Thèmes d'étude proposés par le centre

Séminaires

Le directeur du Centre de recherche Ellen White est fréquemment invité dans le cadre de séminaires, de retraites spirituelles, de conférences, de prédications. Voici quelques sujets parmi les plus souvent abordés en classe à la Faculté adventiste de théologie ou en déplacements extérieurs. Pour toute demande d'information ou d'invitation : Contact.

Spiritualité

  1. Dieu dans la création

    Le récit de la création contient la première représentation de Dieu que nous offre la Bible. Il nous parle de la créativité de celui qui donne la vie à tout ce qui existe : minéral, animal, humain. C’est souvent ce que l’on retient de ce récit. Ce n’est pourtant pas la seule attitude, la seule description de Dieu de ces pages. Il est aussi celui qui s’assied, prend du temps pour ne rien produire, pour s’arrêter. Pour contempler. Pas seulement pour faire, mais pour être. Et être tout près de l’être humain à qui il vient de donner la vie. Nous proposons un instant d’émerveillement sur deux très belles descriptions de ce Dieu qui est : celle de l’Esprit de Dieu et celle du sabbat. Nous y découvrirons un Dieu qui refuse de s’imposer à l’humain pour le dominer. Ces premières pages de la Bible témoignent d’un Dieu qui aime l’être humain avec une infinie délicatesse, qui désire répondre à ses besoins les plus profonds et s’incarner dans sa vie. Le premier récit de Noël de la Bible.

  2. L'urgente beauté de la diversité : trouver Dieu dans la différence de l'autre

    Choisir de ne pas exclure celui qui pense ou se comporte différemment. Une attitude pas bien originale ? C'est à voir. Ne pas exclure, bien. Mais comment ? Comment la femme et l'homme, chercheurs de Dieu et de sens peuvent être enrichis par la différence ? Non pas seulement en lui donnant le droit d'exister, en la tolérant donc, non pas seulement en l'écoutant, en dialoguant avec elle, mais bien davantage encore. L'autre, quel qu'il soit (mon conjoint, mon enfant, mon collègue de travail, mon voisin, un paroissien, un auteur, un croyant d'une autre famille spirituelle, voire un athée, peut devenir la source d'un enrichissement fécond sur mon chemin. L'Esprit de Dieu travaille de façon inimaginable, où il veut et comme il le souhaite. Je ne peux donc en être le propriétaire. Une conférence sur la beauté de l'interdépendance. La beauté de l'autre, non seulement dans ce qui chez lui nous ressemble, mais dans son étrangeté même, dans sa différence. Dans ce qui fait que lui n'est pas du tout moi.

  3. La liberté comme identité

    La fête juive du Jubilé est une passionnante interpellation pour le croyant. Les prophètes bibliques ont souvent puisé leur inspiration dans cette célébration de la libération. La première homélie du Christ à Nazareth est une puissante réflexion sur le Jubilé. Jésus présente sa mission comme un Jubilé. Il en est l'incarnation. On parle aujourd'hui beaucoup d'identité. Légitime, la quête d'identité peut également s'accompagner d'arrogance et de mépris à l'égard de celles et de ceux qui pensent et se comportent différemment que soi. Notre réflexion souhaite accompagner le croyant dans son cheminement vers un christianisme dont la liberté est au cœur de son identité. L'Evangile a survécu au christianisme. C'est un miracle, mais toujours un défi. L'Eglise offre des moyens capables de libérer les êtres humains, et de les aider à incarner la liberté. Dans quelle mesure ? Pour Jésus, la relation est toujours plus grande que le principe religieux. La loi se met au service de la relation à l’autre, au service de l’amour. Ces réflexions soulèvent une question essentielle, celle de la fonction de tout ce qui, n’étant pas le centre du christianisme, peut être instrument de bénédiction : connaissances, savoir, croyances, morale, loi, traditions, institution. Pour être plus direct, cela sert à quoi, au fond, que je sois catholique, réformé, adventiste ou mormon ? Est-ce qu’en le devenant ou en le restant, je deviens plus aimant ? Les outils de ma tradition religieuse sont-il au service d’une cause qui leur est beaucoup plus grande ou bien sont-ils une fin en soi ? Le christianisme ne peut progresser lorsque son objectif est lui-même, sa gloire, ses statistiques, sa réputation. Il devient une bénédiction lorsqu’il se met au service d’une relation plus féconde et plus simple avec Dieu, et au service de la dignité de l’humain.

