Les déclarations d'Ellen White sur les fêtes de fin d'année et les cadeaux de Noël

Voici Noël

« Voici Noël ! » Tel est le cri qui retentit à travers le monde de l'est à l'ouest et du nord au sud. Une période de joie générale, de grande liesse, à la fois pour les jeunes, les adultes et les personnes âgées. Mais qu'est-ce que Noël, cette fête qui soulève tant d'intérêt ? Pendant des siècles, on a fait grand cas de ce jour. Le monde incroyant, et les chrétiens en général, acceptent ce jour comme celui où le Christ est né. Quand le monde fête ce jour, il ne montre aucun honneur au Christ. Il refuse de le reconnaître comme son Sauveur, de l'honorer par une obéissance volontaire à Son service. Il montre sa préférence à ce jour, mais aucun à celui qui est fêté ce jour-là, Jésus-Christ.

Le 25 décembre est le jour présumé de la naissance de Jésus-Christ, et sa célébration, très populaire, est devenue générale. Cependant, il n'est pas sûr du tout que nous célébrions le vrai jour anniversaire de la naissance de notre Sauveur. L'histoire ne nous fournit aucune certitude à ce sujet. La Bible n'indique pas non plus sa date exacte. Si le Seigneur avait estimé que cette précision était essentielle à notre salut, il nous l'aurait donnée par l'intermédiaire de ses prophètes et de ses apôtres. Or, le silence des Ecritures sur ce point prouve que cette date ne nous a pas été révélée, et cela, pour de bonnes raisons.

Dans sa sagesse, le Seigneur a tenu secret l'endroit où Moïse fut inhumé. C'est Dieu qui l'ensevelit, c'est lui qui le ressuscita et le fit monter au ciel. En gardant ce secret, la Providence coupa court à d'éventuelles manifestations d'idolâtrie. Celui contre qui les Israélites se révoltèrent alors qu'il se dévouait en leur faveur celui qu'ils ne cessèrent de pousser à la limite de la résistance humaine, allait être honoré presque à l'égal de Dieu dès que la mort l'aurait séparé d'eux. C'est pour la même raison que Dieu n'a pas révélé la date exacte de la naissance du Christ. Ce jour ne devait pas ravir la gloire qui est due normalement au Christ, le Rédempteur du monde le seul que nous devrions accueillir, en qui nous devrions croire, le seul capable de sauver pleinement tous ceux qui l'invoquèrent. Nos âmes devraient l'adorer comme le Fils du Dieu éternel.

Une occasion de glorifier Dieu

Il n'existe aucune sainteté divine reposant sur le vingt-cinq décembre, et Dieu ne se réjouit pas que quoique ce soit ayant trait au salut des hommes par le sacrifice infini consenti pour eux soit tristement perverti de son dessein voulu. Le Christ devrait être le suprême objet de nos aspirations ; mais, d'après la manière dont Noël est célébré, la gloire qui lui appartient est reportée sur l'homme mortel, dont la nature pécheresse et le caractère imparfait nécessitèrent la venue du Sauveur ici-bas.

Jésus, la Majesté du ciel, le Roi des cieux, abandonna sa royauté, son trône de gloire, sa souveraineté, et vint dans ce monde pour apporter son aide divine à l'homme déchu, corrompu par le péché, affaibli dans ses facultés morales. Il a couvert sa divinité de son humanité, afin d'atteindre les profondeurs mêmes de la misère et du malheur humains, afin d'élever l'homme déchu. En prenant sur lui la nature de l'homme, Il a élevé l'humanité dans l'échelle de la valeur morale avec Dieu. Ces thèmes magnifiques sont presque trop hauts, trop profonds, trop infinis, pour que des esprits finis les comprennent.

Voilà ce que les parents devraient rappeler à leurs enfants : ils devraient les instruire, « règle sur règle, précepte sur précepte » (Esaïe 28:10, Colombe), au sujet de leurs devoirs envers Dieu, et non sur leurs prétendues obligations de s'honorer et de se flatter mutuellement par des cadeaux. Il serait bon que les enfants apprennent que Jésus est le Rédempteur du monde, qu'Il soit le sujet de leurs pensées, de leurs efforts minutieux, que Son oeuvre est le thème essentiel qui devrait retenir leur attention, et que c'est à Lui qu'il serait bon d'apporter leurs dons et leurs offrandes. C'est ainsi qu'ont agi les bergers et les mages.

Une fête qui ne doit pas être méconnue des enfants

Puisque le 25 décembre est célébré pour commémorer la naissance du Christ, et que l'on a appris et montré aux enfants que c'est un jour de bonheur et de joie, il vous sera difficile de laisser passer cette période de fête sans lui accorder la moindre attention. On peut d'ailleurs profiter de cette occasion pour faire réellement du bien.

