen White définir les termes : végétarien et principe.

Comme nous l'avons déjà fait remarquer, d'après la lettre de W. C. White adressée à George B. Starr en 1933, « pendant des années la famille White a été végétarienne mais pas totalement abstinente. » 61 On trouve une distinction intéressante et encore plus instructive dans une lettre écrite par Ellen White en 1894 à Mme M. M. J. O'Kavanagh, une non adventiste active dans la cause de la tempérance en Australie, qui se renseignait sur la position des adventistes en tant qu' « abstinents complets » :

« Je suis heureuse de vous assurer qu'en tant que dénomination nous sommes au sens le plus plein des abstinents de l'usage de spiritueux, de vin, de bière, de cidre [fermenté], ainsi que du tabac et de tous les autres narcotiques. […] Tous sont végétariens, beaucoup s'abstenant totalement de la consommation de chair animale, tandis que d'autres en consomment seulement à un degré le plus modéré. » 62

Cette déclaration indique clairement que pour Ellen White le terme végétarien s'appliquait à ceux qui se passaient habituellement de chair animale, sans que cela soit forcément de manière absolue. Quant au terme principe, Ellen White l'a utilisé fréquemment dans ses écrits en rapport avec la réforme sanitaire. En 1904, à l'âge de 76 ans, elle raconte qu'elle jouissait d'une meilleure santé que « lorsqu'[elle] était jeune » et qu'elle attribuait cette amélioration dans sa santé aux « principes de la réforme sanitaire ». 63

A présent voici d'autres exemples de son utilisation du terme principe. En 1897, elle écrivit : « Je présente ces choses [la réforme sanitaire] au public, en m'en tenant aux principes généraux. » 64

En 1870, parlant de sa réaction à sa vision de 1863, elle dit :

« C'est en agissant par principe que j'ai pris position en faveur de la réforme sanitaire. […] je suis arrivée à ce résultat en appliquant des principes et non en obéissant à des impulsions.

Je n'ai recommandé que ce que je préconise aujourd'hui. » 65

En 1908 elle ajoutait :

« Certaines personnes ont fait courir le bruit que je n'ai pas appliqué les principes de la réforme sanitaire tels que je les ai défendus par la plume. Mais je peux dire, pour autant qu'il m'en souvienne, que je ne me suis jamais écartée de ces principes. » 66

L'année suivante (1909), les critiques persistant, elle se défendit à nouveau :

« Certains prétendent que je n'ai pas suivi les principes de la réforme tels que je les ai défendus par la plume. Mais je puis affirmer que je m'y suis toujours conformée fidèlement. Les membres de ma famille peuvent en témoigner. » 67

L'accusation par les critiques – de son temps aussi bien que du nôtre – est apparemment basée sur l'hypothèse facile qu'Ellen White considérait le végétarisme comme un "principe". Nous allons à présent clarifier le fait que c'était le contraire.

Dans son livre A prophet among you (Un prophète parmi vous, non disponible en français), T. Housel Jemison donne trois principes d'herméneutique pour l'interprétation des écrits inspirés. Concernant le troisième, il précise en effet : Tout prophète, qui parle en sa capacité de prophète, en donnant un conseil, fait l'une de ces deux choses : soit il ou elle (1) énonce un principe, ou (2) applique un principe dans une déclaration de politique. Par conséquent il conclut : « on devrait essayer de découvrir le principe en jeu dans n'importe quel conseil donné. » 68

On définit généralement un principe comme suit : « Règle générale théorique qui guide la conduite. » 69 Les principes, par conséquent, sont des règles invariantes, stables, de la conduite humaine. Les principes ne changent jamais. Une politique, de l'autre côté, est l'application d'un principe à une situation donnée, immédiate et contextuelle. Les politiques peuvent changer, et changent, au gré des circonstances qui les appellent à changer.