  4. Saveur et pertinence du silence

    On peut abuser du silence en faisant de lui un instrument de torture, en l'utilisant pour fuir la réalité ou encore pour dominer l'autre. Comme beaucoup de choses, le silence peut être l'objet de perversions. La Bible, comme l'histoire du christianisme révèlent cependant des formes de silence d'une profonde richesse humaine. Importance du silence, de la quiétude et du calme dans la spiritualité biblique. Saveur et pertinence du silence dans la vie personnelle, la piété, et la liturgie, la relation à l’autre.

  5. Vous m’excuserez, je ne peux pas travailler avec vous : Ellen White aux prises avec le « froid pharisaïsme » de la Conférence générale

    Comment définir l’idée de pertinence ? Quels sont les éléments d’un texte capable de répondre aux besoins du lecteur dans une époque différente de celle de sa rédaction ? Pour répondre à ces questions, Jean-Luc Rolland analyse un manuscrit d’Ellen White daté de l’année 1887, écrit à Bâle et adressé au président de la Conférence générale de l’époque, George Butler. Dans ce document actuellement inédit, l’auteur reproche plusieurs attitudes au président et à ses collaborateurs : leur froid pharisaïsme, la priorité données aux doctrines et aux règlements plus qu’aux êtres humains. Un appel d’une impressionnante pertinence à exercer la miséricorde du Christ.

  6. Un parc au milieu du temps

    Il y a différentes manières d’aborder les principes éthiques de la tradition judéo-chrétienne. Le croyant peut les considérer comme des moyens de se mettre en conformité avec un Dieu qui lui inspire des sentiments de terreur, qu’il faut donc apaiser, adoucir, acheter. Ou bien les approcher de manière apologétique. Nous, communauté x, famille y, possédons telle ou telle vérité que les autres ne connaissent pas, ne pratiquent pas. A ce titre, nous sommes de meilleurs croyants. Le shabbat justifie ici une supériorité, un élitisme.

    Jean-Luc Rolland s’intéresse à la substance du shabbat, qu’il considère comme un art de vivre. Un fruit dans le verger de Dieu. Il nous invite au travers d’un récit tiré du second chapitre de l’évangile de Marc à cheminer dans cette direction pour y découvrir combien l’être humain est l’objet d’un soin très attentif de la part de Dieu. La préoccupation essentielle de Dieu. Le Dieu qui se révèle dans le Christ, ici, est prioritairement préoccupé par les besoins de l’homme. Cette parole nous aidera également à réfléchir sur la raison d’être et la fonction des principes de vie bibliques, sur le rôle des traditions humaines qui interprètent les textes. Enfin sur les relations qui peuvent exister entre un groupe d’appartenance et l’individu en tant que personne. Dans sa manière de répondre à ceux qui l’accusent, le Christ valorise la liberté de conscience. Jésus ne conteste nullement l’utilité des traditions, des rites. Il affirme, doucement, que l’homme n’est pas à leur service, mais qu’eux le sont pour l’homme. Leur fonction n’est pas autoritaire, elle est bienfaisante, fécondante, bénissante. Au service de la personne, pour aider, soulager, offrir, bénir. Le Christ des évangiles rappelle que le shabbat garde la mémoire de cet art de vivre.

  7. La miséricorde : un concept biblique féminin

    On ne peut conduire vers Dieu autrement que de la manière dont il vient lui-même vers l'être humain. Avec tendresse, respect de la liberté. L'homme a d'abord besoin d'être aimé par Dieu, par celle ou celui qui transmet Dieu, avant qu'on lui fasse la liste de ses devoirs et qu'on lui apprenne à réciter ses leçons. Ce regard miséricordieux est le seul capable de reconstruire la femme et l'homme. La vie chrétienne est le fruit, la réponse à la tendresse divine. La seule nourriture capable de remettre debout l'être humain, c'est faire l'expérience quotidienne de la miséricorde de Dieu. La féminité du concept biblique de miséricorde, construit sur la racine hébraïque raham (littéralement « utérus »). Regard sur le récit de la femme adultère en Jean 8, 1-13.

  8. Pardonner comme il pardonne

    A partir du Notre Père, étude du pardon dans la pensée et la vie du Christ. Pertinence, leçons existentielles. Réflexion sur la paternité de Dieu : le portrait que l'on a de Dieu encourage à lui ressembler, affecte notre pensée, notre vie, ici nous encourage à pardonner. La grâce reçue pour gracier à notre tour. Les mots du Notre Père font référence au jubilé à une remise des dettes. Introduction à la spiritualité du jubilé. Dimensions concrète du pardon : maintien du dialogue avec l'offenseur, bienfait du pardon pour celui qui pardonne.

