Archives de l'adventisme en Europe : collection John Andrews

Le Campus adventiste du Salève abrite l'une des sections des Archives Historiques de l'Adventisme en Europe. Ce centre de recherche, comme le Centre de recherche Ellen White, est situé dans l'enceinte de la Bibliothèque Alfred Vaucher. Les archives disposent d'une documentation très diversifiée, parmi laquelle un stock très important de livres dont l'inventaire complet vient d'être fait. La bibliothèque privée du pionnier John Andrews est l'une des collections de ces archives. Nous remercions son directeur, Guido Delameillieure, pour l'excellence de ce travail.

John Andrews, pionner et théologien adventiste

John Nevins AndrewsJohn Nevins Andrews (1829-1883) était un intellectuel, lisait la Bible en sept langues et affirmait connaître le nouveau testament par cœur. Il jouera un rôle important dans l'organisation de l'Eglise, dans l'évangélisation et dans le développement de la théologie adventiste.

Dans la première partie de sa carrière il sera successivement pasteur et évangéliste (1850-1867), président de la Conférence générale (1867-1869), éditeur de la Review and Herald (1869-1870). En 1861, Andrews publie son livre « History of the Sabbath and the First Day of the Week ».

En 1874, la Conférence générale envoie Andrews comme missionnaire en Europe. Après une escale en Angleterre, il se rend en Suisse, où il visite et rassemble ceux qui se sont convertis grâce au travail de Michael Belina Czechowski (1818-1876), prêtre polonais devenu par la suite pasteur adventiste. Il avait partagé sa foi en Italie et en Suisse dix ans plus tôt. En 1875, Andrews fonde la maison d'édition adventiste de Bâle et publie le premier numéro de la Revue Signes des Temps. Il meurt à l'âge de 54 ans en 1883, à Bâle comme son épouse décédée neuf ans auparavant dans la même ville suisse.

Article de l'Adventist Encyclopedia sur John Andrews

Premier missionnaire adventiste du septième jour dépêché hors d'Amérique du Nord. Né à Poland, dans l'État du Maine et décédé à Bâle, en Suisse, à l'âge de 54 ans. Marié en 1856 à Angeline S. Stevens ; ils ont eu comme enfants Charles (né en 1857), Mary (née en 1861) et deux autres morts en bas âge. On sait peu de choses de l'enfance et de la jeunesse d'Andrews, qui « trouva le sauveur » à l'âge de 13 ans. Il prenait plus de plaisir à « l'étude intensive » qu'aux activités physiques ; adulte, il savait lire la Bible en sept langues et affirmait pouvoir citer de mémoire tout le Nouveau Testament. À 17 ans, il se mit à respecter le Sabbat du septième jour de la semaine. Il commença son travail pastoral à 21 ans, en 1850, et fut ordonné en 1853.

Pendant ces trois ans, il anima des réunions d'évangélisation dans 20 localités différentes des États du Maine, du New Hampshire, du Vermont, de New York, de l'Ohio et du Michigan, ainsi que dans l'est du Canada, publiant aussi 35 articles, d'une longueur totale de quelque 170 000 mots. Cet intense programme d'écriture et de ministère public eut pour conséquence qu'au bout de cinq ans il se retrouva « complètement prostré, » aphone et diminué dans sa capacité oculaire. Pour recouvrer la santé, il partit en 1855 à Waukon, dans l'Iowa, travailler sur l'exploitation agricole de ses parents. Revenu au pastorat en 1859, Andrews anima pendant plusieurs années des réunions publiques dans le Michigan, le Massachusetts, le Minnesota et l'État de New York.

En 1864 il devint membre du comité de la Fédération de l'État de New York, et, l'année suivante, fut appelé à siéger au Comité exécutif de la Conférence générale. In 1867 il devint le troisième président de la Conférence général, poste qu'il occupa pendant deux ans. Il fut rédacteur-en-chef du Review and Herald de mai 1869 à mars 1870. Le 15 septembre 1874, accompagné de ses enfants Charles et Mary (son épouse était décédée le 18 mars 1872), il s'embarqua à Boston pour Liverpool en Angleterre afin de se rendre en Suisse. Arrivé dans ce pays, il y eut pour première tâche de rendre visite aux convertis déjà sur place et de les organiser, tout en se livrant à un travail individuel auprès de personnes intéressées. Puis il écrivit des tracts et rédigea un projet pour l'édition d'une publication. En avril 1876 la Conférence général approuva par un vote l'allocation de 10 000 dollars (soit 182 000 dollars actuels, c'est-à-dire 144 000 euros ou 227 000 francs suisses) pour l'établissement d'une imprimerie adventiste en Europe. En juillet 1876 Andrews publia le tout premier numéro de Les Signes des Temps, mensuel traitant d'un vaste éventail de sujets (événements mondiaux, prophéties, doctrines bibliques, santé et tempérance) et comportant des articles repris de journaux et magazines étatsuniens. La préparation de cette publication absorbait une telle proportion de son temps que les dirigeants de la Conférence générale exprimèrent leur crainte qu'il négligeât son travail interpersonnel et son ministère public, ce à quoi il répondit qu'il n'avait jamais envisagé de s'enfermer dans une imprimerie et qu'à l'avenir il se donnerait pour but de mieux équilibrer son emploi du temps, mais qu'en profondeur il était écrivain, et que puisque sa santé n'était pas très bonne, il faisait de son mieux dans les conditions qui étaient les siennes. Il mourut à Bâle, neuf ans après son arrivée en Europe.

