Une foi enthousiaste

Date : jeudi 08 mai 2014 - samedi 10 mai 2014

Lieu : Palais des Congrès, Arles

Assemblée de la Fédération des églises adventistes du Sud de la France

ArlesL’équipe en charge de l’organisation du congrès de la FFS nous invitait récemment pour animer des temps d’« oxygénation spirituelle » sur le thème du congrès Une foi enthousiaste. Avant de partager quelques courts extraits de ces méditations, un mot de félicitations à l’équipe organisatrice de cette assemblée, à notre avis en tout point exceptionnelle. Ce que nous avons vu et entendu en Arles est vraiment réjouissant : service d’accueil impeccable et cordial, qualité de l’organisation, état d’esprit des délégués, témoignages, liturgies, rapports d’activité, concert du vendredi soir, entente cordiale des pasteurs et de l’équipe fédérale, messages de l’ancien président Jacques Trujillo et du nouveau président Daniel Monachini. Nous sommes revenus impressionnés par la qualité de cette rencontre. C’était une fête pour nous tous. Ce que cette fédération a réalisé pendant les quatre années est superbe.

Extraits

Assemblée Générale Quadriennale de la Fédération des églises adventistes du Sud de la France, Arles 2014La formule est très belle et inspirante. L’enthousiasme est l’un des nombreux synonymes de la joie, il a de belles caractéristiques que tous les autres mots n’ont pas. Le mot enthousiasme suggère (par son usage plus que par son étymologie) que la joie est contagieuse, que la joie observée chez notre voisin, procure une sensation bienfaisante, on aimerait la vivre aussi. Il suggère la contagion, mais aussi une seconde caractéristique, étymologique celle-là, que l’enthousiasme se fonde en Dieu. Littéralement une personne enthousiaste est « en Dieu », à l’intérieur de Dieu, s’immerge ou se baigne en Dieu. Les quatre méditations sont à l’écoute de ces deux caractéristiques : 1° la contagion de notre foi, 2° sa source. Les sources, les racines pour nourrir une foi contagieuse parce qu’elle s’immerge en Dieu sont nombreuses, dans la Bible notamment. J’ai pris du temps pour réfléchir et vous propose deux d’entre elles, dans la Parole de Dieu qui est, comme d’autre bien sûr, très rafraîchissante. L’une reliée au Christ, l’autre au récit de la création. Le récit de la création est une source de foi enthousiaste d’une beauté infinie. C’est important de fonder, d’enraciner dans la qualité.

Métaphore gastronomique. Lorsque des produits de qualité ont été enracinés dans une terre préservée. Une terre respectée, qui a nourri l’homme mais que ce dernier a honorée, protégée, il lui a donné ce que Dieu appelle dans les récits du jubilé « le sabbat de la terre ». Parce que les légumes et les fruits y sont nourris respectueusement, avec sollicitude, tendresse. La foi a besoin d’une telle sollicitude, de racines et de sources d’une grande profondeur pour devenir enthousiaste : en Dieu et contagieuse. Ce que dit admirablement la parole du prophète Osée inscrite dans la Lettre d’information de la fédération, N° 7, page 6. Nos méditations s’intéresseront à quelques racines de l’arbre, plus qu’à la beauté du feuillage :  « Il s’enracinera comme le cèdre du Liban ; ses branches s’étendront loin et il aura la majesté de l’olivier ». Les rapports des activités et les différentes témoignages de ce congrès le disent beaucoup mieux que moi. En hébreu, le mot que cette version de la Bible traduit par « majesté » exprime la beauté. Le texte ajoute qu’il sentira bon comme le cèdre.

En quoi ce que Jésus dit à propos de la foi peut la rendre enthousiaste et contagieuse ? En quoi est-ce ... une « rosée bienfaisante » capable de faire fleurir un être humain comme un lys. En quoi ce que Jésus dit de la foi, dans ces sublimes paroles, peut la rendre enthousiaste et contagieuse ? La personne humaine, femme, homme, a une très grand, très haute dignité à ses yeux. Elle est souffrante, mais belle. Belle dans son individualité, et pas seulement parce qu’elle appartient à un ensemble : nation, peuple, groupe religieux, Eglise. Cela m’a touché en écoutant tous les témoignages hier soir. Quel merveilleux travail l’Esprit de Dieu accomplit dans cette fédération.

« Dans ses relations humaines, le Christ ne demandait pas : quelle est ta profession de foi ? A quelle Eglise appartiens-tu ? Il tendait une main secourable à tous ceux qui étaient dans le besoin […] Par l’histoire du bon Samaritain, le Christ nous fait comprendre sur quoi repose une véritable spiritualité. Elle ne consiste pas en une religion, en un credo ou en un rite, mais elle se vit à travers des gestes aimants, de générosité à l’égard des autres, et d’authentique bonté. » De la foi enthousiaste ! Ellen White, The Desire of Ages, p. 70, 494.

