Déclarations de W.C. White concernant Ellen White et son œuvre

L'intégrité des Témoignages pour l'Église

(Remarques de W.C. White faites à College View, Nebraska, le sabbat matin du 25 novembre 1905.)

Pendant quelque temps j'ai espéré qu'une occasion favorable donnerait à nos médecins et à nos pasteurs des faits concernant les Témoignages pour l'église, qui puissent répondre aux questions qui semblent troubler de nombreux esprits.

Le temps est précieux, et ce sujet est important. Je vous demande donc de prier pour moi afin que j'aille à l'essentiel. C'est pour le bien de l'œuvre que je souhaite m'exprimer sur cette question.

En tant qu'adventistes du septième jour, nous croyons que cette église demeurera jusqu'à ce que Jésus vienne. Ceux qui ont étudié l'histoire de l'église savent que chaque dénomination qui est sortie de groupes établis a proclamé de glorieuses vérités. Des hommes de Dieu ont commencé avec des mobiles élevés et des principes purs. Et alors, pas à pas, l'ennemi a attaqué leur intégrité, jusqu'à ce que chaque église oublie ses premiers principes. L'église adventiste du septième jour, nous le croyons, tiendra ferme jusqu'à la fin, mais c'est par la puissance de Dieu et l'obéissance à ses messages d'avertissement que nous espérons être gardés du retour dans le péché et des illusions qui se sont glissé dans d'autres églises.

L'attaque de l'ennemi contre cette église suit des lignes précises, les mêmes que lorsqu'il a attaqué nos premiers parents. Tout d'abord, il a fait en sorte de les séparer, puis il a trompé Eve en rapport avec l'obéissance à Dieu. De la même façon ses efforts les plus vigoureux contre cette église ont à voir avec un travail de séparation, une œuvre étrangère contre l'unité. Satan cherche à séparer de l'église la partie la plus précieuse de l'œuvre qu'elle accomplit. Il a toujours mis en opposition l'œuvre pourtant unie d'enseignement de l'évangile et de guérison des malades. Il a multiplié les efforts, de manière subtile pour dégrader le sabbat, et pour nous amener à croire que le travail humanitaire était tellement précieux qu'en le poursuivant nous pouvions revoir à la baisse les exigences sacrées du sabbat de Jéhovah.

L'opposition la plus acharnée est menée contre les moyens que Dieu a choisis pour la fortification et la direction de son église, opposition rendue manifeste dans les efforts pour saper la confiance dans les messages que Dieu envoie à son peuple à travers les ministres de l'évangile, à travers les enseignants dans nos écoles, et à travers l'agent élu qu'il a spécialement nommé pour délivrer son message d'avertissement et de conseil à l'église. Et finalement l'attaque a atteint la divinité. Des efforts sont faits pour mettre l'homme à la place de Dieu, et si c'est bien ce qui est en train de se passer, c'est que l'œuvre de l'apostasie est proche de son accomplissement.

Alors que vous étudiez les Témoignages d'avertissement et de conseil à cette église, vous constaterez que le poids de ces témoignages suit de très près la ligne d'attaque de l'ennemi. Ils sont remplis d'avertissements contre la séparation, contre le développement et l'exaltation excessifs d'une branche de l'œuvre évangélique en particulier et contre le fait de vouloir y rattacher le plus possible. Cette œuvre ambitieuse, nous pouvons fort bien en avoir peur, elle n'est pas encore terminée. Elle va continuer dans des formes variées. Et quelle que soit la forme sous laquelle elle est amenée devant nous, nous pouvons la craindre.

Les Écritures disent qu'une maison divisée contre elle-même ne peut subsister. Mais il y a un mouvement parmi ce peuple depuis des années en faveur d'une maison divisée. Et je suis reconnaissant de voir dans cette assemblée un groupe de personnes qui travaillent ensemble en faveur d'une maison unie. Continuons à travailler dans ce sens. Mais comment l'union complète peut-elle être accomplie ? Il y a plusieurs années, frère Irwin a présenté à Maman en Australie quelques-unes des difficultés auxquelles nous avions à faire face, et je me souviens bien de sa réponse. « Ce conflit, dit-elle, ne sera jamais résolu, avant qu'il ne soit résolu par nos frères et sœurs œuvrant ensemble dans le champ. » Et à mesure que le temps passe, je vois de plus en plus clairement que le champ est le lieu pour travailler à une résolution des difficultés sur le chemin de l'union parfaite.