Bibiothèque privée de John Andrews
Bibiothèque privée de John Andrews

En tant que théologien, Andrews a contribué de manière significative au développement de différentes doctrines de l'Église adventiste du septième jour. Par exemple, il y avait eu divergence d'opinion, au sein des adventistes « sabbatophiles, » pendant un certain temps après qu'ils aient commencé d'observer le Sabbat biblique, ou septième jour de la semaine ; il s'agissait de savoir quand précisément devait débuter le Sabbat. Joseph Bates, en 1851, estimait que ce devait être à 18h00 le vendredi soir. Pour d'autres, il fallait respecter le Sabbat du coucher du soleil du vendredi à celui du samedi, comme en avaient coutume les Baptistes du septième jour. En 1855, James White demanda à Andrews d'étudier le sujet de manière approfondie et ce dernier publia les résultats de son travail dans un article où il montrait, en s'appuyant sur les textes bibliques, que le Sabbat commence au coucher du soleil le vendredi soir. Ses conclusions devinrent la position de l'Église, acceptée comme telle.

Les abondants écrits d'Andrews sur le sujet du Sabbat du septième jour dans l'histoire furent publiés en octobre 1861 sous forme d'un livre de 340 pages intitulé History of the Sabbath and the First Day of the Week. Des éditions ultérieures de cet ouvrage furent publiées en 1873 et en 1887, et en in 1912, il fut réédité sous forme revue et augmentée (864 pages) par L. R. Conradi, qui figura comme coauteur avec Andrews. Andrews fut le premier des dirigeants d'Église à publier un article appliquant aux États-Unis d'Amérique la métaphore de la bête à deux cornes d'Apocalypse 13. Il anima aussi une recherche sur ce qu'enseignait l'Écriture à propos du soutien à apporter au pastorat, recherche qui déboucha sur l'adoption du plan de générosité systématique (Systematic Benevolence). En 1878, Andrews fit partie du comité qui recommanda l'adoption du système de la dîme.

Harmonium ayant appartenu à John Andrews
Harmonium ayant appartenu à John Andrews

Andrews se montra aussi très actif dans son aide au développement de l'organisation ecclésiale. Les premiers pionniers adventistes étaient opposés à toute forme d'organisation, mais ils durent reconnaître que sans structure formelle l'Église ne pourrait détenir légalement la moindre propriété. Andrews proposa donc la formation d'une association dont il affirmait qu'elle ne serait « pas une Église constituée dans un cadre légal. » Sa recommandation portait sur « non pas une organisation ecclésiale légale, mais une association commerciale légale. ». Il présida le comité de trois membres chargé de suggérer la forme d'organisation d'une maison d'édition confessionnelle (1860), ainsi que le comité chargé de rédiger le projet de constitution et de règlement intérieur de l'organisme central de l'Église (1863). Pendant la Guerre de Sécession, quand fut mis en vigueur la loi de conscription, il représenta l'Église auprès des autorités de Washington afin d'expliquer pourquoi les adventistes du septième jour croient que toute participation aux combats est contraire aux principes chrétien, ce qui permit au conscrits adventistes de demander à servir comme non combattants.

Extrait de l'article "France" de « Seventh-day Adventist Encyclopedia », second edition, Review and Herald Publishing Association, 1996, vol. 10, p. 68-69.

Traduction : Claude Fivel-Démoret

Collections des Archives Historiques de l'Adventisme en Europe

1. Archives administratives

Les Archives possèdent une quarantaine de fonds administratifs de différentes administrations adventistes de l'Europe latine.

2. Collections privées

Les Archives abritent une centaine de collections privées. Les plus importantes sont celles d'Alfred Vaucher, de la famille Vuilleumier et de Maurice Tièche.

3. Livres, périodiques, brochures

Nous essayons de reconstituer une collection complète des livres, périodiques, pamphlets et brochures édités par l'Eglise adventiste en français, italien, espagnol, portugais et néerlandais depuis ses origines. Les Archives possèdent à peu près 2300 livres et des collections (plus ou moins étoffées) d'environ 200 périodiques adventistes (collections mortes et vivantes).

4. La photothèque

Les Archives possèdent de très importantes collections de photos (et de diapositives). Un travail d'organisation, de rangement et de cotation est en cours. Les collections les plus importantes sont : J. J. Aitken, Robert Gerber, J. Nussbaum, Jean Vuilleumier, CUPS, Fédération Suisse-romande, Fédération belgo-luxembourgeoise, Pierre Lanarès.

5. Dossiers documentaires, cassettes audio, objets

Une centaine de dossiers thématiques (plus ou moins fournis) sur l'histoire mondiale du mouvement adventiste sont en consultation libre. Les Archives possèdent également des cassettes audio avec des interviews et de nombreux objets.

6. Deux bibliothèques de pionniers

Les Archives historiques de l'adventisme en Europe abritent les 700 livres de la bibliothèque personnelle de John Andrews (1829-1883), pionnier de l'adventisme européen ainsi que les 1400 livres de la bibliothèque personnelle d'Alfred Vaucher (1887-1993), pasteur et théologien adventiste.