Il faut agir avec beaucoup de doigté à l'égard des jeunes. Le jour de Noël, il ne faudrait pas les laisser chercher leurs distractions dans des futilités et des amusements nuisibles à leur vie spirituelle. Les parents peuvent résoudre ce problème en dirigeant les pensées de leurs enfants vers Dieu à qui ils devraient apporter leurs offrandes pour sa cause et pour le salut des âmes.

Au lieu d'être réfrénée et arbitrairement réprimée, l'envie de se distraire devrait être contrôlée et orientée par les parents grâce à un effort continu. Le désir d'offrir des cadeaux peut devenir un moyen pur et saint de faire du bien à nos semblables sous forme d'offrandes en faveur de l'oeuvre immense et solennelle du salut pour laquelle le Christ est venu dans ce monde. Toute son action fut marquée par le renoncement et le sacrifice. Que ces qualités nous caractérisent également, nous qui prétendons aimer Jésus parce qu'en lui est notre espérance de la vie éternelle.

Remplacer des amusements frivoles par des plaisirs innocents

Un jeune ne peut pas être aussi paisible et sérieux qu'une personne d'âge mûr, ni l'enfant aussi mesuré que son père. Tandis que des amusements frivoles devraient être condamnés comme ils devraient l'être par leurs parents, que ceux-ci ainsi que les enseignants et les tuteurs de jeunes leur procurent à la place des plaisirs innocents qui ne corrompront ni ne souilleront leur sens moral. Ne contraignez pas le jeune à des règles et astreintes rigides qui les amèneront à se sentir oppressés, à enfreindre ces règles, et à se précipiter sur les chemins de la folie et de la destruction. D'une manière ferme, pleine de bonté et d'attention, maintenez ces règles, guidant et conduisant leurs esprits et leurs objectifs, mais si gentiment, si sagement et avec tellement d'amour, que le jeune saura toujours que c'est parce que vous voulez le meilleur pour eux.

Tant de parents se lamentent du fait que leurs enfants ne restent pas à la maison, qu'ils n'y ont aucun attrait. Très tôt les enfants souhaitent la compagnie d'inconnus, et dès qu'ils sont en âge, ils s'éloignent de ce qui leur apparaît comme un esclavage et une contrainte déraisonnable, ne tenant compte ni des prières de leur mère pour eux ou des conseils de leur père. Un examen de la situation montre qu'en général, le péché se tient à la porte des parents. Ils n'ont pas fait de leur foyer ce que celui-ci devait être : un lieu accueillant, charmant, inondé de la chaleur de mots remplis de bonté, d'apparence agréable, et vibrant d'un amour véritable.

Le secret pour sauver vos enfants réside dans le fait de rendre votre foyer agréable et charmant. La complaisance des parents ne liera pas les enfants à Dieu ni à leur foyer, mais c'est par une influence ferme et pieuse à exercer et éduquer correctement l'état d'esprit que beaucoup d'enfants seront sauvés de la destruction.

Le sapin de Noël

Que les parents ne se mettent pas dans l'idée que placer un arbre dans l'église pour la joie des membres de l'Ecole du Sabbat constitue un péché, car il peut apporter une grande bénédiction. Mais il convient d'en souligner le but charitable. Des réunions de ce genre ne devraient en aucun cas être organisées à seule fin de distraire les participants. Tandis que plusieurs profiteront peut-être de ces occasions pour s'amuser sans retenue, se privant ainsi de l'influence divine, pour d'autres, elles seront une source de grandes bénédictions. Je suis pleinement convaincue que l'on peut remplacer nombre de réunions nullement édifiantes par d'innocentes récréations.

Voici Noël. Puissiez-vous tous avoir la sagesse qu'il convient pour en faire un moment précieux. Que les membres d'église plus âgés se rassemblent, de coeur et d'âme, avec leurs enfants dans leurs jeux innocents, en imaginant toutes sortes de moyens pour montrer un vrai respect envers Jésus en lui apportant leurs dons et leurs offrandes. Que tous se souviennent des paroles de Dieu. Sa cause ne pourra pas avancer sans votre aide. Que les dons que vous vous accordez les uns aux autres d'habitude soient déposés dans la maison du trésor du Seigneur. (…) Dans toutes les églises, que les offrandes les plus minimes soient mises sur votre sapin de Noël. Que ce précieux symbole vert suggère l'oeuvre sainte et de la bienfaisance de Dieu envers nous, et que l'oeuvre d'un coeur aimant soit de sauver les autres âmes qui se trouvent dans l'obscurité. Que vos oeuvres soient en accord avec votre foi. (…)

Chaque arbre dans le jardin de Satan porte des fruits de vanité, d'orgueil, d'auto-importance, de désirs mauvais, de gaspillage. Ce sont tous des fruits empoisonnés, mais très gratifiants pour le coeur charnel. Que les nombreuses églises présentent à Dieu des sapins de Noël dans chaque église, et qu'ils soient décorés des fruits de bienfaisance et de gratitude, des offrandes venant de coeurs et de mains volontaires, des fruits que Dieu acceptera comme l'expression de notre foi et de notre grand amour pour Lui, pour le don de Son fils, Jésus Christ. Que ce sapin soit porteur de fruits, riches, purs, saints, acceptables devant Dieu. Ne devrions-nous pas avoir un tel sapin, que le Ciel peut approuver ?