Le fait que le végétarisme n'était pas un principe pour Ellen White apparaît clairement d'après cette déclaration :

« Je n'ai jamais cru qu'il était de mon devoir de dire que personne ne devrait jamais manger de la viande, en aucune circonstance. Dire cela […] serait entrer dans les extrêmes. Je n'ai jamais cru qu'il était de mon devoir de faire des affirmations absolues. » 70

C'est sans aucun doute l'une des raisons principales pour lesquelles Ellen White a refusé d'adhérer à l'idée de faire du végétarisme une condition d'entrée dans l'église, idée défendue par certains de ses frères. 71 Au contraire, tout en admettant que « la viande du porc fut interdite par Jésus Christ enveloppé dans la nuée » durant l'Exode, Ellen White déclara emphatiquement en 1889 que même le fait de manger du porc « n'est pas un test ». 72

En s'adressant aux colporteurs adventistes dans le même manuscrit, elle déclara : « Je conseille à tout colporteur observateur du sabbat d'éviter de manger de la viande, non parce que c'est considéré comme un péché de consommer de la viande, mais parce que ce n'est pas sain. »

Il est évident que le végétarisme n'était pas un principe avec le Christ ou avec les patriarches ou les prophètes des Ecritures, car ils ont tous mangé de la chair animale. La Pâque supposait la consommation d'agneau, et ceci, par ordonnance divine. Le Christ et ses disciples ont mangé du poisson de Galilée plus d'une fois, et ce faisant, aucun d'eux ne violait le principe, et aucun d'eux n'a donc commis de péché.

Pour Ellen White, le végétarisme était une politique, basée sur au moins deux principes : (1) préserver la santé parfaite, 73 et (2) manger la nourriture qui est la plus nourrissante, 74 faisant du mieux possible, dans les circonstances immédiates, pour promouvoir la vie, la santé, et la force.

Maintenant, Ellen White a bien appliqué ces principes dans une déclaration de politique inspirée s'appliquant aux « pays où abondent les fruits et les céréales ». Dans de tels endroits, elle l'a dit tout à fait clairement, « la viande n'est pas l'aliment qui convient au peuple de Dieu. » 75

Ellen White n'est pas notre critère

L'une des choses les plus sensées qu'Ellen White ait jamais écrites sur le sujet de la santé est la suivante :

« Ceux qui ont vraiment compris les lois de la santé et qui se laissent diriger par les bons principes évitent les extrêmes, indulgence et restriction. Ils choisissent leurs aliments non seulement pour satisfaire leur appétit mais pour fortifier leur corps. Ils cherchent à maintenir toutes leurs énergies dans le meilleur état possible pour les mettre au service de Dieu et de leurs semblables. […]

Il y a beaucoup de bon sens dans la réforme alimentaire. Etudions ce sujet à fond. Et d'abord, nul ne doit se permettre de critiquer ceux dont la manière de faire n'est pas en tous points en harmonie avec la sienne. On ne peut établir une règle invariable pour chacun [en matière de régime alimentaire], et personne n'a le droit de se croire le critère auquel les autres doivent se conformer. » 76

Non seulement Ellen White ne souhaitait pas être un critère pour les membres d'église, mais elle ne souhaitait pas non plus être un critère pour les membres de sa famille immédiate (« Je ne m'érige pas en critère pour eux »). 77

Juste avant l'ouverture de la session de 1901 de la Conférence générale, Ellen White rencontra une poignée de dirigeants de la dénomination à la bibliothèque du College de Battle Creek, où elle prit la parole concernant ceux qui faisaient d'elle leur critère en matière de régime alimentaire. Voici ses remarques telles qu'elles sont rapportées par Clarence C. Crisler, son secrétaire :

« Comme j'ai été blessée de voir les obstacles jetés sur la voie me concernant.

Ils vous diront : […] Sœur White mange du fromage, et donc nous sommes libres de manger du fromage.

Mais, qui leur a dit que je mangeais du fromage ? […] Je n'ai jamais de fromage sur ma table.

Il y a bien eu une ou deux fois où j'ai goûté du fromage [depuis que je l'ai abandonné]. C'est une chose très différente que d'en faire son régime, une chose totalement différente. […]

Mais il y eut une occasion particulière à Minneapolis où je ne pouvais rien avoir, et il y avait des petits cubes de fromage disposés sur la table, et les frères étaient là, et l'un d'entre eux m'avait dit : « Si vous mangez un peu de ce fromage, cela changera la condition [de votre appétit ?] », et je l'ai fait. J'ai pris un peu de ce fromage. La deuxième fois, je ne pense pas que j'y ai touché. […]

Sœur White n'a pas eu de viande dans sa maison, ni n'en a cuisiné, ainsi que toute autre chair animale, depuis des années et des années.

