Liturgie d'ouverture de la Faculté adventiste de théologie

Les fourberies de CalvinFaculté adventiste de théologieEtudiants et professeurs de la faculté étaient invités mercredi matin 2 septembre à un culte de rentrée pour lequel Gabriel Monet et Jean-Luc Rolland avaient choisi de se laisser inspirer par Calvin. Il y avait de bonnes raisons à cela. Rester en harmonie avec les commémorations de l'année Calvin 2009. Prolonger le colloque Calvin organisé en mai dernier à la FAT, ainsi que la belle liturgie préparée par les étudiants de 3ème année. Annoncer la publication des actes de ce colloque. Evoquer le spectacle Les fourberies de Calvin donné dans notre région lémanique par La Compagnie de La Marelle entre septembre et décembre.

Calvin, c'est Genève… C'est aussi, proche de nous, Ellen White qui – si elle a moins longtemps résidé à Genève que le Réformateur – lui consacre quand même un certain nombre de pages. Calvin enfin, parce que l'adventisme n'est pas né comme cela… par un beau jour d'automne 1844. Notre communauté est l'un des nombreux enfants de Jean Calvin. Comme la FAT ce 2 septembre, Ellen White, comme le colloque de la FAT souhaitaient le redire.

Pour tout cela, le menu de la liturgie conviait à une visite historique et spirituelle : psaume huguenot chanté par l'assemblée, lecture de la Bible de Sébastien Castellion, prières de Calvin… Les musiques de Clément Janequin sur le psaume 36 : « Que Dieu se montre seulement », et de Claude Goudimel sur le psaume 92 : « O que c'est chose belle de célébrer le Seigneur et de célébrer son nom » étaient interprétées par La Camerata Baroque au travers de son magnifique dernier enregistrement (Hortus 064). Cet ensemble interprète ces psaumes dans le style de l'époque et sur des instruments originaux.

L'évocation de Castellion n'avait rien de provocateur. Elle rappelait, en cela fidèle à Calvin lui-même, que tout réformateur qu'il ait pu être, notre modèle n'est pas Jean Calvin, faillible, prisonnier de son temps, vulnérable. Mais Jésus-Christ. Une bonne occasion de nous souvenir que les tensions entre les deux hommes étaient – selon la lecture qu'en faisait Calvin – dues à des questions théologiques et à l'esprit trop libre, trop indépendant de Castellion. Cet homme, apôtre de la tolérance, dès le XVIe siècle pouvait en effet affirmer : Il vaudrait mieux laisser vivre cent, voire mille hérétiques, que de faire mourir un homme de bien sous ombre d'hérésie. Et ce mot devenu célèbre : Tuer un homme ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain ; on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme, mais en se faisant brûler pour elle.

Dans ce même esprit, Roland Meyer, doyen de la faculté et Ralf Weggener, directeur général du Campus adventiste du Salève, sont intervenus à l'occasion de ce culte de rentrée universitaire, par deux messages centrés sur l'évangile de Jean et le livre du prophète Esaïe.

Site de la Marelle et calendrier de la tournée