Les cadeaux de Noël

Des milliers de dollars [en 1884] sont dépensés chaque année dans des dons les uns aux autres, des moyens perdus pour Dieu, perdus pour sa cause. Ces dons flattent la vanité, ils encouragent l'orgueil, et créent toutes sortes d'insatisfactions, de murmures, de plaintes, peut-être parce que les dons ne sont pas ceux que l'on attendait, pas d'une aussi grande valeur que l'on voulait ou à laquelle on s'attendait. (…)

L'homme a abandonné Dieu dans presque tous les domaines, dirigeant son attention vers lui-même. Il a quitté la source pure des eaux vives qui coulent du trône de Dieu et s'est fabriqué des citernes percées qui ne peuvent contenir de l'eau. Dieu a donné à l'homme une mise à l'épreuve pour qu'il soit prêt pour le ciel. Il devait lever les yeux vers Dieu, qui devait être l'objet d'adoration de son âme, mais le talent, les compétences, et des facultés inventives sont tous utilisés pour que ce soit le moi qui soit l'objet suprême de son attention. L'homme a détourné son regard de Dieu, pour le poser sur ce qui est fini, terrestre et corruptible.

Satan est présent dans cette oeuvre pour faire sortir Dieu de l'esprit des humains, pour lui opposer le monde et le moi afin que l'oeil ne soit pas seul à la gloire de Dieu. Satan captive et séduit l'esprit. Sa sagesse infernale s'exerce sans cesse pour modeler et façonner les esprits, pour que Dieu soit le dernier objet de dévotion et le moindre.

Aller à contre-courant vers le ciel

Les divertissements multiples de la société ont causé la perte de milliers de personnes qui auraient pu être des serviteurs du Dieu vivant, s'il n'y avait eu ces procédés de Satan. On voit partout des caractères brisés, qui ont été détruits par des plaisirs dorés de la mode, pourtant l'oeuvre avance. Des milliers d'autres courent à leur perte s'ils n'ouvrent pas leurs yeux et ne se rendent pas compte du fait que, bien qu'ils se proclament chrétiens, ils aiment plus les plaisirs qu'ils n'aiment Dieu. (…)

Maintenant, mes frères, faisons des efforts particuliers à Noël pour venir devant le Seigneur avec des dons et des offrandes de reconnaissance pour le don de Jésus-Christ en rédempteur du monde. Que rien ne soit dépensé inutilement, mais que chaque centime qui peut être économisé soit donné aux échangeurs. Satan sait très bien s'y prendre pour s'approprier ces occasions. Désormais allons à contre-courant non plus vers la terre mais vers le ciel. Montrons par nos offrandes que nous sommes reconnaissants du sacrifice et du déni de soi du Christ pour nous. Puissions-nous rappeler Dieu à chaque enfant et parent, et que les offrandes, petites et grandes, soient amenées à la maison de Dieu.

Vous qui avez des moyens, qui aviez l'habitude de faire des dons à vos proches et vos amis jusqu'à ce que vous ne sachiez plus quoi inventer qui soit nouveau et intéressant pour eux, cherchez à mettre à l'épreuve votre ingéniosité, autant que votre influence, et voyez les moyens que vous pouvez rassembler pour faire avancer l'oeuvre du Seigneur. Que vos compétences et vos aptitudes soient employées pour faire du Noël à venir une fête d'un très grand intérêt, rendant vos hommages au Dieu du ciel par des offrandes volontaires et de reconnaissance. Ne suivez plus les habitudes du monde. Arrêtez-vous là, et voyez si des milliers de dollars n'afflueront pas en ce Noël, dans le trésor divin, et que la maison de Dieu ne soit pas vide.

Vous ne serez peut-être pas récompensé sur terre, mais vous le serez dans votre vie à venir, et abondamment. Que ceux qui ont depuis longtemps fait des projets pour eux-mêmes commencent maintenant à en faire pour la cause de Dieu, et votre sagesse grandira certainement. Que la conscience soit éclairée, que l'amour de la vérité et du Christ prenne la place des pensées idolâtres et de l'égoïsme.

