Critique anti- Ellen White on-line

Mythes sur le web

Email adressé le 20 février 2006 au site web de Dirk Anderson.

Dirk Anderson est un ancien membre de l'Eglise adventiste. Très excessive son ancienne approche de la foi adventiste l'a fait fréquenter des milieux marginaux de l'Eglise encourageant une lecture totalement déséquilibrée de la Bible ainsi que d'Ellen White. En réalité Dirk Anderson et ses traducteurs francophones ont conservé la même conception de l'inspiration biblique et du prophétisme, très populaire dans les milieux du fondamentalisme nord-américain. C'est sur cette base que Dirk Anderson "vénérait" jadis Ellen White, faisant d'elle une encyclopédie infaillible de la pensée chrétienne. C'est au nom de cette même approche qu'Anderson dénonce aujourd'hui ce qu'il estime être un faux prophétisme. Avec arrogance son site parle de "dernières recherches" sur le sujet. En fait les objections de ce site ne prennent pas du tout en compte l'approche du Ellen G. White Estate, pas plus qu'il ne mentionne les travaux les plus récents d'universitaires spécialistes d'Ellen White ou les rencontres théologiques de 1919 organisées par le président de la Conférence générale de l'époque, Arthur Daniells. La réflexion adventiste contemporaine rejoint ainsi la pensée des pionniers et de l'auteur elle-même. Il est cependant indiscutable qu'après le décès d'Ellen White (1915) une part non négligeable de l'adventisme nord-américain a subi l'influence des milieux fondamentalistes au cours des anées 1920-1950. Cette influence a hélas affecté la lecture de l'oeuvre d'Ellen White, comme en témoigne le passé d'Anderson vécu dans des milieux d'une déplorable étroitesse dogmatique, éthique et herméneutique.

Chers amis,

Votre site règle ses comptes avec l'adventisme, avec Ellen White, et c'est votre droit. En revanche plus j'étudie vos arguments et ceux de Dirk Anderson, plus je m'aperçois qu'ils ne remettent jamais en question leur approche du prophétisme. Bien au contraire, la démarche qu'entreprend notre communauté mondiale à propos d'Ellen (hélas avec des résistances, je le reconnais) ne remet pas en question le prophétisme d'une femme comme Ellen White, mais ce que nous avons trop longtemps cru être Le prophétisme, avec ses mythes : le prophète toujours omniscient, infaillible, original, inspiré verbalement, visionnaire à chaque fois qu'il rédige. Cela coûte de convertir un tel regard sur un prophétisme étranger au langage et à l'expérience biblique, mais cela permet d'apprécier l'essence du prophétisme biblique, comme aussi celui d'Ellen White.

Je regarde avec empathie votre souffrance, mais constate avec étonnement que votre approche du prophétisme est très fondamentaliste. Par ailleurs vos arguments donnent le sentiment qu'il ne s'est rien passé dans l'adventisme sur le plan de l'herméneutique du corpus whitien au moment des Bible Conferences de 1919 et depuis les années 1980. Vos arguments datent beaucoup, et ceci est très regrettable. C'est là toute votre force auprès d'un public qui s'est jusque-là contenté de lire Ellen comme s'il s'agissait du Coran. Il y a pour ce lectorat en effet de quoi être surpris par votre argumentaire. Néanmoins mes nombreux voyages me montrent que vos soupçons sont aisément faciles à remettre en question. Il suffit de ne pas se tromper sur la nature du prophétisme. Sachez qu'actuellement nous accompagnons le lecteur d'Ellen White non seulement en lui faisant connaître l'essence de sa pensée, mais aussi sur le plan herméneutique. Au fait, savez-vous que ce mot existe dans le dictionnaire ?

Avec toute mon amitié,

Jean-Luc