Et voilà ce que dit ce [fanatique] de la réforme sanitaire : « Je vous ai dit que sœur White ne mangeait pas de viande. Maintenant je ne veux pas que vous en mangiez, parce que sœur White n'en mange pas. »

Eh bien, si tel est le cas, cela n'a aucune valeur. Si votre meilleure conviction, c'est « je ne mangerai pas de viande parce que sœur White n'en mange pas », si je suis l'autorité, alors je ne donne pas cher de votre réforme sanitaire.

Ce que je souhaite, c'est que chacun d'entre vous prenne position dans sa dignité individuelle devant Dieu, dans sa consécration personnelle, que le temple de l'âme soit consacré à Dieu. « Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. » A présent je veux que vous réfléchissiez à ces choses, et que vous ne fassiez d'aucun être humain votre critère. » 78

L'importance de la perspective historique

Ellen White doit être considérée avec le contexte de son époque, et pas avec celui de la nôtre ! Les conditions de vie à son époque étaient très différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui.

Tout le confort moderne que nous considérons comme acquis, comme les réfrigérateurs et les congélateurs qui préservent les fruits, les légumes, et autres denrées périssables, tout cela était inconnu à son époque. Les fruits et les légumes n'étaient alors disponibles que selon la saison. Pendant une grande partie de l'année, les produits frais n'étaient tout simplement pas disponibles, donc soit l'on mangeait de la viande, soit on ne mangeait rien du tout. La consommation de viande était, par conséquent, plus répandue (et généralement plus nécessaire) à l'époque d'Ellen White qu'à la nôtre, en tous cas, pour ce qui concerne les pays les plus développés.

Il vaut la peine de garder en mémoire un autre élément : Ellen White n'a jamais interdit la chair animale comme aliment à quiconque avant que l'on ait trouvé un substitut nutritionnel adéquat pour la remplacer. 79 Les céréales du petit-déjeuner ne furent pas développées et commercialisées avant le milieu des années 1890. Le beurre de cacahuètes, une autre excellente source de protéines, ne fut pas inventé avant la même date. 80 Ainsi il y avait souvent plus de raisons, à cause d'une plus grande nécessité, pour que les gens de son époque consomment de la viande qu'il n'y en a pour la majorité d'entre nous aujourd'hui.

Conclusion

De son vivant, Ellen White a du faire face à des attaques contre son intégrité. Des accusations similaires ne sont ni nouvelles ni surprenantes, quand on examine les faits. Peu après le changement de siècle, elle fut accusée d'hypocrisie (voire de mauvaise foi) dans sa défense publique du végétarisme auprès de ses frères adventistes tandis qu'elle continuait (soi-disant) secrètement à suivre un régime carné. De telles accusations sont, comme nous l'avons démontré, injustifiées et sans fondement.

Pour avoir une compréhension correcte des attaques contre l'intégrité d'Ellen White, on doit les considérer comme une perspective plus large des objectifs et de la tactique de Satan pour les derniers jours, comme cela a été révélé à Ellen White en 1890. Elle déclara que « la dernière duperie de Satan » serait de détruire sa crédibilité, et d'allumer une haine « satanique » contre ses écrits. 81

La remise en cause de l'intégrité d'Ellen White, pour autant que les recherches l'ont révélé jusqu'à présent, reste aussi infondée et sans preuves qu'elle l'était du vivant du prophète.

Roger W. Coon
Edité par Donald E. Mansell
Copyright 1986 par la Pacific Press Publishing Association
Utilisé avec autorisation.