Ne vous lèverez-vous pas, mes frères et soeurs en Christ, et ne vous préparerez-vous pas à votre devoir dans la crainte de Dieu, en résolvant cette question afin qu'elle ne soit pas inintéressante, mais remplie de la joie innocente qui porte le sceau céleste ? Je sais que les classes les plus pauvres répondront favorablement à ces suggestions. Il serait bon que les plus aisés montrent également de l'intérêt, qu'ils accordent leurs dons et leurs offrandes en proportion aux moyens que Dieu leur a confiés. Qu'il soit écrit dans les livres célestes qu'on n'ait encore jamais vu de Noël comme celui-ci auparavant, en raison des dons qui seront faits pour soutenir l'oeuvre de Dieu et la construction de Son royaume. – Review and Herald du 9 décembre 1884 (on peut en trouver des extraits dans Le foyer chrétien, aux pages 463 à 468).

Les échanges de cadeaux

La période des fêtes approche avec ses échanges de cadeaux, et jeunes et vieux s'interrogent sur ce qu'ils pourront offrir à leurs amis comme témoignage de leur attachement. Il est agréable de recevoir, de la part de ceux qui nous aiment, un cadeau, si modeste soit-il. Il est la preuve qu'on ne nous oublie pas et il contribue à resserrer les liens qui nous unissent à eux.

Frères et soeurs, alors que vous discutez des cadeaux que vous pensez vous offrir les uns aux autres, je vous demande de vous souvenir de votre Ami céleste, de peur que vous ne finissiez par négliger ce qui lui revient. N'éprouvera-t-il pas de la joie si nous lui montrons que nous ne l'avons pas oublié ? Jésus, le Prince de la vie, a tout donné pour mettre le salut à notre portée. (…) Il a souffert jusqu'à la mort, pour que nous accédions à la vie éternelle.

C'est par Jésus-Christ que chaque bénédiction nous est accordée. (…) Notre divin Bienfaiteur ne recevra-t-il pas une partie de nos témoignages de gratitude et d'amour ? Venez, frères et soeurs, venez avec vos enfants, même avec vos bébés dans vos bras, et apportez vos offrandes à Dieu selon vos possibilités. Que votre coeur chante pour lui et que vos lèvres le louent ! Réjouissons-nous de ce que le Seigneur vive et intercède pour nous en présence de Jéhovah. En tant que peuple, nous nous sommes éloignés de Dieu. Retournons à Lui et Il reviendra vers nous, pour nous guérir de notre éloignement. Avec la venue de Noël et de la Saint-Sylvestre, puissions-nous non seulement faire une offrande à Dieu de nos moyens, mais aussi nous présenter nous-mêmes sans réserve à Lui, en sacrifice vivant. (…)

Bien que j'encourage tout un chacun à son devoir d'apporter d'abord ses offrandes à Dieu, je ne condamnerais pas totalement l'usage de faire des cadeaux à des amis pour Noël et le Nouvel An. Il est bon d'échanger des marques d'affection, à condition de ne pas oublier Dieu, notre meilleur Ami. Nous devrions choisir des cadeaux susceptibles de procurer un bien réel au bénéficiaire. Je recommanderais, par exemple, des livres qui favorisent la compréhension de la Parole de Dieu ou contribuent à nous faire aimer davantage ses enseignements. Offrez des ouvrages que l'on pourra lire au cours des longues soirées d'hiver. (…)

Il nous faut penser davantage à Dieu et moins à nous-mêmes. Si nous pensions à Lui aussi souvent que nous avons eu la certitude qu'Il prend soin de nous, nous le garderions toujours dans nos pensées, nous nous réjouirions de parler de Lui et de Le louer. Nous discutons de choses temporelles parce que nous leur trouvons de l'intérêt.

Nous parlons de nos amis parce que nous les aimons, de nos joies et de nos peines parce qu'elles leur sont liées. Cependant nous avons une raison infiniment plus grande d'aimer Dieu plus que nos amis terrestres, nous recevons plus de Lui que d'aucun autre ami. Il serait donc des plus naturels que Dieu se trouve en premier dans nos pensées, que nous parlions de Sa bonté et de Sa puissance, et que nous répondions à Son amour par nos dons et offrandes consentis librement pour sa cause. Review and Herald, 26 décembre 1882.

Se détourner du véritable but

Nos enfants ont appris à attendre des cadeaux de la part de leurs parents et de leurs amis pour Noël, qui est fêté pour commémorer la naissance du Christ. Si nous fêtons cet événement seulement pour chercher à faire plaisir à nos enfants et à autrui, nos offrandes se détourneront de leur vrai but. C'est à Dieu que nous devrions apporter nos offrandes de remerciements, déposant nos cadeaux aux pieds de Celui qui a ouvert les trésors du ciel pour nous.