Si ceux qui assistent à cette convention s'en retournent chez eux pour unir chaque aspect et chaque domaine de l'œuvre dans nos églises et nos fédérations, la lumière et la puissance pourra entrer. En œuvrant pour l'humanité, le Sauveur a prêché l'Évangile et a guéri les malades. Si nous voulions bien faire cette œuvre, nous n'aurions pas tant besoin de débattre des différents projets dans nos comités et nos conseils.

Un apparent manque d'harmonie

Depuis des années, il y a des doutes dans l'esprit de nombre de nos membres à cause de ce qui semblait être une contradiction dans les enseignements des Témoignages. Je puis illustrer cela en faisant référence à ce qui a été écrit concernant l'œuvre médicale avant et après la Conférence Générale de 1897. Avant cette Conférence, Maman me lisait de temps en temps beaucoup, beaucoup de choses qu'elle écrivait, et qui montraient que le Seigneur lui avait révélé aussi clairement qu'en plein jour les mouvements qui avaient lieu au cœur de l'œuvre missionnaire médicale, dans la critique du ministère, et l'église, et exaltant l'œuvre médicale au-dessus de tous les autres domaines. Et il fut présenté clairement où tout cela nous mènerait.

Après la Conférence, il semble que le temps était venu pour que ces choses soient imprimées, mais, à ma grande surprise, Maman lisait ces choses et puis les laissait de côté, et plus tard, elle les envoyait de manière privée aux principaux médecins et à leurs collègues, les mettant en garde contre le danger qu'ils couraient. Elle en envoya de manière privée à des pasteurs. Puis elle écrivit des articles pour les périodiques qui devaient être diffusés à nos membres, les reprenant pour leur retour en arrière et le fait qu'ils ne soient pas parvenus à un mode de vie conforme aux standards de la réforme sanitaire. Elle condamnait également les prédicateurs pour n'avoir pas fait de l'œuvre missionnaire médicale l'œuvre des églises. Nos membres étaient sévèrement réprimandés pour n'avoir pas défendu le Docteur Kellogg et le sanatorium.

Certains de nos membres y ont vu une contradiction, et cela a été une occasion de chute pour certains d'entre eux, et c'est encore parfois le cas aujourd'hui. Certains disent que cela doit être une rude épreuve pour sœur White que d'écrire des témoignages de réprobation à des amis personnels de longue date. Cela doit être le cas quand elle en vient à mettre au propre ces choses que le Seigneur lui a révélées concernant l'œuvre médicale, car ses années d'amitié, sa sympathie et son affection pour le docteur Kellogg sont si forts qu'elle n'a pas le courage de les sortir, et au lieu de cela, elle prépare ces conseils pour que le peuple le soutienne. Je savais que ce n'était pas la raison, mais je ne pouvais pas discerner à ce moment-là la véritable raison du chemin qu'elle suivait.

Cela a en effet été une rude difficulté pour moi à l'époque, comme pour d'autres, mais cette expérience, quand je la considère aujourd'hui, constitue l'une des preuves les plus fortes de la sagesse et de la puissance de Dieu dans la direction et l'orientation de sa servante dans la façon dont les Témoignages sont proposés. Certains des témoignages d'avertissement, de conseil et de supplication ont été envoyés de façon privée, et on leur a laissé le temps de faire leur œuvre. D'autres ont été classés, et ils montrent que Dieu a souvent révélé à sa servante les dangers guettant l'œuvre médicale, bien avant que le message ne soit délivré.

Posons la question, quel aurait été le résultat si les mises en garde et les réprobations concernant les erreurs dans l'œuvre médicale avaient été rendues publiques dès leur délivrance ? Beaucoup de nos membres étaient alors si partagés par rapport à cette œuvre dans la réforme sanitaire, qu'ils l'auraient abandonnée laissée tomber, et auraient tourné le dos aux médecins et aux infirmières, et beaucoup seraient retournés avec joie à leurs marmites de viande, comme certains le font aujourd'hui. Et se serait ensuivi une grande apostasie de la dénomination sur la réforme sanitaire.

Les gens n'étaient pas prêts pour les choses qui étaient alors envoyées aux dirigeants, par conséquent les messages nécessaires pour les dirigeants ont été envoyés aux dirigeants, et les membres ont reçu les choses dont ils avaient besoin. Quel a été le résultat ? Par la miséricorde divine, une grande victoire a été remportée et notre peuple a pris position de façon résolue en tant que réformateurs sanitaires. Des centaines de personnes se sont vouées à l'œuvre de secours chrétien, et des projets ont été formés grâce auxquels beaucoup dans l'église s'efforcent d'accomplir l'œuvre indissociable de guérison et d'enseignement. Je remercie Dieu pour la façon dont il nous guide, et qui pour certains a pu sembler mystérieuse.

