Déclarations d’Ellen White à propos de la trinité : qu’a-t-elle réellement écrit ?

Par Tim Poirier
Ellen G. White Estate, Inc.

Introduction

Certains opposants à la deuxième croyance fondamentale de l’église (“La trinité”) soutiennent que l’on ne peut pas considérer les déclarations d’Ellen White appuyant cette croyance comme un parfait reflet de ce qu’elle a écrit et enseigné. Ces personnes disent accepter les écrits prophétiques d’Ellen White, mais elles remettent en question l’authenticité des déclarations favorables à la croyance de l’église en trois personnes distinctes, co-éternelles, et pleinement divines dans la divinité – Père, Fils et Saint-Esprit. La présentation qui suit n’a pas pour objectif de tenter de définir de manière exhaustive le concept de la divinité selon Ellen White, ni d’examiner si ses opinions ont évolué ou non. Nous nous occuperons seulement de vérifier l’authenticité des déclarations clés d’Ellen White à la lumière des documents sources disponibles. Il faut également dire clairement que la croyance fondamentale de l’église en la Trinité n’est pas basée sur les écrits d’Ellen White, mais sur notre compréhension de la vérité biblique.

« Troisième personne de la divinité »

Pour la plupart des adventistes, les déclarations publiées d’Ellen White sont claires quant à son enseignement sur cette question. Dans Jésus-Christ elle écrit par exemple que « la résistance au péché et la victoire ne seraient rendues possibles qu’au moyen de la troisième Personne de la Divinité, qui viendrait, non pas avec un pouvoir amoindri mais avec la plénitude de la puissance divine » (page 675). C’est ainsi que le texte apparaît depuis sa première publication en 1898. Alors comment l’interprétation naturelle peut-elle échapper à ses opposants, à savoir qu’il y a trois personnes distinctes dans la divinité ?

Tout d’abord, ils suggèrent que l’expression s’est retrouvée dans Jésus-Christ à cause de l’influence des assistants d’Ellen White et/ou d’Herbert Lacey ou encore de W. W. Prescott1. Deuxièmement, ils font remarquer que les mots « troisième personne » ne portent pas de majuscules dans l’impression originale de 1898, laissant entendre que le mot « personne » est utilisé dans un « sens plus général.2 » Troisièmement, ils suggèrent qu’alors qu’il y a en réalité seulement deux personnes dans la divinité, « le résultat pour nous c’est qu’il y a trois êtres divins, » puisque le Saint-Esprit est appelé « un autre consolateur. » Dans cette conception, le Saint- Esprit est « l’Esprit (la présence) du Père et/ou du Christ, » et pas en réalité une troisième personne divine distincte.3

Nous n’allons pas approfondir la troisième interprétation, sauf à examiner ultérieurement une déclaration supplémentaire d’Ellen White qui parle du Père, du Fils et du Saint Esprit, comme « trois puissances distinctes » œuvrant ensemble pour l’humanité. Mais les deux premières observations remettent en cause l’authenticité du texte – c'est ce qui nous intéresse dans cette présentation.

Peut-on se fier à ce passage de Jésus-Christ comme étant représentatif de ce qu’Ellen a vraiment écrit ? Que dit le manuscrit original ?

Le White Estate reçoit fréquemment ce type de demande de la part de personnes qui remettent en question la lecture ou l’enseignement d’une déclaration publiée. Certains sont étonnés quand on leur dit qu’Ellen White n’a pas écrit ses chapitres au fil de la plume tels qu’ils apparaissent dans des livres comme Jésus-Christ et ceux de la série Destination Éternité. Elle était certainement l’auteur du texte, mais la plus grande partie des textes contenus dans les chapitres tels que nous les avons ont été compilés d’après un certain nombre de ses premières œuvres, y compris ses sermons, ses lettres et ses articles.4 Ainsi, pour trouver le manuscrit original d’un passage donné dans un livre comme Jésus-Christ, il nous faut déterminer le document source et savoir s’il existe un brouillon manuscrit de ce document.