  9. Le visage de Dieu dans la spiritualité d'Ellen White

    Au fur et mesure de l'évolution de son activité rédactrice, Ellen White accorde une importance croissante à décrire le caractère de Dieu tel qu'il se révèle dans les récits bibliques. Chrétienne engagée, Ellen White reste impressionnée par la vie du Christ, la plus sublime révélation de l'identité de Dieu. Regard sur la vie, l'humanité, le prophétisme, le ministère et l'œuvre essentielle d'Ellen White Comment lire Ellen White en respectant le contexte socioculturel, religieux, et littéraire de ses écrits ? Réflexion sur l'évolution et le développement de sa pensée.

  10. Une femme nommée Ellen

    Regard sur la vie, l'humanité, le prophétisme, le ministère et l'œuvre essentielle d'Ellen White. Actualité de sa spiritualité.

  11. L’essence du prophétisme

    Etude de la Bible - Dès le chapitre inaugural de son Apocalypse, l'apôtre Jean parle de prophétie. L'écrivain biblique reprend cette même idée vers la fin du chapitre 19. De quoi s’agit-il ? Donne-t-il à cette expression le sens de prédiction qu’on lui donne fréquemment ? Que signifie « prophétie », qu’est-ce qu’un prophète ? Pourquoi l’apôtre Jean parle-t-il de « témoignage » de Jésus ? L’ensemble de son livre apporte un précieux éclairage à une expression souvent utilisée par les lecteurs d’Ellen White de manière utilitaire, avec l’idée que ce texte justifie certaines de leurs convictions, voire leur identité. Etait-ce l’intention de l’écrivain biblique ? Nous interrogerons également l’auteur adventiste Ellen White sur le sens de l’expression « Esprit de la prophétie » ? A qui l’applique-t-elle, que désigne-t-elle ?

  12. Le statut d’Ellen White dans l’histoire adventiste

    Nous nous intéresserons tout d’abord à la manière dont les écrits de l’apôtre Paul abordent la question du don de prophétie. Ensuite nous verrons comment l’Eglise adventiste, dans sa diversité d’opinion, a compris la nature de ce don particulier au cours de son histoire. Enfin nous réfléchirons sur la question du statut donné à cet auteur, l’une des figures emblématiques de l’adventisme. Quelle place ses lecteurs accordent-ils à sa littérature ? Quelle en est l’autorité ? En quoi l’approche de certains lecteurs ne s’harmonise pas avec le principe protestant du Sola Scriptura.

Histoire

  1. Le revivalisme dans l’histoire chrétienne

    Depuis le XVIe siècle, l’histoire du protestantisme européen témoigne de multiples mouvements de redynamisation de la foi que l’on appellera réveils et réformes, qui favoriseront à partir du XVIIIe siècle l’émergence de revivals ou awakenings aux Etats-Unis. Le mouvement millérite puis l’Eglise adventiste affirmeront compter parmi les fruits de ces réveils. Depuis l’origine, la spiritualité revivaliste ne cessera d’inspirer l’adventisme.

    Au cours de l’automne 2010, le Concile annuel réunissant les principaux responsables de l’Eglise mondiale publiait une déclaration encourageant l’Eglise à faire l’expérience d’un réveil et d’une réforme. De quoi s’agit-il ? Dans quel contexte sont nés les réveils ? Quelles en ont été les caractéristiques ? D’où proviennent-ils, quand, comment ? Quelle est la nature du sommeil dont ils souhaitaient sortir les croyants ?

    Histoire des réveils qui ont revendiqué le terme : piétisme (Allemagne), puritanisme, revivals en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord. En quoi les réveils ont-ils contribué à la redynamisation de la foi chrétienne ? Histoire de l’adventisme : le réveil et la réforme dans la pensée de William Miller et d’Ellen White. En quoi un mouvement se distingue-t-il d’une Eglise ? La communauté risque-t-elle, en s’institutionnalisant, de quitter l’esprit du réveil et du mouvement ? Actualité, pertinence, beauté de la spiritualité du réveil.

