Vidéo critique sur l'adventisme : réponse du Centre de recherche Ellen White

Eglise adventiste, Université Andrews MichiganBible-Only. Ainsi se nomme un site nord-américain revendiquant une compétence particulière : la détection de sectes. Cependant, en dépit de cette prétendue aptitude, les articles mis en ligne sur Bible-Only sont révélateurs de la sélectivité de leurs auteurs. Les pseudo-sectes sont au nombre de trois : l'Eglise catholique, l'Islam, et l'Eglise adventiste. Chacune est victime de la même méthodologie : la secte, c'est l'autre. La secte, c'est le groupe auquel je n'adhère pas doctrinalement. La secte ne peut être qu'objet de mépris. Point nécessaire de prouver ce que l'on en dit, affirmer suffit, les allégations de Bible-Only semblent relever de l'évidence. Donner la référence d'un texte catholique, musulman ou adventiste pour permettre à l'internaute d'en vérifier la source, le contexte, la qualité de l'éventuelle traduction en français, la crédibilité : à quoi bon ? Affirmer, dénigrer est suffisant. Ce n'est, après tout, que ce que ces soi-disant sectes méritent. Ainsi sont épinglés : le catholicisme, l'islam, enfin l'adventisme. Une question surgit alors de la lecture de ce site. Les descriptions faites du catholicisme, de l'islam et de l'adventisme ne sont-elles pas un miroir ? Une signature. L'esprit prétendu habiter ces communautés religieuses diffamées, ne serait-il pas, au final, celui du site lui-même ? Bible-Only ne serait-il pas habité par l'esprit de ce que les auteurs bibliques appelaient « shatan » en hébreu, ou « diabolos » en grec ? Celui dont les journées sont passées à salir, à « accuser les frères », à mettre dans la boue. Nous croyons que le Dieu dont Jésus-Christ a été « l'empreinte » (Lettre aux Hébreux, chapitre 1), dont il a voulu montrer la beauté du visage, est au contraire celui qui défend, valorise l'être humain, et fait l'impossible pour lui redonner sa dignité. Nous croyons que les chrétiens adventistes, comme leurs sœurs et leurs frères des autres communautés chrétiennes, sont appelés à cette merveilleuse et urgente mission.

La version francophone de ce site invite à visionner une vidéo américaine critique à l'égard de la communauté adventiste « Seventh-day Adventism - The Spirit Behind the Church ». Cette attitude, en soi tout à fait légitime, pourrait être d'un grand bénéfice à tout chercheur, si le ton et la manière d'argumenter respectaient la courtoisie chrétienne la plus élémentaire. Ce n'est hélas pas le cas, cette vidéo, comme le commentaire qui en fait l'éloge sont des règlements de compte de croyants agressifs, incapables d'un dialogue œcuménique avec les chrétiens d'une autre Eglise que la leur. Le dialogue n'est en réalité pas leur projet. Affirmer, la plupart du temps sans argument, sans source, est leur seul objectif. La violence verbale de ce réquisitoire a de quoi interpeller le chercheur en quête de sources sur l'adventisme. Nous proposons ici quelques pistes de réflexions pour aider l'internaute dans sa recherche. Il ne s'agit pas pour nous de remettre en question la sincérité et la foi des croyants à l'origine de cette vidéo et de ce site francophone. Mais de questionner leur méthodologie et le climat polémique choisi pour rencontrer l'adventisme.

Nous commençons par les trois premiers paragraphes du site francophone : « Introduction de Bible-Only », puis « La religion adventiste » enfin "Ellen White". Nous mettrons prochainement en ligne la suite de notre réponse.

Introduction de Bible-Only

S'agit-il bien d'un documentaire ?

Le terme utilisé pour qualifier la vidéo « documentaire » est élégant, et prend subtilement le ton de l'analyse, de l'observation, du reportage. En revanche, le contenu n'en prend pas le chemin. Le commentaire francophone traduit parfaitement celui de la vidéo, construite dans un esprit de démolition et de règlement de compte. Pour une déclaration qui entend donner des leçons en matière de bon et de mauvais "esprit", voila qui est, pour le moins, paradoxal et incohérent.

