Anthologie

Sola Scriptura

Les lignes qui suivent témoignent de la passion d'Ellen pour le texte biblique qu'elle encourage à lire dans l'esprit protestant du Sola Scriptura.

  • La foi protestante repose sur la Bible et la Bible seule. (The Great Controversy, 1911, page 486)
  • La Bible, et la Bible seule, est notre règle de foi. (Testimonies on Sabbath School Work, 1900, page 32)
  • Seules les paroles de la Bible, et exclusivement de la Bible devraient être proclamées depuis la chaire. » (Prophets and Kings, 1915, page 426)
  • Le Seigneur souhaite que sa Parole soit étudiée. Aucune lumière complémentaire n'a été donnée pour remplacer la Bible. (Lettre 130, 1901)
  • Aussi longtemps que vous vivez, ne continuez pas de citer mes paroles avant d'obéir à la Bible (…) C'est la précieuse Parole que j'exalte devant vous aujourd'hui. Ne répétez pas ce que j'ai dit en disant « Ellen White a dit que…» et « Ellen White a dit que… » Recherchez ce que dit le Seigneur, le Dieu d'Israël, et faites ce qu'il commande. (Manuscrit 43, 1901)
  • Mes témoignages ne devraient pas être placés au premier rang (…) Ils ne doivent pas prendre la place de la Parole (…) Fondez vos positions en vous appuyant sur les Ecritures et ne justifiez les points que vous affirmez être vérité qu'à partir de la Parole révélée de Dieu. (Manuscrit 12, 1890)
  • Comment se fait-il que j'ai perdu le manuscrit et que, pendant deux ans, je n'ai jamais pu le retrouver ? Dieu avait là une raison. Il voulait que nous nous tournions vers la Bible et que ce soit dans les Ecritures que nous trouvions les fondements de notre foi. (Manuscrit 9, 1888)

Ellen G. White et la Bible

Herméneutique

Tout en reconnaissant que bien des écrits bibliques sont rapidement accessibles au croyant, Ellen White souligne que d'autres demandent une analyse et une mise en perspective contextuelle tout à fait indispensable. Loin d'une approche fondamentaliste, elle appelle son lecteur à une exigeante méditation de la Bible dans l'« amour de la vérité ». A ses yeux l'étude de ces merveilleuses sources mérite notre temps et notre plus grand sérieux. Par son ouverture, par une approche de la Bible respectueuse de la différence d'opinion, Ellen White interpelle la famille adventiste devant la possible tentation d'une herméneutique uniforme et encourage une lecture personnalisée des textes bibliques.

  • La Bible a été écrite par des hommes inspirés, mais elle ne représente pas la manière dont Dieu lui-même exprime sa pensée. Celle-ci est écrite de façon humaine. Dieu n'en a pas été l'écrivain (…) Hommes de Dieu, les auteurs bibliques étaient des hommes d'écriture, non la plume même de Dieu. Ce ne sont pas les mots de la Bible qui sont inspirés ; ce sont les hommes qui l'ont été. L'inspiration agit non pas sur les mots ou les expressions, mais sur l'auteur lui-même. (Manuscrit 24, 1886)
  • Si une personne fait une erreur en interprétant un passage de la Bible, pensez-vous que c'est ce qui entraînera divergence et manque d'unité ? Bien sûr que non ! La position que nous défendons ne peut affirmer que l'unité de l'Eglise consiste à regarder les textes de l'Écriture de façon identique. L'Eglise peut bien adopter résolution après résolution dans l'intention d'écarter toute divergence d'opinion, mais nous ne pouvons pas, dans notre intention d'extirper tout désaccord, violenter la pensée et la volonté. Ces résolutions peuvent à la rigueur dissimuler le désaccord mais pas l'étouffer. Elles ne peuvent d'ailleurs pas non plus nous faire tomber parfaitement d'accord. Il n'y a qu'une seule chose qui peut faire grandir l'unité de l'Eglise : rechercher l'esprit d'indulgence que possédait le Christ. (Manuscrit 24, 1892)
  • La mission de l'éducation véritable consiste à former les jeunes pour qu'ils apprennent à penser. Non à reproduire la pensée des autres. (Education, 1903, page 17)
  • Ne permettez à personne d'être votre cerveau, de penser à votre place, de chercher à votre place. (Review and Herald, 11 septembre 1894)

Conception dynamique de la vérité

Partageant la soif de recherche biblique dite « vérité contemporaine », qui caractérisait les fondateurs de l'adventisme, Ellen s'oppose à tout enfermement de la pensée adventiste et à tout credo. En 1980 le dynamisme de cette ouverture au changement et au développement doctrinal inspirera le préambule des Croyances fondamentales de l'Eglise adventiste.