Un dernier mot sur ce que nous appelons la « foi ». Nous l’avons vu hier, Jésus donne à ce terme des sens inouïs. Seul Dieu, son fils, son souffle est capable de discerner la foi dans un être humain. Avec tout ce qu’elle peut avoir de très personnel. Lorsque ce mot, sous la forme d’un nom ou d’un verbe apparaît dans la Bible, tel ou tel contexte, tel ou tel auteur, lui donne un sens particulier, une couleur particulière. Bien sûr, sinon Dieu ne se serait pas donné la peine de souffler sur tant de prophètes, d’apôtres. Mais derrière ces sens particuliers du mot foi, du croire, il y a une signification qui elle est permanente.

En hébreu, la racine des mots que nous traduisons par croire, foi est bien connue de chaque chrétien, qu’il lise ou non l’hébreu. On la retrouve dans le terme non traduit : Amen. Terme dont on peut mutiler le sens en lui faisant porter l’idée d’assentiment « je suis d’accord », de résignation fataliste  « ainsi soit-il », de croyance (contenu dogmatique), ou encore de performance (woao, quelle foi !, comme si le croire pouvait être une chose de spectaculaire). Leur signification la plus courante véhicule le sentiment de sécurité, l’expression du calme, de la tranquillité, de la protection. L’Ancien Testament utilise certains termes construits à partir de cette même racine pour décrire la protection assurée par un garde. Voir aussi la demande adressée par la prostituée Rahab aux espions hébergés à son domicile de Jéricho : « Donnez moi un signe אֱמֶֽת que vous laisserez vivre mon père, ma mère, mes frères, mes sœurs, tout ce qui est à eux et que vous nous arracherez à la mort. » D’autres évoquent l’image du soin pris par un tuteur pour éduquer un enfant et le sentiment de sécurité procuré par cette sollicitude. Dans certains récits, ces mots évoquent un accouchement, traduisent le bien-être et la quiétude d’un enfant porté sur les hanches, ou d’un nouveau-né allaité. Ces notions s’appliquent à la divinité comme à l’homme. Dieu cherche à sécuriser le croyant, mais aussi le responsabilise pour à son tour garantir cette sécurité autour de lui. Ainsi, parler de « foi enthousiaste », conduit à la louange, à l’émerveillement. Celui du bonheur de vivre dans la respiration de Dieu, en paix, en sécurité. A tout à l’heure pour continuer de nous émerveiller dans le récit de la création.

L’attitude divine est une belle école pour les lectrices et lecteurs que nous sommes qui nous invite à nous inspirer de ce Dieu, à l’imiter dans notre manière de vivre, dans notre manière de servir l’humanité, dans notre manière de partager la bonne nouvelle ne se situe pas seulement dans le dire, dans le parler, dans le faire, mais, comme Dieu, dans l’être. Ce n’est pas seulement en faisant que Dieu aime, mais en s’asseyant près de nous, en nous faisant découvrir que nous sommes uniques, précieux et dignes d’attention. Dieu l’exprime par la présence maternelle de son Esprit, une présence douce et accueillante, par sa présence le jour du sabbat, par sa façon de nous dire qu’il est là, et nous assure sa sécurité. Le récit de la création nous révèle un Dieu dont les gestes sont remplis de respect. Nous comptons pour lui. Comme le créateur le fait pour toute la création, et spécialement humaine, il est nécessaire qu’en rencontrant notre prochain, nous lui offrions aussi un environnement qui l’épanouisse et réponde à ces besoins. Notre conjoint, nos enfants, nos sœurs et frères dans l’Eglise, nos amis, nos voisins.

Que puis-je être, Seigneur pour offrir à mon prochain une vie qui lui apporte cette sécurité ? Que puis-je être, même seul où je me trouve, pour sécuriser la terre, la planète, pour qu’elle soit un espace vivable pour mes enfants, petits-enfants ? Pour lui offrir, à elle aussi le « sabbat de la terre » ? Sous des angles très divers, le récit de la création responsabilise le lecteur. Des chercheurs se sont intéressés au sentiment de sécurité, inspirés par une interrogation. Qu’est-ce qui conduit des femmes et des hommes à être plus dynamiques que les autres ? L’enquête a montré que les plus dynamiques sont celles et ceux qui pu jouir d’un environnement sécurisant.

Jean-Luc Rolland

Site de la FFS : http://www.ffs.adventiste.org