Compilations – ce qu'elles sont et ce qu'elles ne sont pas

Norma J. Collins

Le testament d'Ellen White a établi un Conseil de Gestion qui devait administrer son patrimoine et produire des compilations d'après ses manuscrits. En accord avec cette responsabilité, les mandataires ont sorti plus de soixante compilations depuis sa mort en 1915.

Ces compilations sont-elles vraiment des livres d'Ellen White ? Doit-on considérer seulement les livres publiés de son vivant comme d'authentiques livres d'Ellen White ? Les compilations d'aujourd'hui représentent-elles fidèlement ses conseils inspirés ? Peut-on s'y fier ?

Qu'est-ce qu'une compilation ?

Qu'est-ce qu'une compilation ? Le Larousse définit le verbe "compiler" comme suit : « réunir des morceaux d'œuvres littéraires ou musicales pour en tirer un ouvrage, un disque, etc. »

Le livre La tragédie des siècles est le parfait exemple de compilation produite du vivant d'Ellen White. Ellen White a écrit le tout premier livre sur le grand conflit entre le Christ et Satan, comptant 219 pages, après une vision reçue lors d'un enterrement à Lovett's Grove, dans l'Ohio, le 14 mars 1858. Le diable la frappa de paralysie pour l'empêcher de mettre la vision par écrit, mais elle décida de s'y tenir, et elle y travailla un petit peu chaque fois qu'elle le pouvait jusqu'à ce que ses forces fussent restaurées, que sa paralysie disparût, et que le livre fût terminé. Il s'agissait du livre Spiritual gifts, volume 1.

Après la publication du volume 2 en 1860, qui était principalement une ébauche biographique, elle écrivit 21 chapitres sur l'histoire de l'Ancien Testament depuis la création jusqu'à l'Exode et la remise des tables de la Loi au Sinaï. Ces textes furent publiés dans le volume 3. Elle écrivit également 16 chapitres sur les Israélites depuis le Sinaï jusqu'à David et Salomon. Ces chapitres, avec un article sur la santé ainsi qu'une réimpression des Testimonies 1 à 10, constituèrent le volume 4 de Spiritual gifts. Les quatre livres – qui sont clairement des compilations – ont été imprimés en 1864.

Ensuite vinrent quatre volumes plus importants sous le titre de Spirit of prophecy, traitant du même sujet (disponibles en réimpression facsimilé). Ils furent imprimés en 1870, 1877, 1878, et 1884. À mesure qu'Ellen White recevait davantage de visions avec plus de détails, l'histoire du grand conflit se développa en cinq volumes, connus aujourd'hui sous le nom de la série Destination éternité (en anglais, The conflict of the ages series). Tous sont composés de textes que l'on trouve à l'origine sous forme de livres, d'articles, de lettres, et de manuscrits. Par définition ce sont des compilations. "Compiler : réunir des morceaux d'œuvres littéraires ou musicales pour en tirer un ouvrage, un disque, etc."

Comment les compilations ont-elles été préparées ?

Les secrétaires copistes d'Ellen White avaient parfaitement compris que seules ses pensées devaient être utilisées, ainsi que ses propres mots, tant qu'ils étaient grammaticalement corrects pour exprimer ces pensées. En aucun cas un copiste ou un rédacteur n'introduisit des pensées qui ne se trouvaient pas dans les manuscrits de Ellen White. Là où les paragraphes et les phrases étaient maladroites ou bien perdaient de leur force à cause des structures de phrase, on attendait des secrétaires qu'ils fassent les changements grammaticaux nécessaires. Ils étaient également chargés de veiller à ce qu'il n'y ait pas de répétitions inutiles. Ellen White accordait toute son attention à la révision du manuscrit final. Puisque l'auteur n'est plus en vie, le White Estate maintient ce genre de corrections au minimum. Il n'y a aujourd'hui pratiquement aucune élimination des redondances de pensée.

Au fil des années, Ellen White a écrit plus de 5000 articles, ainsi que des milliers de pages de témoignages et de lettres adressées à des individus. De ce vaste trésor littéraire, on a tiré des textes que l'on a incorporés à ses livres. Elle a écrit sur de nombreux sujets et a laissé une grande abondance de textes, publiés et non publiés.