Institut de recherche bibliqueSi le commentaire francophone est relativement récent, la vidéo anglophone a été publiée en 1998 par un ancien pasteur américain qui a quitté l'Eglise adventiste. L'Institut de recherche biblique de l'Eglise adventiste (BRI) a publié une réponse à cette vidéo, en juin 1999. Celle-ci est consultable en ligne : en langue française sur notre site, sur les sites du BRI et du Ellen G. White Estate pour le texte anglais original.

Le concept de secte

« Nous recommandons la consultation de cette vidéo », écrivent les auteurs de Bible Only. Cette recommandation serait justifiée par le caractère sectaire de l'Eglise. Il est en effet mentionné à propos de l'association à l'origine de la vidéo, qu'elle « a pour but de mettre en garde contre les sectes ». Dieu merci, le recours à la terminologie de la « secte » est moins fréquent en France qu'il ne l'était dans les décennies précédentes. Avec le temps, notre pays a mieux compris que cet usage pouvait être abusif, pour ne pas dire méprisant et précisément très … sectaire. Par ailleurs, qui décide des caractéristiques capables de définir une « secte » ou un comportement « sectaire » ? Le mot a pris quelques rides et commence, en raison de son usage polémique, à perdre de sa substance. Le risque est grand, en effet, de qualifier de « secte », un groupe, quel qu'il soit, qui n'adhère pas à ma vision. Au fond, à ma propre définition de la vérité. Bible Only se veut dépositaire de « la lumière des vérités bibliques » et entretient une confusion courante. Ce que ce site estime être la vérité biblique, sa propre compréhension, son credo, est considéré comme LA vérité.

Le recours au terme « secte » dans le commentaire de Bible Only suffit, à mon sens, pour prendre un certain recul avec ce texte. En tout cas pas à ne pas lui accorder le statut d'étude, de recherche objective et scientifique.

L'omniprésence d'Ellen White dans l'argumentaire

Le statut accordé à Ellen White dans l'article de Bible Only est révélatrice, non pas tant de la place que cette chrétienne occupe dans l'adventisme lui-même, et encore moins dans sa propre pensée, mais bien plutôt révélatrice de l'imaginaire des rédacteurs de l'article qui nous occupe. Un exemple parmi d'autres : Ellen fondatrice de l'Eglise adventiste. Tout d'abord parce que ce que l'on appelle communément « mouvement adventiste » n'est pas la propriété des croyants qui aujourd'hui fréquentent l'Eglise internationale qui porte cet adjectif dans son propre nom. Pas plus que William Miller, dont il est aussi souvent dit qu'il en a été l'un des fondateurs. Les termes « adventist » ou « advent » étaient en usage bien avant le XIXe siècle. Bien avant la naissance de Miller et du couple White. Ce que nous venons de décrire s'applique tout autant à l'Eglise adventiste, organisée en tant que telle en 1863. Là encore, Ellen White participe avec bien d'autres amis chrétiens, à la naissance de cette jeune communauté, mais n'en est absolument pas la fondatrice. Certes, les clichés ont du succès. Ce sont des raccourcis spectaculaires qui favorisent l'amalgame et la simplification. Il est bien plus croustillant de voir, ou plutôt d'imaginer, une femme, « prophétesse » (terme dont la signification serait à discuter), fondatrice. Cette image se vend sans doute mieux. Les historiens ne peuvent, eux, souscrire à ce type de clichés. On y apprend davantage de choses sur l'intention des polémistes, que sur les faits et les personnes qu'ils prétendent avoir étudiés.

Bible Only utilise un langage people pour interpeller et inciter au visionnement de la dite vidéo. On y mentionne des adventistes « de haut rang » qui ont découvert « la vérité », celle de Bible Only et l'on prévient du "choc" occasionné par les témoignages.