L'ennemi a pour projet que les esprits et les coeurs des hommes se détournent de Dieu et de sa cause, pour se louer et s'honorer les uns les autres. Dieu a été mis de côté dans cette question et même carrément déshonoré. On a fait de Noël un jour pour festoyer, pour s'adonner à la gourmandise et à la complaisance égoïste.

Que chaque famille réfléchisse à cette question dans ses comportements. Que les parents la présentent dans toute sa magnifique signification à leurs enfants et amis, et disent : « Cette année nous ne dépenserons pas notre argent dans des cadeaux pour nous-mêmes, mais nous honorerons et glorifierons Dieu. Nous témoignerons de notre gratitude envers Lui qui a donné son Fils pour qu'Il meurt en sacrifice afin que nous recevions le don de la vie éternelle. » Montrons que nous sommes reconnaissants de ce don, et répondons-y pour autant que cela nous soit possible par des offrandes de remerciements. Célébrons Noël en nous souvenant de Dieu plutôt que de nos amis et de nos proches par des dons dont ils n'ont pas besoin.

La récompense du déni de soi

Dieu ne reconnaîtra-t-Il pas les offrandes ainsi apportées ? Ne bénira-t-Il pas les petits qui ont amené quelque offrande bien à eux à leur Maître ? Bien sûr qu'Il le fera ! N'est-ce pas ainsi une des plus précieuses opportunités d'enseigner à vos enfants l'oeuvre du déni de soi pour Jésus ? Parlez aux enfants du grand champ missionnaire, de l'amour du Christ, du grand sacrifice offert parce qu'Il nous aimait tant qu'Il nous voulait avec Lui dans son royaume. Il est venu dans notre monde pour le bénir de Sa divine présence, pour amener la paix, la lumière et la joie. Mais le monde ne l'a pas reçu et a mis à mort le Prince de la Vie. Sa mort a eu lieu pour apporter les trésors du ciel à la portée de tous ceux qui croiraient en Jésus.

Que vos enfants comprennent pleinement ce sujet merveilleux, et tandis que leurs jeunes coeurs grandissent dans l'amour pour Dieu, laissez-les présenter leurs petites offrandes, afin qu'ils puissent prendre leur part dans l'envoi de la lumière précieuse de la vérité à leur prochain. Ainsi les enfants deviendront peut-être des petits missionnaires pour le Maître. Leurs petites offrandes, venant dans le trésor comme de petits ruisseaux, feront grossir le courant jusqu'à ce qu'il devienne un fleuve qui rafraîchira de nombreuses âmes ayant soif de la vérité de Dieu. Même ces enfants pourront voir des âmes sauvées dans le royaume de Dieu en conséquence de leur déni d'eux-mêmes. Review and Herald Extra, 11 décembre 1888.

Les vacances

Nous approchons rapidement de la période des vacances de fin d'années, et des âmes consciencieuses se demandent maintenant quelle est l'attitude à adopter qui plairait à Dieu. De par le monde, on passe les jours de fête dans la frivolité, les folles dépenses, la parade et les excès de table. C'est une coutume répandue que de s'offrir et de recevoir des cadeaux à cette occasion. Ce n'est pas un petit fardeau que de savoir comment distribuer ces cadeaux à des amis afin que personne ne se sente blessé. C'est un fait que l'envie et la jalousie sont souvent générées de par cette habitude d'offrir des cadeaux.

Pour Noël et le Nouvel An, on gaspillera des milliers de dollars afin de satisfaire des désirs superflus. En ce qui nous concerne, nous devrions nous faire un point d'honneur de rompre avec les us et coutumes de cette génération perverse. Au lieu de dépenser notre argent uniquement dans la satisfaction de nos appétits, dans des bibelots inutiles ou encore dans la mode, nous pourrons, au cours des prochaines fêtes, trouver des occasions d'honorer et de glorifier Dieu.

Nous conseillons à tous nos frères et soeurs d'opter pour une réforme nette ayant trait à ces journées de fête. Ceux qui sont reconnaissants du don de Dieu en son cher Fils pour les sauver de la destruction ont là une occasion favorable de donner des preuves tangibles de leur gratitude en rendant à Dieu des offrandes de remerciements. Que les dames jeunes et plus âgées mettent de côté leurs oboles comme des offrandes sacrées à Dieu. Si nous donnions à la cause de notre Rédempteur ne serait-ce que la moitié de ce que nous offrons à nos amis, nous ferions tellement de bien et nous recevrions une bénédiction pour ce don.

Suivre l'exemple du Christ

Cherchons à représenter fidèlement le Christ dans les jours de fête qui viennent, en imitant son exemple quand Il faisait du bien. Il est impossible d'apprécier l'approbation divine si on vit pour soi-même. En tant que chrétiens professant une foi vivante dans le proche retour du Fils de l'homme, gardant tous les commandements de Dieu, faisons des efforts sincères pour nous rapprocher de Dieu par Jésus-Christ et pour faire alliance avec Lui par le sacrifice. Le Christ est venu dans notre monde pour élever les esprits des hommes au niveau divin, et pour les amener en sympathie avec Dieu.