Écrire sur la vie du Christ

Dans les années 1870, Ellen White a énormément écrit sur la vie de Jésus. Quand elle se rendit en Australie en 1891, elle espérait pouvoir consacrer beaucoup de son temps à l'écriture d'un livre sur ce sujet important. À partir de 1892 jusqu'à la publication de Jésus-Christ (en anglais The desire of ages) en 1898, elle passa de nombreuses heures chaque jour à préparer des chapitres pour le livre.

Mais elle ne fit pas que s'asseoir et rédiger le livre de A à Z, chapitre après chapitre. Elle chargea ses aides de rassembler ce qu'elle avait écrit précédemment sur le sujet. On trouva ces données dans ses livres publiés, dans des articles qui avaient été publiés dans des périodiques, ainsi que dans ses lettres et manuscrits. Avec tous ces textes à portée de main, elle écrivit de nombreux articles supplémentaires à mesure que les expériences du Christ lui étaient révélées de nouveau. Puis ces passages furent assemblés dans leur ordre naturel, et elle écrivit l'histoire correspondante.

Ses écrits sur la vie et les enseignements de notre Sauveur étaient si conséquents qu'ils ne pouvaient tenir en un seul volume. Ainsi Heureux ceux qui, les Paraboles de Jésus de même qu'une partie du Ministère de la guérison ont été formés d'après le surplus.

"Compiler : réunir des morceaux d'œuvres littéraires ou musicales pour en tirer un ouvrage, un disque, etc."

Le bureau du White Estate possède des lettres ainsi que d'autres documents relatant le travail de Ellen White sur Jésus-Christ et la façon dont le livre a été préparé. Elle y mentionne fréquemment le fait qu'elle écrivait sur la vie de Jésus, et y inclut des déclarations précises concernant le rôle joué par Marian Davis. Dans une lettre adressée au Dr. J. H. Kellogg, le 25 octobre 1895, elle dit :

« Marian est très défavorisée dans son travail. Je ne trouve que peu de temps pour écrire sur la vie de Jésus. Je reçois sans cesse des lettres qui exigent une réponse, et je n'ose négliger des questions qui sont soumises à mon attention. Puis il y a les églises à visiter, les témoignages privés à écrire, et tant d'autres choses qui m'éprouvent et consument tout mon temps. Marian se saisit avidement de toute lettre que j'écris afin de trouver des phrases qu'elle pourrait utilise dans la vie de Jésus. Elle collecte tout ce qui a un rapport avec les leçons de Jésus à ses disciples, d'après toutes les sources possibles… »

« Vous savez que mon seul propos, que ce soit sur la chaire ou en privé, de vive voix ou par la plume, c'est la vie de Jésus. » – Lettre 41, 1895.

En parlant du travail de ses aides en 1900, Ellen White fit cette déclaration à propos de Marian Davis :

« Voici la façon dont elle travaille : elle prend mes articles qui ont été publiés dans des journaux, et elle les colle dans des albums vierges. Elle dispose également d'une copie de toutes les lettres que j'écris. Quand elle prépare un chapitre pour un livre, Marian se souvient que j'ai écrit quelque chose sur ce point particulier, et qui pourrait donner plus de force au texte. Elle se met à la recherche de cet élément, et si, une fois qu'elle l'a retrouvé, elle pense que cela pourra rendre le chapitre plus clair, dans ce cas, elle l'ajoute.

« Les livres ne sont pas les productions de Marian, mais les miennes, rassemblées d'après tous mes écrits. Marian a un large champ de recherche d'où tirer ce qu'elle veut, et sa capacité à arranger les textes est d'une grande valeur à mes yeux. Cela m'évite de me plonger dans une masse de textes, ce que je n'ai pas le temps de faire… Marian m'est une aide des plus précieuses pour faire sortir mes livres. » – Lettre 61a, 1900 (voir Selected messages, volume 3, pages 91 et 92).