Diabolisation de l'adventisme

En fin d'introduction, le ton se veut plus rassurant. A défaut de courtoisie, on a compris qu'il est temps maintenant de prendre un peu de recul : « Le but de cette présentation n'est pas de discriminer ou moquer les adventistes, mais de mieux cerner l'adventisme, ses doctrines et « l'esprit derrière l'Eglise ». De rassurant, le ton devient suspicieux, voire ésotérique. Cette formulation finale introduit subtilement et très fidèlement le contenu même de l'article. L'Eglise adventiste y est présentée comme un espace diabolique. Que faut-il comprendre par « esprit » ? Nous sommes ici devant une condamnation qui dépasse la simple question d'« état d'esprit », ou de « mentalité » qui pourraient être ceux de la communauté adventiste visée. L'« esprit » qui anime la famille adventiste ne peut être celui du Christ, selon ces experts donneurs de leçons de « vérité ». L'esprit qui anime l'adventisme n'est pas le Christ ? Il ne reste donc pas beaucoup d'alternative. L'arrogance de cette intolérante peinture n'est pas nouvelle.

Cette photographie de l'adventisme perdure aujourd'hui dans certains milieux protestants radicaux. Son origine remonte à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, au moment de l'émergence du mouvement fondamentaliste. Qualifié alors de « système hérétique », l'enseignement adventiste « destructeur de l'âme » ne pouvait contenir que des « doctrines de Satan ». L'inflation des jugements fondamentalistes ne connaissait aucune limite, l'Eglise adventiste était un « fanatisme rempli de péché », une « distorsion misérable », un « repère du diable ». Voir à ce sujet Jean-Luc Rolland, « Le dynamisme de l'attente : sources et itinéraires de l'espérance adventiste », in Ces protestants que l'on dit adventistes. Paris, L'Harmattan, 2008, p. 29-88. Voir également : William Brewster, Adventism reviewed and its leading principles and arguments refuted. Lowell, C.L Knapp, 1854. James Brookes, Present truth. Springfield, Edwin A. Wilson, 1877. William Irvine, Timely warnings. Neptune, Loizeaux Brothers, 1917. Karel Van Baalen, The chaos of cults : a study of present day isms. Grand Rapids, William Eerdmans, 1938.

La religion adventiste

Un vocabulaire méprisant

Le premier paragraphe de l'article se poursuit dans un climat similaire à son introduction. Quelques éloges sur la « haute qualité » des émissions de radio et de télévision, sur l'efficacité de la médiatisation des conférences bibliques et sur la renommée des institutions adventistes telles que l'université de Loma Linda, ne suffisent pas à estomper la culture de la dérision de cette caricature.

Le vocabulaire cultive le dédain en choisissant des mots qui cherchent à humilier. L'Eglise adventiste n'est pas présentée comme telle, mais comme « religion », voire « mouvement », deux termes qui d'une certaine manière témoignent d'un refus de considérer la communauté comme une Eglise. L'introduction l'avait déjà souligné, pour les auteurs elle n'est qu'une « secte ». Il n'est donc pas nécessaire d'actualiser ses statistiques. Elle contient quelques millions de femmes et d'hommes appelés ici « adeptes », le langage est résolument péjoratif. Si dans une Eglise l'on rencontre des croyants, des chrétiens, des sœurs et des frères, chez les adventistes, on y trouve une autre espèce d'humains : des adeptes. On préfèrera parler de 13 millions, en dépit de la croissance remarquée vers la fin du paragraphe. L'Eglise adventiste compte aujourd'hui entre 40 et 50 millions de personnes, parmi lesquels se trouvent 16 millions de croyants appelés « membres d'Eglise ». La communauté adventiste, à cet égard fidèle à la tradition baptiste dont elle est issue, distingue en effet les croyants baptisés et leurs enfants qui, tout en fréquentant les activités sociales, culturelles et spirituelles de l'Eglise, n'en sont pas encore membres.

Les enseignements adventistes mentionnés – étude des prophéties bibliques, diététique et éducation - sont déclarés « accent séduisant ».

Affirmations gratuites

Comme dans l'introduction, les auteurs procèdent par affirmations. L'internaute est laissé orphelin, il lui appartient, seul, d'en vérifier les sources, les preuves. En aura-t-il le temps, le souhait ? La réponse à ces questions essentielles touche au sujet délicat de l'addiction. On peut en effet ici parler de dépendance. Il n'est pas rare dans notre monde pourtant abreuvé d'informations, d'observer d'honnêtes gens pourtant rapides à croire tout et n'importe quoi. Il suffit pour les bouleverser, d'affirmer de façon péremptoire. Dans ce sens, le succès de l'affirmation accusatrice aura particulièrement du succès. Il est plus facile de toucher une personne en accusant un tiers, que d'en dire du bien. Au nombre de ce type d'affirmations on peut ici relever le « certain nombre de contradictions historiques dans la religion Adventiste ». De quoi s'agit-il ? Que faut-il comprendre par « contradictions historiques » ? Aucune réponse. On apprend, et toujours sans pouvoir le vérifier, que l'ex-pasteur adventiste Snyder aurait été licencié pour avoir découvert ces dites « contradictions historiques ».