Il y a de nombreuses choses en lien avec les témoignages, ainsi qu'à l'opposition qu'ils rencontrent qui ont été des épreuves amères pour moi, et quand il m'arrivait de traverser des moments de doute terrible, je me jetais face contre terre devant Dieu la mort dans l'âme en disant : Ô Dieu, pourquoi as-tu choisi ma mère comme instrument pour cette œuvre ? Pourquoi as-tu laissé tant de confusion venir sur nous, tant de détresse ? C'est au cours de l'une de ces périodes que j'ai lu le manuscrit de ces chapitres dans Jésus-Christ, dans lesquels on trouve le récit de l'expérience des disciples quand ils étaient troublés et angoissés, parce que l'enseignement et la façon de vivre de leur Maître semblait laisser le champ libre aux malentendus et à la critique (Chapitres 40 à 44). Je dis alors, Père, si c'est là ta volonté que ton peuple de toute éternité soit troublé et angoissé, aide-moi à vivre cette expérience humblement et intelligemment.

À de nombreuses reprises, j'ai été confronté à des choses dans les témoignages, tout comme dans la Bible, que je ne comprenais pas, que je ne pouvais ni expliquer ni harmoniser. Je les ai déposées devant le Seigneur en disant : Voilà, Seigneur, des choses que je ne comprends pas. Je te les confie. Aide-moi à avancer droit devant et à faire l'œuvre qui m'a été confiée. Et quand ton temps viendra, permet-moi de voir clairement ce que tu veux que je comprenne. Seigneur, prends-moi par la main et guide-moi sur le droit chemin étroit.

Il y a de nombreux Témoignages que je ne comprends pas. Dans de nombreux cas, si on m'a chargé de faire preuve de discrétion à cet égard, je ne les envoyais pas. Mais ce ne sont pas mes affaires. Plus d'une chose passe entre mes mains et est envoyée vers les membres avec la prière que Dieu aide ceux à qui cela est destiné à le comprendre, mais personnellement je ne comprends pas. Et n'est-ce pas un fait que le message parle plus à la personne à qui il est adressé qu'à ceux qui le copient, et plus encore qu'à celui qui l'écrit ?

Permettez-moi d'illustrer ce point. À la Conférence Générale, quand nous avons réorganisé l'Association de la Conférence Générale, et que nous étions dans une grande confusion quant à la meilleure méthode de travail, Maman a demandé aux présidents de fédérations et aux responsables d'institutions de se réunir dans la pièce du comité au tabernacle, et elle a lu un témoignage basé sur Ésaïe 8:12 à 14, qui était une réprobation catégorique contre nous au sujet de la confédération.

A cette époque-là, nous avions devant nous deux projets pour la confédération. L'un concernait notre union avec les étrangers dans l'œuvre de liberté religieuse, et l'autre la question de l'étendue de l'œuvre de l'Association de la Conférence Générale. Certains ont appliqué le témoignage entièrement au premier. Certains d'entre nous sentirent dans leur cœur qu'il devait également être appliqué à nos plans pour l'Association de la Conférence Générale.

Mais au lieu de nous réunir pour étudier et prier pour cette question afin de comprendre ce que le message signifiait pour nous, nous avons convoqué une autre réunion, et avons demandé à sœur White de venir nous expliquer le problème qui nous troublait. Nous l'avons interrogée quant à savoir si le message s'appliquait à ce que nous projetions dans la réorganisation de l'Association de la Conférence Générale. Elle répondit qu'elle ne pouvait pas répondre à cette question. Alors nous avons dit : « Bien sûr que cela ne s'applique pas à ça. »

Nous n'avons pas étudié ni prié jusqu'à recevoir de la lumière, mais avons mis nos propres plans à exécution. Environ six ou huit ans après, il fut révélé à Maman de façon claire et incontestable que le témoignage nous avait été donné à ce moment pour nous éviter de nous jeter dans ces projets qui ont eu pour résultat l'union de nombreux domaines de l'œuvre dans une relation insatisfaisante et stérile.

Souvent quand nous allons vers Maman en lui demandant de nous expliquer les choses qu'elle a dites ou écrites, elle dit : « Je ne peux pas l'expliquer. Vous devriez le comprendre mieux que moi. Si vous ne le comprenez pas, priez le Seigneur, et il vous viendra en aide. » N'est-ce pas la bonne façon d'arriver à une compréhension correcte des Témoignages ?

Influence personnelle

La question de l'influence personnelle est un problème qui en a troublé plus d'un. La question est : des personnes peuvent-elles aller vers sœur White et présenter leurs idées et leurs conceptions, et, en présentant des questions telles qu'ils les voient, influencer le caractère des Témoignages et garantir la mise en valeur de quelque chose en accord avec leur façon de voir ? Non, pas du tout. Si quelqu'un croit cela, qu'il soit assuré que ce n'est pas le cas.

