Semaine de prière de l'unité

Chaque année, au mois de janvier, les chrétiens des différentes familles confessionnelles se retrouvent pour prier ensemble dans différents lieux. Ainsi la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens se tiendra du 18 au 25 janvier et propose comme thème le texte du livre des Actes au chapitre 2 et au verset 42 « Ils étaient fidèles à l'enseignement des apôtres et à la communication fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ». Ce thème a été proposé par les Églises à Jérusalem. Bien des initiatives se font avec cette semaine annuelle de prière. Ainsi, les émissions télévisées chrétiennes sur France 2 Télévision (Orthodoxie, Chrétiens Orientaux, Présence protestante et le Jour du Seigneur) ont choisi d'unir leur temps d'antenne pour évoquer la vie des chrétiens dans ce pays qui reste le berceau du Christianisme, le 30 janvier à Jérusalem.

Introduction au thème de l'année 2011

L'Église à Jérusalem, hier, aujourd'hui et demain

Il y a deux mille ans, les premiers disciples du Christ rassemblés à Jérusalem ont fait l'expérience de l'effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte et étaient rassemblés dans l'unité qui constitue le corps du Christ. Les chrétiens de tout temps et de tout lieu voient dans cet événement l'origine de leur communauté de fidèles, appelés ensemble à proclamer Jésus Christ comme Seigneur et Sauveur. Bien que cette Église primitive de Jérusalem ait connu des difficultés, tant à l'extérieur qu'en son sein, ses membres ont persévéré dans la fidélité et la communion fraternelle, la fraction du pain et les prières.

Il n'est pas difficile de constater que la situation des premiers chrétiens de la Cité Sainte s'apparente à celle de l'Église à Jérusalem aujourd'hui. La communauté actuelle connaît bien des joies et souffrances qui furent celles de l'Église primitive : ses injustices et inégalités, ses divisions, mais aussi sa fidèle persévérance et sa prise en compte d'une unité plus grande entre les chrétiens.

Les Églises à Jérusalem nous font actuellement entrevoir ce que signifie lutter pour l'unité, y compris dans de grandes difficultés. Elles nous montrent que l'appel à l'unité peut aller bien au-delà des mots et nous orienter vraiment vers un avenir qui nous fasse anticiper la Jérusalem céleste et contribuer à sa construction.

Il faut du réalisme pour que cette idée devienne réalité. La responsabilité de nos divisions nous incombe ; elles résultent de nos propres actes. Il nous faut transformer notre prière, et demander à Dieu de nous transformer nous-mêmes afin que nous puissions travailler activement à l'unité. Nous sommes volontiers prêts à prier pour l'unité, mais cela peut nous éviter d'agir pour qu'elle advienne. Se peut-il que nous entravions nous-mêmes l'Esprit Saint en faisant obstacle à l'unité ; que notre propre orgueil [hubris] empêche l'unité?

C'est de Jérusalem, l'Église mère, que l'appel à l'unité parvient cette année aux Églises du monde entier. Conscientes de leurs propres divisions et de la nécessité de faire davantage elles-mêmes pour l'unité du Corps du Christ, les Églises à Jérusalem appellent tous les chrétiens à redécouvrir les valeurs qui constituaient l'unité de la première communauté chrétienne de Jérusalem, lorsqu'elle était assidue à l'enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Voilà le défi qui nous est lancé. Les chrétiens à Jérusalem appellent leurs frères et sœurs à faire de cette semaine de prière l'occasion de renouveler leur engagement à travailler pour un véritable œcuménisme, enraciné dans l'expérience de l'Église primitive.