Suspicion

Les « adeptes » ne sont capables d'aucun geste de pure humanité, de gratuité. Faire du bien, lorsqu'on est adepte, ne se vit pas comme lorsqu'on est un chrétien. Ainsi, l'adventiste, s'il aide son prochain à se libérer d'une addiction comme le tabac, ne pense aucunement au bien-être de son prochain, à sa santé, à son épanouissement, à sa dignité. Cela est une démarche de chrétien, pas d'adepte. L'adventiste, lui, recrute. Il compte les points, fait des statistiques. Lorsqu'il parle de croissance de l'Eglise, c'est au registre qu'il pense. Non pas au bonheur de l'humanité. Telle est la caricature photographique des auteurs de Bible-Only pour lesquels les adventistes ne font que du « prosélytisme », pour « attirer de nouveaux membres ». Soyons transparents, cette vision de la mission chrétienne existe au sein de l'Eglise adventiste. Comme elle a existé dans le communisme de l'URSS et de Mao, comme elle existe dans toutes les communautés qui se réclament de Jésus-Christ. L'adventisme n'a pas le monopole de ce dérapage. Mais il existe, et on peut le déplorer. En pleurer. Mais l'Eglise adventiste n'encourage pas à cette perversion de la mission chrétienne. Pas plus que la plume d'Ellen White, il suffit pour cela de lire des livres comme Jésus-Christ, Une vie meilleure, Le meilleur chemin ou encore Le ministère de la guérison.

Référence obsessionnelle à Ellen White

Nous avons fréquemment observé le phénomène qui consiste à reproduire dans la critique ce que l'on a vécu auparavant dans l'éloge. En clair, et cela nous semble se vérifier dans tous les milieux, qu'ils soient religieux ou ne le soient pas. Les auteurs de Bible-Only, tout au moins ses auteurs anglophones ont côtoyé des croyants adventistes, fervents lecteurs d'Ellen White dont l'enthousiasme les conduisaient à lire et à citer la plume de cet auteur en quantité bien plus impressionnante que la Bible. Voire à la lire d'une façon que l'on peut facilement imaginer fondamentaliste. Littérale, sectaire, autoritaire et exclusive. Cette lecture est-elle recommandée par l'auteur elle-même ? La raison d'être du Centre de recherche Ellen White est justement d'inviter le lecteur à une étude intelligente, équilibrée, ouverte, généreuse et hospitalière à l'égard d'autrui lorsqu'il ne comprend pas, ne croit pas, d'interprète pas, ne se comporte pas … comme soi. La souffrance occasionnée par une lecture infantilisante et fondamentaliste d'Ellen White, conduit souvent à une allergie et provoque une attitude de méfiance exacerbée qui amène à suspecter l'auteur sans s'interroger si le problème ne provient pas plutôt de certains de ses lecteurs. En outre, cette pathologie imite parfois le problème qui a été la cause de cette souffrance. On lisait et citait Ellen White en abondance. On a souffert. On a « découvert » des « contradictions ». On passe ensuite un temps infini à la citer, cette fois pour la démolir. Et curieusement, cette nouvelle lecture, cette fois critique, se fait de manière similaire. Les citations sont légions, toutes affirmées, souvent sans référence et sans herméneutique. Il n'est pas question d'étudier telle pensée dans son contexte, dans son Sitz im Leben, dans sa langue originale, et dans l'ensemble de l'article, du chapitre, voire du livre. Ceci pour mieux comprendre la référence et éventuellement questionner la manière dont on la comprend. Loin de cet esprit, on affirme, on cite. Ellen White est, une fois de plus, prisonnière. Condamnée avant d'avoir été entendue. Autrefois vénérée, elle est aujourd'hui sur le pilori. Mais … curieusement abondamment mentionnée. Cette manière d'approcher les textes s'exprime partiellement dans l'écrit que nous analysons aujourd'hui. La « religion » adventiste serait ainsi « basée sur les enseignements et les philosophies de sa fondatrice au 19ème siècle ». Ce rapport insolite à Ellen White conduit même les auteurs de Bible-Only à commencer leur discussion théologique par Ellen White. Ce sera le sujet du second paragraphe de l'article. Ainsi, fait-on remarquer : « Afin de déterminer l'importance de ces différences, il faut examiner les enseignements de la défunte fondatrice de la religion Adventiste du Septième Jour, Ellen G. White. »

