Faculté de théologie - Décès tragique du professeur Enrique Treiyer

Enrique TreiyerLe Dr. Enrique Treiyer a été victime d'un tragique accident de la route survenu samedi 18 avril au Luxembourg où il se rendait pour participer à un service religieux auquel une église adventiste du Luxembourg l'avait invité. Professeur de Nouveau Testament à la Faculté adventiste de théologie, Enrique Treiyer était docteur de l'université de Louvain. Nous adressons toutes nos sincères condoléances à Mireille, son épouse, professeur d'histoire dans cette même faculté.

Faire-part du décès

Message du président du campus adventiste

Chers amis,

Avec tristesse j'ai appris hier après-midi le décès d'Enrique Treiyer.

L'accident fatal s'est produit samedi matin au Grand Duché de Luxembourg, à quelques minutes de l'église où il devait prêcher. Il était accompagné d'un jeune étudiant de Collonges, qui est sous l'effet de choc mais n'a que de légères blessures.

Nous souhaitons nous retrouver demain matin lundi 21 avril 09 à 8 H 00 pour un moment de recueillement dans l'aula de la faculté. Je compte sur votre présence. Merci dès à présent de nous unir autour de notre Seigneur qui est notre seule espérance et de penser à Mireille dans nos prières.

Ralf D. Wegener
Directeur Général

Message du doyen de la Faculté adventiste de théologie

Chers collègues,
Chères étudiantes et chers étudiants,

Vous avez certainement appris, par un moyen ou par un autre, la subite et tragique disparition de notre collègue et professeur Enrique Treiyer. En se rendant, hier de son domicile belge à l'église du Luxembourg pour prêcher, il a glissé sur une route mouillée et son véhicule a terminé sa course contre un arbre. Matthieu Lachize était avec lui et, dans le malheur, nous sommes heureux de savoir que Matthieu s'en sort avec quelques égratignures.

J'étais, hier, en déplacement à Bourges avec Eliane pour une conférence et, en route, j'ai appelé Mireille pour avoir confirmation de la tragédie. J'ai constaté sa force à faire face à cette situation difficile. Merci de penser particulièrement à elle et à Matthieu qui est encore auprès d'elle.

En pensée avec chacune et chacun,

Roland Meyer
Doyen Faculté adventiste de théologie

Un service religieux aura lieu à Namur (Belgique) jeudi 23 avril à 19 H 00.
La semaine prochaine un service In memoriam sera célébré à Collonges en présence de Mireille, son épouse, de l'église et de la famille scolaire dans la chapelle du Campus adventiste.

Reflets d'actualité

Une approche chrétienne de l'actualité de la semaine

Chronique hebdomadaire produite par la Coordination des radios locales de France avec le concours des professeurs de la Faculté adventiste de théologie.

Gabriel Monet : édito enregistré le mardi 21 avril – semaine 2009-17

L'actualité des anonymes

Dans cet éditorial intitulé « Reflets d'actualité », mes collègues chroniqueurs et moi-même avons le plus souvent l'occasion de porter un regard sur les événements nationaux ou internationaux qui alimentent les journaux, les radios, les télévisions. Une actualité finalement connue de tous, mais sur laquelle nous essayons de porter un regard passionné mais aussi distancié, un regard avec nos convictions de chrétiens.

Aujourd'hui, j'aurais pu évoquer avec délectation le petit débat politico-politicien sur la pertinence ou l'impertinence des excuses que la France devrait donner quand la voix de son président n'est pas en phase avec l'avis de tel autre leader politique. J'aurais pu une fois de plus évoquer la crise et évoquer les méthodes discutables mais - au dire de certains - compréhensibles de séquestrer ses patrons pour mieux revendiquer. J'aurais pu mêler ma voix au concert unanime de protestations contre l'insupportable intervention du président iranien Ahmadinejad qui dans la conférence contre le racisme organisée par l'ONU à Genève n'a trouvé mieux que d'ostraciser Israël avec des mots insultants, et on aurait pu débattre de la meilleure méthode pour combattre de telles attitudes : la chaise vide ou être présent malgré tout pour mieux prendre le contrepied.

Bref, ce n'est pas de cela donc j'ai choisi de parler. Je voudrais évoquer cette actualité des anonymes qui bouleverse des vies mais dont on parle si peu la plupart du temps. C'est vrai, il est des actualités qui ne font pas la une des journaux et qui pourtant ont une importance capitale dans la vie de certains.

Comme vous venez de l'apprendre en introduction de cette chronique, mon ami et collègue chroniqueur Enrique Treiyer est décédé d'un accident de voiture tragique le week-end dernier. Je ne sais même pas s'il y a eu un article dans un journal local, mais cette actualité là bouleverse la vie de son entourage. Et vous comprendrez que pour sa famille, ou sur le Campus universitaire sur lequel Enrique était enseignant, cette nouvelle soit la « une », une actualité tragique qui met au second plan Sarkozy, Royal, les grands patrons, ou Ahmadinejad.