Vous savez que dans les années 90, il y a eu une œuvre menée pour développer l'œuvre à Battle Creek de façon disproportionnée. Elle était dirigée par de puissants financiers, des hommes qui avaient une grande influence auprès du président de la Conférence Générale. Face aux conseils donnés immédiatement après la Conférence de Minneapolis, et durant les années qui ont suivi, qu'il y avait eu trop de centralisation des responsabilités à Battle Creek, et face aux efforts pour distribuer la responsabilité en divisant le champ, et en nommant des responsables de secteur, il y avait des hommes qui travaillaient sans relâche pour poursuivre cette œuvre de centralisation.

L'œuvre consistait à rassembler les choses, et d'amener ainsi la gestion de tout ce qui était possible sous le contrôle d'une poignée d'hommes à Battle Creek, en agrandissant de façon excessive les institutions à cet endroit. Les Témoignages de Maman étaient vigoureusement opposés à cela. Elle envoya de nombreuses réprobations et porta un lourd fardeau sur son cœur concernant le caractère erroné qui était en train d'être donné à l'œuvre. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi Maman devait continuer à porter ce fardeau après avoir écrit aux responsables à de nombreuses reprises, et je plaidais avec elle pour qu'elle puisse consacrer du temps et de l'énergie à l'écriture de ses livres.

Pendant des années j'ai pensé que c'était mon privilège de faire tout ce que je pouvais pour attirer l'attention de Maman sur les aspects les plus réjouissants de notre travail, et sur les nombreuses expériences porteuses d'espérance vécues dans nos institutions et nos fédérations. Je me disais que le Seigneur avait choisi Maman pour être sa messagère en vue de la correction des erreurs dans l'église, qu'il lui avait révélé les dangers, les erreurs, les fautes, et les faiblesses et la méchanceté des hommes. Alors comme ces révélations pesaient sur son cœur jusqu'à la mort, par conséquent cela ne pouvait pas faire de mal que je rassemble toutes les paroles de courage, et toutes les bonnes nouvelles qui pourraient réconforter son cœur, ainsi que chaque incident qui peut montrer la puissance de Jésus agissant dans l'église, et que cela va rendre manifeste le meilleur côté des agissements des hommes qui portent de lourds fardeaux dans l'œuvre du Seigneur. Par conséquent je m'efforce d'attirer son attention sur le bon côté des choses. Quand un frère parle en bien de ce qu'un autre frère fait, j'essaie d'attirer son attention vers cela. Les critiques et les accusations qui sont faites entre frères, je dois essayer de les garder pour moi. Je sais que ceci est très différent des représentations que j'ai souvent faites à certains d'entre vous concernant le caractère et le but de mon travail, mais je vous assure que c'est ce que je m'efforce de faire.

Voici, un jour, alors que nous vivions à Cooranbong, en Nouvelle Galles du Sud, nous avons reçu des lettres de la part du Président de la Conférence Générale, pleines de récits encourageants, nous racontant les bons camp meetings, et comment certains de ces hommes d'affaires qui avaient été réprimandés par les témoignages se rendaient dans différents Etats et prenaient la parole dans les camp meetings, et combien ils vivaient une expérience spirituelle renouvelée, et étaient d'une grande aide dans les camps meetings.

La lecture de ces lettres nous rendit très heureux. Nous en avons été à juste titre ravis, et nous nous sommes unis dans la louange au Seigneur pour ces bonnes nouvelles. Imaginez ma surprise quand dans l'après-midi du lendemain Maman me dit qu'elle avait écrit à ces hommes à propos desquels nous avions reçu les bonnes nouvelles, et alors elle me lut la critique de la plus grande portée, la réprobation la plus rigoureuse pour avoir mis en place de mauvais plans et principes dans leur travail, qui ait jamais été écrite à ce groupe d'hommes. Cela fut une grande leçon pour moi en matière d'influence personnelle.

Ces dernières années, j'ai souvent vécu de telles expériences. De nombreuses personnes rendaient visite à Maman chez elle en croyant que les représentations personnelles de leur travail et de leurs projets influenceront Maman et qu'ainsi elle les défendra. Elles ont toujours été les bienvenues chez nous. Nous avons apprécié leur compagnie, et nous avons été heureux de leur amitié. Mais quand Maman se mettait à écrire, c'était ce que le Seigneur lui avait enseigné. Parfois c'était très encourageant, et parfois c'était comme une épée vous transperçant le cœur, parce que l'esprit de sagesse discernait qu'il y avait des conséquences à suivre les plans proposés, qui seraient au détriment de la cause de Dieu, et la messagère était obligée de dire ce que Dieu lui avait demandé de dire.

