Nouvelles publications Vie et Santé

Les ombres et la lumière de Jean-Jacques et Françoise HenriotParmi les nouvelles publications des éditions Vie et Santé, deux sont en relation avec la Faculté adventiste de théologie. Professeur de grec à la faculté, Jean-Jacques Henriot vient de signer avec Françoise son épouse, professeur de français au Lycée Maurice Tièche, un livre intitulé Les ombres et la lumière. Les textes recueillis dans ce volume sont d’inspiration poétique, et peuvent tout aussi bien nourrir la méditation personnelle qu’une liturgie. « Ils parlent du monde, nous signalent les auteurs, de ses rires et de ses pleurs, de ses ombres, mais aussi du Grand Autre qui est lumière. Ils en parlent avec audace et humilité, comme dans la prière. Ce sont des textes qui espèrent. Prenez-les. Sortez-les du livre. Donnez-leur votre souffle. Faites-les résonner. Faites-les entendre. C'est ce qu'ils demandent. »

La revue adventiste vient également de publier un numéro qui comporte un important dossier sur le fondamentalisme chrétien dans lequel s’expriment Bert Beach, longtemps responsable des départements des relations publiques et de la liberté religieuses de l’Eglise adventiste mondiale, Johannes Hartlaap, historien adventiste professeur à l’Université de Friedensau (Allemagne) et Jean-Luc Rolland, professeur à la Faculté adventiste de théologie et directeur du Centre de recherche Ellen White.

Extraits de l’article de Jean-Luc Rolland

Introduction

Revue adventiste Juillet Août 2011, Le fondamentalismeL’expression « fondamentalisme » recouvre aujourd’hui une multiplicité de sens. Médias et travaux scientifiques n’hésitent pas à extraire ce terme de son contexte historique pour qualifier des phénomènes radicaux d’une profonde diversité. Ce glissement de sens favorise la confusion et la caricature. Il est donc important de resituer ce mot dans son environnement linguistique et culturel d’origine, un mouvement à l’intérieur du protestantisme nord-américain. Quelle en est l’essence ? Dans quelle mesure peut-on dire qu’il a exercé une influence sur l’adventisme ?

Regard arrogant sur l’autre

En privilégiant la narration, la Bible apprend à son lecteur à s’intéresser prioritairement à la vie. Plus qu’au détail, plus qu’au renseignement. Elle lui apprend à s’émerveiller, à rechercher Dieu dans la création, dans le déroulement de sa propre vie, et dans l’histoire de son prochain. Lire autrement les textes inspirés comporte un danger. Le mépris de la dimension narrative de la Bible, au profit d’une quête de renseignement doctrinal, non seulement conditionne la manière dont le croyant fondamentaliste lit les textes, et oriente sa pensée, mais elle affecte ses relations humaines. Le récit de l’autre importe peu. Comme il le fait avec les textes sacrés, lorsqu’il entre en relation, ce qui importe au lecteur fondamentaliste, ce sont encore des renseignements. Ce n’est pas la vie de l’autre qui l’intéresse. Une mentalité de surveillance le pousse à vérifier la rectitude de la pensée d’autrui. Quelle est son Eglise ? Pense-t-il correct ? Adhère-t-il à ce que je sais ? N’ayant pas appris à savourer ce qui se dit au cœur du récit biblique, il ne sait comment le faire dans la vie. L’autre est un instrument qu’il peut utiliser, dominer ou exclure. La Bible n’a, en aucun cas, été pour lui une école de vie, de relation humaine, d’écoute, d’émerveillement. Tout au plus un réservoir.

La pensée fondamentaliste exclut la possibilité d’un dialogue car elle considère l’altérité comme une apostasie. Le fondamentaliste a la conviction qu’il est propriétaire de la vérité. Il sait débattre, mais écoute difficilement, car cela exige un renoncement à sa mentalité de détenteur de Dieu. Il craint que le dialogue le conduise à enrichir sa compréhension.

Dieu à l’écoute du besoin de l’homme

La lumière bienfaisante que le Christ a projetée sur le sabbat éclaire à quel point cette parole du décalogue est un cadeau, un bénéfice pour l’humain. Elle garde la mémoire d’un Dieu qui, avant tout, cherche à répondre au besoin de l’homme. Et non d’un démiurge préoccupé par la compétence de l’homme à se mettre en conformité avec ses exigences. Dieu s’incarne dans le besoin de l’homme. La loi est un service rendu par Dieu à l’homme. Non à elle-même. Ce que Jésus explique admirablement à propos du sabbat nous apprend que les convictions, aussi élevées et bibliques soient-elles, sont en faveur de l’humain[1]. De sa liberté, de sa sécurité, de sa dignité, de sa croissance, de son épanouissement. Lorsque le christianisme fait de la défense de ses croyances son objectif, son identité, il court le risque de fabriquer des talibans. De s’autodétruire.

[1] Marc 2,27-28.