Je ne suis pas en train de nous encourager à ne plus nous intéresser la « grande » actualité. Mais il est bon de s'arrêter parfois sur l'actualité des anonymes, qu'elle soit bonne ou moins bonne. D'ailleurs je viens de lire les résultats d'un sondage qui vient d'être réalisé qui montre que 79 % des Français ont envie de changer de vie. Les plus pessimistes y verront l'indice d'un mal-être profond, le signe d'une inconstance troublante de l'époque, plus que jamais en quête de sens depuis la crise. Les plus optimistes y décèleront, bien au contraire, une formidable soif de liberté, un désir insatiable, quasi boulimique, de mordre la vie - sinon plusieurs vies - à pleines dents. Le phénomène des « bifurcations biographiques », comme disent les sociologues, a certes toujours existé. Dans les années 70, il était même de bon ton d'aller élever des chèvres dans le Larzac. Mais ils faisaient figure de marginaux. Aujourd'hui, qui n'a pas dans son entourage un aspirant au changement de cap existentiel ou, mieux, un quasi-héros qui soit déjà passé à l'acte. Du reste, deux millions et demi de Français auraient changé de vie au cours des trois dernières années. C'est peu dire que ces Français anonymes ont une actualité qui n'a certes pas fait la une des journaux mais qui peut susciter l'intérêt.

Une autre anonyme vit une actualité qui l'a fait sortir de l'ombre depuis quelques jours. Il s'agit de Susan Boyle. Si vous ne faites pas partie des quelques dizaines de millions qui ont vu l'extrait vidéo la concernant vous ne la connaissez pas. C'est sûr. Susan Boyle est écossaise vivant dans la petite ville de Blackburn. Chômeuse de 47 ans ; elle vit seule avec son chat ; et elle avoue ne jamais avoir embrassé un garçon de sa vie. Quelqu'un dont vous et moi n'aurions jamais entendu parler si elle n'était pas passé dans une émission de télévision anglaise du type « nouvelle star ». Or je n'ai évidemment pas regardé cette émission, mais juste vu après l'extrait diffusé sur Youtube car cet épisode n'est pas anodin. En arrivant sur la scène, ce sont les sifflets, rires et quolibets qui fusent tant la présence de cette femme dénote. Son look est plutôt à l'opposé des présupposés de ce qu'on attend d'une « nouvelle star ». Mais elle se met à chanter un extrait de la comédie musicale des « Misérables ». Et là surprise. Les moqueries sur les visages font place à l'étonnement, puis finalement à l'admiration. Et c'est la standing ovation. Un talent caché. Un talent anonyme (plus pour longtemps, et je ne prends pas beaucoup de risques en affirmant cela). C'est sur la foi de capacités vocales réellement époustouflantes qu'elle a donc triomphé du cynisme et de l'arrogance des présentateurs de ce type d'émission. Au passage, Susan Boyle démontre qu'il subsiste des talents cachés, y compris dans notre ère d'ultracommunication. Quelle ironie, enfin, que ce soit la télévision et son obsession pour l'image qui permette à une femme qui a tout misé sur l'être sans jamais miser sur le paraître de se faire reconnaître à sa juste valeur !

Que l'on fasse la une des journaux ou pas, que l'on soit connu ou anonyme, chacun d'entre nous a une actualité qui vaut le détour. La Bible affirme que Dieu s'intéresse à tous. Par l'intermédiaire du prophète Esaïe (43.4), Dieu nous dit à tous : « Tu as du prix à mes yeux ». La valeur de chacun n'est pas fonction de son étalage médiatique. Alors oui, sachons mettre en valeur l'actualité de ceux qui ne font pas forcément la une des journaux, et accueillons les reflets de la vie de tous ces anonymes qui ont quelque chose à nous dire. Car pour Dieu, personne n'est anonyme.

La vie d'Enrique Treiyer qui s'est achevée trop tôt a aussi quelque chose à nous dire. Il était un anonyme pour beaucoup. C'est vrai. Il était une voix pour vous auditeurs habitués de cette chronique. Mais tous ceux qui l'ont connu et fréquenté pourront vous dire et j'en suis : Pasteur et professeur de théologie, Enrique était un homme qui ne faisait pas que parler de l'Evangile, il le vivait. Ses étudiants, ses amis, ses voisins, ses collègues, peuvent dire à quel point c'était un homme rempli d'affection et d'attention, cherchant toujours à encourager. Rempli de tact il accompagnait dans la discrétion ceux qui en avaient besoin. Musicien hors pair avec sa chaude et puissante voix de basse, ou le son des instruments de musique qu'il jouait : la flute à bec, la clarinette et le basson ; la petite musique de sa vie va continuer à résonner longtemps dans nos cœurs. Plus souvent qu'on ne le pense la vie des gens ordinaire est extraordinaire et mérite un reflet d'actualité. Je te dédie cette chronique Enrique. A bientôt l'ami, pour la vie éternelle !

Gabriel Monet : édito enregistré le mardi 21 avril – semaine 2009-17