Alors que chaque bénédiction dont nous jouissons nous est amenée par la bonté, l'humiliation et le sacrifice de Jésus-Christ, nous devrions Lui rendre nos dons les meilleurs par-dessus tout sans nous retenir. Le sacrifice infini que le Christ a consenti pour nous libérer de la culpabilité et de la malédiction du péché devrait faire son oeuvre dans chaque coeur pour créer un esprit de reconnaissance et de déni de soi qui n'est pas manifesté par le monde. Le don de Dieu en Jésus pour l'homme a rempli tout le ciel d'émerveillement et a inspiré à sa naissance le chant angélique « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et, sur la terre, paix parmi les humains en qui il prend plaisir ! ».

La fête de Noël, qui nous rappelle précieusement le sacrifice consenti en faveur de l'homme, ne devrait pas être consacrée à la gourmandise et à l'auto-complaisance, exaltant ainsi la créature au-dessus du Créateur. Montrons, nous qui sommes participants de ce grand salut, que nous sommes reconnaissants de ce don en donnant à Dieu nos offrandes de remerciements. Si nous sommes moins complaisants dans le festoiement et l'hilarité à ces occasions, et qu'à la place nous en faisons des moyens dont l'humanité bénéficiera, nous correspondrons plus à l'état d'esprit de Dieu. C'est un plaisir et une gratification que d'échanger des cadeaux avec nos amis, mais existe-t-il des buts plus nobles et plus glorieux pour lesquels nous pouvons donner de nos moyens, et ainsi faire le bien en répandant la lumière sur le chemin de notre prochain ?

Quelques propositions de cadeaux

Bien des personnes ne possèdent pas de livres ou de publications traitant de la vérité présente. C'est un vaste domaine où l'on peut investir des fonds en toute sécurité. Il existe beaucoup d'enfants à qui l'on devrait procurer de la lecture. Voici des titres de livres de grande valeur, qui peuvent sans danger être introduits dans chaque famille : The Sunshine Series, Golden Grains Series, Poem, Sabbath Readings, etc. Les petites sommes gaspillées pour acheter des bonbons ou des jouets inutiles peuvent être économisées pour acquérir ces livres.

Les enfants ont besoin d'une lecture convenable, qui leur permette de se divertir et de faire une pause, et non pas de leur faire perdre courage ou de les fatiguer. Si on leur apprend à aimer les romans et les histoires dans les magazines, ils n'auront alors aucun goût pour les livres et les journaux instructifs. La plupart des enfants et des jeunes auront de quoi lire, et si on ne sélectionne pas leurs lectures, c'est eux qui le feront. Ils peuvent trouver toutes sortes de lecture un peu partout, et très vite ils vont apprendre à les aimer. Cependant, si on leur donne de la lecture pure et bonne, ils cultiveront leurs goûts dans ce sens.

Il serait bien de faire des efforts pour exclure de nos foyers le genre de littérature qui n'aura pas d'influence bénéfique sur nos enfants. Souvent j'ai été attristée de découvrir sur des tables ou dans les bibliothèques de sabbatistes, des journaux et des livres pleins de romance, que leurs enfants lisent avidement.

Il est des personnes qui affirment être des frères en Christ et qui ne prennent pas nos publications comme la Revue adventiste ou Signes des Temps, mais qui en achètent une ou plusieurs séculières. Leurs enfants s'intéressent beaucoup aux fictions et histoires d'amour qu'ils peuvent y lire, et que leur père peut se permettre d'acheter, alors qu'il prétend ne pas pouvoir le faire pour nos journaux et nos publications sur la vérité de Jésus. Les parents éduquent ainsi leurs enfants à aimer la lecture avide d'histoires sensationnelles et mielleuses qu'on trouve dans les colonnes de ces journaux. Une telle lecture est nocive : elle entache l'âme et encourage l'amour de lectures bon marché qui altèrent la moralité et dégradent les pensées.

Il serait bon que les parents préservent leurs enfants, qu'ils leur enseignent à entretenir une imagination pure et à fuir, comme un lépreux le ferait, les images malades d'amour proposées dans les journaux. Puisse-t-on trouver des publications ayant trait aux questions morales et religieuses sur vos tables et dans vos bibliothèques, afin que vous enfants puissent développer le goût des lectures de haut niveau. Ceux qui désirent offrir des cadeaux de valeur à leurs enfants, petits-enfants, neveux et nièces peuvent se procurer les livres pour enfants mentionnés plus haut. Pour les jeunes, Life of Joseph Bates est très indiqué, de même que les trois volumes de The Spirit of Prophecy. Ces ouvrages devraient se trouver dans chaque foyer. Dieu fait resplendir du ciel sa lumière, et aucune famille ne devrait en être privée. Que les cadeaux que vous offrez soient de nature à éclairer le sentier qui mène vers le ciel.

