Remise des diplômes avec toge à Collonges

Clôture académique 2013 de la Faculté adventiste de théologie…à propos des toges

Promotion 2013 Licence/Master Faculté adventiste de théologie

La Faculté de théologie a décerné une vingtaine de diplômes (Licence/Master) à ses étudiants. Une belle promotion. Ah ! mais les étudiants et les professeurs étaient vêtus de la robe universitaire… qui suscite encore quelques réactions parmi les visiteurs, même si cela se pratique à Collonges depuis plus de vingt ans. « Pourquoi copiez-vous les américains ? » « On se croirait à Rome ! » et les petits sourires animent la discussion et les curieux repartent non convaincus ! Mais au fait, que viennent faire les Américains et les Romains dans cette affaire ?

Ce genre de vêtement académique se porte dans la plupart des pays du monde et le non-initié le remarque surtout aux Etats-Unis. C’est normal, il y a tellement d’universités dans ce grand pays. Alors, américain, romain ? Ni l’un, ni l’autre, mais bien français !

Contrairement à ce que la plupart des gens croient, la cérémonie de remise de diplômes en vêtements académiques n’est pas une tradition anglo-saxonne, mais bien française. L’histoire nous apprend que les robes (toges) et les coiffes (toques) académiques étaient le vêtement des universitaires français au XIIIe siècle. Elles étaient portées par les étudiants et les professeurs des premières universités européennes quand il faisait froid et que les bâtiments n’étaient pas chauffés. Balayée par les mouvements contestataires de mai 68, cette tradition revient en force dans les grandes et prestigieuses universités françaises.

Pour le président de l’université Paris Descartes, Axel Kahn, il ne faut pas y voir une « américanisation », mais pour lui, « la bizarrerie, c’est l’abandon de ces traditions en France » (Le Point.fr, 6 juin 2013). Il y voit un moyen de renouer avec une tradition européenne des universités du Moyen Âge. La suppression des cérémonies après mai 68 était, pour le président Kahn, « une mauvaise innovation ».

C’est probablement parce que nos amis américains sont plus friands que les européens des cérémonies et des festivités que beaucoup pensent que cette habitude vient d’outre-Atlantique. Cette tradition a subi de nombreuses évolutions au cours des siècles. C’est au XVIIe siècle que le vêtement prend sa forme connue encore aujourd’hui avec la toge, l’épitoge et la coiffe. Et c’est au début du XIXe siècle que les différentes disciplines universitaires sont distinguées par des couleurs au niveau du doctorat : rouge saumon pour les pharmaciens, rouge écarlate pour les juristes, amarante pour les scientifiques, jonquille pour les littéraires, rouge cramoisi pour les médecins et violet pour les théologiens. Quant à l’épitoge qui se porte sur les épaules et qui tombe dans le dos, elle porte les couleurs de la discipline et de l’université.

Les couleurs de la Faculté adventiste de théologie de Collonges sont donc le violet, pour la théologie, le vert et le jaune qui rappellent les couleurs du sigle de l’Eglise adventiste. Cela fait déjà plus de vingt ans que Collonges s’est aligné sur ce qui se pratique dans la quasi-totalité des universités adventistes du monde.

Notre société a ainsi développé des codes vestimentaires très variés, adaptés à différents métiers, à différentes religions, aux différents sexes, à différentes occasions. Ainsi en est-il de la cravate, portée en de très nombreuses occasions et qui distingue, pour beaucoup, celui qui est bien habillé de celui qui ne l’est pas. On ne monte pas en chaire sans cravate ! Oui, mais c’est oublier son origine. Au XVIIe siècle, c’était une pièce vestimentaire d’un régiment de hussards croates créé par Louis XIII. C’est Louis XIV qui nomma ce régiment de cavalerie légère Royal Cravate, lequel est aujourd’hui le 10e régiment de cuirassiers de l’armée française. Le mot cravate semble donc être une déformation du mot croate. L’origine de la cravate n’est ni américaine, ni romaine, mais bien militaire. Alors, faut-il encore porter la cravate ?

Nous vous donnons rendez-vous à la prochaine clôture académique de la Faculté de théologie qui aura lieu du vendredi 6 au dimanche 8 juin 2014… en toges !

Roland Meyer
Doyen