Alors, quel est le document source de cette phrase qui apparaît à la page 675 de Jésus-Christ ? Nous le trouvons dans une lettre qu’Ellen White adressa à « Mes frères en Amérique, » et datée du 6 février 1896. Elle écrit : « Le mal s’est accumulé depuis des siècles, et ne pouvait être contenu ou combattu uniquement par la puissance du Saint-Esprit, la troisième personne de la divinité, qui viendrait sans modification dans son intensité, mais dans la plénitude de la puissance divine. »5 Cette lettre fut copiée et envoyée depuis l’Australie aux dirigeants d’église à Battle Creek, là où le président de la Conférence Générale, O. A. Olsen, le publia l’année suivante dans une brochure qui circula parmi les dirigeants d’église et les pasteurs (Special Testimonies, n° 10, pages 25 à 33). Cette publication de l’époque nous fournit une autre preuve – au-delà de l’évidente date de droit d’auteur – que ce passage de Jésus-Christ se comprend de la même façon que lorsqu’il fut publié en 1898.

La pièce numéro 1 est une reproduction numérisée de la première page de la lettre en question, qui montre la phrase clé dans le deuxième paragraphe. Les sceptiques demanderont comment nous pouvons savoir que cette lettre vient réellement d’Ellen White. Que dit l’original manuscrit ? Malheureusement pour nous qui vivons en 2006, Ellen White a rarement préservé les brouillons originaux de ses lettres une fois qu’elles avaient été transcrites et qu’elles avaient reçu son approbation. Nous verrons que, dans d’autres exemples, nous avons la chance d’avoir ses brouillons originaux, mais pour cette lettre nous ignorons si l’original manuscrit est toujours existant. Mais nous avons bien d’autres preuves de son authenticité. Les pages 5, 6 et 7 contiennent les annotations manuscrites d’Ellen White, qu’elle ajoutait souvent après avoir lu un document de manière plus approfondie. La pièce numéro 2 est une reproduction numérisée de la page 6, qui montre ces annotations et fournit la preuve que cette lettre a bien été révisée par Ellen White elle-même. Ainsi nous pouvons être sûrs de notre fait en concluant que cette phrase clé de Jésus-Christ n’a pas échappé à l’œil d’Ellen White avant d’être insérée dans le manuscrit du livre soit par ses assistants ou par d’autres dirigeants d’église.

Que faire du deuxième argument, selon lequel les mots « troisième personne » ne portaient pas de majuscules dans les premières éditions ? Comme nous le voyons à l’annexe 1, l’expression ne portait pas non plus de majuscules dans la lettre originale. Une comparaison supplémentaire entre les lettres d’Ellen White et ses articles et livres publiés indique que c’est le style de rédaction, et pas l’intention théologique, qui gouvernait des questions quant à savoir si les pronoms se référant à la divinité devaient porter une majuscule. Si l’argument doit consister à dire que l’utilisation de minuscules dans « troisième personne » montre qu’Ellen White n’attribuait pas un statut divin au Saint Esprit, alors on doit expliquer pourquoi, dans les mêmes écrits des débuts, le pronom personnel « He » (« il ») se référant au Saint-Esprit porte une majuscule deux fois dans le chapitre qui précède immédiatement (671 :1), et ailleurs dans le même chapitre.

[Annexe 1. Lettre 8, 1896, page 1]

[Annexe 2. Lettre 8, 1896, page 6]

« Trois personnes vivantes »

Nous allons à présent examiner une déclaration significative du livre Évangéliser. Évangéliser est une compilation publiée en 1946, une décennie avant les dialogues entre adventistes et évangéliques qui ont donné naissance à Questions on doctrine. Néanmoins, le flou associé à cette période a fait que certains ont jeté rétrospectivement une ombre de doute sur cette déclaration trinitaire pourtant sans ambiguïté:

« Il y a trois personnes vivantes dans la triade céleste : au nom de ces trois grandes puissances : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ceux qui donnent leur adhésion au Christ avec une foi vivante sont baptisés, et ces trois puissances coopéreront avec les sujets obéissants du Roi céleste dans leurs efforts pour vivre la vie nouvelle en Christ. »6

Cette déclaration représente-t-elle fidèlement ce qu’Ellen White a écrit ?