Quatre éléments d'unité

Les prières de 2011 pour la Semaine de prière pour l'unité chrétienne ont été préparées par les chrétiens de Jérusalem, qui ont choisi le thème d'Actes 2,42 : « Ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » Ce thème nous rappelle les origines de la première Église à Jérusalem ; il appelle à la réflexion et au renouveau, à un retour aux fondements de la foi ; il invite à se remémorer l'époque où l'Église était encore indivise. Quatre éléments sont présentés à l'intérieur de ce thème ; ce furent des traits marquants de la communauté chrétienne primitive et ils sont essentiels pour la vie de toute communauté chrétienne. Tout d'abord, la Parole a été transmisepar les apôtres. Deuxièmement, l'un des traits marquants de la première communauté croyante lorsqu'elle se réunissait, était la communion fraternelle (koinonia). Un troisième trait de l'Église primitive consistait à célébrer l'Eucharistie (la « fraction du pain »), en mémoire de la Nouvelle Alliance que Jésus a accomplie à travers ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Le quatrième aspect était l'offrande d'une prière continuelle. Ces quatre éléments sont les piliers de la vie de l'Église et de son unité.

La communauté chrétienne de Terre Sainte entend mettre en relief ces éléments fondamentaux et prie Dieu pour l'unité et la vitalité de l'Église répandue à travers le monde. Les chrétiens de Jérusalem invitent leurs sœurs et frères de par le monde à s'unir à leur prière dans leur lutte pour la justice, la paix et la prospérité de tous les peuples de cette terre.

Les thèmes des Huit Jours

Une démarche de foi peut être perçue à travers les thèmes de ces huit jours. Dès ses tout débuts dans la chambre haute, la communauté chrétienne primitive expérimente l'effusion de l'Esprit Saint, qui la rend capable de croître dans la foi et l'unité, dans la prière et l'action, pour devenir réellement une communauté de la résurrection, unie au Christ en sa victoire sur tout ce qui nous sépare les uns des autres et de Lui. L'Église de Jérusalem se transforme ainsi en phare d'espérance, en avant-goût de la Jérusalem céleste, appelée à réconcilier non seulement nos Églises mais tous les peuples. Ce cheminement est guidé par l'Esprit Saint qui conduit les premiers chrétiens à la connaissance de la vérité sur Jésus Christ, et emplit l'Église primitive de signes et de merveilles, à l'étonnement d'un grand nombre. Poursuivant leur démarche, les chrétiens de Jérusalem se rassemblent avec ferveur pour écouter la Parole de Dieu transmise par l'enseignement des apôtres, et se réunissent dans la communion fraternelle pour célébrer leur foi dans le sacrement et la prière. Emplie de la puissance et de l'espérance de la résurrection, la communauté célèbre la certitude de sa victoire sur le péché et la mort, pour avoir le projet et le courage d'être elle-même instrument de réconciliation, capable d'inspirer tous les peuples et de les appeler résolument à dépasser les divisions et injustices qu'ils subissent.

Le 1er jour situe les origines de l'Église mère de Jérusalem et en montre clairement la continuité avec l'Église répandue aujourd'hui à travers le monde. Il nous rappelle le courage de l'Église primitive qui rendait fièrement témoignage à la vérité, tout comme nous avons aujourd'hui à œuvrer pour la justice aussi bien à Jérusalem que dans le reste du monde.

Le 2e jour rappelle que la première communauté réunie à la Pentecôte était composée d'origines très diverses, et que, de la même manière, on trouve aujourd'hui dans l'Église à Jérusalem une grande diversité de traditions chrétiennes. Nous sommes donc à présent mis au défi de réaliser une unité visible encore plus étendue, par des moyens qui tiennent compte de nos différences et de nos traditions.

Le 3e jour porte attention à l'aspect le plus fondamental de l'unité : la Parole de Dieu communiquée à partir de l'enseignement des apôtres. L'Église de Jérusalem nous rappelle que, quelles que soient nos divisions, cet enseignement nous exhorte à nous dépenser par amour les uns des autres, et dans la fidélité à l'unique corps qu'est l'Église.