Marian Davis avait un esprit et une mémoire merveilleusement organisés, et elle était donc capable de se souvenir et de retrouver des éléments que Ellen White avait écrits sur différents thèmes. Quand une quantité suffisante de textes avait été rassemblée pour certains chapitres, le manuscrit était lu à Ellen White ou bien lui était confié pour lecture. Cela avait souvent pour effet de lui rafraîchir la mémoire à propos de certaines scènes et elle récrivait avec empressement de nombreux passages, leur donnant une vigueur et une fraîcheur renouvelées. Élever le Christ et le présenter aux autres dans sa beauté et sa sainteté étaient toujours les objectifs principaux qu'elle gardait à l'esprit.

Peu après son arrivée en Australie, Ellen White fut frappée de fièvre malariale et de rhumatismes inflammatoires. Pendant onze mois, elle vécut de grandes souffrances, et elle resta alitée pendant des jours d'affilée, incapable d'écrire plus de quelques lignes chaque jour. Et pourtant elle persévéra et Dieu la soutint alors qu'elle écrivait sur la vie de Jésus. Elle écrivit à propos de cette expérience :

« J'ai traversé de grandes épreuves au milieu de mes souffrances et de mon état de totale impuissance, mais tout cela m'a valu une expérience plus précieuse que l'or. » – Messages choisis, volume 2, page 276.

Elle était déçue de ne pouvoir visiter les églises, mais Dieu se servit de son affliction pour faire avancer ses desseins. En adoptant une position semi-assise, elle put utiliser ses mains malades, et elle se mit à écrire. En l'espace de quelques mois, elle écrivit seize cents pages sur la vie de Jésus. Elle découvrit que la nuit, quand elle ne parvenait pas à trouver le sommeil, Jésus était tout près d'elle. Elle pensait beaucoup au Christ dans ces moments-là et savait où demeuraient ses forces.

Une lettre adressée en 1892 à O. A. Olsen, président de la Conférence Générale, révèle l'intensité avec laquelle Ellen White écrivait durant la préparation du livre :

« Je marche tremblante devant Dieu. Je ne sais comment raconter ni retracer avec ma plume ce vaste sujet du sacrifice expiatoire. Je ne sais comment présenter des sujets avec la même puissance vivante qu'ils ont lorsqu'ils se tiennent devant moi. Je tremble, de peur d'amoindrir ce merveilleux plan du salut avec des mots trop mesquins. J'incline mon âme en révérence devant Dieu et je dis : qui peut être à la hauteur pour ces choses ? » – Letter 40, 1892 (voir Selected messages, volume 3, page 115).

Quelques-uns des plus beaux passages de Jésus-Christ sortirent de sa plume alors qu'elle était confinée non seulement à sa chambre, mais à son lit.

Assistants littéraires

L'un de ses assistants littéraires a-t-il altéré ses pensées ou fait des ajouts quand les écrits passaient entre ses mains ? Les déclarations écrites de plusieurs des aides de Ellen White répondent clairement à cette question :

« Aucun des employés de Maman n'est autorisé à faire des ajouts aux manuscrits en y ajoutant des pensées qui sont les leurs. » – W.C. White à G. A. Irwin, 7 mai 1900.

« D'après ma propre connaissance de l'œuvre, ainsi que d'après les déclarations de sœur White elle-même, j'ai toutes les meilleures raisons de ne pas croire qu'une telle chose [l'ajout d'idées par un copiste] ait eu lieu. » – Marian Davis à G. A. Irwin, 23 avril 1900.

« En mon âme et conscience je peux témoigner que jamais je n'ai été suffisamment présomptueuse pour me hasarder à ajouter des idées à moi ou à faire autre chose que de suivre avec la plus scrupuleuse attention les pensées de l'auteur. » – D. E. Robinson, 1933, White Estate Document File 107g.

Ellen White a écrit abondamment sur de nombreux sujets. Pour compléter ce qui était écrit spécifiquement pour un livre donné, l'assistant littéraire rassemblait d'autres perles tirées de ses écrits, de ses livres, de ses articles publiés, de ses manuscrits, de ses lettres, et de ses discours. Travaillant de concert, Ellen White et ses assistants planifiaient les grandes lignes des livres et préparaient le texte chapitre après chapitre. Dans leur forme finale, les manuscrits étaient lus à Ellen White et recevaient son approbation personnelle, puis étaient envoyés à l'imprimeur.

Comment le livre Évangéliser a-t-il été préparé ?

Depuis la mort d'Ellen White en 1915, comment les compilations ont-elles été préparées ? Le livre Évangéliser en constitue l'exemple-type.