L’annexe 3 est une reproduction numérisée de la première page de la source de la citation dans Évangéliser : Special Testimonies, Série B, n° 7. La note en bas est particulièrement intéressante : « Publié pour l’auteur. » L’annexe 4 est une reproduction numérisée de la page contenant la phrase clé. Ainsi quelles que soient les prétendues « conspirations » qui ont entraîné la formulation qui apparaît dans Évangéliser, elles n’ont pas pu provenir des frères dans les années 1940. Le passage est apparu en impression en 1906, publié pour l’auteur – Ellen White.

Quand on remonte à la source de ce document, nous découvrons qu’il vient du Manuscrit 21, de 1906, écrit en novembre 1905 et portant la date de transcription du 9 janvier 1906. L’annexe 5 est une reproduction numérisée de la page 4 où apparaît cette phrase clé. La phrase est identique à ce qui avait été publié dans la Série B, à ceci près que dans l’édition imprimée un point-virgule remplace la virgule après « triade céleste » (en français, nous avons deux points, NdT). L’annexe 6 est une reproduction numérisée de la première page de ce manuscrit qui montre les annotations manuscrites d’Ellen White – une preuve qu’elle avait personnellement revu le document dactylographié. Ainsi nous voyons bien que ce qui a été publié dans Évangéliser reproduit fidèlement le texte publié dans Special Testimonies Série B, qui, à son tour, reproduit fidèlement le manuscrit d’Ellen White, tel qu'elle a elle-même relu.

[Annexe 3. Special Testimonies, Série B, n° 7 (1906), page de titre.]

[Annexe 4. Special Testimonies, Série B, n°7 (1906), page 63.]

[Annexe 5. Manuscrit 21, 1906, page 4.]

[Annexe 6. Manuscrit 21, 1906, page 1 qui montre les annotations manuscrites d’Ellen White.]

Cependant, on peut aller encore plus loin dans cet exemple. L’annexe 7 a été scannée d’après une page de l’un des journaux personnels d’Ellen White dans lequel on trouve le brouillon original non édité pour le Manuscrit 21, 1906. C’est ce qui a été transcrit par les secrétaires d’Ellen White. Le passage clé, tel qu’il a été écrit à l’origine par Ellen White, dit ceci : « Voilà les trois personnalités vivantes de la triade céleste en qui toute âme qui se repent de ses péchés, qui reçoit Christ avec une foi vivante, qui sont baptisés au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit… »

[Annexe 7. Extrait du brouillon du Manuscrit 21, 1906.]

À présent nous nous trouvons face à une question intéressante. Si on laisse de côté les banales améliorations grammaticales que les assistants d’Ellen White étaient chargés de faire quand ils transcrivaient ses premiers brouillons manuscrits, que devons-nous faire du passage de « trois personnes » à « trois personnalités ? » C’est la preuve, avancent les anti-Trinité, qu’Ellen White cherchait à faire une distinction entre « personnalités » et « personnes, » comme dit la phrase finalement dans la retranscription du manuscrit.

Faut-il voir quelque chose de significatif dans ce glissement de « personnes » à « personnalités ? » Une étude exhaustive de l’utilisation que faisait Ellen White de ces termes dépasserait le cadre de cette présentation, mais il suffit de dire que, en tant que première définition, le dictionnaire Webster définit « personnalité » comme « la qualité ou l’état d’une personne, » et dans son usage théologique : « qualité ou état consistant de personnes distinctes, en parlant de la divinité. » En étudiant personnellement l’utilisation qu’en faisait Ellen White, j’en suis arrivé à la conclusion qu’elle utilisait les deux termes indifféremment, ce qui est sans doute la raison pour laquelle elle était assez satisfaite de la version définitive de la transcription, comme nous l’avons vu avec les annexes 5 et 6.