Le 4e jour insiste sur le partage comme deuxième expression de l'unité. Sur le mode des premiers chrétiens qui mettaient tout en commun, l'Église de Jérusalem appelle tous ses frères et sœurs de l'Église à partager leurs biens et leurs soucis dans la joie et la générosité de cœur, pour que nul ne demeure dans le besoin.

Le 5e jour porte sur le troisième aspect de l'unité : la fraction du pain, qui nous rassemble dans l'espérance. Notre unité s'étend au-delà de la sainte communion ; elle doit comporter une attitude droite sur le plan de la vie morale, de la personne humaine et de l'ensemble de la communauté. L'Église de Jérusalem appelle les chrétiens à s'unir dans « la fraction du pain », car une Église divisée ne peut s'exprimer avec autorité sur les questions de justice et de paix.

Le 6e jour présente la quatrième caractéristique de l'unité ; tout comme l'Église à Jérusalem, nous tirons notre force du temps que nous passons à prier. Le Notre Père, tout particulièrement, nous appelle tous, aussi bien à Jérusalem que dans l'ensemble du monde, faibles comme puissants, à œuvrer ensemble pour la justice, la paix et l'unité afin que vienne le règne de Dieu.

Le 7e jour nous reporte au-delà de ces quatre éléments d'unité : lorsque l'Église de Jérusalem proclame joyeusement la résurrection, même alors qu'elle endure la souffrance de la croix. La résurrection de Jésus est pour les chrétiens de la Jérusalem actuelle une espérance et une force qui les rend capables de demeurer constants dans leur témoignage, et de travailler pour la liberté et la paix dans la Cité de la paix.

Le 8e jour conclut la démarche sur un appel lancé par les Églises de Jérusalem en faveur d'un plus vaste service : celui de la réconciliation. Même si les chrétiens parviennent à l'unité entre eux, ils n'auront pas achevé leur travail, car ils doivent eux-mêmes se réconcilier avec les autres. Dans le contexte de Jérusalem, cela signifie entre Palestiniens et Israéliens ; en d'autres communautés, les chrétiens sont appelés à rechercher la justice et la réconciliation dans le contexte qui leur est propre.

Le thème de chaque journée a donc été choisi non seulement pour nous rappeler l'histoire de l'Église primitive, mais encore pour que les expériences des chrétiens de la Jérusalem actuelle nous soient présentes à l'esprit, et pour nous inviter tous à réfléchir à la manière dont nous pouvons faire profiter nos communautés chrétiennes locales de ce type d'expérience. Durant cette démarche de huit jours, les chrétiens de Jérusalem nous invitent à proclamer et à témoigner que l'unité – en son plein sens de fidélité à l'enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières – nous rendra capables de triompher ensemble du mal, non seulement à Jérusalem, mais partout dans le monde.

Préparation du matériel de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2011

Le travail initial qui a permis la publication de cette brochure a été effectué par un groupe de responsables chrétiens de Jérusalem. Ils se sont réunis à l'invitation du Conseil œcuménique des Églises. Leur réflexion a été facilitée par le Centre œcuménique de Jérusalem. Nous entendons remercier particulièrement ceux qui y ont contribué :

  • Sa Béatitude le Patriarche latin émérite, Michel Sabbah ;
  • Sa Grâce l'évêque Munib Younan, de l'Église évangélique luthérienne en Jordanie et en Terre Sainte ;
  • Le Rév. Naim Ateek, de l'Église épiscopalienne à Jérusalem et au Moyen-Orient ;
  • Le Père Frans Bouwen, de l'Église catholique (romaine) ;
  • Le Père Alexander, du Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem ;
  • Le P. Jamal Khader, de l'Université de Bethléem ;
  • M. Michael Bahnam, du Patriarcat syrien orthodoxe d'Antioche ;
  • Mme Nora Karmi, de l'Église arménienne orthodoxe ;
  • M. Yusef Daher, de l'Église grecque melkite catholique.