En août 1944, des représentants de l'Association pastorale de la Conférence générale demandèrent au White Estate si l'on disposait d'un nombre suffisant de conseils sur l'évangélisation pour constituer un volume qui donnerait une direction pour l'œuvre d'évangélisation. Si les textes disponibles étaient suffisants, ils espéraient que ces conseils pourraient être rassemblés et publiés en un seul volume.

Alors qu'Arthur White, à l'époque directeur du White Estate, passait les archives en revue, il trouva de nombreux textes qui pouvaient être rassemblés en vue d'un livre de conseils sur l'évangélisation. Le 10 septembre 1944, le Conseil d'administration entreprit l'action suivante :

« A été voté : Que, en accord avec la recommandation du Conseil consultatif de l'association pastorale, nous autorisons la compilation d'un manuscrit, Counsels to evangelists and Bible instructors, [Conseils aux évangélistes et aux professeurs de Bible], le travail devant être fait par un comité de cinq personnes, nommées par le président. Le comité a été désigné comme suit : A. L. White, W. H. Branson, R. A. Anderson, Miss Louise Kleuser, J. L. Shuler. » – Procès-verbaux du Conseil du White Estate, 10 septembre 1944.

En planifiant leur travail, les membres du comité décidèrent que le nouveau volume serait plus utile s'il était complet dans ce qu'il couvrirait, avec des sources à la fois publiées et non publiées. Cela devait inclure des répétitions d'articles déjà publiés.

Arthur White et Louise Kleuser furent désignés pour travailler à la préparation du manuscrit. Le plan qu'ils suivirent exigeait de rassembler tous les éléments qui avaient un lien avec le sujet. Puis avec toutes les déclarations d'Ellen White devant les yeux, ils organisèrent tous les textes et développèrent le manuscrit. Ce plan minimisait l'influence des compilateurs, permettant aux pensées et aux mises en relief de Ellen White de s'exprimer clairement dans le travail terminé.

À mesure que frère White et Miss Kleuser faisaient leurs sélections, les mises en relief d'Ellen White devenaient évidentes, et les grandes lignes du sujet entrèrent tout naturellement dans quelque 22 divisions globales. Dans les cas où l'on avait deux déclarations ou plus sur le même point, on choisissait la plus complète ou la plus forte, et on laissait l'autre de côté. Puisque l'on ne pouvait pas changer les mots d'Ellen White, qui faisaient le texte, on rassembla les éléments en utilisant des subdivisions soulignant le point principal. Les subdivisions et les sous-titres sont presque toujours donnés par le compilateur, et ils sont compris par tous.

À un moment donné lors de la préparation du manuscrit, frère White chercha conseil à propos de l'utilisation des italiques pour mettre en relief certaines parties du manuscrit. Voici ce qu'on pouvait lire dans le procès-verbal du comité :

« A été voté : que les mandataires croient qu'il serait hors de propos d'utiliser des italiques pour mettre en relief certaines parties du manuscrit, et qui pourraient apparaître comme des interprétations personnelles. » – Procès-verbaux du Conseil du White Estate, 2 juillet 1945.

La question fut soulevée à savoir si l'on devait ou non mentionner les compilateurs par leur nom dans l'avant-propos. On fit remarquer que la politique de la maison avait toujours été de ne pas nommer ceux qui participaient au travail de compilation, mais plutôt de mettre l'accent sur l'auteur des textes. Les mandataires signèrent l'avant-propos, en se basant sur l'action suivante :

« A été voté : que l'avant-propos au manuscrit d'Evangelism (Évangéliser) soit signé par les mandataires, et qu'il soit demandé au secrétaire de rédiger une déclaration qui sera considérée. » – Procès-verbaux du Conseil du White Estate, 2 juillet 1945..

Les comptes-rendus des neuf lecteurs du manuscrit traitaient principalement de la formulation des subdivisions, et quelques déclarations supplémentaires d'Ellen White furent proposées pour renforcer le manuscrit.

Le livre Evangelism (Évangéliser) se retrouva sur le marché environ 18 mois après la prise de décision de préparer le livre. Il a depuis été un guide et une inspiration pour ceux qui sont engagés dans les ministères évangéliques. Chaque élément porte sa référence, permettant ainsi à tous d'en vérifier le contexte et l'intégrité de son utilisation.