De plus, si en écrivant « trois personnalités, » Ellen White voulait éviter de faire référence à trois personnes dans la divinité, comment expliquer pourquoi elle a clairement écrit « trois personnes » dans un document antérieur, le Manuscrit 57, 1900, publié dans le Seventh Day Adventist Bible Commentary :

« L’œuvre est là, devant toute âme qui a reconnu sa foi en Jésus-Christ par le baptême, et est devenue bénéficiaire des promesses des trois personnes – le Père, le Fils et le Saint-Esprit. »7

L’annexe 8 est une reproduction numérisée de ce manuscrit, et comme dans l’exemple précédent, nous avons la chance d’avoir le brouillon manuscrit original qui a été transcrit par les secrétaires d’Ellen White. Comme nous le voyons à l’annexe 9, il n’y a pas l’ombre d’un doute : Ellen White a écrit : « les trois personnes – le Père, le Fils et le Saint-Esprit. »

[Annexe 8. Extrait du Manuscrit 57, 1900.]

[Annexe 9. Extrait du brouillon du Manuscrit 57, 1900.]

Le fait qu’Ellen White utilise « troisième personne » et « trois personnes de la triade céleste » indique manifestement qu’elle croyait non seulement qu’il y a trois êtres dans la divinité, mais que ce sont des « personnes. » Une autre déclaration publiée dans Évangéliser l’affirme en des termes tout sauf ambigus :

« Le Saint-Esprit est une personne, car il rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. »8

À nouveau, la question se pose, qu’a réellement écrit Ellen White ? L’annexe 10 est une reproduction numérisée de la source citée dans Évangéliser : le Manuscrit 20, 1906, page 9. Non seulement ce manuscrit porte l’approbation d’Ellen White en haut de sa première page : « J’ai lu ceci attentivement et je l’accepte » (Annexe 11), mais nous avons également le brouillon original qui a été transcrit par ses secrétaires. L’annexe 12 est une reproduction numérisée de la phrase clé : « Le Saint-Esprit est une personne car il rend témoignage à notre esprit […]. »

Mais, diront les anti-Trinité, le Père et le Fils sont des personnes. « La référence ne dit pas : le Saint-Esprit est une personne, séparée et distincte de Dieu le Père. »9

Non, cette référence ne le dit pas. Mais Ellen White a plus à dire sur le sujet ailleurs. Le Manuscrit 93, 1893, dit :

« Le Saint-Esprit est le Consolateur, au nom de Christ. Il personnifie Christ, pourtant il est une personnalité distincte. »10

L’annexe 13 est un document scanné du brouillon original d’Ellen White, qui appuie la transcription. Le Manuscrit 27a, 1900 ajoute cette description :

« Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, puissances infinies et omniscientes, reçoivent ceux qui entrent sincèrement dans une relation d’alliance avec Dieu. »11

Notez la façon dont les attributs de la divinité s’appliquent à chaque personne. Cette phrase est suivie par la déclaration :

« Trois puissances distinctes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, œuvrent ensemble pour les êtres humains. »12

[Annexe 10. Manuscrit 20, 1906, page 9.]

[Annexe 11. Manuscrit 20, 1906, page 1, qui montre l’approbation d’Ellen White en haut de la page : « J’ai lu ceci attentivement et je l’accepte. »

[Annexe 12. Extrait du brouillon pour le Manuscrit 20, 1906.]

[Annexe 13. Original du Manuscrit 93, 1893.]

Le brouillon manuscrit original pour ce Manuscrit n’existe plus, mais la transcription non seulement porte la signature d’Ellen White mais également ses annotations un peu partout, comme on le voit aux annexes 14 et 15.