Comment se fait-il alors qu'il y en ait certains qui ont eu l'opportunité de présenter leurs projets à sœur White, qui pensent qu'elle est influencée, et que parfois elle favorise un camp, et parfois l'autre ? Mes frères, le champ de controverse entre les bons et les mauvais principes est large, et s'étend bien au-delà de notre conception ordinaire. Il y a des points faibles de tous les côtés, et souvent quand les questions sont révélées à l'esprit de Maman, on lui présente que si une certaine voie est suivie, des résultats certains s'ensuivront, et si telles et telles choses sont faites, que d'autres résultats suivront de façon certaine. Avec une telle présentation du champ, le temps et la façon dont on envoie les messages à l'église dépend en grande partie des progrès actuels de l'œuvre.

Quand des hommes forts comme les principaux enseignants de nos écoles sont troublés au sujet d'un certain point, et qu'ils viennent présenter à Maman leurs visions des choses concernant les dangers et les devoirs du moment, et lui demandent conseil, que fait-elle ? Commence-t-elle au début de l'entretien à leur montrer là où ils ont tort ? Non, pas du tout. Elle sait que ces hommes sont chargés d'une grande œuvre qui est généralement sous-estimée, et elle sait que si elle veut les aider de la meilleure façon, elle doit montrer qu'elle comprend leurs raisons et le poids de leurs fardeaux. Naturellement la première chose à faire est d'exprimer chaque parole de confiance qu'elle peut sincèrement exprimer à l'égard du travail qu'ils font, et de reconnaître les maux et les dangers qu'ils voient dans l'église, montrant dans quelle mesure ces maux et ces dangers lui ont été révélés. Alors elle souligne souvent les points faibles dans leur travail et les dangers qui guettent leurs sentiers, et les avertit des questions qu'ils ont pu négliger.

Un homme représentant un autre aspect de l'œuvre peut parler avec elle de la même expérience. Elle exprimait également de la confiance dans ses efforts. Elle reconnaît le danger qui attend l'œuvre, puis elle relève les faiblesses dans son travail, et les dangers qui le guettent. Maintenant, si ces hommes vont de l'avant en se souvenant clairement de ce qui a été dit qui était en harmonie avec leurs idées, tout en oubliant ce qui a été dit pour corriger leurs projets et leur travail imparfaits, leurs conceptions et leurs comptes-rendus des conseils de sœur White vont souvent différer.

En référence à ma relation au travail de Maman, beaucoup disent que W.C. White se tient tout près de sa mère, et qu'il fait des suggestions et lui demande de dire ceci ou cela, et ainsi influence grandement son travail. Quels sont les faits ? Souvent pendant des semaines avant une assemblée générale, et parfois des mois avant une Conférence Générale, c'est un grand poids qui repose sur Maman quant à la teneur de l'œuvre qu'elle doit accomplir dans la rencontre à venir. Et alors que je la rencontre jour après jour, elle me parle de ce qui lui a été présenté durant la nuit concernant l'œuvre qui l'attend dans la réunion à venir.

Avant la Conférence d'Oakland, elle m'a présenté matin après matin, parfois trois ou quatre matins de suite, ce qu'elle écrivait. Puis elle laissait ses écrits de côté et me disait le caractère des questions et des conflits de cette réunion. Elle disait : à cette réunion il va y avoir tel et tel mouvement, et si je m'y rends, je vais devoir apporter un témoignage de réprobation vigoureux. Elle présentait les dangers que pouvaient susciter de nombreuses idées erronées des hommes de la Conférence Générale. Et elle indiquait les positions qu'elle serait obligée de prendre à la réunion.

Souvent j'étais impatient de retourner au bureau pour reprendre mon travail habituel, mais je sentais que ce n'était pas pour rien qu'elle me racontait ces choses, et donc j'offrais cette prière silencieuse : Seigneur, aide-moi à me souvenir de ces choses, afin qu'au moment où j'en aurais besoin, elles me reviennent en tête clairement. En conséquence de quoi, j'avais avant chaque réunion une idée claire de la voie qu'elle avait l'intention de suivre à la Conférence Générale.

