Un grand merci Soeur Emmanuelle

Sœur Emmanuelle, qui a dédié sa vie aux plus pauvres, est décédée dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 99 ans, a annoncé dans un communiqué Trao Nguyen, président d'Asmae-Association Sœur Emmanuelle.

Sœur Emmanuelle, de son vrai nom Madeleine Cinquin, s'est éteinte "dans son sommeil" dans la nuit de dimanche à lundi dans la maison de retraite de Callian (Var), a indiqué à l'AFP une responsable de l'association.

"Fatiguée", mais ne souffrant "d'aucune maladie particulière" selon la même source, la religieuse franco-belge allait célébrer son centième anniversaire le 16 novembre prochain.

"Conformément à sa volonté, ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité. Une messe à sa mémoire sera célébrée prochainement à Paris", selon le communiqué d'Asmae-Association Sœur Emmanuelle.

Sœur Emmanuelle, qui avait partagé pendant plus de 20 ans la vie des chiffonniers du Caire, avait mené une lutte acharnée contre la pauvreté et l'exclusion avec un franc-parler et une vitalité qui lui ont valu une popularité durable.

Elle avait publié en août dernier un livre entretien "J'ai cent ans et je voudrais vous dire", dans lequel elle tire les leçons du siècle qu'elle a traversé.

Sources : AFP, Paris, 20 octobre 2008

Soeur Emmanuelle, décédée dans la nuit de dimanche à lundi en France, a partagé pendant plus de 20 ans la vie des chiffonniers du Caire et mené une lutte acharnée contre la pauvreté et l'exclusion avec un franc-parler et une vitalité qui lui ont valu une popularité durable.

Née Madeleine Cinquin le 16 novembre 1908 à Bruxelles dans une famille franco-belge aisée, Soeur Emmanuelle n'a jamais hésité à médiatiser ses "révoltes" en faveur des plus pauvres en France ou à l'étranger devenant un alter ego de l'Abbé Pierre, décédé début 2007.

Diplômée de sciences philosophiques et religieuses, elle prononce ses voeux de religieuse à la congrégation de Notre-Dame de Sion en 1931. Un an plus tard, Soeur Emmanuelle quitte l'Europe pour enseigner dans les missions des pays de la Méditerranée. Elle découvre la Turquie, la Tunisie et en 1965, l'Egypte.

En 1971, à l'âge de 63 ans, elle s'installe dans le bidonville d'Ezbet el-Nakhl, parmi les chiffonniers du Caire. Elle consacre alors toute son énergie à faire construire des écoles, des jardins d'enfants, des dispensaires et oeuvre pour le dialogue avec les juifs et les musulmans.

La religieuse, petite silhouette en blouse grise et baskets, a fondé en 1980 l'association Asmae-association Soeur Emmanuelle qui aide des milliers d'enfants dans le monde de l'Egypte au Soudan, du Liban aux Philippines, de l'Inde au Burkina Faso.

En 1993, à 85 ans, sur ordre de sa hiérarchie, Soeur Emmanuelle quitte l'Egypte et ses "amis les chiffonniers" pour prendre sa retraite en France. La religieuse, qui aurait préféré mourir dans son bidonville du Caire, s'établit dans une communauté de Notre-Dame de Sion dans le Var.

Elle consacre désormais l'essentiel de son temps à la prière et à la méditation mais lutte aussi pour venir en aide aux sans-abris et aux sans-papiers.

Pour la soutenir dans ses actions, elle fonde sa propre association, en 1980 : ASMAE - Association Sœur Emmanuelle (visitez le site web de l'association). Pragmatique, elle veut professionnaliser ses actions et assurer sa relève. Sous son impulsion, l'association développe ses actions dans d'autres pays.

Soeur Emmanuelle, qui ne se voulait "ni de droite ni de gauche", a publié plusieurs livres, notamment "Richesse de la pauvreté" (2001), "Secrets de vie" (2000), "Yalla les jeunes" (1997), "Le paradis, c'est les autres" (1995). Elle avait publié en août dernier un livre entretien "J'ai cent ans et je voudrais vous dire", dans lequel elle tire les leçons du siècle qu'elle a traversé.

Elle devait célébrer son centième anniversaire le 16 novembre.

Sources : RTL

Le Centre de recherche Ellen White s'associe à la peine de ses proches et de l'ensemble des femmes et hommes qui, pour une raison ou une autre ont côtoyé Sœur Emmanuelle. Je garde à la mémoire une rencontre organisée à Genève en 2002 par l'Association des amis de Sœur Emmanuelle. Un moment inoubliable d'amour, d'intelligence, de vitalité et d'humour. Merci Sœur Emmanuelle !

Sur le Mont des Oliviers, le Christ a décrit la scène du grand jour du jugement à ses disciples. Il leur a montré que tout ne reposerait que sur un seul point. Lorsque les nations seront rassemblées devant lui, il n'y aura que deux types de personnes. Leur avenir éternel sera déterminé en fonction de ce qu'ils auront fait ou négligé de faire pour lui, dans la personne du pauvre et de celui qui souffre […] Celles et ceux que le Christ valorise au jour du jugement n'auront peut-être pas eu une grande connaissance théologique mais ils ont chéri les principes qui ont animé la vie du Christ [...] Ils ont été une bénédiction pour leur entourage.

Ellen White, Jésus-Christ, 1re éd. américaine 1898, Dammarie-les-Lys, Vie et Santé, 2000, p. 639-640, TR.

En brusquant les catholiques avec dureté, nous nous écartons de notre route, nous ne devrions pas agir ainsi. Parmi les catholiques, il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui sont des chrétiens très consciencieux […], ils recherchent à vivre en faisant du bien à leur prochain. Ne censurez pas, ne condamnez pas […] Soyons très prudents et ne faisons pas le procès de ceux qui, devant Dieu, sont moins coupables que nous.

Ellen White, Testimonies for the Church, vol.9, pp. 243-244.