Le Saint-Esprit est-il « le représentant du Christ » ou Christ « lui-même ? »

Tout en gardant à l’esprit les déclarations sans ambiguïté d’Ellen White sur « la triade céleste, » examinons un autre passage concernant la nature du Saint-Esprit qui est utilisé par les anti-Trinité pour appuyer leurs dires. Il apparaît à la page 672 de Jésus-Christ :

« Le Saint-Esprit est le représentant du Christ, mais dépouillé de la personnalité humaine et indépendant de celle-ci. Embarrassé d’un corps humain, le Christ ne pouvait pas se trouver partout en personne. Il leur était donc avantageux qu’il s’en allât au Père et leur envoyât l’Esprit pour lui succéder sur la terre. Dès lors personne n’aurait un avantage découlant de sa présence dans un endroit plutôt que dans un autre, ou de son contact personnel avec le Christ. Grâce à l’Esprit, le Sauveur serait accessible à tous ; de sorte qu’il serait plus près de ses disciples que s’il n’était pas monté au ciel. »

[Annexe 14. Manuscrit 27a, 1900, page 7.]

[Annexe 15. Manuscrit 27a, 1900, page 8, montrant la signature d’Ellen White.]

Ce passage se concentre sur la présence du Christ à travers son représentant, le Saint-Esprit. La distinction personnelle entre le Christ et le Saint-Esprit est soigneusement exprimée dans le texte, mais les anti-Trinité invoquent le manuscrit source pour ce passage. Nous le trouvons dans une lettre adressée à Edson White et à son épouse, lettre datée du 18 février 1895.13 Que lit-on dans la lettre originale ?

« Embarrassé d’un corps humain, le Christ ne pouvait pas se trouver partout en personne ; il leur était donc tout à fait profitable qu’il les quittât, qu’il allât vers son Père, et leur envoyât le Saint Esprit pour lui succéder sur la terre. Le Saint-Esprit est lui-même, dépouillé de la personnalité humaine et indépendant de celle-ci. Il se représenterait lui-même comme présent partout par son Saint-Esprit, comme l’Omniprésent.14 »

Ce qui a une signification particulière pour les anti-Trinité, c’est que là où on lit dans Jésus-Christ : « le Saint-Esprit est le représentant du Christ, » la lettre originale dit : « le Saint-Esprit est lui-même. »

On ignore si le manuscrit original existe toujours, mais la lettre telle qu’elle a été transcrite par la secrétaire d’Ellen White porte sa signature ainsi que des annotations, manifestant par là son approbation de la lettre. Voir annexe 16.

[Annexe 16. Lettre 119, 1895, pages 1 et 5, montrant l’écriture d’Ellen White.]

La formulation de la lettre originale établit-elle qu’Ellen White croyait que le Saint-Esprit et le Christ ne sont pas des personnes distinctes ?

Nous avons déjà vu plusieurs déclarations d’Ellen White qui affirment qu’il y a « trois personnes » dans la divinité, et que le Saint-Esprit est une « personnalité distincte. » Comme ces déclarations à la fois précèdent et suivent chronologiquement l’écriture de cette lettre, on ne s'attend pas à découvrir une nouvelle compréhension de l’Esprit dans ce passage. En effet, nous trouvons dans Jésus-Christ le même langage de « représentation » utilisé dans cette lettre. Le paragraphe où apparaît cette phrase commence avec la déclaration : « Bien que notre Seigneur soit monté de la terre au ciel, le Saint-Esprit a été nommé comme son représentant parmi les hommes. »

Ellen White approfondit l’explication du sens de ses paroles : « le Saint-Esprit est lui-même » en ajoutant que « Christ se représenterait lui-même comme présent partout par son Saint-Esprit. »

Dans l’union mystérieuse qui existe entre les membres de la divinité, la présence du Saint-Esprit est synonyme de la présence personnelle de Jésus, et pourtant leurs identités distinctes sont préservées.