Ellen White

Une curieuse biographie

La manière dont l'auteur raconte la biographie d'Ellen White est d'emblée remplie de suspicion. Sa naissance et son milieu familial sont superficiellement rapportés, il faut vite en venir à ce qui pourrait s'avérer utile pour mieux dénigrer. Cette enfant blessée à l'école primaire ne serait-elle finalement pas restée malade toute sa vie ? L'argument est commode, sa plume en serait ainsi affectée. On ne lit pas l'écrit d'une malade.

La vie de William Miller réécrite

Ellen et sa famille tombées « sous l'influence » de William Miller. On nous dit qu'il est « un grand prédicateur », mais le vocabulaire laisse un doute. Attention, Ellen est « tombée » sous cette influence. Miller est vite singularisé comme celui qui fixe des dates au retour du Christ, comme si dans l'histoire chrétienne, et surtout en son temps il avait été le seul à le faire. Bible Only n'est pas History Only. Que le site prétende ne se fonder que sur la Bible, cela reste à démontrer. Mais que les arguments soient appuyés par de solides sources historiques, nous serions en droit de nous y attendre. Or l'internaute est réduit à faire aveuglément confiance à toute une série d'affirmations, musclées mais en fin de compte, peu crédibles. Comme Ellen, on se plaît à stigmatiser le « grand prédicateur » Miller.

Après une évocation de l'Encyclopédie Universelle Juive, sans aucune source pour le vérifier, on apprend qu'un jour dit « de l'expiation » ? - de quoi s'agit-il ? - aurait commencé un 23 Septembre, et non un 22 Octobre. En quoi ce détour brumeux par cette encyclopédie nous renseigne-t-il sur Miller ? Se serait-il trompé de date ? Mais au fond, était-il lui-même l'auteur de cet algèbre prophétique ? Il y a des raisons historiques d'en douter. Nous renvoyons sur ce point nos amis internautes aux recherches suivantes :

Knight George, Millennial fever and the end of the world : a study of Millerite Adventism. Boise, Pacific Press Publishing Association, 1993.
Land Gary, Adventism in America : a history. Berrien Springs, Andrews University Press, 1998.

Bible Only n'en est pas à un scoop près. Ainsi William Miller aurait fait partie de ce qu'il appelle la « religion adventiste ». Il aurait été plus sage d'en rester à l'histoire, celle d'un pasteur baptiste qui n'est jamais devenu paroissien de ce qui ici est qualifié de « religion adventiste ». Et pour cause, il est décédé avant même que l'Eglise adventiste naisse, ceci en 1863. Le mouvement de réveil qu'il a favorisé, tout en n'étant pas le seul, est resté jusqu'au bout trans-dénominationnel. Composé de paroissiens issus de communautés, d'Eglises, de dénominations toutes fort différentes. Sans demander ni attendre de ses auditeurs un quelconque changement de « religion ».

Les réunions de William Miller auraient « été marquées par beaucoup de sentimentalisme ». Que faut-il comprendre par cette expression qui semble suspecter l'émotion dans la vie spirituelle ? L'article de Bible Only poursuit sa tâche inlassable de dénigrement et d'accusation malveillante. Ainsi est-il question, sans en expliquer le sens, « d'hystérie sur le retour imminent du Christ ». Le Nouveau Testament est rempli de réflexions sur ce thème. Faut-il parler d'hystérie ? Voir à ce sujet : Matthieu 24 et 25, Marc 13, Luc 21, Jean 14, 1-3, 1 Thessaloniciens 4, pour ne mentionner que quelques exemples parmi de nombreux autres.

Jean-Luc Rolland
Faculté adventiste de théologie
Centre de recherche Ellen White