Copie - emprunt littéraire - plagiat : de nouvelles recherches

Robert Macfarlane, « Original copy : plagiarism in nineteenth-century literature ». Oxford University Press, 2007.

Ce livre passionnant aborde la question des sources dans la littérature du XIXe siècle. Cette étude ne fait pas référence à Ellen White, silence qui, en soi, remet en question une certaine tradition de stigmatisation de l'auteur de la Tragédie des siècles. Comme si en son temps Ellen White était la seule à avoir copié. Macfarlane fait une captivante analyse de ce que l'on peut réellement considérer comme plagiat et montre ce que d'autres analyses ont déjà révélé depuis la publication du livre de Walter Rea dans les années 1980. S'il est indéniable qu'Ellen White a lu, et même beaucoup, qu'elle a emprunté les mots, les expressions de plusieurs auteurs, son travail de copie n'a pas consisté en un aveugle et naïf copier-coller. Ellen reformule, choisit de façon sélective quelques expressions qui lui semblent être exprimées mieux qu'elle ne saurait le faire. En dépit des tableaux comparatifs habituels, il ne saurait en aucun cas s'agir de plagiat. L'observation attentive de similitudes entre certaines pages d'Ellen et celles publiées par certains de ses contemporains est fort utile. Néanmoins ce travail intéressant a souvent été au service d'interminables polémiques, réduit à ne servir que de munition pour dénigrer l'auteur. Nous pensons ici à Canright, puis par la suite à Walter Rea, dont le travail ne s'est pas révélé très original, reprenant de façon assez candide les conclusions hâtives et polémiques de Canright. Certains sites en ligne reprennent à leur compte ces conclusions qui, pour ne pas être très scientifiques, n'en demeurent pas moins spectaculaires et attractives pour un lecteur non informé. On s'est plu à accuser Ellen d'avoir lu plus que la Bible et d'avoir ainsi plagié. L'étude de Macfarlane apporte, sans aucun parti pris - l'auteur n'est pas adventiste - un éclairage essentiel sur ces questions.