Les textes proposés ici ont été définitivement mis au point lors de la rencontre du groupe préparatoire international désigné par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens de l'Église catholique.

La rencontre du groupe préparatoire international s'est tenue au monastère Saint Christophe de Saydnaya, en Syrie. Les participants souhaitent adresser leurs remerciements à sa Béatitude Ignace IV, Patriarche grec-orthodoxe d'Antioche et à son personnel de Damas et de Saydnaya pour leur chaleureux accueil et leur gracieuse hospitalité, ainsi qu'aux responsables d'Églises des diverses traditions chrétiennes pour leur soutien et leur encouragement.

Parallèlement à la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, existe une alternative qui rassemble les chrétiens évangéliques autour de la Semaine de prière de l'Alliance Évangélique, qui propose du 9 au 13 janvier de prier sur le thème « l'Église, projet fascinant de Dieu. » Depuis 1847, la semaine de prière de l'Alliance Évangélique donne l'occasion à des millions de chrétiens en Europe et dans le monde de se regrouper pour méditer l'Écriture, réfléchir à leur témoignage et prier en semble, les uns pour les autres. Si l'initiative est belle, nous y discernons néanmoins une difficulté pour de nombreux chrétiens évangéliques de notre pays à prier ensemble avec des sœurs et des frères qui ne sont pas issus de la mouvance évangélique. Il est cependant important de rappeler ici que cette attitude n'est pas partagée par l'ensemble du monde évangélique. De nombreux chrétiens évangéliques ouvrent leur porte et se rendent dans d'autres lieux de prière que les leurs. Nous tenions malgré tout, en cette période de l'année religieuse tournée vers la prière commune, rappeler qu'il ne va pas de soi à l'intérieur du christianisme hexagonal, y compris protestant, de participer à une célébration commune en présence de catholiques, notamment. Nous le déplorons vivement et regrettons que l'existence de deux semaines de prière en France, continue d'année en année, à témoigner d'une incapacité à prier avec celui que l'on perçoit différent. Pour une question d'adhésion doctrinale. Cette exclusion demeure l'un des fruits du fondamentalisme protestant.

L'Église adventiste du septième jour se réjouit de la ferveur des chrétiens appelés à prier ensemble dans les différentes parties du monde. En France, en Belgique par exemple, certains pasteurs adventistes, en charge de paroisse, n'hésitent pas à participer aux semaines de prière soit celle de l'unité des chrétiens, soit celle de l'Alliance évangélique. Pourquoi ? Parce que la Bible enseigne la prière mutuelle. L'une des pionnières de l'Église adventiste, Ellen White recommandait déjà aux pasteurs adventistes en 1900 de prier avec leurs confrères ecclésiastiques des autres dénominations religieuses. « Nos prédicateurs devraient chercher à se rapprocher des pasteurs des autres Eglises. Priez pour eux et avec eux, car le Christ intercède en leur faveur. Leur responsabilité est solennelle. En tant que messagers du Christ, nous devrions témoigner d'un profond et sérieux intérêt pour ces pasteurs qui sont les bergers du troupeau. » (Ellen White, Testimonies for the Church, volume 6, p. 78.)

Pour le secrétaire général de l'Union des Fédérations adventistes de France, de Belgique et du Luxembourg, le pasteur Jean-Paul Barquon « La prière est la clé de voute, la colonne vertébrale de la vie spirituelle de chaque chrétien. Le renouveau spirituel souhaité par la Conférence générale des adventistes du septième jour est souhaitable à tous les niveaux et pour chacune des familles. Il est aussi dans la logique du service chrétien de prier avec et pour les autres. La prière pour l'unité des croyants est une dimension saine qui ne signifie pas de prier pour l'uniformisation des institutions, mais pour l'unité des disciples de Jésus-Christ dans son enseignement et pour la fidélité des disciples dans la Parole biblique. »

Sources : BIA / COE / Centre de recherche Ellen White