Des offrandes consacrées à Dieu

Anciennement les enfants d'Israël avaient reçu le commandement d'observer trois fêtes annuelles chaque année : la Pâque, la Fête des Huttes et la Fête des Semaines. Lors de ces événements, le Seigneur a ordonné que leurs dons et offrandes Lui soient consacrés, et que personne ne vienne les mains vides devant Lui. Aujourd'hui c'est devenu une mode d'observer ces événements festifs d'une manière qui détourne les pensées loin de Dieu, au lieu de rendre gloire à Son nom. Il serait bon que ceux que Dieu a bénis par la prospérité reconnaissent Celui qui a pourvu, qu'ils comprennent que là où on a beaucoup donné, on attend beaucoup.

Nos fêtes ont été détournées de leur but premier. On dépense sans compter pour s'offrir des cadeaux et la louange qui devrait revenir à Dieu, auquel tout cela appartient, est finalement tournée vers de pauvres mortels.

Afin de recevoir les étudiants d'université, les patients du sanatorium, les employés du Bureau ainsi que le nombre croissant régulièrement d'adorateurs en provenance de l'étranger, la construction de ce vaste lieu de culte était une obligation positive. De grandes responsabilités reposent sur les épaules des gens de Battle Creek, ainsi que sur ceux qui devraient être touchés pour entretenir ces lieux au coeur même de notre oeuvre. Il n'existe pas dans ce monde un champ de bataille pour la vérité et la réforme comme celui-ci, qui est l'objet d'enjeux immenses. L'école du sabbat et l'université offrent une éducation à la jeunesse, et orientent la future destinée des âmes. On trouve ici la nécessité constante de concevoir des moyens pour faire avancer la vérité et pour convertir les âmes. Notre peuple n'est qu'à moitié conscient des exigences de notre époque. La voix de la Providence appelle tous ceux qui ont l'amour de Dieu dans leur coeur à comprendre cette grande urgence. Il n'y a jamais eu de temps plus critique que maintenant, ni une époque où plus d'énergie et un esprit de sacrifice ont été exigés de la part du peuple gardant les commandements de Dieu.

Le sapin de Noël

Nous approchons de la fin d'une autre année, ne devrions-nous pas faire de ces jours de fête l'occasion d'apporter nos offrandes à Dieu ? Je ne peux pas dire sacrifices, car nous ne ferions que rendre à Dieu ce qui Lui appartient déjà, et qu'Il nous a confié jusqu'à ce qu'Il les rappelle. Nous serions agréables à Dieu si, à Noël, chaque église dressait un arbre aux branches duquel nous accrocherions des offrandes, grandes et petites, en faveur de nos lieux de culte. Des lettres nous sont parvenues où l'on nous posait ces questions : pouvons-nous avoir un arbre de Noël ? N'est-ce pas se conformer au monde ? Nous répondons : en préparant un arbre de Noël, vous pouvez vous conformer au monde si vous y êtes enclin ; mais vous pouvez tout aussi bien l'arranger d'une manière très différente de celle du monde. Il n'y a aucun mal à choisir un joli sapin pour le dresser dans nos églises ; s'il y a péché, ce serait plutôt dans les mobiles qui nous font agir et dans les cadeaux placés sur l'arbre.

Celui-ci peut être aussi haut et ses branches aussi larges qu'il conviendra pour la circonstance ; mais que ses rameaux soient chargés des fruits étincelants de votre générosité et présentés à Dieu comme votre offrande de Noël ! Et que vos dons puissent être sanctifiés par la prière ! Que les fruits sur cet arbre consacré puissent être appliqués à régler les dettes de nos lieux de culte à Battle Creek et Oakland.

Un mot aux sages suffit. - Review and Herald, du 1er décembre 1879 (extraits tirés de Le foyer chrétien, pages 465 à 467)

Un arbre pour le Nouvel An

Au terme de mon long séjour dans l'est, je suis arrivée à temps chez moi pour passer la veille du Nouvel An à Healdsburg. Le hall de l'université avait été préparé pour un rassemblement de l'Ecole du Sabbat. Des guirlandes de cyprès, des feuilles d'automne, des résineux, ainsi que des fleurs y étaient disposés avec goût. Une large ceinture de résineux avait été accrochée à l'embrasure de la porte voûtée de l'entrée de la salle. L'arbre était recouvert de dons, qui sous peu seraient utilisés pour le bien des nécessiteux et pour aider à l'achat d'une cloche. Hormis dans quelques cas, les noms des donateurs n'étaient pas donnés en décrochant ces cadeaux, mais on y lisait plutôt des versets bibliques appropriés. A cela, rien ne fut dit ou fait qui ait été un poids sur la conscience de qui que ce soit.