Notes

  1. 1. D. M. Canright, Life of Mrs E.G. White (Cincinnati: Standard Publishing Company, 199), page 289.
  2. 2. Lettre de Frances E. Bolton à Mme E. C. Slauson, 30 décembre 1914. Citée dans The Fannie Bolton Story : A Collection of Source Documents (EGW Estate, avril 1982), page 109. Ci-dessous, on se réfèrera à ce livre sous le nom de « Fannie Bolton Story ».
  3. 3. The Fannie Bolton Story : A Collection of Source Documents (EGW Estate, avril 1982), pages 109 et 110.
  4. 4. D. M. Canright, « My Remembrance of Elder White », Review and herald, 30 août 1881, page 153.
  5. 5. Lettre de George B. Starr à W. C. White, 30 août 1933 ; cité dans « Fannie Bolton Story », pages 118 et 119.
  6. 6. Lettre de W. C. White à George B. Starr, 24 août 1933 ; cité dans « Fannie Bolton Story », page 119.
  7. 7. Fannie Bolton Story, pages 119 et 120.
  8. 8. Voir l'article « D. M. Canright », dans Seventh-day Adventist Encyclopedia, édition révisée 1976, pages 230 et 231 ; voir également Carrie Johnson, I was Canright's Secretary (Washington, D. C. : Review and herald Publishing Association, 1971).
  9. 9. Voir « Fannie Bolton Story » et « Fannie Bolton and Her Witness – True and False », dans Arthur L. White, The Australian Years (Washington, D. C. : Review and herald Publishing Association, 1983), pages 237 à 250.
  10. 10. James White, « Western Tour », Review and herald, 8 novembre 1870, page 165 ; voir également Dores Robinson, The Story of our Health Message (Nashville, Tennessee : Southern Publishing Association, 1965), pages 65 à 70.
  11. 11. Review and herald, 8 octobre 1867 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 577.
  12. 12. James White, Life Incidents in Connection with the Great Advent Movement as Illustrated by the Three Angels of Revelation XIV (Battle Creek, Michigan : Steam Press of the Seventh-day Adventist Publishing Association, 1868), page 273.
  13. 13. Testimonies for the Church, volume 9, page 158. Voir également Témoignages pour l'Église, volume 3, page 427.
  14. 14. Spiritual gifts, volume 4, pages 153 et 154 [1864]. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, pages 578 et 579.
  15. 15. Testimonies for the Church, volume 2, pages 371 et 372. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 580.
  16. 16. Lettre 83 (15 juillet), 1901 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, pages 584 et 585.
  17. 17. Spiritual gifts, volume 4, page 153. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, pages 579.
  18. 18. Lettre 83 (15 juillet), 1901 ; citée dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 585.
  19. 19. Testimonies for the Church, volume 1, pages 206 et 207.
  20. 20. Manuscrit 29, 1897 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, pages 592 et 593.
  21. 21. General Conference Bulletin, 12 avril 1901 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 578.
  22. 22. Manuscrit 50, 1904 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 578.
  23. 23. Lettre 83 (15 juillet), 1901 ; citée dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 585.
  24. 24. Testimonies for the Church, volume 2, page 371. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 580.
  25. 25. Spiritual gifts, volume 4, page 154. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 579.
  26. 26. Testimonies for the Church, volume 9, page 159. Voir également Manuscrit 50, 1904, cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 578.
  27. 27. Testimonies for the Church, volume 2, pages 371 et 372. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 580.
  28. 28. Spiritual gifts, volume 4, page 153. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 579.
  29. 29. Lettre 5 (25 mai), 1869.
  30. 30. Testimonies for the Church, volume 2, page 371. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 580.
  31. 31. Christian Temperance and Bible Hygiene, pages 117 et 118 (1890) ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 472.
  32. 32. Lettre 83 (15 juillet), 1901 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 585.
  33. 33. Manuscrit 11, 1873
  34. 34. Manuscrit 12, 1873
  35. 35. Lettre 63 (26 décembre), 1878.
