Séminaire à Stuttgart

Date : samedi 21 mai 2011

Lieu : Stuttgart, Allemagne

StuttgartAdresse : Firnhaberstraße 7, 70174 Stuttgart.
Pasteurs : Edeltraut Krebelder, Jens Mohr
Téléphone : (0 71 41) 9 92 05; (0 71 51) 94 55 92 6
Contact : Victoria Rémon (v.remon@freenet.de )

Samedi 10 h 30 - Prédication : La liberté comme identité

Eglise de StuttgartLa fête juive du Jubilé est une passionnante interpellation pour le croyant. Les prophètes bibliques ont souvent puisé leur inspiration dans cette célébration de la libération. La première homélie du Christ à Nazareth est une puissante réflexion sur le Jubilé. Jésus présente sa mission comme un Jubilé. Il en est l'incarnation. On parle aujourd'hui beaucoup d'identité. Légitime, la quête d'identité peut également s'accompagner d'arrogance et de mépris à l'égard de celles et de ceux qui pensent et se comportent différemment que soi. Notre réflexion souhaite accompagner le croyant dans son cheminement vers un christianisme dont la liberté est au cœur de son identité. L'Evangile a survécu au christianisme. C'est un miracle, mais toujours un défi. L'Eglise offre des moyens capables de libérer les êtres humains, et de les aider à incarner la liberté. Dans quelle mesure ? Pour Jésus, la relation est toujours plus grande que le principe religieux. La loi se met au service de la relation à l’autre, au service de l’amour. Ces réflexions soulèvent une question essentielle, celle de la fonction de tout ce qui, n’étant pas le centre du christianisme, peut être instrument de bénédiction : connaissances, savoir, croyances, morale, loi, traditions, institution. Pour être plus direct, cela sert à quoi, au fond, que je sois catholique, réformé, adventiste ou mormon ? Est-ce qu’en le devenant ou en le restant, je deviens plus aimant ? Les outils de ma tradition religieuse sont-il au service d’une cause qui leur est beaucoup plus grande ou bien sont-ils une fin en soi ? Le christianisme ne peut progresser lorsque son objectif est lui-même, sa gloire, ses statistiques, sa réputation. Il devient une bénédiction lorsqu’il se met au service d’une relation plus féconde et plus simple avec Dieu, et au service de la dignité de l’humain.

14 h 30Conférence : Adventisme et fondamentalisme

L’expression « fondamentalisme » recouvre aujourd’hui une multiplicité de sens. Médias et travaux scientifiques n’hésitent pas à extraire ce terme de son contexte historique pour qualifier des phénomènes radicaux d’une profonde diversité. Ce glissement de sens favorise la confusion et la caricature. Il est donc important de resituer ce mot dans son environnement linguistique et culturel d’origine, un mouvement à l’intérieur du protestantisme nord-américain. Quelle en est l’essence ?

Au cours des années 1910 et 1920, le discours religieux américain s’appuie de façon fréquente sur un lexique emprunté à l’univers de l’architecture. L’image la plus courante évoque le soubassement d’un édifice. Créés à partir de la racine latine fundamentum, les termes anglophones « fundamentally », « fundamentality » et « fundamental » ont une histoire très ancienne. Pour une frange importante du protestantisme, le recours à ces expressions traduit l’idée d’enracinement et d’immutabilité des concepts religieux. Au début du siècle, cet usage s’observe dans la publication d’une série de fascicules puis dans la désignation d’une association créée pour unifier et organiser un mouvement. Sous la forme d’adjectif, il sert à partir de 1920 à qualifier les chrétiens qui s’engagent à « se battre » pour la défense de convictions qu’ils estiment être l’essence de la foi chrétienne.

Les pionniers de l'adventisme partageaient certaines convictions avec le protestantisme conservateur mais, dans le prolongement de la pensée du protestantisme revivaliste, ils se distançaient du fondamentalisme sur de nombreux points. Lesquels ? Après la mort d'Ellen White (1915), l'histoire de l’adventisme témoigne d’une influence exercée par le mouvement fondamentaliste. Par la suite, de sérieuses distances se révèlent par rapport à ce mouvement. Quelles sont les implications concrètes de cette influence au début du XXe siècle et de cette distance ?

Le premier objectif de ce séminaire est de resituer le mouvement fondamentaliste dans son milieu historique. Le début du XXe siècle témoigne de profondes mutations et un climat de peur au sein de la société nord-américaine. Ce contexte explique partiellement l’émergence du fondamentalisme protestant. Néanmoins, cette forme de radicalisme religieux n’est pas une spécificité américaine. En Europe se vivent des évènements similaires à l’intérieur du catholicisme, qui précèdent de quelques années seulement l’histoire du fondamentalisme. Deux formes de compréhension alternative à la foi traditionnelle se heurtent au mépris et à la violence institutionnelle. Dans les deux cas, ces alternatives ont été appelées « modernisme ».

Dans un deuxième temps, notre réflexion nous fera évaluer la réception adventiste du fondamentalisme protestant. Dans quelle mesure peut-on dire qu’il a exercé hier une influence sur l’adventisme ? Peut-on dire de l’Eglise adventiste du XXIe siècle qu’elle est fondamentaliste ? Ce séminaire résume les recherches que nous avons entreprises pour notre thèse de doctorat (Université Paul Valéry, Montpellier III). La relation de l’Eglise adventiste au fondamentalisme est complexe. Selon les périodes, nous observons une proximité évidente entre certains acteurs et auteurs adventistes et fondamentalistes. Mais il est clair que l’histoire adventiste révèle tout autant une forte opposition à ce qui caractérise le fondamentalisme, faisant ainsi occuper à cette Eglise une position médiane entre plusieurs tendances du christianisme. Cette quête d’équilibre est un défi toujours actuel.

Eglise de Stuttgart

16 hCollation

17 hDialogue : questions, débat