  2. Les 28 Croyances fondamentales adventistes sont-elles tombées du ciel ?

    Les premières générations de pionniers adventistes étaient réfractaires à l’idée de formuler par écrit leurs croyances. Ils avaient des convictions, mais étaient réticents à les rédiger. Ils craignaient que l’adoption de doctrines définitives empêche les croyants d’évoluer dans leur compréhension de la foi chrétienne, favorise de l’intolérance. Ils ne souhaitaient pas courir le risque de confondre la Bible avec un commentaire humain et approximatif. Histoire et développement de la pensée adventiste, origines des 28 croyances fondamentales, leur élaboration humaine. Réflexion sur le concept d’identité, sur la nature et la fonction des professions de foi, sur la notion de dogme. Introduction aux notions de réveil, et de vérité contemporaine.

  3. Adventisme et fondamentalisme

    L'expression « fondamentalisme » recouvre aujourd'hui une multiplicité de sens. Médias et travaux scientifiques n'hésitent pas à extraire ce terme de son contexte historique pour qualifier des phénomènes radicaux d'une profonde diversité. Ce glissement de sens favorise la confusion et la caricature. Il est donc important de resituer ce mot dans son environnement linguistique et culturel d'origine, un mouvement à l'intérieur du protestantisme nord-américain. Quelle en est l'essence ?

    Au cours des années 1910 et 1920, le discours religieux américain s'appuie de façon fréquente sur un lexique emprunté à l'univers de l'architecture. L'image la plus courante évoque le soubassement d'un édifice. Créés à partir de la racine latine fundamentum, les termes anglophones « fundamentally », « fundamentality » et « fundamental » ont une histoire très ancienne. Pour une frange importante du protestantisme, le recours à ces expressions traduit l'idée d'enracinement et d'immutabilité des concepts religieux. Au début du siècle, cet usage s'observe dans la publication d'une série de fascicules puis dans la désignation d'une association créée pour unifier et organiser un mouvement. Sous la forme d'adjectif, il sert à partir de 1920 à qualifier les chrétiens qui s'engagent à « se battre » pour la défense de convictions qu'ils estiment être l'essence de la foi chrétienne.

    Les pionniers de l'adventisme partageaient certaines convictions avec le protestantisme conservateur mais, dans le prolongement de la pensée du protestantisme revivaliste, ils se distançaient du fondamentalisme sur de nombreux points. Lesquels ? Après la mort d'Ellen White (1915), l'histoire de l'adventisme témoigne d'une influence exercée par le mouvement fondamentaliste. Par la suite, de sérieuses distances se révèlent par rapport à ce mouvement. Quelles sont les implications concrètes de cette influence au début du XXe siècle et de cette distance ?

    Le premier objectif de ce séminaire est de resituer le mouvement fondamentaliste dans son milieu historique. Le début du XXe siècle témoigne de profondes mutations et un climat de peur au sein de la société nord-américaine. Ce contexte explique partiellement l'émergence du fondamentalisme protestant. Néanmoins, cette forme de radicalisme religieux n'est pas une spécificité américaine. En Europe se vivent des évènements similaires à l'intérieur du catholicisme, qui précèdent de quelques années seulement l'histoire du fondamentalisme. Deux formes de compréhension alternative à la foi traditionnelle se heurtent au mépris et à la violence institutionnelle. Dans les deux cas, ces alternatives ont été appelées « modernisme ».

    Dans un deuxième temps, notre réflexion nous fera évaluer la réception adventiste du fondamentalisme protestant. Dans quelle mesure peut-on dire qu'il a exercé hier une influence sur l'adventisme ? Peut-on dire de l'Eglise adventiste du XXIe siècle qu'elle est fondamentaliste ? Ce séminaire résume les recherches que nous avons entreprises pour notre thèse de doctorat (Université Paul Valéry, Montpellier III). La relation de l'Eglise adventiste au fondamentalisme est complexe. Selon les périodes, nous observons une proximité évidente entre certains acteurs et auteurs adventistes et fondamentalistes. Mais il est clair que l'histoire adventiste révèle tout autant une forte opposition à ce qui caractérise le fondamentalisme, faisant ainsi occuper à cette Eglise une position médiane entre plusieurs tendances du christianisme. Cette quête d'équilibre est un défi toujours actuel.

Herméneutique

  1. Informer ou transformer : nature, extension et raison d'être de l'inspiration

    Un grand nombre de religions affirme l'inspiration de leurs textes sacrés. Que faut-il entendre par inspiration ? L'histoire du christianisme témoigne d'une grande diversité de réponses à cette question essentielle, du libéralisme au fondamentalisme le plus radical. Ce séminaire propose une alternative à ces deux approches. La question de l'inspiration concerne non seulement la théologie, mais aussi, et encore plus précisément la spiritualité chrétienne, la vie pratique de la foi.