C'est le souci principal de ceux qui travaillent au White Estate que les compilations soient pleinement représentatives et aussi dépourvues que possible de toute partialité de la part du compilateur. Le compilateur n'exclut pas les déclarations qui pourraient être différentes de son opinion personnelle. Les opinions privées ne doivent avoir aucune incidence dans le choix des textes. La compilation doit représenter totalement et adéquatement la position, les enseignements et la mise en relief d'Ellen White.

Un livre sur le foyer

Dans ses dernières années, Ellen White exprima son espoir de sortir un livre sur le foyer chrétien. Mais d'autres ouvrages, comme The acts of the apostles (Conquérants pacifiques), Counsels to parents and teachers (Conseils aux éducateurs), Gospel workers, ainsi que Prophets and kings (Prophètes et rois), se bousculaient et Ellen White mourut avant que le livre sur le foyer ait pu être commencé. Peu après que le manuscrit pour Evangelism (Évangéliser) fut accepté à la publication, les mandataires passèrent commande pour la préparation d'un manuscrit sur le foyer. Quand les textes furent assemblés, suivant les mêmes méthodes utilisées pour Evangelism, on en avait suffisamment pour deux livres : The adventist home (Le foyer chrétien) et Child guidance.

Abondance des textes

Quand tous les éléments qu'on connaissait avoir été écrits par Ellen White sur un sujet donné sont assemblés, il y a souvent une telle abondance de textes qu'il est difficile de maintenir le volume en un nombre raisonnable de pages. Quand les textes pour Mind, character, and personality furent rassemblés, il y en avait tant qu'on dut le sortir en deux volumes.

Lors de la planification d'un nouveau livre d'Ellen White, se pose toujours la question de savoir si le volume devra se limiter à des déclarations qui ne sont pas déjà disponibles dans des livres déjà parus, ou si, dans le but de faire du livre une unité complète en soi, tus les conseils liés à un sujet donné doivent être inclus, peu importe si certaines déclarations se trouvent dans d'autres livres. Après une étude approfondie, on arrive généralement à la conclusion que le livre doit être complet en soi. "Compiler : réunir des morceaux d'œuvres littéraires ou musicales pour en tirer un ouvrage, un disque, etc."

Au fil des années, depuis la mort d'Ellen White, on a demandé au comité du White Estate de préparer des compilations sur différents sujets. Le comité envisage uniquement les projets qui, croit-on, contribueront de façon nette aux besoins de l'église, et il tient conseil avec les dirigeants d'église avant de lancer un projet. Certaines personnes se font une idée fausse en croyant que les compilations ne sont qu'un réarrangement de textes qui apparaissent dans d'autres livres déjà publiés. La réalité, c'est que la majorité des compilations comprennent des conseils et des instructions inédits tirés des lettres et des manuscrits d'Ellen White. Les mandataires ne voient pas l'intérêt à recycler les conseils disponibles dans des livres déjà publiés.

Les livres ne servent pas tous le même but

Tandis que toutes les compilations sont préparées essentiellement de la même manière, elles ne sont pas toutes préparées pour le même but ; c'est-à-dire que certaines sont plus d'un genre encyclopédique ou de référence, comme Counsels on diet and foods (Conseils sur la nutrition et les aliments). Ce livre n'est pas destiné à être lu comme un roman de la première à la dernière page, mais plutôt à rassembler des conseils sur certains thèmes d'une façon ordonnée et facilement accessible. Les livres de méditations ne sont rien d'autre que cela : des méditations. Ils sont prévus comme de brèves lectures pour diriger les pensées vers Dieu au début de la journée. D'autres, plus épais, comme la série Destination Éternité, racontent de manière passionnante l'histoire depuis la création jusqu'au retour du Christ. D'autres encore donnent des conseils sur différents aspects de la vie quotidienne.

Résumé

Revenons à présent aux questions posées au début de cet article.