  • Nous devrions nous interdire de penser que la vérité est une chose que nous possédons, que les fondements essentiels de notre foi sont compris, et que cette connaissance suffit. Au contraire, la vérité est mouvement. (Review and Herald, 25 mars 1890)
  • Nous ne sommes pas en sécurité quand nous refusons d'accueillir autre chose que ce que nous appelons vérité. La Bible devrait être l'objet d'une profonde recherche personnelle. (Review and Herald, 18 juin 1889)
  • Le fait d'avoir pendant des années considéré certaines doctrines comme des vérités ne prouve pas que nos idées soient infaillibles. Le temps ne fait pas d'une erreur une vérité. (Review and Herald, 20 décembre 1892)
  • Comment allons-nous sonder les Ecritures ? En les utilisant pour justifier chacune de nos doctrines et pour faire coller la Bible avec nos opinions toutes faites ? (…) Nous avons tant de leçons à apprendre, et beaucoup, beaucoup à désapprendre. Dieu et le ciel seuls sont infaillibles (…) Celui qui pense n'avoir jamais à abandonner une conception qui lui est très chère, qu'il n'aura jamais à changer d'opinion, risque d'être déçu. Tant que nous nous accrocherons à nos propres idées et à nos opinions avec détermination et persistance, nous ne pourrons faire l'expérience de l'unité pour laquelle le Christ a prié. (Review and Herald, 26 juillet 1892)
  • Le fait qu'il n'y ait ni controverse ni discussion animée au sein du peuple de Dieu ne devrait pas être considéré comme une preuve évidente de l'attachement des croyants à la « saine doctrine » (…) Quand l'étude de la Bible ne pose aucune nouvelle question, quand plus aucune différence d'opinion ne s'exprime pour conduire ma recherche biblique à une remise en question de ma prétention à posséder la vérité, il est à craindre que bien des gens, aujourd'hui comme dans le passé, ne s'en tiennent qu'à la tradition et ne savent plus qui ils adorent. (5 Testimonies, 1882-1889, page 707)

Spiritualité

Devant sa famille chrétienne parfois tentée de concevoir sa mission en terme de promotion d'une idéologie, d'une identité, d'un message, Ellen White aime rappeler que la lecture adventiste de l'Ecriture, aussi pertinente et bienfaisante soit-elle, est avant tout au service de quelque chose qui la dépasse. Dans cette perspective l'adventisme n'est pas l'épicentre de l'adventisme lui-même. Pour Ellen White la générosité des relations que Dieu entretient avec l'être humain, la réponse humble et recueillie de celui-ci devant cette gratuité inconditionnelle, la qualité des rapports entre soeurs et frères en humanité constituent cette essence. L'éthique de la communauté adventiste, sa compréhension de la prophétie biblique sont pour elle des cadeaux du ciel pour optimiser ces relations. Ils n'en sont pas la substance. Ce recentrage lui inspire une ouverture assez exceptionnelle pour son siècle, qui lui permet d'admirer la spiritualité de croyants issus de familles chrétiennes différentes, voire d'incroyants que Dieu « reconnaît comme ses enfants », non pas en vertu de retentissantes déclarations doctrinales mais dans l'esprit du centurion de l'Evangile dont le Christ admire la foi. Cependant la lecture whitienne de l'Evangile met en valeur la responsabilité chrétienne et offre au croyant qui fait l'expérience de la générosité de Dieu : amour, joie, paix, patience, bonté, service, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi.

  • Parmi les catholiques, il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui sont des chrétiens très consciencieux et marchent dans toute la lumière qu'ils ont reçue. Dieu agira en leur faveur (…) Ils recherchent à vivre en faisant du bien à leur prochain. Ne les censurez pas, ne les condamnez pas. (9 Testimonies, 1909, pages 243-244)
  • Dieu a beaucoup d'enfants dans les Eglises protestantes et beaucoup d'autres dans l'Eglise catholique. Ces croyants désirent davantage obéir à la lumière et tirer le meilleur parti possible de leurs connaissances qu'un grand nombre d'adventistes observateurs du sabbat qui, eux, ne marchent pas dans la lumière. (Manuscrit 30, 1889)
  • Sur le Mont des Oliviers, le Christ décrit la scène du grand jour du jugement à ses disciples. Il leur montre que tout repose sur un unique point. Lorsque les nations seront rassemblées devant lui, il n'y aura que deux types de personnes. Leur avenir éternel sera déterminé en fonction de ce qu'ils auront fait ou négligé de faire pour lui, dans la personne du pauvre et de celui qui souffre (…) Celles et ceux que le Christ valorise au jour du jugement n'ont peut-être pas eu de grande connaissance théologique mais ils se sont souvenus des principes qui animaient la vie du Christ (…) Ils ont été une bénédiction pour leur entourage. Parmi les incroyants des personnes sont également animées d'un esprit de bonté (…) Parmi les incroyants il existe des personnes qui adorent Dieu tout en l'ignorant. La lumière ne leur est jamais parvenue par le moyen d'êtres humains, mais ils ne périront pas (…) Leur attitude est une évidence que le Saint-Esprit a touché leur cœur. Dieu les reconnaît alors comme ses enfants. (The Desire of Ages, 1898, pages 637-638)
  • L'humanité est entrain de ne plus rien savoir du caractère de Dieu. Il a été mal compris, interprété de travers. Il est aujourd'hui nécessaire qu'un message venant de Dieu soit proclamé, que ce puissant message apporte un éclairage qui transforme l'être humain et le sauve. C'est le caractère de Dieu qu'il faut faire connaître. L'éclat de sa gloire, de sa bonté, de sa miséricorde et de sa vérité doit se répandre au milieu de l'obscurité qui entoure le monde (…) Les derniers rayons de lumière d'un Dieu rempli de miséricorde, l'ultime message de grâce que Dieu attend que nous partagions avec nos contemporains, c'est de leur révéler son caractère d'amour. Dieu appelle ses enfants à faire connaître sa gloire. Par leur façon de vivre, au travers de leur personne, Dieu attend que les chrétiens révèlent ce que la grâce de Dieu a fait pour eux (…) Dans le cœur de tous ceux qui sont unis à Dieu par la foi, l'huile d'amour se déverse généreusement, et se traduit par un engagement vécu dans un esprit authentique de service pour Dieu qui vient du fond du cœur. (Christ's Object Lessons, 1900, pages 406, 415, 416, 419)