Quand la Conférence Générale était convoquée, Maman disait souvent que le poids serait si lourd qu'elle n'osait pas s'y rendre, et parfois nous nous disions qu'elle n'avait pas la force d'y aller. Mais le Seigneur lui donnait la force et du courage, et elle assistait aux réunions. Les frères Daniells et Prescott vinrent, à sa demande, s'entretenir avec elle des progrès de la réunion, et ils présentèrent leurs idées, leurs projets, et leurs doutes, et ils lui demandèrent conseil. Puis les frères Paulson et Sadler vinrent, à sa demande, et présentèrent leur vision des choses. Vous vous souvenez que frère Sadler travaillait avec nous en Californie. Alors que Maman donnait ses conseils et ses encouragements, je me demandais s'il était possible que le déroulement de ses exposés à la Conférence change par rapport à ce qu'elle avait prévu, à cause des faits qui étaient ressortis de ces entretiens avec les frères.

Quand le moment vint pour Maman de délivrer son témoignage devant la Conférence, je vis que chaque parole était en parfaite harmonie avec le canevas qu'elle m'avait donné jour après jour, lors des mois précédents. Je me souviendrais, aussi longtemps que je vivrai, que je ne pouvais trouver un seul iota de changé par rapport à ce qui avait été établi avant la réunion. Voilà la conclusion de mon observation en matière d'influence personnelle.

L'intégrité des écrits de sœur White

Concernant l'intégrité des écrits expédiés depuis le bureau de Maman, je puis vous assurer que Maman est responsable, en toute intelligence, des lettres, des manuscrits, et des autres documents qui sortent de son bureau en étant signés de sa main.

Le Seigneur a béni Maman avec des aides de valeur et consciencieux, des gens au cœur tendre, des gens qui craignent Dieu, et qui jamais de la vie ne se risqueraient en aucune façon à falsifier ses témoignages.

Maman écrit très rapidement. Elle fait la plupart de son travail de rédaction le matin. Elle écrit souvent sur de nombreux sujets dans une lettre ou un manuscrit, à mesure qu'un sujet après l'autre lui vient à l'esprit. Ces manuscrits, elle les remet à quelqu'un qui est expert dans la lecture de son écriture, pour qu'elle le copie à la machine à écrire, puis il est rendu à Maman, elle l'examine, fait des corrections, des changements, et des ajouts comme bon lui semble. Puis il est copié à nouveau, et envoyé d'après les directives de Maman. Parfois une longue lettre personnelle contient de la matière qu'elle souhaite utiliser dans une lettre plus générale qui doit être envoyée à un groupe d'ouvriers. Parfois elle contient du texte pour un article destiné à l'un de nos périodiques, ou pour un chapitre de livre.

Quelques-uns des chapitres les plus précieux de Jésus-Christ sont faits de textes d'abord écrits dans des lettres adressées à des hommes qui œuvraient dans des conditions pénibles, dans le but de les réconforter et des les instruire au sujet de leur travail. Certaines de ces merveilleuses leçons sur l'expérience chrétienne illustrées dans la vie de notre Sauveur ont été initialement écrites dans des lettres adressées à mon frère Edson, au moment où il luttait avec de nombreuses difficultés dans son œuvre au Mississippi. Certains ont été écrits en premier lieu à frère Corliss, quand il discutait avec un rusé Campbellite à Sydney.

Lettres reçues

Maman reçoit de nombreuses lettres. Certaines d'entre elles sont des comptes-rendus de progrès. Certaines racontent l'histoire des actions miséricordieuses du Seigneur envers son peuple. Certaines lettres lui réjouissent le cœur et lui font beaucoup de bien. D'autres sont tristes et décourageantes. Certaines proviennent d'étrangers, posant de nombreuses questions auxquelles elle ne peut pas répondre, parce que les sujets sur lesquels le Seigneur lui donne de la lumière sont rarement des sujets qu'elle choisit.

Il y a des lettres qui viennent d'hommes portant de lourds fardeaux, demandant des conseils concernant des questions difficiles. Certains ont adopté la pratique de m'envoyer leurs lettres troublantes, me demandant de soumettre le problème à l'attention de Maman, si cela est raisonnable et approprié, mais si elle est faible, ou pressée par d'autres fardeaux, de laisser les lettres en attente. Souvent ces communications me parviennent quand son esprit est absorbé par quelque sujet difficile, et je les dépose dans un coin, en attendant un moment favorable. Cela arrive souvent quand dans l'espace d'une semaine ou deux, je vois son esprit qui s'attarde sur les sujets présentés dans certaines de ces lettres. Elle dit : « Qu'y a-t-il concernant cette question ? » Alors je lui dis que j'ai plusieurs lettres au bureau sur ce sujet, et, à sa demande, je les lui apporte. Dans de tels moments, ces lettres n'encombrent pas son esprit. Quand le Seigneur dirige son esprit sur un sujet, ce n'est pas un poids pour elle que de l'étudier en profondeur.