On trouve la même idée dans d’autres passages d’Ellen White, comme :

« Quand vous en arriverez au point où vous recevrez Christ comme Sauveur personnel, il se produira un changement marqué en vous ; vous serez converti, et le Seigneur Jésus par son Saint-Esprit ne vous abandonnera pas.15 »

et :

« Je rends témoignage à mes frères et sœurs que l’église du Christ, aussi faible et défectueuse qu’elle puisse être, est le seul objet sur terre auquel il accorde sa suprême considération. Alors qu’il étend au monde entier son invitation à venir à lui et à être sauvé, […] il vient personnellement par son Saint-Esprit au milieu de son église.16 »

Comment expliquer le changement de formulation dans Jésus-Christ ? Nous ne disposons que de la lettre de 1895, et pas de brouillons de travail pour le chapitre terminé, ce qui nous laisse avec la conclusion que ce qui a été publié en 1898 constitue la version prête pour la publication approuvée par l’auteur.17 Le langage adopté par Ellen White dans Jésus-Christ aide le lecteur à éviter une mauvaise interprétation qui peut survenir quand la phrase telle qu’elle était construite au départ est isolée du paragraphe entier et sortie de son contexte original.

Conclusion

En conclusion, nous ne pouvons pas aborder le sujet de la divinité sans reconnaître les limites de la conception et du langage humains. C’est une chose que d’examiner ce qu’un auteur inspiré a écrit, c’en est une autre que de dire que nous l’avons pleinement compris.

Notre intérêt dans cette présentation, toutefois, n’était pas le mystère de la divinité, mais l’honnêteté de certaines déclarations descriptives que l’on trouve dans les livres d’Ellen White. Nous avons vu que les manuscrits originaux, leurs transcriptions originales et/ou les premières éditions de ses œuvres publiées appuient les expressions trinitaires que l’on trouve aujourd’hui dans ses écrits.

Bibliographie

  1. 1. Par exemple, voir Rachel Cory-Kuehl, The Persons of God (Aggelia Publications, 1996), pages 159 à 188.
  2. 2. (consulté le 14/11/2005)
  3. 3. Cory-Kuehl, pages 187 et 177.
  4. 4. Pour Jésus-Christ, ce processus est décrit dans Arthur L. White, Ellen G. White : the Australian Years, 1891-1900 (Hagerstown, MD : Review and Herald, 1983), chapitre 32, et en détail dans Robert W. Olson, How The Desire of Ages Was Written (Washington, DC: Ellen G. White Estate, 1979), et Fred Veltman, Full Report of the Life of Christ Research Project (Life of Christ Research Project Committee, 1988).
  5. 5. Ellen White, Lettre 8, 1896.
  6. 6. Ellen White, Evangéliser, page 550, issu des Special Testimonies, Series B, n° 7, publié en 1906.
  7. 7. Ellen White, Seventh Day Adventist Bible Commentary, volume 6, page 1074, c’est nous qui soulignons.
  8. 8. Evangéliser, pages 551 et 552.
  9. 9. Cory-Kuehl, page 177.
  10. 10. Ellen White, Manuscrit 93, 1893, publié dans Manuscript Releases, volume 20, pages 323 à 325, c’est nous qui soulignons.
  11. 11. Ellen White, Manuscrit 27a, 1900, publié dans Seventh Day Adventist Bible Commentary, volume 6, page 1075, c’est nous qui soulignons.
  12. 12. Ellen White, Manuscrit 27a, 1900, page 7 Cette partie n’est pas publiée dans le Seventh Day Adventist Bible Commentary.
  13. 13. Ellen White, Lettre 119, 1895.
  14. 14. Publiée dans Manuscript Releases, volume 14, page 93.
  15. 15. Ellen White, Manuscrit 13, 1897, publié dans Mind, character and personality, volume 1, pages 124 et 125.
  16. 16. Ellen White, Lettre 2d, 1892, publiée dans Testimonies to Ministers, page 15.
  17. 17. Pour réfuter l’argument qui prétend que la version publiée ne reflète pas les enseignements d’Ellen White, nous avons un contre-argument : elle a laissé le texte inchangé durant les 17 années qui ont précédé sa mort, et le passage a été répété dans un article qu’elle a écrit pour les lectures de la Semaine de Prière publiée dans la Review and Herald, le 19 novembre 1908.