Que les conseils aient été publiés avant ou après la mort d'Ellen White n'a pas d'influence sur l'inspiration du conseil. Le fait que des textes aient été imprimés avant sa mort ne leur conférait pas une plus grande inspiration, et inversement pour les textes publiés à titre posthume. De son vivant, elle a participé à la collecte de textes tirés de ses articles et autres lettres pour qu'ils soient publiés dans des livres, préparation qu'elle a pu superviser. Dans son testament elle a chargé le Conseil de Gestion de poursuivre cette œuvre, et de superviser sa préparation à sa place.

Dans les livres qui ont été préparés depuis la mort d'Ellen White les mandataires ont confiance qu'ils ont suivi ses instructions quand elle écrivit :

« D'abondantes lumières, écrivit-elle, ont été accordées à notre Église en ces derniers temps. Soit que ma vie se prolonge ou qu'elle arrive à son terme, mes écrits continueront à parler sans cesse et ils exerceront leur influence jusqu'à la fin des temps. Mes écrits sont classés et gardés dans le bureau ; même si je devais manquer, ces paroles que le Seigneur m'a confiées resteront vivantes et continueront à parler au monde. » – Lettre 371, 1907 (voir Messages choisis, page 63).

Le Conseil de Gestion et le personnel du White Estate prennent très au sérieux leurs responsabilités en représentant adéquatement Ellen White et ses enseignements. Quand des textes sont préparés pour la publication, les seuls ajustements qui sont faits sont d'ordre grammatical. Nous pensons que les lignes directrices qu'elle a laissées à ses secrétaires confèrent cette autorité. Si un mot a besoin d'être ajouté afin de clarifier une phrase, on place ce mot entre crochets de sorte que le lecteur sait qu'il est ajouté. Personne au White Estate n'ajoute jamais ses propres mots aux textes d'Ellen White. Si l'on estime qu'il est nécessaire d'ajouter des informations, on le fait dans des notes de bas de page, ou dans un appendice. Les références sont données afin que le chercheur puisse vérifier les sources originales. Suffisamment de contexte est donné afin que les textes se tiennent sans besoin d'explications supplémentaires. Si des textes ont été adaptés ou paraphrases, cela est clairement spécifié bien en vue.

Les sous-titres ou les subdivisions, qui aident à organiser les textes, sont fournis par le compilateur, mais le texte dans son intégralité est écrit par Ellen White. Le compilateur cherche à être totalement objectif, en évitant tout parti pris personnel dans son choix de textes. Le produit fini a pour but de représenter la pensée d'Ellen White dans sa plénitude sur un sujet donné, et il est examiné par un comité afin de prévenir toute représentation erronée.

Quand un nouveau livre sort, c'est bien un livre d'Ellen White, même si elle n'est plus en vie et ne peut lui accorder toute son attention. Si elle était toujours parmi nous, il est certain qu'elle ajouterait des formules de transition pour lier certains paragraphes de façon plus fluide. Comme c'est une tâche qui est réservée à l'auteur, les compilateurs utilisent parfois les subdivisions pour introduire le sujet ou l'idée suivante, mais ils n'ajoutent jamais des formules pour lier des paragraphes ou des idées.

Ainsi donc, les réponses aux questions soulevées au début de cet article sont les suivantes : oui, les livres publiés à titre posthume sous la signature d'Ellen White sont véritablement des livres d'Ellen White ; non, ce ne sont pas des produits d'autres auteurs ; et oui, ils contiennent des messages inspirés donnés par Dieu pour la direction, l'édification, et la fortification de l'église en ces derniers jours de l'histoire de la terre.

Norma J. Collins
Directeur associé, Ellen G. White Estate
Mai 1995, mis à jour en décembre 2001
Basé sur un article d'Arthur L. White

Pour plus d'informations

Comment les ouvrages d'Ellen White ont-ils été écrits, W.C. White, 18 juin 1935. [Bientôt en ligne sur ce site]

In Defense of Compilations, Arthur L. White, in Spectrum, août 1985.

Brief Statements Regarding the Writings of Ellen G. White, W. C. White et D. E. Robinson, 1933.
Réimprimé comme supplément à l'Adventist Review, 4 juin 1981.

Comment Jésus-Christ a-t-il été écrit, Robert W. Olson, 1979. [Bientôt en ligne sur ce site]

Guidelines for Editing Ellen G. White Material, Kenneth H. Wood, septembre 1989.