  36. 36. Lettre 76 (6 juin), 1895.
  37. 37. Lettre 29 (17 janvier), 1904.
  38. 38. Testimonies for the Church, volume 2, page 370. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 296.
  39. 39. Cité par Arthur L. White dans une lettre adressée à Anna Frazier, le 18 décembre 1935.
  40. 40. Lettre 19c (janvier), 1892. On en retrouve un extrait dans Conseils sur la nutrition et les aliments, pages 585 et 586.
  41. 41. Lettre 12 (15 février), 1874.
  42. 42. Youth's instructor, 31 mai 1894 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 472.
  43. 43. Lettre 76 (6 juin), 1895.
  44. 44. Christian Temperance and Bible Hygiene, pages 117 et 118 (1890) ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 471.
  45. 45. Lettre 54 (10 juillet), 1896 ; citée dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 344.
  46. 46. Lettre 54 (10 juillet), 1896 ; citée dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 344.
  47. 47. Lettre 231 (11 juillet), 1905 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 345.
  48. 48. Lettre 11a (19 février), 1884.
  49. 49. Lettre 76 (6 juin), 1895. On retrouve deux extraits de cette lettre dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 586.
  50. 50. Lettre 50 (5 février), 1908 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, pages 590 et 591.
  51. 51. Lettre 16 (31 mai), 1882.
  52. 52. Voir l'entrée « Littlejohn, Wolcott Hackley », Seventh-day Adventist Encyclopedia (édition révisée), page 794.
  53. 53. Pour une excellente étude en profondeur de cet aspect, voir l'ouvrage de Ron Graybill, The Development of Adventist Thinking on Clean and Unclean Meats (White Estate, 1981).
  54. 54. « Scripture Questions. Answered by W. H. Littlejohn », Review and herald, 14 août 1883, page 522.
  55. 55. Lettre 13 (24 avril), 1876.
  56. 56. Lettre 76 (6 juin), 1895.
  57. 57. Lettre 149 (6 août), 1895.
  58. 58. Lettre 128 (9 juillet), 1896.
  59. 59. Lettre 59 (26 juillet), 1898.
  60. 60. Le ministère de la guérison, page 265.
  61. 61. Par "abstinents", W. C. White fait évidemment référence à l'abstinence de chair animale, et pas d'alcool.
  62. 62. Lettre 99 (8 janvier), 1894.
  63. 63. Manuscrit 50, 1904 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 578.
  64. 64. Manuscrit 29, 1897 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 593.
  65. 65. Testimonies for the Church, volume 2, page 372. Voir également Conseils sur la nutrition et les aliments, page 581.
  66. 66. Lettre 50 (5 février), 1908 ; citée dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 590.
  67. 67. Testimonies for the Church, volume 9, page 159. Voir également Témoignages pour l'Eglise, volume 3, page 427.
  68. 68. T. Housel Jemison, A Prophet Among You (Mountain View, California : Pacific Press Publishing Association, 1955), page 445.
  69. 69. Dictionnaire Larousse 2004.
  70. 70. Lettre 76 (6 juin), 1895.
  71. 71. Testimonies for the Church, volume 9, page 159. Voir également Témoignages pour l'Eglise, volume 3, page 428.
  72. 72. Manuscrit 15, 1889. Pour une déclaration plus ample sur le fait de ne pas faire de l'élevage ou de la consommation de porc une condition d'entrée dans l'église, voir Messages choisis, volume 2, page 389.
  73. 73. Youth's instructor, 31 mai 1894 ; cité dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 472.
  74. 74. Testimonies for the Church, volume 9, page 163. Voir également Témoignages pour l'Église, volume 3, page 428.
  75. 75. Testimonies for the Church, volume 9, page 163. Voir également Témoignages pour l'Église, volume 3, page 427.
  76. 76. Le ministère de la guérison, page 269.
  77. 77. Lettre 127 (18 janvier), 1904 ; citée dans Conseils sur la nutrition et les aliments, page 590.
  78. 78. Manuscrit 43a, 1901 ; une transcription en verbatim par Clarence C. Crisler, le secrétaire personnel de Mme White. (Pour d'autres transcriptions avec de légères variations, voir Manuscrits 43, 43b1, 43b2 et 43b3).
  79. 79. Le ministère de la guérison, page 267.
  80. 80. Richard William Schwartz, John Harvey Kellogg : American health reformer (mémoire de thèse, Université du Michigan, Ann Arbor, 1964), page 283.
  81. 81. Messages choisis, page 54.