    La compréhension que le lecteur d'un texte peut avoir de son inspiration dépend en grande partie, sans qu'il s'en rende toujours compte, de certaines de ses propres convictions préalables. L'image qu'il se fait de Dieu influence la manière dont il imagine qu'il se révèle dans le texte sacré. Sa compréhension de l'homme affecte tout autant l'idée qu'il se fait de l'inspiration. Elle détermine l'aptitude du prophète en tant que récepteur du message divin. Mais aussi la compétence de ses auditeurs et lecteurs. Un grand nombre de lecteurs présupposent que le récepteur (prophète), ou plutôt la chaîne des récepteurs (dont nous sommes également), soit sans défaut dans la réception même, et dans la transmission de ce dire de Dieu.

    Parler d'inspiration, c'est parler d'un Dieu qui se limite, c'est aussi parler de la vulnérabilité du message transmis. Le texte est vulnérable. Dieu l'a choisi ainsi, préférant l'imperfection d'un texte reçu par un humain pour des humains, à une perfection textuelle absolue. C'est, Jean-Luc Rolland le croit, le choix de Dieu pour rencontrer l'humanité.

    La vulnérabilité du texte sacré concerne non seulement les limites de la réception du dire de Dieu, de sa transmission, de sa rédaction. Mais tout autant les limites de ma lecture d'homme imparfait, subjectif, sélectif dans ma manière de recevoir le dire de Dieu. L'inévitable pluralité de la lecture invite donc à la tolérance, à l'accueil d'autres lectures.

    Il ne suffit donc pas d'utiliser le mot « inspiration », pour comprendre et définir ce dont il s'agit. Il est nécessaire de réfléchir sur la nature, l'extension et la raison d'être de l'inspiration. De quoi s'agit-il ? La Bible n'utilise que des métaphores, des images pour aider le lecteur à approcher la réalité de l'inspiration. Jusqu'où peut-on parler d'inspiration, les mots mêmes du texte le sont-ils ? Quelle est l'intention de Dieu, selon les auteurs bibliques, en inspirant ?

    Réfléchir sur la notion d’inspiration permet de rencontrer un Dieu d'une infinie bonté, et de sa passion pour l'être humain. Un Dieu assoiffé de libérer les femmes et les hommes, de leur apporter la vie.

Musique

  1. La messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach

    Regards sur l'histoire de l'œuvre, son contexte culturel, son interprétation, sa pertinence. Ecoute d'extraits en haute-fidélité.

    Composée dans un contexte culturel et religieux particulier, catholique, orthodoxe, luthérien ou anglican la musique dépasse ces frontières. Elle touche l'être humain au-delà des institutions et des dogmes en le rencontrant sur le terrain de la piété, de la contemplation. Prodigieuse école d'hospitalité spirituelle, la musique est universelle et n'appartient pas au milieu culturel qui a vu son émergence. Les passions de Bach, comme le Requiem de Duruflé, sont des œuvres écrites par des croyants profondément engagés dans leur tradition religieuse. Mais ces traditions n'en sont pas les propriétaires.

    En quoi la musique peut-elle constituer un chemin vers Dieu ? Le rapport au plaisir procuré par le son ne relève pas de la science exacte, apporter une réponse à cette interrogation n'est donc pas simple. Cette conférence prendra aussi le ton du témoignage sur un art qui a accompagné les étapes essentielles de ma vie. Il a contribué à mon épanouissement humain, intellectuel, éthique, et spirituel. La musique m'a permis des rencontres avec des artistes qui m'ont communiqué leur passion musicale, partagé leur amitié et leur foi profonde. Elle est aujourd'hui encore et plus que jamais, l'une de mes nourritures spirituelles les plus essentielles. D'une certaine manière, c'est à elle que je dois encore la vie.

    Professeur de liturgie, Faculté adventiste de théologie, Haute-Savoie Jean-Luc Rolland est aussi pianiste amateur. Il a également étudié la direction chorale avec Michel Corboz, chanté sous sa direction au conservatoire de Genève et à Paris, avec lequel il a enregistré le Requiem de Duruflé pour le label Erato. Jean-Luc a chanté dans des chœurs dirigés par Loig Le Griguer, Paul Kuentz, Jean Sourisse, Claudio Scimone, Kurt Redel et Pierre Dervaux. Il a collaboré pendant plusieurs années avec le journal Vie et Santé et animé des émissions consacrées à l’actualité de la musique classique depuis 2002 sur plusieurs radios françaises. Il est producteur de Mi bémol sur Radio Semnoz, Annecy.