Séminaire à Marseille

Date : samedi 14 avril 2012

Lieu : Marseille, France

MarseilleAdresse : 5, bd Longchamp. 13001 - Marseille

Pasteur : Pierre Péchoux
Téléphone : 06.19.01.19.77 - 04.91.77.58.37
Courriel : pierre.pechoux@adventiste.org

Samedi 10 h 45 - Prédication

La liberté comme identité - La fête juive du Jubilé est une passionnante interpellation pour le croyant. Les prophètes bibliques ont souvent puisé leur inspiration dans cette célébration de la libération. La première homélie du Christ à Nazareth est une puissante réflexion sur le Jubilé. Jésus présente sa mission comme un Jubilé. Il en est l'incarnation. On parle aujourd'hui beaucoup d'identité. Légitime, la quête d'identité peut également s'accompagner d'arrogance et de mépris à l'égard de celles et de ceux qui pensent et se comportent différemment que soi. Notre réflexion souhaite accompagner le croyant dans son cheminement vers un christianisme dont la liberté est au cœur de son identité. L'Evangile a survécu au christianisme. C'est un miracle, mais toujours un défi. L'Eglise offre des moyens capables de libérer les êtres humains, et de les aider à incarner la liberté. Dans quelle mesure ? Pour Jésus, la relation est toujours plus grande que le principe religieux. La loi se met au service de la relation à l’autre, au service de l’amour. Ces réflexions soulèvent une question essentielle, celle de la fonction de tout ce qui, n’étant pas le centre du christianisme, peut être instrument de bénédiction : connaissances, savoir, croyances, morale, loi, traditions, institution. Pour être plus direct, cela sert à quoi, au fond, que je sois catholique, réformé, adventiste ou mormon ? Est-ce qu’en le devenant ou en le restant, je deviens plus aimant ? Les outils de ma tradition religieuse sont-il au service d’une cause qui leur est beaucoup plus grande ou bien sont-ils une fin en soi ? Le christianisme ne peut progresser lorsque son objectif est lui-même, sa gloire, ses statistiques, sa réputation. Il devient une bénédiction lorsqu’il se met au service d’une relation plus féconde et plus simple avec Dieu, et au service de la dignité de l’humain.

Marseille

15 h – Conférence (suivie d’un dialogue avec JL Rolland)

La tragédie des siècles d’Ellen White : histoire de la rédaction - A l’occasion de la sortie de l’intégrale du livre Le grand espoir, conférence sur l’histoire de sa rédaction et sur les principaux thèmes abordés par l’auteur.

Dans son chef-d’œuvre Les frères Karamazov Fédor Dostoïevski fait parler l’un des personnages d’un bien curieux mérite, celui « d’avoir enfin fini par dompter la liberté et de l’avoir fait pour rendre les gens heureux. » (p. 454). La religion représentée dans le roman par le Grand Inquisiteur, a « dressé » le peuple, l’a « soumis », l’a « rendu tremblant d’obéissance » (p. 451). Notre titre Le domptage du christianisme fait également écho au livre publié en 1984 par Jacques Ellul La subversion du christianisme. Avec ses mots, Ellen White a aussi écrit son poème Le Grand Inquisiteur, sa subversion du christianisme dans un livre publié en français sous le titre de La tragédie des siècles.

Cette année 2012 voit cet ouvrage retraduit par Vie et Santé et publié sous le titre Le grand espoir. Après avoir édité une version abrégée du livre d’Ellen White Le grand espoir, les éditions Vie et Santé offrent au public une version intégrale de l’œuvre. La traduction a été réalisée par le pasteur Claude Bosdedore, dont les activités l’ont aussi conduit à travailler en Suisse comme interprète pendant de nombreuses années. La nouvelle mise en page permet d’avoir directement accès aux sources en notes de bas de page. Vie et Santé a demandé au directeur du Centre de recherche Ellen White d’écrire la préface de l’ouvrage pour faire connaître au public l’histoire de sa rédaction.

Cette même année a été choisie par l’administration mondiale adventiste (Conférence générale) pour mieux faire connaître cet ouvrage. En cette année de promotion, nous croyons utile de rappeler que Le grand espoir s’adresse d’abord à son lecteur, à moi-même qui prend la plume pour rédiger ce billet. Avant de s’adresser à un public que je peux choisir comme cible. L’oublier serait participer de ce que je condamne. Ce serait me donner l’illusion que la subversion n’existe qu’en face. En somme, que j’en suis hors d’atteinte, puisque je n’habite pas la même maison, qu’en faisant le choix de vivre dans un abri, je suis protégé d’un virus qui ne peut infecter que les autres.

Le Grand Espoir, Ellen White

Extrait de la préface

La fondation internationale Ellen G. White Estate suggère aux éditeurs du monde entier un nouveau titre pour le livre d’Ellen White The great controversy (en français La tragédie des siècles). Cette excellente initiative ouvre des portes intéressantes. Les titres donnés jusqu’à ce jour à l’ouvrage ont parfois favorisé une lecture alarmiste de l’histoire chrétienne. Si l’auteur en fait revivre des épisodes douloureux, elle souhaite néanmoins conduire le lecteur non vers l’inquiétude, vers le désespoir et les ténèbres, mais vers la lumière.

« Que votre cœur ne se trouble pas » (Jean 14, 1). Ces mots du Christ précèdent sa promesse de mettre à disposition des humains « beaucoup de demeures », de leur préparer un lieu, enfin de revenir les prendre avec lui afin de leur garantir une vie en sa présence. L’évangile n’ignore pas la souffrance, l’insécurité, la violence, surtout lorsque celle-ci est de nature religieuse. Il ne dirige pourtant pas nos yeux vers une tragédie, mais vers une espérance inouïe.

La nouvelle traduction française d’une œuvre aussi lue que Le grand espoir est un évènement bienvenu. Le français du XXIe siècle n’est plus tout à fait celui des années 1920. C’est aussi l’occasion de mettre à jour quelques paragraphes avec lesquels la traduction de l’époque avait pris quelques libertés. Pour certaines d’entre elles, il ne s’agissait que de style, d’autres se sont révélées plus préjudiciables.

Faut-il considérer cette œuvre comme un aboutissement ou une étape annonçant de futures publications ? En recherche de réponse à cette interrogation, notre préface retracera l’histoire de la rédaction du grand espoir, observera ensuite un aspect important de sa structure, enfin soulignera ce qui, pour Ellen White, a pu représenter l’essence de son contenu.

ROLLAND Jean-Luc, « Préface », dans WHITE Ellen, Le grand espoir. Dammarie-les-Lys, Vie et Santé, 2012, p. 9-15.