Informations humaines

Il y a un rôle que les hommes ont à jouer, en rapportant les faits concernant la progression des événements, en les écrivant par le bouche-à-oreille, aux messagers du Seigneur. On le voit dans l'expérience de Paul telle qu'elle est rapportée dans 1 Corinthiens 1:11.

Alors que nous étions en Australie, les plans à partir desquels notre œuvre scolaire devait se développer furent clairement indiqués à Maman, et elle présenta ces pensées à ceux qui étaient liés à l'école. Nous étions encerclés par les difficultés, et l'œuvre disposée devant nous paraissait impossible. Certains voulaient faire avancer l'œuvre très rapidement ; d'autres étaient plus prudents et préféraient attendre l'assurance que nous serions en mesure de compléter ce que nous avions commencé. Nous avions de rudes combats à mener.

Lors d'une assemblée importante, je résolus de ne pas parler à Maman des soucis liés à notre travail, mais de tout dire au Seigneur, et de lui demander de nous envoyer de l'instruction selon nos besoins. En rentrant à la maison tard le soir des réunions du comité, je déposais la question devant le Seigneur, et lui demandais de nous aider, et de nous envoyer des messages comme bon lui semblerait. Chaque matin, j'allais voir Maman et je lui demandais : « As-tu du nouveau pour nous ce matin ? » Parfois elle répondait : « Je ne crois pas que ce soit le cas, mais j'étais au conseil hier soir, et nous avons parlé de telle et telle question. » Parfois ce qu'elle me disait ne semblait pas avoir de rapport sur le sujet que j'avais à l'esprit, et parfois cela répondait aux questions mêmes que j'avais déposées aux pieds du Seigneur la veille au soir. À de nombreuses reprises, ses paroles ont donné une lumière qui a été une réponse directe à ma prière.

Un matin après que j'eus demandé à Maman si elle avait quoi que ce fût de nouveau pour nous, elle dit : « Que faites-vous dans ton Comité ? Quels moments passez-vous ? » Je lui répondis : « Je n'ai pas besoin de te le dire, le Seigneur peut te dire ce que tu as besoin de savoir, mieux que je le ferais, et je ne pourrais pas le dire de manière impartiale. » Elle me dit : « Willie White, dis-moi ce que vous y faites. » Je demandai : « Pourquoi cela ? » Alors elle dit : « Il m'a été révélé que vous passez des moments difficiles, et quand vous atteignez un certain stade, je crois que j'ai mon mot à dire. Je veux savoir si vous avez atteint ce stade. » « Maman, dis-je, nous passons des moments difficiles en effet, mais pour plusieurs raisons, je ne voulais pas t'en parler. » Alors elle insista, et je finis par lui faire part du mieux que je pouvais de mon point de vue concernant le statut de notre travail. Quand j'ai eu terminé, elle dit : « C'est bien. Je ne pense pas que j'irai aujourd'hui, mais je pense que vous approchez du moment où je devrais venir et apporter mon témoignage. » Un jour ou deux plus tard, elle vint et nous rapporta ce qui lui avait été présenté.

Certains ont pu se demander comment se fait-il que parfois quand sœur White prend la parole, vers la fin de ses remarques, elle se tourne vers moi et me dit : « Je n'ai rien oublié, Willie ? » et à partir de cela, ils en tirent la conclusion que je lui force la main concernant ce que Maman doit dire lors d'une assemblée.

Cela arrive souvent que Maman nous dise quelques jours, ou quelques heures avant la réunion la suite d'idées qu'elle souhaite présenter, et elle me demande parfois de lui rappeler si des points essentiels ont été oubliés. Puis en terminant ses remarques elle a à cœur de savoir si des aspects essentiels de ce qu'elle avait l'intention de présenter ont été oubliés.

Un malentendu

Certains se demandent si W.C. White n'a pas parfois forcé la main de sa mère quant à ce qu'elle devait dire aux pasteurs et aux hommes d'affaires concernant leur rôle et le lien avec l'œuvre dans son ensemble. Je vais raconter une anecdote qui montre ce que je fais parfois, et comment une femme de qualité pensait qu'elle avait la preuve la plus claire que j'avais entrepris de dire à Maman ce qu'elle devait dire à un pasteur qui passait par des épreuves sévères, et qui pensait avoir besoin de conseils.

À la fin de la Conférence Générale de Battle Creek en 1901, les frères pressèrent Maman de se rendre à Indianapolis pour assister à la réunion générale prévue là-bas afin de se rendre compte de l'œuvre fanatique d'un groupe d'ouvriers qui enseignaient la doctrine de la chair sanctifiée.