On m'a dit : « Soeur White, que pensez-vous de cela ? Est-ce en accord avec notre foi ? » J'ai alors répondu : « Ca l'est avec ma foi. » A Healdsburg, San Francisco et Oakland, il y a de quoi attirer nos enfants, et on dépense chaque année de grosses sommes d'argent aux fêtes de Noël et du Nouvel An en cadeaux pour nos amis. Ces dons ne sont en général pas de nature à satisfaire, car la plupart reçoivent des cadeaux dont ils n'ont pas besoin, et auraient préféré autre chose. D'autres reçoivent ce cadeau-là de plusieurs personnes différentes, tandis que d'autres ne reçoivent rien du tout.

Des fêtes de fin d'année avantageuses

Nous avons sincèrement tenté de rendre ces vacances les plus avantageuses possibles pour les jeunes et les enfants, tout en apportant une évolution. Notre objectif consistait à les maintenir à distance des spectacles de divertissement parmi les non-croyants. Au lieu de suivre une coutume égoïste et d'offrir des cadeaux à des personnes en s'attendant à ce qu'elles fassent de même, apportons nos offrandes au Seigneur. Ce projet s'est révélé un succès dans beaucoup de nos églises, et ce fut une réussite cette fois, puisque les dons s'élevaient à 138 dollars [de l'époque]. C'est ainsi que la nouvelle année a commencé avec des offrandes à Celui qui nous accorde toutes nos bénédictions et nos faveurs.

Je me suis dit que si nous éloignons nos enfants des plaisirs mondains qui ont tendance à corrompre et à induire en erreur, nous devions leur donner un divertissement innocent qui les amènerait dans des chemins agréables où ils ne sont pas en danger. Aucun enfant de Dieu ne doit avoir une expérience triste ou lugubre. Les exigences et les promesses divines montrent qu'il ne doit pas en être ainsi. Les voies de la sagesse sont des « voies du bonheur, et toutes ses voies sont dans la paix ». Les plaisirs mondains font tourner la tête, et pour un bref moment de plaisir, beaucoup sacrifient l'amitié du ciel, avec la paix, l'amour et la joie qu'elle procure. Ces objets de réjouissances perdent souvent leur attrait, leur intérêt, et la satisfaction qu'ils procuraient.

Les charmes de la vie chrétienne

Nous voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour gagner des âmes en leur présentant les charmes de la vie chrétienne. Notre Dieu est un amoureux du beau. C'est peut-être Lui qui a vêtu la terre de marron et de gris, les arbres d'une parure de deuil au lieu de leur feuillage d'un vert chatoyant, mais Il veut que ses enfants soient heureux. Chaque feuille, chaque bourgeon qui s'ouvre et chaque fleur en train de s'épanouir est un témoignage de son tendre amour. C'est ce magnifique amour exprimé dans la création que nous sommes invités à représenter auprès d'autrui.

Dieu aimerait que chaque foyer et chaque église exercent une influence victorieuse pour détourner les enfants des plaisirs charmeurs du monde et des relations avec ceux dont l'emprise aurait tendance à corrompre. Etudiez afin de gagner la jeunesse à Christ. Marquez les esprits de la miséricorde et la bonté de Dieu qui leur permet, aussi pécheurs soient-ils, de jouir des avantages, de la gloire et de l'honneur d'être les fils et les filles du Très-Haut. Quelle pensée remarquable, quelle bonté sans précédent, quel amour merveilleux, que des hommes finis puissent s'allier au Tout-Puissant ! « Car il leur a donné le pouvoir de devenir des fils de Dieu, même à ceux qui croient en son nom. » « Bien-aimés, nous sommes maintenant des fils de Dieu. » Quel honneur mondain peut se comparer à cela ?

Présentons la vie chrétienne telle qu'elle est en réalité et rendons ce chemin réjouissant, engageant et intéressant. Nous pouvons le faire si nous le voulons. Nous pouvons nourrir notre esprit d'images vives des choses spirituelles et éternelles. Ainsi nous pourrons contribuer à la rendre réelle pour d'autres. La foi voit Jésus, notre Médiateur, debout à la droite de Dieu. La foi voit les maisons qu'Il est parti préparer pour ceux qui L'aiment. La foi voit la tunique et la couronne préparées pour le vainqueur. La foi entend les cantiques des rachetés et fait se rapprocher les gloires éternelles. Rapprochons-nous de Jésus dans une obéissance d'amour si nous voulons voir le Roi dans sa beauté. Review and Herald, 29 janvier 1884.

White Estate
Septembre 1962
Révisé en décembre 1989
Silver Spring, Maryland