Maman était très fatiguée et se disait qu'elle n'avait pas assez de forces pour ce fardeau supplémentaire. Elle me répéta ainsi qu'à d'autres membres de la famille qu'elle ne se sentait pas capable d'assister à cette réunion. Elle se disait qu'elle n'avait pas la force nécessaire à la proclamation du témoignage qu'elle devait apporter si elle assistait à la réunion. Alors elle nous dit de nombreuses choses qu'elle aurait à dire aux frères qui enseignaient cette étrange doctrine dans l'Indiana. Elle le répéta plusieurs fois, afin que je me souvienne très distinctement de ce qu'elle disait devoir déclarer si elle devait se rendre dans l'Indiana. Finalement, elle décida d'y aller. Le Seigneur la fortifia pour le voyage, et elle apporta son témoignage à une large assemblée de notre peuple d'une façon claire et décidée. Après cela, on lui demanda de s'adresser à un large public le dimanche après-midi. Cela pesa fortement sur ses forces, et à l'issue de cette rencontre elle était très fatiguée.

Le dimanche après-midi j'ai eu une longue conversation avec l'un des prédicateurs qui soutenaient cette étrange doctrine contre laquelle Maman avait apporté son témoignage, et il demanda une entrevue avec Maman. Je lui répondis qu'elle était épuisée. Mais quand je vis qu'il se sentirait chagriné et blessé si une entrevue lui était refusée, je lui dis que je ferais tout ce que je pourrais pour arranger une entrevue tôt le lundi matin.

Je pensais voir Maman le dimanche soir et lui parler du désir de ce frère de la voir dans la matinée, mais le travail avec le comité m'empêcha de la voir ce soir-là.

Tôt le lundi matin je me rendis à sa chambre et je la trouvai très occupée à écrire. Alors elle me dit qu'un sujet important lui avait été soumis durant la nuit et qu'elle souhaitait vivement le mettre par écrit avant que quelque chose ne vienne détourner son esprit du sujet. Je lui dis alors que j'avais promis à l'un des prédicateurs de faire de mon mieux pour arranger une entrevue avec elle tôt le lundi matin. Maman répondit : « Mais j'ai la tête à cet autre sujet à présent. J'ai apporté mon témoignage à notre peuple, et mon discours devant cette grande assemblée a épuisé mes forces, et à présent j'ai ce nouveau sujet sur lequel écrire. Pourquoi devrais-je avoir une entrevue privée avec ce frère ? »

À nouveau je lui parlais de son désir d'avoir une entrevue avec elle, et elle dit : « Mais que puis-je lui dire ? » Ensuite je vis que le discours du dimanche après-midi ainsi que le nouveau sujet avaient complètement détourné ses pensées de la question du fanatisme de la chair sanctifiée, alors je lui répétais certaines des choses qu'elle m'avait dites quand nous étions encore à Battle Creek, et qu'elle avait l'intention de dire à ces frères si elle devait venir dans l'Indiana. Après avoir attiré son attention sur quelques-unes des choses qu'elle nous avait répétées encore et encore, son esprit reprit cette ligne de pensée, et alors j'allai chercher ce frère.

Lors de cette conversation, une sœur de la chambre attenante avait entendu certaines de nos paroles. J'avais parlé assez fort à Maman, et la sœur avait entendu mes paroles, sans peut-être, entendre ce que Maman disait, et elle était fort surprise et choquée d'entendre W.C. White dire à sa mère ce qu'elle devait dire à un frère dans le doute. Bien entendu, la question fut rapportée à d'autres et elle circula un peu partout avant de parvenir jusqu'à mes oreilles. Quand frère Hankins m'écrivit à ce propos, je lui expliquai les faits, et je n'en ai plus entendu parler depuis. Mais ceci illustre comment ce qui est juste et bon peut être mal compris et considéré comme une grave aberration par ceux qui n'ont entendu que partiellement les faits en question.

Il est souvent arrivé qu'à cause de l'instruction que j'ai reçue de Maman, j'ai pris position lors des réunions du comité en désaccord avec certains de mes frères, et après, quand Maman avait l'occasion d'écrire sur le sujet, il arrivait que nos frères soient choqués et surpris de découvrir qu'elle appuyait ces choses que j'avais soutenues. Ils en tiraient alors la conclusion que j'avais influencé Maman, alors que j'avais essayé de représenter au sein du comité ce qu'elle enseignait et préconisait. Son témoignage concordait avec ces plans et ces politiques que j'avais soutenues uniquement parce que j'avais soutenu ce qu'elle m'avait enseigné. » Signé W.C. White. Document File 107d.

Publications d'Ellen G. White
Conférence Générale des Adventistes du Septième Jour
Takoma Park, Washington 12, D.C.
20 mai 1954